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Venezuela : tout comprendre sur l’inflation et les pénuries

La guerre du secteur privé contre la révolution bolivarienne

Dans deux récents articles nous avons étudié comment « Le Monde » d’avril et mai 2017 a fait passer une insurrection de l’extrême droite au Venezuela pour une « révolte populaire » et imputé à ce qu’il appelle un « régime » les assassinats commis par la droite (1). Ce média use de ce procédé depuis le début des tentatives de déstabilisation en 2013. Le mensonge corollaire, tout aussi gros, que propage « Le Monde » à l’unisson de la Sainte Alliance médiatique, c’est la « crise-humanitaire-comme-faillite-de-la révolution-bolivarienne ».

La méthode est simple : faire passer les effets pour les causes. Les images de files d’attente interminables, de rayons vides dans les supermarchés, de manque de médicaments, d’inflation galopante, de marché noir endémique… qui servent à la droite locale et internationale de justification à une intervention extérieure ne sont pas, en effet, la « faillite d’un modèle socialiste » mais la conséquence d’une guerre ouverte du secteur privé – 80 % de l’économie – contre la révolution bolivarienne. Une déstabilisation sociale, économique et politique savamment orchestrée que le Chili de Salvador Allende a subie en 1973, et face à laquelle le Président Nicolas Maduro a décrété l’état d’urgence économique en mai 2016, comme le prévoit la Constitution.

A rebours de l’effet-pour-la-cause et des « décryptages » superficiels repris en boucle par les médias occidentaux, nous proposons une synthèse de l’analyse détaillée sur les causes des difficultés économiques et sociales auxquelles le Venezuela Bolivarien est confronté depuis 2003, réalisée par Pasqualina Curcio Curcio, professeure de sciences économiques à l’Université Simon Bolivar, et publiée dans un document intitulé « Pénuries et inflation au Venezuela » (20/12/2015). Précisons que depuis cette publication, la tendance est à l’amélioration progressive de l’approvisionnement, bien que les prix des denrées restent élevés. Cette hausse constante des prix par le secteur privé est contrée de diverses manières par le gouvernement : par la hausse à répétition du salaire minimum légal, un effort de productivité nationale dans l’agriculture et la distribution massive d’aliments hautement subventionnés aux secteurs populaires à travers le réseau national des CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production).

 

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L’économiste Pascualina Curcio Curcio

 

 

Les pénuries au Venezuela : mythes et réalités

Par Pasqualina Curcio Curcio

 

Pour le dire simplement, la théorie économique admet qu’une pénurie survient lorsque l’offre se contracte et n’arrive plus à faire face à la demande ou bien lorsque la demande augmente mais l’offre n’arrive pas à suivre ou pire encore lorsqu’on observe simultanément une contraction de l’offre et une augmentation de la demande.

 

Une contraction de l’offre au Venezuela ?

En théorie, une contraction de l’offre peut s’expliquer tant par une baisse de la production nationale que par une baisse des importations des biens que l’économie nationale n’est pas en mesure de produire ; les deux facteurs peuvent là encore se combiner. Les pénuries recensées au Venezuela peuvent-elles s’expliquer par ces facteurs ?

Entre 2003 et 2013, le pays connaît une période de croissance économique et de baisse du taux de chômage (passant de 18% à 8%).

On ne peut en outre établir aucun lien de corrélation entre l’évolution du PIB et le niveau de pénuries puisqu’à titre d’exemple, on observe une forte hausse des pénuries sur la période 2006-2007 bien que la production augmentait sur cette même période et, au contraire, on note une diminution des pénuries entre 2008 et 2011 alors même que la production chutait (période de récession mondiale). Les pénuries étant principalement alimentaires, on ne peut cependant établir aucun lien empirique entre produit intérieur brut agricole (PIBA) et le niveau de pénurie puisque le PIBA est soit à la hausse soit stable sur la période observée.

À ce stade, on peut donc dire que ce n’est pas une chute de la production vénézuélienne qui explique les pénuries qui affligent le peuple et l’économie du Venezuela. Les causes de ces pénuries seraient donc peut-être à chercher du côté des importations… Le Venezuela n’ayant pas encore atteint l’autosuffisance dans de nombreux domaines, il importe un grand nombre de biens et services. Mais là encore, l’indice des importations exprimé en dollars US est en forte augmentation entre 2003 et 2013 et aucun lien de corrélation ne peut être établi avec le niveau de pénurie. Par exemple, entre 2006 et 2007, on observe une hausse de 25% de l’indice de pénurie concomitante avec une hausse de 39% des importations ! Entre 2008 et 2009, une forte chute des importations coïncide en revanche avec une baisse des pénuries…

Lire la suite de l’article sur venezuelainfos.wordpress.com

 

À ne pas manquer, les projections-rencontres sur Hugo Chávez
avec Vincent Lapierre dans le Grand-Est :

Sur le Venezuela, chez Kontre Kulture :

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  • #1735814

    Il faut avoir vraiment vécu au Vénézuela pour pouvoir en saisir le mode de fonctionnement. Une caste de dirigeants, militaires, hauts fonctionnaires est installée au coeur de la ressource, qu’elle soit pétrolière (la première) ou autre. La corruption est généralisée et concerne tout individu à même de se vendre. La noria Miami/Caracas est permanente, la caste du moment va y déposer ses fonds, y a souvent de quoi résider. Il est vrai que la référence à Bolivar est permanente et fait croire à une population afligée à la fois d’un haut niveau de désinvolture et de ’’paupérisme’’ (mais quesl sont les besoins vitaux sous le tropique dans un pays somme toute assez évolué... ?) Fait croire donc, à cette population qu’elle est en ’’révolution’’ perpétuelle (en fait une espèce de ruée perpétuelle de rien vers rien, un gimmik). En gros, ce qui doit se passer c’est que les sangsues d’hier se sont fait évincées par celles d’aujourd’hui...d’où le ’’teremoto’’...

     

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  • #1735906

    La criminalité a toujours été violente sous Chavez ; c’est inadmissible ! Aujourd’hui le crime est â chaque coin de rue.

    A cela s’ajoute un Venezuela incapable de se nourrir alors que le pays regorge de terres arables.
    Chavez n’a pas su rendre son pays auto suffisant alors qu’une manne pétrolière s’est généreusement abattu pendant des années sur le Venezuela.

    Chavez fut un bon visionnaire mais un mauvais président.

     

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    • #1735971

      Apparemment, tu n’as pas bien lu l’article..., ou tu comprends vraiment rien !
      Affligeant... .

       
    • #1736171

      " Chavez n’a pas su rendre son pays auto suffisant alors qu’une manne pétrolière s’est généreusement abattu pendant des années sur le Venezuela. "

      Le Vénézuela c´est pas comme en France, c´est plutôt comme la Colombie, d´ailleurs c´était le même pays sous Bolivar qui voulait la Gran Colombia, Panama-Colombie-Vénézuela-Pérou-Équateur, moins pratique à diriger un pays fort et unifier.
      Tout ca c´est fait comme des révolutions colorées, en gardant à l´intérieur de chauqe région-pays, les grandes familles qui dirigen tle pays depuis 2 siècles, et à l´extèrieur, le cosmopolitisme qui dirige par le dollar et l´émission de monnaie. Voilà ce qu´ils ont oublié de dire sur BFMWC. Bolivar qui n´a pas liquidé Santander aurait été trahi par ce dernier qui durant son séjour à Paris aurait copiné avec la gentille famille Rotschild. Officiellement il n´y a pas de trace, mais bon un homme jeune et force de la nature comme Bolivar qui meurt soudainement, on en a vu d autre.

      Bref, pour en revenir à nos moutons vénézueliens, Chavez a réussi l´exploit de résister 15 ans à ces " Yankee de mierda, vayense ", mais il ne pouvait pas non plus liquider le pouvoir intèrieur, c´est-à-dire les mêmes familles politiques qui se refilent le gâteau depuis 200 ans.

      Ce qui explique qu´il n´a pu relancer l´agriculture.
      Ca serait interessant d´ailleurs de faire un parallèle avec El Patron Pablo Escobar, qui lui tenait le pays à l´intèrieur ; qui proposa même de payer une bonne fois pour toute, la " dette extèrieur " de la Colombie. Bizarrement, le FMI, la FED et toutes ces gentilles organisations n´ont pas répondu à l´offre et l´affeux criminel fut abattu ; faut dire qu´ils avaient mis des centaines de gusses à ses trousses.

       
  • #1736009

    Maduro n’a malheureusement ni les épaules ni la finesse politique pour continuer le boulot entrepris par Chavez...cela dit la chute des cours du pétrole ne l’a pas aidé et la population se retourne vite contre lui et sa clique...(((Capriles))) a joué le jeu de la patience et le coup d’Etat réussi dont il rêve 2002 se profile doucement mais surement..

     

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