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Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

Les failles à Fenech, la milice à Ménard, et le bac à Bordeaux

Le rapport parlementaire sur les attentats de Paris vient de tomber. Georges Fenech et sa troupe pointent des « failles » dans le renseignement français. Des failles à 20 morts ici, 130 là… 1 000 à demain ?
La question que pose la presse – c’est toujours les mêmes questions, à croire que les journalistes mainstream ont tous le même cerveau – c’est « est-ce que les attentats auraient pu être évités ? ». Question inutile, puisque les attentats ont eu lieu. On ne perd pas de temps, on noie le poisson direct. On citera la réponse de Fenech au Monde, le journal qui symbolise la presse française (on ne s’acharne pas, c’est juste un symbole) :

 

 

« Il y a eu des failles de nos services de renseignement, les trois assaillants du Bataclan étaient tous archiconnus, tout comme les frères Kouachi. Notre rôle n’est pas de désigner des coupables, mais de faire un constat, objectif, qui est le suivant : il faut absolument tout revoir. Nous sommes sur des schémas qui datent des années 1980, à une époque où le terrorisme n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Il faut une ambition bien plus importante, pour rationaliser notre renseignement et le coordonner véritablement au niveau européen. »

On remarque, quand on est une personne de bon sens dotée d’une jugeotte moyenne, qu’à chaque attentat, on parle de « failles », de « refonte », de rationalisation, de croiser les fichiers, de ne pas lâcher les profils dangereux (en liberté ou en prison), toutes ces choses qui paraissent être le travail normal d’un service de renseignement.

Nous avons jeté un œil aux 39 propositions de la commission d’enquête : plus de cartouches, plus de fusion entre les services français et européens, création d’une agence qui chapeaute des agences, remplacer les soldats de sentinelle par des policiers, sécuriser les écoles. Et puis, en douce, une petite préconisation qui ne fait pas de bruit mais qui aura un véritable impact : la régulation des réseaux sociaux… comme si le terrorisme s’apprenait sur l’Internet, lieu de toutes les dissidences… Un amalgame chargé d’arrière-pensées politiques.

Sans aucun cynisme, on peut annoncer qu’au prochain attentat, on proposera « encore plus de plus ». La commission préconise même d’accompagner le développement des entreprises de sécurité privée. Ça tombe bien, à Béziers, Robert Ménard est en train de créer une sorte de « France d’après », le laboratoire de la sécurité future, avec des citoyens qui patrouillent en uniforme.

 

 

Las, sa garde biterroise a fait long feu, puisque la justice vient de la retoquer. À gauche, enfin, dans l’opposition locale, on hurlait à la création d’une « milice », le terme qui fait peur, et qui fait remonter les images nauséabondes des heures sombres de Vichy. Décidément, on n’en sortira jamais. La protection des citoyens et des bâtiments incombe à la mairie et aux agents mandatés, point barre. Mais Ménard a réussi son coup en coinçant la gauche, qui apparaît comme « désécurisante » pour un peuple qui n’aurait pas le droit de se défendre tout seul contre le danger terroriste, qui est, théoriquement, partout. Une petite bombe entre les communautés, mine de rien… Ingénierie sociale très pratique.
Les pragmatiques diront qu’un quidam en uniforme, avec un flingue et un coup dans le nez, ça sent la bavure sur ceux qui ont la gueule de l’emploi – terroriste ou pré-terroriste – et aussi la guerre de tous contre tous. La guerre civile, quoi.

Après Paris et ses attentats « inévitables », Béziers et sa milice cruelle, la troisième ville vedette du jour c’est Bordeaux : ses résultats du bac 2016 sur Internet sont entachés d’erreurs.
Des vies adolescentes peuvent être détruites : imaginez, Charles-Henri (le prénom a été changé, NDLR) qui croit avoir loupé son bac alors qu’il a bossé comme un dingue, que ses parents lui ont payé tout ce qu’il était possible de payer en cours privés, et qui découvre qu’il est recalé, et de l’autre côté (de la barrière sociale) Akim qui fait la fête dans sa cité parce qu’il repart avec une mention TB alors qu’il a zappé la moitié des épreuves à cause de l’Euro 2016, du coup il tire en l’air des rafales de kalach pendant que ses potes brûlent une centaine de bagnoles pour fêter l’événement (le premier bac depuis 50 ans dans la té-ci).

 

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Kevina, Limita et Hystera crient leur joie d’avoir obtenu le précieux sésame qui donne droit à s’inscrire au Pôle emploi

 

Les premiers qui deviennent les derniers, et les derniers les premiers, l’horreur pédagogique ! Heureusement, les listes des reçus/recalés affichées à l’ancienne – sur du vrai papier – donnent les bons résultats. Fenech et sa bande ont raison : il faut se méfier de l’Internet, où toutes les fariboles sont possibles, et faire confiance à l’Autorité et aux médias officiels, qui savent ce qui est bon pour nous.

Relativisons enfin ce bug informatique qui touche les bacheliers de l’académie de la ville à Juppé, notre futur président, s’il faut en croire les oracles : les résultats du bac sont d’une certaine manière faux, et pour tout le monde. Chacun sait en effet que cet examen est surnoté, pour que 80% des bacheliers l’obtiennent, c’est la directive Jack Lang, qui a toujours désiré le bonheur des jeunes. La vraie sélection « naturelle » s’opère après deux ans d’études supérieures, où les niveaux « augmentés » se retrouvent dans une proportion de 30% devant un mur. L’hypocrisie socialiste, voyez-vous. C’est pareil pour la commission parlementaire sur les attentats. La tromperie est un principe oligarchique.

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12 Commentaires

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  • #1503191
    le 05/07/2016 par réGénération
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    Je serai tenté d’écrire que ce Ménard n’a rien perdu de son enseignement à la CIA... ce qui expliquerait pourquoi il affiche une grande gueule sereine s’il se sait d’une certaine manière couvert...
    Si sa milice est une bonne idée, pourquoi d’autres maires ne la reprennent pas ?!

    Sur les résolutions anti-terreur, je remarque deux choses anodines :
    1) on n’est toujours pas décidé à aller chercher les imams radicaux qui prêchent la haine dans un certain nombre de mosquées
    2) on veut pas non plus mettre fin à l’immigration qui nous ramène des daéchiens en plus tous les jours.

    Bref pour ceux qui ont foiré le bac, profitez bien de vos vacances, parce que la rentrée risque de partir à fond la caisse !


  • #1503199
    le 05/07/2016 par gelindo
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    "...le précieux sésame qui donne droit à s’inscrire au Pôle emploi"

    Vous m’excuserez mais je ne partage pas du tout cette attitude nihiliste de la part de E&R. Si dans cet esprit là qu’il faut encourager les jeunes à faire des études...Imaginez un peu tous les jeunes qui viennent sur ce site et lisent ce genre de truc ? La classe. Très pédagogique de votre part. Bravo !

     

    • #1503261
      le 05/07/2016 par VIVACHAVEZ
      Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

      C’était déjà dans le film "les sous doués passent le bac" quand un lycéen expliquait à son père que "bac ou pas bac, même chômage". En dehors de l’humour, on peut y trouver une certaine vérité, que ça plaise ou pas à gelindo.......


    • #1503321
      le 05/07/2016 par The Shoavengers
      Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

      Eh oui, la réalité des chiffres est chômatique, travaillophobe.


    • #1503341
      le 05/07/2016 par matador
      Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

      Pas nihiliste. Réaliste. J ai passé.le bac D maths en 81. A peine 60% de réussite.maintenant ?


    • #1503462

      @ matador : Bac 1966, le taux de réussite historique le plus bas pour "compenser" la première année à un seul bac : un peu plus de 49% au rattrappage de septembre après une hécatombe (grosses larmes et vacances gachées) à 20% environ pour la session de juin. Mais on était dans dans les 30 glorieuses, toutes les bonnes volontés trouvaient un emploi dans le mois avec ou sans bac, mais avec, et si possible mention, c’était le "tapis rouge" bien sur.


    • #1503477

      Malheureusement, bac ou pas bac à la sortie le résultat est le même .Le bac ,çà voulait dire quelque chose, il y a 30 ans ,parce qu’il y avait une sélection ,une vraie .Vous faites passer un examen de certificat d"études à des bacheliers ,je suis à peu près sur qu’il n’y a pas 30% de réussite. Il n’y a qu’à voir ce qu’ils font en fac dans les 2 ans à venir ,et on en reparlera. La réalité c’est dure ,mais il ne sert à rien de la cacher.


    • #1503500
      le 06/07/2016 par Beligue
      Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

      La première chose que sanctionnent les examens et d’autant plus le bac est la compétence des enseignants. Faites vous raconter par les anciens avec quels dévouements les instituteurs préparaient au certificat d’étude des élèves qui normalement n’en avaient pas le niveau et vous serez surpris car ils avaient bien compris que c’était eux les premiers jugés. Maintenant ils ont compris que le plus facile est de se surnotés soi-même donc les élèves....


  • #1503471
    le 06/07/2016 par Athéna
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    Félicitations pour cette chronique journalière toujours bien faite et bien vue, devenue l’indispensable pour comprendre le paysage actuel, complètement orwellien, bravo et merci car le sursaut ne viendra que de notre volonté de se poser les bonnes questions face à des medias omniprésents et un environnement complètement orwellien !


  • #1503529
    le 06/07/2016 par Untell
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    La vraie sélection « naturelle » s’opère après deux ans d’études supérieures, où les niveaux « augmentés » se retrouvent dans une proportion de 30% devant un mur.

    Bof.
    En classes prépas, on nous fait bosser comme des dingos pendant 2-3 ans en nous expliquant que le travail paie. Sauf qu’à un certain niveau, il s’agit plus de talent (intuition pour les maths, facilités de mémorisation pour la chimie, culture pour les lettres...) que de travail. Sans compter la part de chance aux concours, notamment à l’oral où là encore c’est un talent inné (avoir la tchatche, tout en maîtrisant ses connaissances) qui fait la différence. L’hypocrisie droitarde, voyez-vous.

    Et conforter l’idée selon laquelle ce seraient les études qui feraient la "sélection", donc qui permettraient d’établir une hiérarchie dans la société, c’est valider le fait que ceux qui ont le plus de diplômes prennent le pouvoir, ce qu’on a coutume d’appeler la technocratie (ingénieurs) / bureaucratie (hauts fonctionnaires) ; et par là-même, valider la reproduction des élites (il n’y a qu’à voir le nombre de fils de grands noms chaque année au concours de l’X).
    D’ailleurs, je crois savoir que Soral n’est pas bachelier (quand bien même c’était le vieux bac).

    Il ne s’agit pas seulement de dévaloriser le bac parce qu’il est "facile", mais de revaloriser les formations moins "col-blanc", l’artisanat notamment.


  • #1504172
    le 07/07/2016 par karimbaud
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    @VIVACHAVEZ..............exact !....et puis ces films des années 80 exprimait des vérités populaires et osées qu’on ne pourrait sans doute plus évoquer à la télé...tiens, il vient de repasser " Inspecteur Labavure " avec Coluche, il y a une scène notamment où sa mère lui dit de mettre un costume pour son premier jour dans la Police, lui rétorque que maintenant c’est fini çà, les flics s’habillent comme tout le monde, blouson, jean...etc...et de rajouter " c’est les gangsters qui portent le costard maintenant, les hommes d’affaire, les ministres... "....l’air de rien, quelle quenelle !


  • #1505195
    le 08/07/2016 par Floent
    Un jour en France : mardi 5 juillet 2016

    Bravo les gars pour cette saine lecture quotidienne !