Egalité et Réconciliation
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Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

Par David L’Épée

Le rap est une imposture, nous disent certains dans le cadre d’une critique radicale de cette mouvance culturelle. La messe est-elle dite et l’affaire classée ? Ce n’est pas l’avis de tous. Et s’il existait un nouveau rap français, réellement révolutionnaire cette fois, loin des labels, des radios et des réseaux d’influence ? Un rap de qualité, œuvre d’artistes courageux et lucides, boycottés par les médias mais stars sur Internet, et qui n’hésiteraient pas à désigner de vrais ennemis : le capitalisme, les USA, Israël, la mondialisation, les manipulateurs qui font leur beurre sur la détresse des quartiers difficiles. Plongée dans une nébuleuse en pleine expansion qui risque bien de vous réconcilier avec le rap !

Je vous ai parlé dans le dernier numéro de Rébellion du pamphlet de Mathias Cardet, L’Effroyable Imposture du rap. Nous avons vu que bien souvent, derrière l’imagerie révolutionnaire du rap se cachait une idéologie tout à fait dé(mo)bilisante, visant à orienter les jeunes des classes populaires dans une impasse, celle des compensations hédonistes, du matérialisme le plus étroit et d’une posture racailleuse aux antipodes de toute émancipation sociale. Ce dur constat était hélas exact, mais l’auteur prenait le parti d’examiner le hip-hop uniquement comme sous-culture de masse aux mains des grands labels (et d’autres secteurs du marché comme les médias ou certaines marques de vêtements), il écartait la périphérie pour faire le procès du centre, il condamnait ce qu’avait trop souvent été le rap sans s’interroger sur ce qu’il pouvait être encore. Ce n’est pas un reproche que j’adresse à Cardet, l’objet de son livre était bien défini dès le départ, et il avait même ajouté à la dernière page un avertissement explicite : « L’auteur du livre a pris le parti de s’attarder uniquement sur les impostures du rap. Auront donc été omis volontairement les authentiques… »

 

 

Le sujet que je vais aborder aujourd’hui est donc bien différent du sien puisque nous allons nous arrêter sur un phénomène beaucoup plus positif et encourageant : la récente apparition dans le rap francophone d’artistes d’un genre tout à fait nouveau, porteurs d’idées dont certaines sont chères à nos lecteurs mais qui auraient été tout à fait impensables dans le hip-hop il y a une dizaine d’années. Je citerai dans cet article un certain nombre d’extraits de chansons dont la simple lecture est bien sûr d’un intérêt très relatif : je vous encourage, pour mieux replacer ces citations dans leur contexte formel, à aller écouter les chansons dont elles sont tirées, j’indique à chaque fois le titre et l’auteur et elles sont, pour la grande majorité, disponibles en libre écoute sur YouTube.

Il ne s’agit pas d’une école en particulier ni d’un mouvement concerté mais d’une tendance de fond, qui éclot çà et là chez des rappeurs très différents les uns des autres mais tous en rupture avec ce qui a constitué très longtemps ce qu’on pourrait appeler le background idéologique du rap. Comme l’écrivait Cardet, la mise en place du business du rap s’est faite sur fond d’enrégimentement des jeunes de quartiers populaires derrière des bannières que, d’en haut, on leur avait mises entre les mains : l’association SOS Racisme, téléguidée par le parti socialiste, en fut peut-être la plus emblématique [1], et certains leaders de la gauche bourgeoise, comme Jack Lang, Harlem Désir ou Olivier Besancenot, ont rêvé un temps de faire de ce mouvement un vecteur de propagande à leur profit susceptible de leur ramener des voix dans ces quartiers.

 

 

1980-2000 : entre antiracisme et bolossage

Il est vrai que certains aspects sociologiques du rap étaient susceptibles d’amener de l’eau à leur moulin. Tout d’abord, c’était un mouvement venu des États-Unis, pays que l’Europe s’est habituée à considérer comme le vecteur de toutes les nouvelles tendances sociétales. Or, rappelons que lorsqu’en 1984 est créé SOS Racisme, l’URSS n’est pas encore tombée et nous sommes donc encore, de fait, en pleine guerre des blocs. Il se trouve que plusieurs parrains parmi les plus influents de SOS Racisme, comme Bernard-Henri Lévy, ne cachent pas leur antisoviétisme virulent, positionnement géopolitique qui s’accompagne d’ailleurs souvent sur le plan politique d’un antimarxisme pur et simple.

Dès lors, on ne s’étonnera pas que Sébastien Farran, manager du groupe mythique NTM, ait déclaré il y a quelques années en interview :

« Ce qu’on aimait dans le rap, c’était le côté américain, grosses baskets. L’alternatif [il fait ici référence à certains courant du rock], c’était l’opposé des Américains, c’était des Soviétiques [2]. »

Pas étonnant non plus, dans cet esprit-là, que Joey Starr, un des deux rappeurs du même groupe NTM, soit devenu un ami proche de Besancenot dès le temps de la LCR (trotskiste peut-être mais anticommuniste sûrement, et ce en dépit du nom trompeur du parti !) et que ce même Besancenot ait participé à l’album de Monsieur R – album intitulé à bien mauvais escient Politikment Incorrekt – prêtant sa voix à l’introduction d’une chanson qui n’est autre qu’un très mauvais remix hip-hop d’Antisocial du groupe Trust. Le même Monsieur R qui participa à la campagne du NPA aux présidentielles de 2007 et qui avait composé une jolie chansonnette intitulée Fransse dont la graphie SS montrait bien ce qu’il pensait du pays dont son pote Olivier briguait la présidence… D’ailleurs les paroles ne laissaient planer aucun doute : « La France est une garce, n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser, comme une salope faut la traiter… [3] » Comme chanson de campagne, c’est vrai que c’est assez original !

 

 

Ensuite – et c’est là le deuxième aspect qui a pu laisser croire aux partis de la gauche bourgeoise qu’ils pourraient tirer les marrons du feu allumé par le rap – on pouvait constater une surreprésentation dans les groupes hip-hop de jeunes d’origine étrangère (reflet de cette même surreprésentation dans les quartiers d’où étaient issus ces jeunes), ce qui en faisait les cœurs de cible idéaux pour leur discours « antiraciste », discours dont on sait aujourd’hui que l’objectif n’était pas réellement de combattre le racisme mais de procéder à une vaste entreprise de clientélisme électoral et de disqualifier moralement à la fois l’opposition nationale et les classes populaires « de souche ».

Au début, tout a fonctionné et les jeunes rappeurs, séduits par les opportunités qu’on leur faisait miroiter, sont rentrés dans la combine, sans même vraiment avoir conscience d’être utilisés. Un album collectif ayant réuni plusieurs grands noms de la scène hip-hop des années quatre-vingt-dix demeure comme un témoignage de cette période : Sachons dire NON, un disque sorti en 1998 initié par le même Monsieur R cité plus haut et entièrement consacré à la lutte contre le Front national. On assiste alors au recours systématique à la reductio ad hitlerum avec, au nom du combat contre l’intolérance, des paroles assez paradoxales :

« Faut les exterminer ! […] Faut les coffrer, leur faire subir les pires châtiments ! […] les déguster, en faire un buffet de mufles et les bouffer jusqu’à étouffer ! [4] »

 

Cet épisode marque le point culminant de l’instrumentalisation de ces artistes à la mode par une partie de l’intelligentsia politique.

C’est par la suite, à partir des années 2000 et suivantes, que ça va commencer à se gâter et que le bel édifice va peu à peu se fissurer. Si la belle mécanique du rap officiel et subventionné se grippe, c’est pour plusieurs raisons. Certaines contradictions apparaissent, avec le temps, comme flagrantes aux yeux du public : comment, en effet, concilier des appels dogmatiques au métissage généralisé façon Benetton avec, de plus en plus souvent et spécialement venant des quartiers les plus durs, des accès exaltés de haine raciste à l’encontre des Blancs ? La question devra bien finir par se poser : jusqu’où, au nom de la lutte antiraciste (traduction : lutte contre un certain nombre d’épouvantails tels que les flics ou les électeurs FN, quand ce n’est pas tout simplement le Français moyen dans sa version Bidochon), peut-on tolérer certaines formes de dérapages… racistes ?

C’est l’époque des grandes manifestations étudiantes à Paris (avec, comme point culminant, le mouvement de protestation contre le CPE en 2006), auxquelles se joint un grand nombre de banlieusards, non pas pour soutenir le combat des étudiants mais pour les dépouiller de leur argent et de leurs téléphones portables à la faveur du désordre ambiant. On parle de « bolossage » : action consistant à tabasser du « bolo ». Le « bolo » ? Contraction de « bourgeois-lopette ». Les « bourgeois », c’est ceux qui sont du centre, désignés ainsi par ceux qui sont de la périphérie – et il est vrai que dans une société de plus en plus paupérisée, on est tous le bourgeois de quelqu’un car on trouve toujours plus miséreux que soi. Les « lopettes », ce sont les garçons gentils, féminisés, inaptes à la bagarre, étrangers à l’atmosphère de prédation constante de certains quartiers. Le « bolo » : celui qui possède davantage que moi et qui ne se défendra pas si je le dépouille, la victime idéale donc. Puis, dans l’argot banlieusard, on passe insensiblement de « bolo » à « bolosse », évolution qui n’est pas innocente car la traduction a maintenant un sens un peu différent : le bolosse, avant de représenter pour lui-même un profil social quelconque, c’est celui qui est susceptible de se faire bolosser, donc passer à tabac. Le rap, bien entendu, s’en fait l’écho dans ses chansons, et Seyfu peut scander :

« T’as vu un babtou, y a une hagla qui va avec [5]. »

Le réveil du rap dissident

La violence, le racisme anti-blanc, les effets désastreux du communautarisme (tolérés et même voulus par l’État français), la ghettoïsation sociale et ethnique : voilà ce qu’on pourrait appeler la dynamique négative qui a porté un sérieux coup à la crédibilité du rap tel qu’il avait été pensé jusqu’alors par les élites de gauche. Mais il s’est fait jour, en parallèle, une dynamique positive qui, d’ailleurs, si elle s’est attaquée à cette conception problématique du rap, n’était pas en soi antirap, bien au contraire. Cette dynamique est venue du constat que les valeurs dominantes dans le rap officiel étaient bien souvent antinomiques de celles ayant cours dans les strates de la société d’où étaient censés être issus les rappeurs.

Ainsi, par exemple, auprès de populations à forte composante arabo-musulmane, les « muslimeries » pathétiques (pour reprendre une expression de Cardet) de certains artistes ne passaient plus. Un islam racailleux entièrement américanisé et faisant l’apologie des drogues, de la voyoucratie et des filles faciles ? Pas crédible pour la plupart, voire carrément insultant [6].

Comme j’avais pu l’écrire il y a quelques années au cours d’un dialogue triangulaire sur la question avec Michel Drac et Mustapha Cherif :

« Le fait est que les médias cherchent sciemment, à chaque manifestation d’incivilité des jeunes immigrés arabo-musulmans (ou de ceux qui les côtoient) à mettre lesdites incivilités sur le compte de l’influence pernicieuse de l’islam, comme si le Coran préconisait à ses lecteurs de dealer des stupéfiants, d’agresser les chauffeurs de bus, de brûler les voitures et de violer des femmes en bande. On présente les voyous en Lacoste et en casquette de base-ball comme des sectateurs de Mahomet alors que nous savons pertinemment que ces gens-là ont été allaités au rap américain, aux vidéos porno, à la culture bling-bling de MTV et au fantasme de l’argent facile entretenu par la pensée ultralibérale [7]. »

J’en suis plus que jamais convaincu.

Cette critique faite au nom des valeurs de l’islam se retrouve articulée dans des milieux bien différents et au nom de principes bien différents, parmi les athées comme parmi les fidèles d’autres religions, parmi les immigrés comme parmi les autochtones, parmi les banlieusards comme parmi les habitants du « centre » ou de la province. Une critique du matérialisme, de la superficialité du rap game, de l’hypocrisie marketing de la street credibility (rappelons que certains papes actuels du rap français, comme Booba ou La Fouine [8], sont immensément riches et vivent à Miami, bien loin – tant géographiquement que socialement – de leur public de prédilection), du fétichisme marchand, de la misogynie, de ce côté yankee imbuvable et bas de plafond.

 

 

Les nouveaux rappeurs contestataires (réellement contestataires cette fois) ont hâte de tuer le père et ont bien remarqué que, dans ce milieu prétendument radical et libéré où les artistes aiment orner leurs pochettes du fameux avertissement « explicits lyrics », il y a en réalité beaucoup de sujet qui sont tabous : est-il possible de faire réellement œuvre d’anti-impérialisme ? de critiquer le capitalisme ? de s’en prendre au sionisme ? de rapper l’amour des siens, de son peuple, de sa patrie – pas uniquement le fameux « bled » des origines mais aussi sa terre d’accueil ? Pour les marionnettistes de la gauche bourgeoise derrière l’industrie du rap français, tout ça sent le souffre et il n’est pas question d’adopter ce genre de poulains indomptables dans ses écuries.

D’où une explosion du marché parallèle de l’autoproduction, des petits labels autonomes, souvent fauchés mais vrais nids à nouveaux talents, d’artistes qui ne passent pas en radio car pas assez formatés pour ça mais qui n’en sont que plus intéressants à écouter. Le développement d’Internet a beaucoup favorisé cette explosion du rap indépendant, permettant une large diffusion de la musique sans avoir à passer par les labels ou les médias officiels et faisant appel à un type de promotion dans laquelle ce n’est pas le capital investi qui est déterminant mais la qualité du travail. Et de ce fait, c’est un tout autre son de cloche que l’auditeur un peu curieux peut écouter aujourd’hui, il découvrira en se promenant sur le net ou dans certaines salles de concert des thématiques qui auraient été impensables il y a encore une dizaine d’années et qui sont désormais traitées sans concession par des rappeurs de moins en moins aliénés.

 

Pas de char hip-hop à la Gay Pride

J’étais il y a quelques semaines à un concert d’Orelsan sous un chapiteau bondé où s’amassait un public très jeune dans une ambiance survoltée. Orelsan, qui est loin d’être un rappeur underground si on en croit les ventes faramineuses de ses deux premiers albums, avait défrayé la chronique, la veille de ce concert (le 31 mai dernier), en perdant le procès que lui avaient intenté les Chiennes de garde et plusieurs autres associations féministes ayant porté plainte contre une de ses chansons [9], provocatrice à l’endroit des femmes certes (et extrêmement violente), mais qui n’avait rien d’une profession de foi misogyne puisque l’artiste, jouant le jeu du rap-théâtre, s’imaginait dans la peau d’un conjoint trompé, ivre de désespoir et de vengeance. Ce soir-là, invité par un des grands festivals musicaux de Suisse, il termine son concert, comme à chaque fois, par une des chansons phares de son dernier album, Suicide social. Dans ce morceau sombre et désenchanté, il tire à vue sur tout ce qui bouge mais, à la différence de nombre de ses prédécesseurs, il « oublie » d’épargner certains intouchables…

« Adieu ces associations bien pensantes, ces dictateurs de la bonne conscience ! Bien contents qu’on leur fasse du tort, c’est à celui qui condamn’ra l’plus fort ! »

Puis, quelques mesures plus loin il enfonce le clou :

« Adieu lesbiennes refoulées, surexcitées, qui cherchent dans leur féminité une raison d’exister ! Adieu ceux qui vivent à travers leur sexualité ! Danser sur des chariots, c’est ça votre fierté ? Les Bisounours et leur pouvoir de l’arc-en-ciel, qui voudraient m’faire croire qu’être hétéro c’est à l’ancienne… Tellement susceptibles ! Pour prouver qu’t’es pas homophobe, faudra bientôt qu’tu suces des types ! [10] »

Autour de moi, toute une jeunesse applaudit et reprend les paroles en chœur. Décidément, il n’y a pas de doute, les temps changent !

 

 

Cette critique de la mode gay friendly – critique qui n’a, dans la plupart des cas, rien de commun avec l’homophobie – est quelque chose qui revient souvent dans le nouveau rap. Mouvement issu des classes populaires, viriliste et souvent attaché à une distinction sexuée traditionnelle (attachement qui peut être encore accentué chez les artistes de confession musulmane), le rap se démarque en cela très nettement du reste du monde du spectacle, habituellement acquis d’avance à toutes les revendications des minorités sexuelles. « J’dirai pas qu’le mariage n’est pas pour les homos, et j’dirai vive la Gay Pride !… c’est bon pour la promo » ironise John Sadeq dans sa chanson J’dirai pas [11].

Le talentueux Taïpan (un élément à suivre ces prochaines années !), lui, dans Retour aux Pyramides, n’y va pas avec le dos de la cuiller et met à profit le franc-parler qui le caractérise pour nous dire ce qu’il pense de ce communautarisme-là :

« Si tes revendications sont au niveau de la braguette, que t’es fier d’être un pédé, va faire la Gay Pride à Zagreb ! Qui tient la manette, qui tient la baguette, qui tient la planète m’intéresse plus que le mode d’emploi de ta boîte à merde ! [12] »

Plus récemment, Shone, qui soutenait les manifestations contre le mariage pour tous, a évoqué la question dans sa chanson Ennemi d’État en ajoutant qu’il réservait « un gros mollard sur le Charlie Hebdo [13] ». L’hebdomadaire néoconservateur (appelons les choses par leur nom) a réagi il y a quelques mois en qualifiant l’artiste de « Christine Boutin black [14] ». Le féminisme en prend aussi parfois pour son grade, comme dans la chanson Polémiquement incorrect d’El Matador :

« Une beurette libertine partouzeuse de limousine, ils t’en f’ront une parfaite présidente de Ni Putes Ni Soumises ! [15] »

Asselineau, Kemi Seba, Dieudonné et leurs rappeurs

Parmi ces nouveaux rappeurs engagés, certains – mais c’est une minorité – sont clairement engagés aux côtés d’un parti ou d’un mouvement politique. C’est le cas de Tepa, un rappeur assez connu, membre du groupe Les Spécialistes, ayant participé depuis plus de dix ans à divers projets collectifs, comme Opération Freestyle du célèbre DJ Cut Killer pour ne donner qu’un exemple parmi les plus prestigieux [16]. Pourtant, malgré ce profil tout à fait « intégré », Tepa a beaucoup évolué ces dernières années et il a décidé de rejoindre l’Union populaire républicaine (UPR) de François Asselineau. Sur une ligne nationale-républicaine, sociale, antieuropéiste et souverainiste, il a enregistré une chanson, Le Chant des partisans 2.0, qui rend hommage au Conseil national de la Résistance (CNR) et présente sa conception de la France :

« J’vois des drapeaux bleus constellés d’étoiles jaunes, ils veulent faire disparaître le drapeau tricolore ! […] J’fais du rap de patriote, c’est une espèce rare, car les marionnettes sont devenues des stars. […] Y a plein d’fachos en gestation, des nazillons, des antifas… J’suis du côté d’l’art qui dit non, pas du bourgeois des squats ! […] La France, c’est notre femme officielle, on la nique pas, on lui fait l’amour [17]. »

Indépendamment de ce que peut être votre jugement sur l’l’UPR, c’est une chanson que je recommande à votre curiosité et qu’il vaut vraiment la peine d’écouter. L’itinéraire de Tepa est d’autant plus intéressant si on le met en parallèle avec celui de Princesse Anies, rappeuse d’origine taïwanaise avec qui il avait fondé le groupe Les Spécialistes et qui, en 2001, réunit de nombreux artistes autour d’un projet intitulé Hip-Hop Citoyens, dont le but n’était autre que de faire barrage à Le Pen au second tour des présidentielles. Tout en appelant à voter Chirac (un sommet de la rébellion !), les rappeurs réunis sur le projet ne se privent pas de révéler tout le bien qu’ils pensent du pays pour lequel se jouent ces élections :

« La France est une garce et j’te l’confirme, pays d’collabos ! [18] » ;

« Pédé, j’vais foutre mon souk ! La France, j’veux la voir décéder ! [19] »

Un catéchisme rap digne de ceux des années 1990, tout à fait dans le goût du projet Sachons dire NON évoqué plus haut. Entre Tepa et Princesse Anies, les deux compères des premiers temps, c’est désormais le grand écart.

Autre mouvement politique, autre engagement : le rappeur Karifa. Ce militant afrocentriste n’est autre qu’un camarade de Kemi Seba et ce dernier parle d’ailleurs de lui dans son livre Supra-Négritude paru récemment :

« Karifa avait une joie communicative, respirait la bonté, la générosité. On l’appelait le Magnétique car sa beauté physique était égale à sa beauté intérieure. Il rappait et pratiquait les sports de combat [20]. »

Ce Karifa, dont le leader du Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI) dit tant de bien, a notamment enregistré une chanson très virulente intitulée Pas de Justice, pas de Paix, sorte de manifeste du « kémitisme » antivictimaire, et dans laquelle on peut entendre ceci :

« Les dés sont jetés, vous pouvez toujours attendre. Il est temps de comprendre que personne ne veut vous aider ! […] Il est grand temps de songer à se défendre, mais la négraille ne pense qu’à se détendre… […] Vous êtes à vendre, à pendre ! Rien dans le cœur, encore moins dans le ventre ! […] C’est Karifa pour Kemi Seba, GKS [21] et tous ceux qui s’estiment. On n’a rien à faire, rien à voir avec des macaques qui se sous-estiment ! [22] »

Le clip vidéo, très combattif, présente des Africains en tenue de combat, dans une posture martiale proche de celle des Black Panthers, et le message délivré est tout à fait fidèle à celui régulièrement diffusé depuis le Sénégal sur les ondes d’Afro-Insolent.

Mais le leader d’opinion le plus populaire dans le rap français reste incontestablement Dieudonné. Défendu publiquement (dans des chansons ou dans des interviews) par des rappeurs aussi différents et aussi connus que Médine, Soprano, Rockin Squat, Despo Rutti et bien d’autres, il semble incarner une figure de référence pour tous les éléments les plus dissidents du milieu hip-hop. Il y a plusieurs années déjà, il avait été invité par le groupe La Brigade pour enregistrer des intermèdes humoristiques sur son premier album [23]. Taïpan, dans l’introduction d’une de ses chansons [24], avoue qu’il compte voter pour sa liste antisioniste aux élections européennes de 2009. Riina, dans Rimes impulsives [25], appelle à voter Biquette, la chèvre présentée par Dieudonné aux élections présidentielles de 2012… Exlimes, dans sa chanson Antisémites, nous dit :

« Amen : quand Dieudonné est censuré, l’étoile de David est, semble-t-il, idolâtrée [26]. »

Le jeune rappeur, qui ne réalisait vraisemblablement pas l’étendue des risques qu’il prenait, aura tôt fait de retourner sa veste et de faire son mea culpa pour espérer récupérer une place dans le landerneau du rap officiel et subventionné : il diffuse une vidéo sur le net dans lequel il explique : « Je n’appartiens pas au camp d’Alain Soral. » Puis il enregistre une nouvelle chanson intitulée Excusez-moi où on peut l’entendre chanter :

« Que les rabbins me pardonnent. […] Excusez-moi si j’ai violé vos lois [27]. »

Paroles dans lesquelles il serait vain de chercher la moindre distanciation ironique, tout est à prendre au premier degré…

 

Le rap : un bastion de l’antisionisme ?

Indépendamment de cette petite polémique un peu anecdotique, il n’en reste pas moins vrai que la critique du sionisme a longtemps été, dans le rap, une sorte de fruit défendu, une ligne rouge à ne pas franchir, et que ce tabou est peu à peu en train de tomber. « J’suis là pour jouer l’irréductible, je n’ai qu’une cible, ceux qui font les marionnettes lors du dîner du CRIF ! [28] », chante El Matador dans Polémiquement incorrect. Dans leur chanson Liberté d’Expres-Sion, le collection 210 All Styles n’y va pas non plus de main morte :

« Peu importe si des enfants iraniens y laissent la vie, Barak s’en tape comme du phosphore blanc qu’on balance aux Gazaouis ! Et si c’est en tant qu’être humain qu’tu réagis, les BHL et compagnie t’trait’ront d’nazi ! Espère pas porter plainte si t’es tabassé par la LDJ, ils s’entraînent sous l’ministère d’l’intérieur, donc réfléchis… Milice armée communautaire et répressive ! Question précise : est-c’qu’on est en démocratie ? [29] »

 

Deux proches de ce collectif, Khoza et Nabil, dans une chanson intitulée Projet d’État et qui se clôt par l’extrait d’un discours de François Asselineau (encore !) s’en prennent à ceux, dans la communauté musulmane, qui vont main dans la main avec les sionistes :

« J’écoute nos représentants mais trop d’leurs propos m’écœurent, de Hassen Chalghoumi jusqu’à M. Dalil Boubakeur. Qui sont ces traîtres déguisés qui s’cachent dessous leurs chachas ? Tous ces imams du CRIF qui cautionnent tant d’massacres à Gaza ! Incapables de nous défendre face aux mensonges médiatiques ? Le CFCM c’est quoi, si c’n’est l’sionisme islamique ? Une bande de lâches égarés, muslims soumis aux tyrans, qui planifient l’attaque de l’Algérie puis celle de l’Iran ! [30] »

Karifa, présenté plus haut, évoque aussi la question : « On ne veut plus dépendre de la mafia sioniste, des intégrationnistes… [31] » Dans sa chanson La Tectonique des claques, Taïpan se lâche :

« Je sais pas qui a écrit les protocoles des sages de Sion, mais protocole ou pas, les sionistes me gavent le fion ! […] J’le trouvais bien, moi, le discours d’Ahmadinejad à Genève [32], je sais pas pourquoi la délégation française se lève [33]… »

Kimto Vasquez (illustration en tête d’article), dont Cardet nous disait le plus grand bien dans l’entretien publié dans les pages du n°58 de Rébellion et qui est un artiste présent sur la scène rap depuis de nombreuses années, n’hésite pas à mettre en lumière la fameuse escroquerie :

« Tonton n’est pas content, ses neveux sont des gauchistes, ils ne voient pas qu’ils sont déjà capitalistes, et cons et tristes comme une campagne antiraciste conçue et financée par des sionistes [34]… »

Cette chanson, Tonton du Café du commerce, lui vaudra d’ailleurs plusieurs « désinvitations » dans les médias, ces derniers ayant presque unanimement décidé de le clouer au pilori des infréquentables…

 

 

Et Mysa, un rappeur écouté auprès d’un large public, s’interroge dans sa chanson On ne sait rien :

« Tu connais quoi des francs-maçons, du corrupteur et du sionisme ? Tu connais pas, pourtant t’es leur bonniche ! [35] »

La franc-maçonnerie est également un thème qui revient fréquemment dans le rap, de manière souvent confuse, la voie ayant été ouverte par Rockin Squat et ses chansons complotistes dans lesquelles on trouve, comme on dit, à boire et à manger [36]… Kimto Vasquez pose les questions qui fâchent :

« Tu m’expliqueras le danger des mollahs et des curetons quand tu sauras m’dire c’que glandent vraiment les francs-maçons [37]… »

El Matador, dans sa chanson citée plus haut, revient sur ce thème :

« Si le diable veut mon âme, j’lui dis non merci, sans façon ! J’suis pas Jay-Z [38] qui, lui, remercie tous les jours les francs-maçons [39]. »

Idem pour tout ce qui concerne les sociétés secrètes. Tepa, le rappeur de l’UPR, pointe l’hypocrisie des politiques en la matière :

« D’mande jamais à Besancenot s’il connaît Bilderberg, il dit qu’c’est du complot [40]… »

De l’anti-communiste (et ex-marxiste) Rockin Squat à la trotsko-altermondialiste Keny Arkana (une rappeuse très douée, il faut le reconnaître), le thème des complots et des Illuminati revient sans cesse, et nous touchons peut-être là aux limites de ce nouveau rap français : le propos devient vite pesant, excessif et maladroit, les artistes sont rarement à la hauteur des sujets qu’ils traitent, ils manquent bien souvent de culture historique et politique pour empoigner ces questions-là et on voit vite que certains sont moins désireux d’analyser et d’informer leurs auditeurs que d’installer une sorte d’ambiance de doute et d’odeur de souffre susceptible de les profiler positivement dans cet alter-marketing de la dissidence codifiée [41]. Taïpan, lui, comme souvent, prend tout ça plus à la légère et on ne lui jettera pas la pierre :

« Faut qu’j’donne mes analyses d’urine à qui pour finir Illuminati ? [42] »

 

« Le rap, ce sera mieux après »

À l’antisionisme s’ajoutent, presque naturellement, deux combats politiques chers aux lecteurs de Rébellion : l’anticapitalisme et l’antimondialisme. Ce dernier prend souvent, dans le nouveau rap, la forme d’un antiatlantisme, comme en témoigne l’excellente chanson Le 52ème État de John Sadeq :

« Alors qu’l’élite et l’show-biz jouent les yankees pour permettre à l’Empire d’imposer son emprise, ça joue les patriotes mais bande pour les USA ! J’préfère Le Pen à ces porcs, tu peux publier ça ! [43] »

Le rappeur suisse romand Dissipé, du collectif Michigang, ne cache pas non plus ses sympathies subversives :

« J’m’en bats les couilles de NYC, bientôt j’me tire à Téhéran ! [44] »

L’américanisation étant, au-delà de la simple conquête économique, une colonisation par les esprits et par les mœurs, c’est aussi sur ce terrain que les rappeurs s’indignent, à l’image d’El Matador :

« J’ai pas la vision d’Obama mais celle de Farrakhan ! Ils sont choqués d’voir Diam’s avec un voile et pas Zahia à poil ! [45] »

Toute critique cohérente du capitalisme englobant nécessairement la libre circulation des personnes (au même titre que celle des biens et des capitaux), certains rappeurs réellement libérés des vieux préjugés gauchistes, comme Sam dans sa chanson À contre-sens, visent juste :

« De leur racisme j’ai facilement les preuves : ils sont pour l’immigration… l’immigration c’est le déracinement des peuples ! [46] »

Dans la même chanson, il fait son autocritique avec humour, se rappelant de ses premières années dans le rap, avant sa prise de conscience politique :

« Comme Besancenot, j’parlais d’exploitation avec aux pieds mes Nike. […] J’suis en casquette requin, j’ai tout copié des gangs cain-ris, donc sur ma tête casse ta baguette de pain [47]… »

Le rap est d’importation états-unienne, certes, mais pour beaucoup, il a cessé d’être un cheval de Troie et il n’est plus question de faire rimer culture hip-hop avec américanisation.

J’invite nos lecteurs à se faire leur propre opinion en se baladant sur l’Internet et en écoutant ce qu’ont à dire ces rappeurs, dont je gage qu’ils n’ont pas souvent entendu citer les noms sur M6 dans les pages des Inrockuptibles ! Un slogan, mi-nostalgique mi-ironique, très à la mode chez les quadragénaires du mouvement (les tenants de cette fameuse old school dont on sait jamais très bien ce qu’elle englobe et ce qu’elle exclut) et qu’on trouve souvent imprimé sur des t-shirts, nous dit : le rap, c’était mieux avant. Et si au contraire c’est maintenant que commençait vraiment l’histoire du rap ?

David L’Epée

Prolonger l’article avec Kontre Kulture :

Notes

[1] Je renvoie à ces propos nos lecteurs à l’intéressant entretien vidéo avec Farida Belghoul publié en mai par Égalité & Réconciliation et décryptant dans le détail l’arnaque SOS Racisme et sa tentative d’embrigadement des banlieues.

[2] NTM nique encore, in. Libération, 29 novembre 2007 (archive disponible en ligne).

[3] Monsieur R, Fransse, in. Politikmen Incorrekt (2004).

[4] Diam’s, Extrême minée, in. Sachons dire NON (1998).

[5] Seyfu, La vie qui va avec, in. Qui suis-je ? (2006) – le mot “babtou” signifie “blanc”, c’est un dérivé du verlan de “toubib”, mot d’origine arabe désignant le médecin mais, par extension, aussi le blanc ; “hagla” (ou “hagra”) signifie ici “tabassage” : je ne garantis évidemment pas que ce soit là le vrai sens de ces mots arabes (je serais bien incapable de les traduire moi-même !) mais je sais pour les avoir entendus souvent que c’est là le sens qui leur a été donné dans l’argot. Quand on sait que le concept de la chanson La vie qui va avec est, à chaque phrase, de lier deux choses censées aller de pair, on se pose quelques questions sur le prétendu anti-racisme de ce rappeur…

[6] Bien entendu, tout n’est pas si simple et je caricaturerais l’islam si je le présentais, de manière monolithique, comme un univers spartiate fait de conservatisme et de vertus morales triomphantes. Ce serait omettre l’existence, en parallèle, de ce que le politologue suisse Patrick Haenny appelle l’islam de marché, soit « la reconnexion avec l’univers culturel occidental dans le champ du religieux, […] porté par les nouvelles classes bourgeoises pieuses apparues ces vingt dernières années en Indonésie, en Turquie et en Egypte, et qui voulaient en finir avec l’ascétisme économique. » (Entre business et hégire : métamorphoses de l’islam, entretien, in. Eléments n°140, juillet-septembre 2011) Mais les classes sociales françaises dont nous parlons n’ont pas grand chose à voir avec cette bourgeoisie-là et ce sont les sensibilités d’un islam beaucoup plus populaire qui s’y expriment si on en croit les enquêtes réalisées sur le sujet.

[7] L’islam, une alternative à quoi – texte disponible sur divers sites (davidlepee.com, Egalité & Réconciliation, VoxNR, Agoravox)

[8] Ce dernier ne laisse aucun doute sur sa vision du rap, une de ses chansons étant sobrement intitulée J’rappe pour le fric (in. Bourré au son, 2005).

[9] Orelsan, Sale pute – Il rappelle cette affaire (le verdict n’était pas encore tombé) en ouverture de son second album (Le Chant des Sirènes, 2011) dans sa chanson Raelsan : « Merci quand même pour le coup d’pub, merci aux Chiennes de Garde pour le coup d’pute ! »

[10] Orelsan, Suicide social, in. Le Chant des Sirènes (2011)

[11] John Sadeq, J’dirai pas (2005) – Je renvoie nos lecteurs à un entretien accordé il y a quelques années par cet artiste au magazine dissident Flash, entretien intitulé Le Pen plus respectable que les libéraux et où le rappeur nous parle entre autres choses du rap, de l’Iran, de l’islam et de Fidel Castro (n°25, 22 octobre 2009).

[12] Taïpan, Retour aux Pyramides, in. AFPAN Saison 1 (2009) – il s’agit d’un album conceptuel proche du modèle d’une mix-tape sur lequel le rappeur, au fil des jours, commente en vrac (et presque en direct) l’actualité telle que délivrée par les médias, la chronologie étant souvent le seul élément qui lie les divers sujets évoqués dans chaque chanson.

[13] Shone, Ennemi d’Etat, in. La Mort du Rap Game (compilation, 2013).

[14] Charlie Hebdo, 9 mai 2013.

[15] El Matador, Polémiquement incorrect, in. Poussière d’Etoile (2013).

[16] Les Spécialistes, La Voie du Peuple, in. Opération Freestyle (1998).

[17] Tepa, Le Chant des Partisans 2.0 (2011)

[18] Sniper, in. Hip-Hop Citoyens (2002).

[19] Safyr, in. Hip-Hop Citoyens (2002).

[20] Kemi Seba, Supra-Négritude, Fiat Lux, 2013, p.84.

[21] GKS : Génération Kemi Seba, une des nombreuses associations successives (Parti Kémite, Tribu KA, Institut Shabazz, etc.) fondées par Kemi Seba.

[22] Karifa, Pas de Justice, pas de Paix (2008).

[23] La Brigade, Le Testament (1999).

[24] Taïpan, La Tectonique des Claques, in. AFPAN Saison 1 (2009) – Taïpan joue volontiers avec des références un peu sulfureuses mais c’est avant tout à la liberté d’expression qu’il semble attaché. Ainsi, dans sa chanson La Rentrée des Clashs (2011), enregistrée en duo avec le rappeur Youssoupha qui est en quelque sorte son mentor, il lâche : « J’mets un billet sur la tête de celui qui f’ra parler Zemmour ! » Manière ironique de “clasher” son ami Youssoupha, lequel avait, dans une autre chanson, lancé le même appel mais pour faire taire Eric Zemmour.

[25] Riina, Rimes Impulsives (2011)Riina, Rimes Impulsives (2011).

[26] Exlimes, Antisémites (2009) – Il faut préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’une chanson antisémite mais que ce titre a été choisi, au contraire, pour protester contre l’usage fait de cet anathème diabolisant pour disqualifier systématiquement toute critique de la politique israélienne.

[27] Exlimes, Excusez-moi (2012).

[28] El Matador, Polémiquement incorrect, in. Poussière d’Etoile (2013).

[29] 210 All Styles, Liberté d’Expres-Sion (2012).

[30] Khoza & Nabil, Projet d’Etat (2012).

[31] Karifa, Pas de Justice, pas de Paix (2008).

[32] Référence à l’intervention du président iranien à la conférence Durban II contre le racisme organisée à Genève en 2009.

[33] Taïpan, La Tectonique des claques, in. AFPAN Saison 1 (2009).

[34] Kimto Vasquez, Tonton du Café du Commerce, in. L’Océan (2012).

[35] Mysa, On ne Sait Rien, in. Enfermé Dehors, Jamais Libre (2009).

[36] La plus emblématique de ses chansons complotistes est sans doute Le Pouvoir Secret (in. Confession d’un Enfant du Siècle volume 2, 2009), mélange assez indigeste de diverses théories révisionnistes sur la base d’un texte balançant des références sans les expliciter, créant plus de confusion que de clarté dans la réception de l’auditeur.

[37] Kimto Vasquez, Tonton du Café du Commerce, in. L’Océan (2012).

[38] Selon une rumeur persistante très en vogue sur le net, le rappeur états-unien Jay-Z serait membre d’une loge maçonnique afro-américaine.

[39] El Matador, Polémiquement incorrect, in. Poussière d’Etoile (2013).

[40] Tepa, Le Chant des Partisans 2.0 (2011).

[41] Concernant l’instrumentalisation du complotisme anti-communiste et anti-maçonnique, je renvoie à un intéressant article paru dans le n°45 de Rébellion (novembre-décembre 2010) intitulé Communisme et complotisme.

[42] Taïpan, IPan, in. AFPAN Saison 1 (2009)

[43] John Sadeq, Le 52ème Etat (2008).

[44] Dissipé, Jean-Claude Duss Music (2012).

[45] El Matador, Polémiquement incorrect, in. Poussière d’Etoile (2013).

[46] Sam, À contre-sens (2013).

[47] Idem.

 



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68 Commentaires

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  • #575685
    le 03/11/2013 par Captain IL-76 Волга-Днепр
    Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

    Olivier Besancenot : En plus d’être La Synthèse parmi les synthèses, franchement c’est la plus grande épave que la France ait du supporter de son Histoire. Prêt à tout sacrifier, à tout vendre ou trahir pour que on lui tende le micro pour quelques instants.

    Encore un qui à gagné son billet ( en première classe pour ce type d’individu ) pour aller dans les poubelles de l’Histoire.

    Captain IL-76 Волга-Днепр

     

  • EXCELLENT article !
    Bien nuancé !


  • Mysa - Le Sale Boulot

    http://www.youtube.com/watch?v=4ZfA...

    Ce morceau est ce que j’attends du rap !

     

  • #575733

    Mouais, c’est comme le concept de Réconciliation, le bon rap .... on adhère ou pas.

    Moi j’adhère pas.

    Le bon rap, un rap politisé et qui sortirait de l’ornière d’une pensée primaire n’adviendra pas. Et pour la Réconciliation c’est trop tard, si l’Islam avait jamais été capable d’une ouverture.

    Je ne vois plus que la lutte contre les institutions antidémocratiques en place chez nous, pour venir sur ce site ... ce qui laisse une bonne marge de discussion entre nationaux de tous horizons.

     

    • #575778
      le 03/11/2013 par Captain IL-76 Волга-Днепр
      Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

      Et pour la Réconciliation c’est trop tard, si l’Islam avait jamais été capable d’une ouverture.

      Moi je vous la tend cette ouverture, vous êtes toujours la bienvenue chez Moi Cher Ami et la on discutera et on se réconciliera croyez-moi !

      Captain IL-76 Волга-Днепр


    • #575812

      Quest ce que l’Islam viens faire ici ? C’est fou ça..


  • #575752

    La conclusion est excellente et merci pour ces références je vais essayer de me monter une playlist qui déchire.


  • je sens que je vais bientot aimer le rap !


  • Je vous conseille également le dernier album de disiz, beaucoup plus subtil mais traitant des problèmes de société, son album extra lucide se base sur l’idée de pilule rouge développée dans matrix, je vous conseil surtout Salaud de pauvres !

     

    • T’es un bon toi ! disiz est l’incarnation du nouveau rap,car bien que trés vieux et ayant participer a la tapinerie il s’est retiré. Avec le recul il a compris le game et il y est revenu avec la rage d’un débutant et le talent d’un ancien !


    • Ado, je ne comprenais pas pourquoi ils dénonçaient un système qui les faisait vivre^^
      Très bon article, mais c’est moi où on entend moins parlé de rap ?


  • #575825

    Article très intéressant. Merci David l’Épée pour votre travail.
    Dommage que le rap soit pour moi, comme pour beaucoup je pense, complètement inaudible. Question de génération sûrement.


  • #575833

    de mysa a kenny arkana en passant par rock’in squatt ou el matador , que du bonheur ! cinquième soleil de kenny est excellent je trouve ! disiz est pas mal dans le genre aussi je trouve bonne synthèse sinon , même si je ne suis pas trop d’accord sur la façon de parler de rock’in :)


  • Moi qui est un ancien amateur de Rap j’apprécie au plus haut point cet article. Merci à l’hauteur pour cette remise à niveau


  • A mon avis le rap dit conscient (s’il a deja existé) on va en entendre de moins en moins. Suffit de voir que les jeunes sont surtout attirés par le rap hardcore avec Booba ou Rohff, et le nouveau qui fait un carton en allant toujours plus loin dans le hardcore : Kaaris.
    Franchement jeunes de banlieues ou non, tout le monde écoute ça et en redemande. En même temps si c’est pour écouter du rap conscient avec que de la pleurniche...

    Et quand vous dites que le rap est souvent antisioniste, c’est vrai. Mais ne vous méprenez pas, ils le font pas par amour de la France ou de la justice, juste par tribalisme avec les palestiniens.


  • ecouter Rockin squat (assassins)au lieu d’écouter des rappeurs qui sont influencés par soral, dieudo, upr et compagnie...Ca relève le niveau et Rockin est bien plus virulent que tous ces pseudos inconnus...avec 20 ans de carrière et énormément de skeud vendu

     

    • #576115
      le 04/11/2013 par Gerard John Schaefer
      Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

      Le problème étant qu’il a une voix de canard servant des textes rebellitude-attitude du niveau d’une cour de récré moyenne section. Et toute l’esthétique qui va avec, censée impressionner qui ?

      Les "20 ans de carrière et énormément de skeud vendu", je connais aussi des toxicos qui ne sont toujours pas crevés, et pourtant...


  • #575896

    Peut-être bien qu’on est maintenant proche d’atteindre le 100e singe... Très bon ça ! Le tsunami patriote est en marche. La seule alternative au delà de la révolution et le nationalisme !

     

  • Je suis assez d’accord avec vous, mais je ne pense pas qu’il n’y ai qu’une seule façon d’écouter du rap. Booba n’est pas une flèche et loin de moi l’envie de le défendre mais certains de ses morceaux sont amusants, ceux qui l’écoute ne sont pas tous des abrutis à prendre ses paroles au premier degré. Le rap ou toute musique dite consciente se prête mal au fait de vouloir véhiculer des "messages", il ne faudrait pas tout mélanger. Ne pourrait-on pas apprécier le rap americanisé tout en ayant une certaine distance critique ?


  • Je n’ai pas lu l’article en entier mais il me semble que le problème n’est pas de savoir s’il y a un bon rap ou un mauvais rap en analysant le contenu idéologique des textes et la façon dont les types sont fringués. La principale critique que l’on peut faire au rap c’est la platitude de son contenu musical ce qui est extrèmement génant pour de la musique et représente une régression culturelle. Le rap est pour moi le pendant musical de l’art contemporain en peinture ou en architecture. On voudrait nous faire croire qu’un carré blanc sur fond noir, un pigeon qui chie sur une toile, ou la seule et même note répétée pendant 5 longues minutes font des oeuvres d’art alors que personne n’aime ça naturellement. Alors on nous en fait bouffer jusqu’à ce qu’on admette, quasiment sous la torture, que c’est quand même de l’art. La vraie question est : comment a-t-on pu passer en quelques décénies de l’art nouveau en architecture ou du jazz en musique à toute cette daube contemporaine qui n’est qu’une expression plate et monotone des pulsions les plus primaires et les plus insignifiantes ?

     

    • Je viens de finir un livre qui pourrait vous intéresser, au sujet de l’art contemporain, "Les mirages de l’art contemporain" de Christine Sourgins. L’auteur tient également un blog sur le sujet :
      http://sourgins.over-blog.com/
      Elle y postule l’existence de deux formes "d’art", l’une traditionnelle, fondée sur le recherche du beau, et l’autre, idéologique, lancée dans les années soixante dans la lignée de Duchamp, et essentiellement destinée à renverser les valeurs du spectateur.


    • Vous dites cela en 2013, quand le jazz est devenue une institution, jouée et reconnue dans les conservatoires de musique ! Si vous vous replongez 60 ans en arrière, et même plus encore, quand cette musique n’était jouée que par des enfants d’esclaves, des noirs, desquels les blancs ne pouvaient même serrer la main, vous n’écririez certainement pas cela. Peut-être écririez vous que le Jazz est une musique de sauvage, qui n’est qu’une expression plate et monotone des pulsions les plus primaires et les plus insignifiantes comparée à la musique classique. C’est, à mon sens, les mêmes considérations que l’on avait pour le Jazz dans les milieux bourgeois de l’époque. Le Jazz d’hier me fait penser au rap d’aujourd’hui qui se métamorphose, s’enrichit, s’améliore, se renouvelle... Sans oublier que le rap qu’on nous propose d’écouter dans cet article contient des paroles beaucoup plus intéressantes que les mièvreries des standards de Jazz de la grande époque (exemple : le thème de Blanche Neige, Un jour mon Prince viendra, Someday my prince will come). La scansion reste un exercice que les rappeurs domine très bien (comme le scat, tiens ! mais avec des paroles !). Une mélodie, parfois difficile à discerner (car pas sur le mode tempéré habituel) se dessine malgré le flot des vers et des rimes effrénés... Il faut ajouter à cela que le rap c’est de la chanson avant tout, et traditionnellement la chanson ne fait pas de révolution dans la Musique !

      En définitive, permettez que je trouve votre commentaire extrêmement réducteur, plein de morgue, et je tiens à signifier que je suis musicien n’ayant que très peu écouté de rap, mais beaucoup de Jazz et de classique, donc je ne prêche pas pour ma paroisse.


    • Est-ce qu’ il faudrait pas plutôt reprendre le jazz aux bourgeois pour le rendre au peuple, plutôt que de perpétuer la musique de l’ empire en y mettant des concepts mal digérés. Tous ces rappeurs sont sur la bonne voies, c’est sur, mais ils ne s’ émancipent qu’a moitié. Surtout qu’ Aujourd’hui grâce à Internet aux associations de quartiers etc... il est plus facile d’ apprendre la musique qu’ a une époque ou elle était réservé à l’ Elite ( surtout qu’il est plus facile et moins cher d’ acheter une guitare que de s’ équiper en Synthé sampleur, ordinateur, micro, platine...) . Ce qui est admirable dans le jazz (et dans le blues) c’est que cette musique a donnée naissance à de véritable virtuose dans un contexte qui ne leur était pas favorable. Après plus de 30 ans de Rap, ou sont les Miles Davis, Monk, Coltrane etc ...
      Vous qui êtes musicien retrouvez vous la même richesse et la même intensité dans le rap que chez Coltrane par exemple.
      Cordialement


  • KIMTO c’est le meilleur !
    <3


  • Le problème avec les rappeurs comme vasquez, tepa et matador c’est qu’ils n’ont pratiquement pas vendu de disques à l’époque où ils passaient sur skyrock.
    J’ai donc l’impression que si ils ont pris cette direction aujourdhui, c’est qu’il fallait bien trouver un autre angle de tir pour espérer donner un second souffle à une carrière qui n’a jamais vraiment décollé. Pour moi se sont juste des opportunistes qui ont senti le vent tourner.

    Bref pour l’instant je ne leur fais pas confiance va falloir + que quelques lyrics et quelques références pour me convaincre.

    Dans la bonne direction certes, mais seul le temps nous prouvera leur sincérité. Surtout quand ils seront confrontés comme Alain soral, Kemi et Dieudonné aux menaces, aux coups, aux foudres, de "nos ennemis". Faudra pas faire dans son froc comme taipan(aujourd’hui petit protégé de youssoupha dernier joujou de skyrock).


  • Écoutez edel hardiess , morceau : résistant sur YouTube . Enorme


  • Je fais partie de ceux qui ont écouté du rap à l’adolescence, musique que j’ai délaissé (en grandissant "mentalement") pour le hip hop alternatif depuis ... où il n’y a quasiment pas de paroles, pour ne plus avoir à entendre le lot d’absurdité du "rap game".
    Je répète à longueur de temps à mes amis que le rap est mort ! je vois que je me suis trompé :)
    La réconciliation et la vraie révolution est peut-être (enfin) en marche !

     

    • #576124
      le 04/11/2013 par Gerard John Schaefer
      Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

      Qu’est-ce que c’est le "hip hop alternatif ... où il n’y a quasiment pas de paroles" ? Des noms, des références !

      "Je répète à longueur de temps à mes amis que le rap est mort !" Pour en finir avec ce genre de non-pensée, demande-toi, demandez-vous simplement s’il y a des êtres humains dans le périmètre concerné, et au-delà.
      Si "oui", rien n’est mort.
      Maintenant, on peut aussi considérer qu’il y a des époques, avec leurs particularités temporelles, qu’on ne revivra pas, de fait. Mais le rap n’est qu’une forme, à habiter.

      Il faut bien faire la distinction entre une époque et des conditions particulières, et une forme, elle, adaptable.
      Même Salim et Félix Niesche pourraient faire du rap... à E&R rien d’impossible !


  • Je suis un peu déçu qu’il ne parle pas du dernier album de kery james ou on retrouve des sons comme vent d’état ou constat amer que je conseil à tout le monde. KJ est quand même un des rappeurs les plus reconnus...


  • #575964

    Et rap à part, y’a rien d’autre à voir ?
    Ecoutez un peu la vraie black music, catholique, en visite en France en l’église Ste Merry (10ème siècle quand même). Une telle émotion live ne se trouve dans aucun label véreux et le gars en pleure tellement il a compris ce qui avait guidé ses pas ici ! Marre du rap bordel, changez de disque avant d’en dégouter définitivement le populo. Ca suffit des impostures !
    http://www.youtube.com/watch?v=_9nq...

     

    • Très prenant, merci Henri.

      Mais remarque bien une chose, le rap est à apprécier pour ce qu’il est. Je m’explique :
      Le rap est plus proche des idées, et prend appuie sur un rythme principalement.
      Le soul est plus proche du sentiment, porté par l’aspect mélodique.
      Les deux styles ont leur valeur propres, et il n’est pas pertinent d’opposer l’un à l’autre dans l’absolu.
      Si le rap ne te nourrit pas, libre à toi de t’en passer.

      Soral a généralement été plutôt réfractaire face au rap, et la "vague rap" sur E&R, relativement récente, vient rééquilibrer les choses.
      Et cet article, si tu l’as lu jusqu’au bout, ne fait pas dans l’angélisme non plus : il fait une éloge nuancée et lucide des IDÉES véhiculées dans cette nouvelle tendance du rap. Il n’est pas question de vendre l’idée au "populo" de souche que le rap serait l’avenir de la musique.


  • C’est bien gentil tout çà, ça détend mais croire que le rap, le rock ou la samba vont changer les mentalités et le système équivaut à s’enfoncer le bras dans l’oeil jusqu’à l’omoplate tout en fumant la moquette.
    En plus de me briser les tympans.


  • Et prochainement sur vos écrans, les jeux vidéos subversifs-de-la-mort-qui-tue-anti-système. Youpi….


  • Merci pour l’article, je vais m’écouter tout ça.
    J’espère que dans cet article un artiste viendra squatter mes oreilles !

    Bien que n’étant pas fan de rap (quoique Cypress Hill et GZA j’aime bien) si il y a un bon son je ne dis pas non. Surtout que niveau chanson française y en à pas des masse.

    Par exemple Orelsan j’adore ses textes mais je n’accroche pas du tout à la musique et à son flow (ça sonne trop wesh wesh).

    A part Stupeflip que j’adore il n y a pas grand chose.

    Si y en a qui ont des nom à balancer je suis preneur ! (Rock-Rap-Electro... ou même country !)


  • Keny Arkana est trop altermondialiste pour moi mais c’est quand même une très bonne rapeuse.

    Du moment qu’IAM (que j’aime pourtant musicalement) crève avec leur victimisation francophobe (la même étoile) socialiste...

     

  • #576029

    mouais... kimto ok, rockin’ squat non(cassel’s family a joke buddy...) kenny arkana oui bref je m’en fout en fait, cardet dénonce et à juste titre , j’ai écouté son discours de juin dernier avec soral et joe dalton, certes ça peut paraitre négatif moi je dirais "réaliste"... oui l y a eu et il y a du bon texte de rap français... je suis de la génération qui écoutait tout et n’importe quoi... 93ntm ’attention à ne pas impliquer la culture du graff... qui le faisait bien à l’époque...
    iam,tsn,les 2bal,assasin,expression direkt qui pour moi était l’un des groupes sans concession... 1° album une tuerie... après il y a eu oxmo time bomb et toutes ces compils un peu pourries... kerry james ?? j’ai jamais aimé mais c’est personnel , le "flow" dans le rap français est aussi important qu’en rikain... lui son flow jamais accroché ... lunatic ? Ali oui
    l’ourson formé par les illuminastressos de yale no way fuko !! après ayant vécu dans le 92 j’ai toujours apprécié les groupes dits de "tiékar" sans tomber dans la pseudo gangsta attitude pour consanguins utiles au système... 113,rohff,rootsneg et d’autres que j’oublie...
    Cardet qu’on aime ou pas connait son sujet en étalant une chronologie juste des bases du "hip-hop" : sugar hill gang c’était pour les petits blancs qui voulaient "bouncer" : tony p big up...( ’hahaah !!!) last poets : groupe engagé comme gill scott heron point barre...
    faut rester sérieux un moment donné... perso je suis un inconditionnel de public enemy depuis le 1° album en 1987 : "yo bum rush the show" chuck d est la conscience pro-black des années 80/90 , textes engagés et flow de tueur, d’ou les problèmes de professor griff qui à l’époque dénonçait déjà des pipes comme russel simmons, kiervin ect ect ....
    il est juste important de bien écouter la partie ou cardet explique le début de nwa et dré and co° ... juste jubilatoire... bref il y en a des choses à dire sur ce mouvement qui rapporte du fric de^puis le début à qui on sait et fait des morts chez les afro-americains ... 2pac et biggie l’ont payé de leurs vie.. bref chacun son vécu, j’ai fait des soirées à paris ou j’ai dansé comme un ouf jusqu’à l’aube... sans fumer ou boire... ça c’est gravé à vie, j’ai vu et connu aussi pas mal de "bitchezz" et autres "sukaz" en dooble goosse et autres air jordy...
    bref demain pour aller bosser ça sera quand même un petit BOOT CAMP CLICK avec "OKKEEDOKKE" dans le mp3... chacun son vécu,chacun son passé...
    "megablast baby,the megablast !!!" fck bx...

     

    • #576647
      le 04/11/2013 par Gerard John Schaefer
      Un vent de politiquement incorrect souffle sur le rap

      @ booyatribe

      Un des meilleurs titres de Boo Yaa Tribe : http://www.youtube.com/watch?v=mkqE...

      Le rap, moi, ça m’a permis de me mettre à fond dans l’anglais, pour comprendre les paroles...
      Du coup, j’ai pas écouté beaucoup de rap français, la différence de niveau...

      Public Enemy, quand j’ai entendu ça pour la première fois, c’était l’album It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back, j’étais tout morveux, avec mon petit walkman cassette, j’entrais dans une autre dimension...
      Depuis, j’écoute toujours, et tout un tas d’autres choses complètement différentes, c’est l’épreuve du temps qui prouve que la bombe n’est pas désamorcée. http://www.youtube.com/watch?v=ZbC2...


  • Je suis déçu de Rockin squat vu un de ses statuts sur facebook à propos du tweet de Natacha Polony concernant une Rom à Paris. Surtout déçu des commentaires (de membres de Gôgôches manipulés qui défendent Léonarda les Roms sans réfléchir de qui tient les rennes de cette politique). Il dit plus exactement de Polony "Quelle grosse conne, on le savait déjà mais elle nous le confirme !" et les commentateurs lui donnent raison en s’attaquant à la liberté d’expression, y en a même un qui a dit "Oui on peut rire de tout avec les gens dont c’est le métier il me semble que Polony ne soit pas humoriste ^^". Et je ne vous cache pas que les noms de Soral, Polony, et le meilleur des humoristes Dieudonné ont été cités... Alors vous n’intéressez personne, vous êtes des sales types, mais tout le monde parle de vous, c’est drôle quand même ! Respect à vous !


  • Je n’ai jamais écouté de rap, mais pour le coup je trouve ça écoutable et même appréciable :)
    Un peu de douceur dans ce monde de brute : http://www.youtube.com/watch?v=pyC4...

     

  • Mysa et kimto les seul et authentiques rappeur


  • Salut, Salam,

    Je complète mon comm précédent : les paroles sont en contradiction avec le clip qui lui est très bling bling. à moins que ça ne soit fait exprès.


  • #576186

    Article vraiment formidable, très sourcé et très intéressant.
    Je connaissais déjà les chansons que vous citer et qui montre une critique de la part des rappeurs des absurdités actuelles, mais la compilation de ces chansons montrent cela.


  • Merci pour cet article, j’ai decouvert pas mal de "rappeur" ayant un vrai message, je ne connais pas bien les codes du rap mais jai etais agréablement surpris par le jeune Sam et surtt par son morceau Provok a sion que je vous conseil vivement ! Merci !


  • Merci pour l’article.

    Déjà dans les années 90, on ne tendait pas le micro aux rappeurs délivrant un message anti-empire. Ces Rappeurs authentiques faisaient tourner leur cassette (nostalgie du walk man) mais passaient pas sur skyrock.

    Rétrospectivement, la ligne pro empire et pro peuple-nation est claire mais à l’époque...rien qu’en 1985, t’as 15ans...bah tu portais pas de nike...la dictature de la mode et des codes vestimentaires n’étaient pas là...30ans après, la norme, c’est 7cm de slip visible...Les temps changent.


  • #576260

    Bonjour à tous,

    Pour ceux qui aiment le jazz, le génie poétique français, l’esprit à la fois critique et fripon : Brassens ! On a pas fait mieux, ni avant ni après.

     

  • A part Kimto Vasquez et quelques autres, les rappeurs "dissidents" sont ceux qui ont compris qu’ils n’avaient aucun talent et qu’ils ne perceraient jamais. Donc ils essaient de nous faire croire que c’est parce qu’ils sont des grands rebelles au système :/

     

    • #576780

      En effet, c’est la triste réalité. Le rap dissident est très médiocre. On en a vu des rappeurs devenir soudainement des révoltés mais c’était plus par opportunisme qu’autres choses. C’est pareil pour les groupes de rock qui se forcent à avoir des idées politiques. C’est la plupart du temps de la merde musicalement. Soral l’explique bien dans son interview mélomane.


  • Pas vraiment convaincu, c’est un rap minoritaire , comme dans les autres genres il est difficile de trouver de bons artistes qui en plus ne sont pas des sales cons . La majorité des auditeurs fidèles au rap écoutent encore massivement booba kaaris autres blaireaux , donc j’imagine que dans le peu de gens qui écoutent les artistes véritablement engagés dont parle l’article la plupart ne saisissent pas la portée des paroles , par manque de culture historique et géopolitique notamment . Donc c’est peut être sur la bonne voie , mais ça ne touchera pas tous les auditeurs au cerveau court-circuité par le système depuis des années . On peut s’en réjouir parce que ça reste positif, sans trop espérer plus qu’un coup d’épée dans l’eau .

     

    • Un coup d’épée dans l’eau, c’est une possibilité.
      À supposer que ça soit le cas, ça reste tout de même un lutte symbolique...
      (Et ces artistes auraient d’autant plus de mérite à faire ce qu’ils font s’ils estimaient inutiles leurs coups portés contre le système !)

      L’idée même de résistance ou de lutte se pose indépendament d’une quelconque probabilité de réussite.
      On résiste parce qu’il faut résister
      Gagner est un bonus

      ...Je fais néanmoins parti de ceux qui croient que ces efforts contribuent à un retournement des choses


  • le groupe ASSASSIN dénonce tout...
    Le groupe LIBROCULT egalement

    Merci merci merci d’ouvrir les yeux aux ado, votre combat est le nôtre, vous prenez des risques et je vous en remercie du fond du coeur

     

  • Bonjour à tous,

    Alain parle souvent que dans le rap il n’y a rien d’intéressant mais je pense que Mysa avec Sale Boulot fait plutôt penser le contraire même si hélas, cela reste très minoritaire...

    http://www.youtube.com/watch?v=4ZfA...


  • #576576

    @ Raphael



    Les deux styles ont leur valeur propres



    Oui et ils ont la même origine : le blues, noir, basé sur le rythme. Le blues est né dans les champs de coton avant de devenir gospel mélangé aux champs liturgiques (les noirs avaient leurs propres églises). Puis vint l’union avec le folk, blanc, et l’électrification instrumentale (guitare) qui enfanta du rock’n’roll et du rythm’n’blues (soul). Mais le rap, lui, découle avant tout du ska, déjà ancêtre du reggae.
    Le rap est un style musical approprié à l’évolution de la vie des cités qui, comme le reste, est né aux States. Mais ceux qui se plaignent aujourd’hui de censure médiatique ne doivent pas ignorer qu’ils ne sont pas les seuls…la plupart des groupes de rock de très grande qualité souffrent également d’une honteuse mise à l’écart médiatique (la liste est si longue qu’il faudrait un bottin pour les énumérer). Pourquoi ? L’industrie du disque a toujours demandé aux auteurs créateurs de se soumettre au dictat commercial. Celui là même qu’ils nous font ingurgiter à longueur de journées. Ainsi à une époque même les plus grand artistes reconnus étaient forcés d’inclure dans leurs albums au moins un titre disco afin de convenir aux désirs mercantiles des majors. Puis vinrent la nouvelle vague (new wave), le reggae, le rap, la house etc. Il suffit de zapper sur les chaînes musicales pour s’apercevoir de l’étendue des dégâts…la même merde infligée à longueur de journée pour mieux influencer les oreilles naïves, c’est pathétique mais ça a toujours exister.


  • #576661

    Merci pour vos commentaires, content que ce papier vous ait plu !

    Si ce type d’analyses vous intéresse, n’hésitez pas à lire la revue "Rébellion", d’où est tiré ce papier et dans laquelle j’écris régulièrement, c’est une publication de qualité et développant des perspectives très proches de celles d’E&R.

     

  • #576839

    @ Rapha (2)
    Méa culpa amigo. Je t’avoue que je n’avais pas lu ce sensationnel article, m’étant projeté directement sur le fond purement musical du sujet...
    Bien fait pour ma gueule ! Bravo à l’auteur et courage à ces artistes de coeur  !

     

    • Henri XI,

      je dois aussi avouer que ton premier commentaire m’avait laissé croire que tu étais assez inculte en la matière et que tu parlais, du haut de ton clocher, contre "le bruit qu’on entend à la radio".
      Or la généalogie du rap que tu dresses dans ton autre réplique prouve bien le contraire !

      Et je peux à présent te dire que j’ai toujours eu une relation amour-haine avec le genre rap, ou avec le house, ou la musique électronique en général.
      (Et c’est en tant que producteur de musique électronique/trip-hop/dub que je parle.)

      Il est certain que si on prend nos repères musicaux chez les anciens, on trouvera peu à apprécier dans le rap, tout comme dans nombre de musiques "modernes".

      Mais si on juge le hip-hop en le comparant à ce qu’on appelle généralement "musique" (ex, le classique ou le jazz), on va être déçus, c’est sûr. Car sauf exception le hip-hop RESSEMBLE à de la musique, sans en être réellement, ou complètement.

      Le hip-hop c’est un peu de la sous-musique (mélodiquement répétitif, emprunté via le sampling), en même temps que c’est de la sur-musique (car on y trouve plus que ce qui se situe au niveau strictement musical).

      Donc, pour reprendre une image que j’aime bien : ceux qui sont déçus du hip-hop et qui se disent "beurk, c’est pas de la musique ça !", c’est un peu comme si je me plaignais que l’ornithorynque ne s’envolasse pas au premier bruit.
      Un ornithorynque c’est PAS un canard, même si ça en a le bec. Mais un ornithorynque, c’est quand même chouette...et ça mérite d’exister.
      Apprécions-le pour ce qu’il est...tout comme on peut apprécier le rap pour ce qu’il a de particulier et d’appréciable, sans espérer de lui plus que ce qu’il ne nous offre généralement.

      au plaisir !
      Raphaël


  • Excellent article !
    Non seulement c’est une critique du monde du rap, dans lequel j’ai vécue et qui est une gangrène pour les jeunes, surtout pour ceux de cités, qui prennent l’exemple de "nique la France et les babtous les fachos", mais également une découverte d’artistes comme El Matador, un plaisir de découvrir ses chansons.
    Dommage que l’article cible pas plus Booba, l’illuminati qui se revendique de plus en plus, et qui se déclare le patron du rap, car niveau déchet, on fait pas mieux que lui.

    Signé : Une "beurette" musulmane et fière d’être française !


  • Dire qu’à une époque, j’avais des milliers de morceaux de rap dans mes disques durs..
    J’ai lâché ça avec le temps, en grandissant, d’ailleurs j’en écoute plus depuis des années,
    ça m’avais totalement formaté ce truc, c’est super puissant car entraînant et tu crois vraiment être un rebelle..

    Mais quand je revois ça... ça résume bien la mentalité

    http://www.dailymotion.com/video/xv...


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