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Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

En 1851, paraît en deux volumes l’ouvrage d’Arthur Schopenhauer (1788-1860) Parerga et paralipomena. Le titre réunit des termes grecs peu usités et qu’on peut traduire par «  Accessoires et Restes  » ou, plus simplement par «  Suppléments et omissions  ». Il n’empêche pas le succès du livre et met fin à la traversée du désert de l’auteur dont l’opus majeur Le Monde comme volonté et comme représentation (1819) a été accueilli avec indifférence.

 

À l’époque, Hegel est le penseur officiel de l’Allemagne. Schopenhauer qui estime que son système est «  une forme de verbiage particulièrement néfaste  » se rend à Berlin en 1820 pour le défier et place ses cours aux mêmes heures  ; l’échec est affligeant et se répète en 1827. Cela l’incite à rompre tout lien avec le monde enseignant et à critiquer violemment dans un pamphlet La Philosophie universitaire, ce dont elle lui tiendra compte. Il s’éloigne, à l’instar de Kant, de toute vie sociale, connaît des déboires amoureux et publie jusqu’en 1850 un ensemble d’ouvrages remplis d’amertume et de rancœur  ; ils forment l’essentiel des Parerga et lui assurent la reconnaissance.

Le livre accueille sa théorie du pessimisme et sa métaphysique du beau  ; il réunit des textes sur le penser par soi-même, les écrivains et le style, la lecture et les livres, la religion, le christianisme, le suicide, l’histoire de la philosophie, Éthique, droit et politique, l’éducation… Les contributions ont leur pertinence et leur originalité. Elles sont liées par des fils ténus et se nourrissent de sa philosophie. La somme ne reformule pas de manière autre sa pensée, mais lui ajoute et en dessine de nouveaux prolongements.

La première et suffisante règle d’un bon style est d’avoir quelque chose à dire (Nietzsche met le sien au rang de Goethe et affirme qu’il sait «  émouvoir sans rhétorique  »). Schopenhauer (si cultivé et maître de l’insertion de ses citations, selon Proust) est contre les textes indigestes, l’érudition boulimique, la recherche effrénée de références livresques  : la lecture dépossède de la réflexion spontanée et personnelle. La femme n’est pas faite pour rendre l’être heureux, elle est un piège de la nature pour la reproduction  ; ruineuse par les dépenses et pertes de temps, elle devient laide et acariâtre avec l’âge. D’où le plaidoyer pour le célibat  : l’homme, un être incapable d’amitié, il est une catastrophe qui doit s’assumer seul. La misogynie prolonge un pessimisme radical. L’insupportable est le malheur d’être né  : «  La vie est une affaire qui ne couvre pas ses frais  » et rien ne peut racheter la somme des souffrances, des frustrations qui pèsent sur la totalité d’une existence. Le bonheur est une valeur négative, il s’identifie avec l’absence de souffrance. Didier Raymond écrit  : «  Rarement une philosophie aura créé autant de plaisir en décrivant autant de malheurs, en conférant enfin une certitude philosophique au sentiment de désespérance, d’extrême lassitude de l’existence.  »

Pour ne pas disséminer la pensée de Schopenhauer en un ensemble d’opinions originales reprises et célébrées par des écrivains et artistes (de Wagner à Charlie Chaplin, de Proust à Kafka…), il faut les enraciner au cœur même de sa réflexion exposée dans Le Monde comme volonté et comme représentation écrit à 31 ans.

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Essai sur les femmes d’Arthur Schopenhauer
(avec une préface de Félix Niesche)
,
l’ouvrage sulfureux est disponible chez Kontre Kulture !

 

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8 Commentaires

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  • #2978169
    Le 19 juin à 15:47 par sam
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    ’’ le monde enseignant ’’...
    Des wagons emplis par les uns et vidés par les autres, qui se prennent pour des locomotives, des fonctionnaires chambres d’échos.qui, comme tous les valets, finissent par se prendre pur leurs maîtres. Outrances de la servilité. Ils seraient infiniment plus utiles s’ils savaient rester à leur place, seulement voilà...

     

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  • #2978188
    Le 19 juin à 16:25 par fajs
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    Hum, alors que j’étais étudiant aux Bx-Arts au début des années 90’ ,
    j’ai volé "Le Monde comme volonté et comme représentation" dans une librairie ;
    pour l’offrir à une copine qui voulait le lire.
    Un pavé sur papier bible de la NrF(GALLIMARD) qui coûtais une blinde.
    J’avais une idée du contenu. Elle ne me l’a pas prêté, il faut que je le lise.
    Mais, ce n’est pas tant désespéré ? On peut aussi lire Cioran !

     

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    • #2978356
      Le 19 juin à 20:59 par Chuchemimb
      Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

      Cioran, quel auteur ! "La vie, un vérification de ce que l’on sait déjà".

       
    • #2978468
      Le 20 juin à 02:12 par Diabolo 888
      Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

      "Le spermatozoïde est le bandit absolu".
      Emil Cioran.
      Quand je vois toutes ces nouvelles générations de pleutres dégénéré(e)s qui se pensent en plus intelligents je ne peux que compatir...

       
  • #2978373
    Le 19 juin à 21:20 par Remède
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    La crainte (de Dieu) et l’espoir (en Dieu) ...

     

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  • #2979126
    Le 21 juin à 04:25 par Greg
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    Je l’ai jamais lu car je suis devenu totalement incapable de lire un livre de plus de 30 pages, mais je crois qu’il décrit assez bien le problème de ceux qui haïssent les femmes pour des raisons qu’ils savent très justes, mais je crois que je hais beaucoup moins les femmes que ceux qui font semblant de les aimer, semblant de les connaitre, alors qu’ils ne font que servir leur mensonge en accusant ceux qui disent la vérité, sur elles ou sur n’importe quel sujet qui va plus loin que la surface du déjà dit et mal compris, et ce quelque soit le sujet.
    L’espoir et la crainte de Dieu... L’espoir qu’un jour justice soit enfin rendue pour les moins cons que la moyenne qui n’abboient pas avec les rustres et la crainte que ça n’arrive jamais à cause de ceux qui ne vivent que pour chier dans la bouche aux plus subtils qu’eux, ils donnent tous leur vie en exemple alors que leurs femmes les méprisent au plus haut point, mais comme ils ne savent qu’accepter d’être des lâches, alors rien d’autre ne doit exister ou bien l’homme seul est forcément à condamner du vice de tout les autres.

     

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  • #2979130
    Le 21 juin à 04:45 par Greg
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    J’ai rencontré une femme vraiment aimable, elle m’a dit que j’étais quelqu’un de bon, en gros car j’étais beau extérieurement, que j’aimais bien keny Arkana et que j’étais plus sensible et doux que la moyenne humaine.
    Cette femme était laide, elle ne se lavait pas, elle pétait en même temps qu’elle me parlait et pissait devant moi sans aucune honte, pourtant même si je n’ai pas pu bander par elle, j’aurais aimé pouvoir bander pour elle, étrangement elle le méritait beaucoup plus que toutes les bandantes que j’ai connu. Tout le monde dit qu’elle pue, mais moi je trouve qu’elle sent meilleur que tout le monde.

    Personne ne pourra dire que je n’aime les femmes que pour leur cul à présent. J’aime les femmes qui sont bonnes même quand tout le monde où presque les trouvent détestables, les voilà les vrai
    Bonnes sœurs. Une sur 100 millions. Les imbaisables que tout le monde viole, celles qui prouvent que l’humain est généralement un animal hideux de superficialité quand il se contente de suivre ses sens reproductifs.

     

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  • #2979406
    Le 21 juin à 15:07 par René Desballes
    Schopenhauer ou l’attrait du désespoir

    Bof, le gars n’est même pas foutu de nommer correctement ses concepts, après avoir entendu une série sur la France- Culture j’ai compris que par "le monde comme volonté et représentation" ce qu’il voulait expliquer en fait c’était "le monde humain comme animalité et idéologie"
    Ça casse pas des barres ses idées.
    Lui et Nietzsche sont des petits penseurs. Ils viennent après le vrai truc et ils peuvent pas, ils sont à Hegel ce que le be-bop est au swing.

     

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