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Roumanie : les syndicats dans la rue contre la rigueur

Alors que la plupart des mesures d’austérité adoptées par le gouvernement roumain sont déjà entrées en vigueur (augmentation de la TVA, licenciements massifs dans la fonction publique, baisse des salaires et des aides sociales), les principaux syndicats du pays sortent de leur torpeur estivale. Ils appellent à de nouveaux rassemblements et défilés à partir de cette semaine.

L’été n’aura pas suffi à calmer la colère des syndicats roumains qui appellent à la reprise du mouvement contre les mesures d’austérité adoptées par Bucarest pour sortir de la crise et satisfaire les exigences du Fonds monétaire international (FMI).

Dès lundi, les policiers sont invités à réduire leur activité. Plus d’amende, plus d’audition, plus de régulation de la circulation... Le Syndicat national des policiers et du personnel contractuel (SNPPC) entend ainsi protester contre les réductions salariales de 25% entrées en vigueur le 1er juin mais aussi contre des conditions de travail jugées insatisfaisantes.

D’autres syndicats, du public comme du privé, espèrent mobiliser en masse à travers de nouveaux rassemblements et piquets de grève. Après l’échec d’une énième tentative de négociation avec le ministre du Travail, Ioan Botiş, ce weekend, la Confédération nationale des syndicats libres de Roumanie (CNSLR-Frăţia), prévient que 20.000 syndicalistes de tout le pays viendront manifester, mercredi 22 septembre, devant le siège du gouvernement et sur la Place de la Révolution à Bucarest.

L’intersyndicale Cartel Alfa, l’une des plus puissantes du pays, appelle également à des rassemblements « en cascade » devant le siège du gouvernement. Elle annonce des piquets de grève des salariés de l’enseignement et de la santé, jeudi 23 septembre, de la police, de l’administration pénitentiaire et du secteur privé, le lendemain, et de l’administration et de la chimie, le lundi 27 septembre.

De son côté, la Fédération nationale des syndicats de l’administration (FNSA), qui compte 50.000 adhérents, a averti qu’elle pourrait déclencher une grève générale d’un mois, à partir de la mi-octobre, si le gouvernement ne renonçait pas aux mesures d’austérité prévues pour 2011.

Aux grands maux, les lourds remèdes

Avec un taux chômage de 8,36% qui a doublé en un an et un recul de la production industrielle qui dépasse les 6%, la Roumanie a été très fortement touchée par la crise internationale. Le pays est entré en récession début 2009, lorsque son PIB s’est contracté de 7,1%, et c’est alors que les autorités ont sollicité un prêt global de 20 milliards d’euros auprès du FMI et d’autres bailleurs internationaux.

Pour satisfaire les exigences de ces bailleurs, Bucarest a décidé de supprimer 100.000 postes de fonctionnaires d’ici la fin de l’année, d’augmenter la TVA de cinq points, à 24%, mais aussi de réduire les allocations chômage de 15%, les salaires des fonctionnaires de 25% et de baisser de façon substantielle les allocations familiales ainsi que les aides versées aux handicapés, aux invalides de guerre ou aux anciens révolutionnaires (1).

Toujours en vertu de ce plan de rigueur, le plus drastique de l’Union européenne, les députés roumains ont adopté, mercredi dernier, une réforme qui relève l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans d’ici 2015 pour les hommes et d’ici 2030 pour les femmes.

(1) Une allocation de 500 euros est versée à plusieurs milliers de Roumains qui sont officiellement reconnus comme ayant été révolutionaires en décembre 1989 (preuves vidéos, photos, aucun lien avec la Securitate etc.). Cette aide n’est accordée qu’à ceux dont les revenus sont inférieurs au salaire moyen (un peu plus de 300 euros mensuels).