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Vincent Peillon a-t-il favorisé le recrutement de sa fille à l’ambassade de France en Israël ?

Socialisme et népotisme. Cet après-midi, un député UMP a interpellé Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, à propos de la nomination de sa fille Salomé au poste de chargée de mission culturelle à l’ambassade de France en Israël. Décryptage.

Comment discréditer un adversaire et étouffer une controverse ? En diabolisant la source de ses critiques. À cet égard, Alain Vidalies, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement, a réalisé un cas d’école. Suite à la question de Daniel Fasquelle, député UMP, portant sur la désignation opaque de Salomé Peillon à un poste diplomatique, Alain Vidalies a répondu à la place de son collègue Vincent Peillon afin de faire taire la polémique présente sur les réseaux sociaux depuis décembre. Leur échange tendu a déjà été rapporté par l’AFP.

Selon le ministre, Salomé Peillon n’aurait bénéficié d’aucun appui pour décrocher le poste de chargée de mission culturelle à l’ambassade de France en Israël. Cette nomination avait été rapportée incidemment par Panamza le 27 décembre dans les termes suivants :

ELLE CONFOND PARIS ET TEL AVIV. Salomé Peillon, fille du ministre de l’Éducation nationale et chargée de mission à l’ambassade de France en Israël depuis février 2013, est apparue aujourd’hui dans un clip destiné aux Français d’Israël (la dernière a droite) et conclu par les voeux de l’ambassadeur Patrick Maisonnave (l’homme qui a comparé Shimon Peres au dieu Pan). En 2010, Salomé Peillon, qui dispose de la fiche Viadeo, avait rendu à l’Université libre de Bruxelles un mémoire de master consacré au "boycott culturel d’Israël".

A la fin de son intervention, Alain Vidalies a tenu à mentionner la source, selon lui, de l’information relative au poste occupé par Salomé Peillon : Égalité et Réconciliation, le site animé par le "factieux" Alain Soral.

C’est faux : la première référence sur Internet, datant du 18 décembre, émane de Jeune Nation, un site réactivé par des militants ultra-nationalistes.

La référence de Vidalies au site de Soral concerne en réalité un article d’E&R reprenant, le 28 décembre, les éléments inédits de Panamza, parus la veille. Et le procédé consistant à discréditer une information sous prétexte qu’elle proviendrait d’un site présenté comme "extrémiste" est inepte : la seule question intéressante doit porter sur l’authenticité de l’information. A titre d’illustration, le journal d’extrême droite Minute était le seul, dans les années 80, à évoquer la fille cachée - et protégée par les services de l’État - de François Mitterrand. Peu importe ce que chacun pouvait penser de l’idéologie du journal : son info était véridique.

Recrutée en février 2013

Question : quelles sont les conditions pour devenir "volontaire international" au sein d’une ambassade ? Selon un site officiel, "aucune candidature spontanée ne doit être adressée directement aux ambassades. Les candidats doivent attendre qu’une offre apparaisse sur le site du CIVI pour y postuler et envoyer CV et lettre de motivation à l’adresse électronique du contact qui apparaît sur l’annonce. Les personnels relevant du MAE sont recrutés et gérés par la sous-direction des personnels culturels et de coopération de la Direction des Ressources Humaines. "

Le ministère des Affaires étrangères en précise certains avantages : "Les missions, d’une durée s’échelonnant entre 12 et 24 mois, sont rémunérées entre 1 190 et 2 900 euros par mois (selon la destination) pour la plupart d’entre elles. Statut de droit public, prise en charge des frais de voyage et de transport, prise en compte de la période du volontariat au titre du régime de retraite sont quelques uns des avantages de ce nouveau système."

Seconde question : Salomé Peillon s’est-elle contentée de postuler sur Internet avant d’obtenir une réponse favorable ? Ou a-t-elle bénéficié d’un coup de pouce via son père et/ou Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères ? Espérons que les journalistes français qui accompagneront demain Vincent Peillon lui demanderont des éclaircissements à ce sujet. Heureuse coïncidence : le ministre de l’Éducation nationale sera justement "en visite officielle" en Israël et dans les Territoires palestiniens. Son passage à l’ambassade de France, où travaille sa fille, sera donc l’opportunité pour un média hexagonal audacieux de revenir sur la question.

Sauf si, évidemment, les journalistes français présents dans la délégation devaient, par esprit révérencieux ou par peur d’aborder un tabou, manquer d’audace et d’à-propos.

Rebondir sur le sujet, avec Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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