Egalité et Réconciliation
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Vive le peuple libre, en sa République, et démocratiquement souverain !

Une certaine gauche se dresse depuis plus de 20 ans contre la nation. Le communautarisme est son arme. Julien Landfried, auteur de Contre le communautarisme (Armand Colin, 2007) remarque ainsi : « Si on analyse le rôle des médias, il faut voir comment une certaine presse de gauche, à partir des années 1970-1980, a décidé que la nation comme nation politique était un problème, en tout cas une configuration politique qui n’avait pas sa préférence. D’autres modes d’organisations politiques, en particulier le multiculturalisme ou le multi-communautarisme politique étaient peu à peu devenues l’objet de leur désir politique. Par exemple, Libération, Le Nouvel Observateur, Politis, Le Monde Diplomatique dans un certain nombre de leurs textes, trahissent leur préférence idéologique cachée, en mettant en avant telle ou telle revendication communautariste. Quand Libération fait sa Une sur la « question noire » en France, le même jour que la première manifestation importante du CRAN, qui est pourtant très faible numériquement, c’est en réalité Libération qui en dit long sur ses préférences idéologiques ! Dans ce cadre-là, c’est la presse de gauche qui tient un rôle déterminant car auparavant c’était elle qui, en mettant la question sociale en tête de l’agenda politique, forçait les responsables politiques et médiatiques à se positionner par rapport à elle. » (entretien paru dans la revue autogestionnaire Utopie critique, n° 42 , 2007).

Nous en sommes là ; les prolétaires en lutte ont été remplacés par des victimes : Juifs, Noirs, homos, immigrés, sans-papiers, et aussi femmes battus, victimes de pédophiles, trop laids, trop gros, trop enfumés, trop fumeurs, etc. De son, coté, le philosophe Philippe Forget note avec justesse : « Quand l’appareil d’État autorise des associations prébendées, à représenter des communautés hantées par leur peau, leurs mœurs et leurs superstitions, enfin toutes animées d’un ressentiment mémoriel, il rompt le pacte républicain car le peuple souverain ne se reconnaît pas de sections. S’il se sectionnait en ethnies, sexes ou églises, émergeraient bientôt des législations spéciales et des justices particulières. L’inflation des postures ‘’victimaires’’ sert à évacuer l’unité de la République et de la question sociale. » (« Culte de la ‘’diversité’’ et dépècement du peuple souverain », L’esprit européen, internet, 20 janvier 2008). Par contre il est nécessaire de na pas confondre corporatisme et communautarisme : le corporatisme (par exemple la défense forcenée de tel statut professionnel) est critiquable (et en même temps bien naturel) mais il génère ses propres contre-pouvoirs (la volonté populaire de contrer les abus et le souhait de règles égales pour tous), tandis que le communautarisme relève d’un totalitarisme implicite (telle association s’érige le droit de parler au nom des « mal-logés », des « Juifs », des « sans-papiers », des « homos », … comme s’il existait une essence du mal-logé, du Juif, de l’homo, … ).

Philippe Forget note encore : « Aussi, face au désastre de la France contemporaine, c’est une grave faute politique que de prôner une réconciliation entre ‘’Français de souche’’ et ‘’Français d’origine immigrée’’. Cette discrimination sociologique ne saurait en aucun cas être érigée en politique. La République n’a à connaître politiquement que des citoyens français, lesquels forment le Peuple et s’assimilent au Peuple. Du Peuple, soit ils en sont soit ils n’en sont pas ; et cela qu’ils relèvent d’un signalement européen ou extra-européen ». Bien entendu. Toutefois, qui parle de réconciliation entre Français de souche et immigrés ? Ceux qui se préoccupent de ces questions parlent plutôt d’égalité – il s’agit d’une égalité de destin potentiel – et la réconciliation nécessaire concerne la droite sociale et la gauche nationale qui doivent converger puisque le social et le national nécessitent d’entreprendre les mêmes combats pour la souveraineté du peuple.

Philippe Forget écrit encore : « Le Peuple est en amont de toute sociologie des populations, sachant cependant qu’un excès de bouleversement démographique risque de se transformer en changement qualitatif du paysage commun, au point que la reconnaissance historique et culturelle de soi devienne impossible. Toute forme d’existence nécessite un équilibre interne pour assurer sa transmission ou son renouveau, à peine de sombrer dans l’épars du non-sens. Il n’est pas ici question de la fixité d’une essence à préserver, mais d’un lien fédérateur qui noue et renoue un sens commun, au travers des époques et de leurs métamorphoses ». Immigration zéro ? Inversion des flux migratoires ? Si on est inflexible sur la souveraineté du peuple, sur la République, et sur la démocratie non négociable c’est-à-dire non diluée dans la globalisation, ce sont là des questions parfaitement légitimes, tout autant que la rupture avec le libre-échange mondial au profit de l’économie autocentrée. Oui le peuple doit être libre, et porteur de rêve. Son plus beau rêve sera l’enchantement d’un grand destin européen : l’Empire en Europe et l’Empire d’Europe. Le règne d’un ordre nouveau et impérial.

Pierre Le Vigan pour E&R