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XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie

De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants

Ce serait un contresens que de faire de Voltaire le moteur du vaste mouvement intellectuel qui traversa le siècle et qu’on appela les Lumières. Le poète ne s’occupait encore que de mondanités, qu’un aimable journaliste nommé Diderot était sollicité pour s’occuper d’un projet de grande envergure qui allait faire sa gloire.
« Tous les grands-maîtres… par toute l’Europe, exhortent tous les savants et tous les artistes de la confraternité à s’unir pour fournir les matériaux d’un dictionnaire universel de tous les arts libéraux et de toutes les sciences utiles » avait, en 1737, déclaré le chevalier de Ramsay. Le philosophe, d’origine écossaise, s’évertuait alors, avec succès, à propager en France la franc-maçonnerie. Un libraire membre de la confrérie nommé Le Breton recruta Diderot, Condillac et d’Alembert, obtint les autorisations nécessaires, lança une souscription : en 1745, la grande aventure commença.
« Il n’est rien de plus fécond, de mieux analysé, de mieux lié, en un mot de plus parfait et de plus beau que ce dictionnaire » s’enthousiasmèrent, en mai 1745, les jésuites rédacteurs du « Journal de Trévoux [1] ». Déjà au XVIe siècle, l’humanisme des jésuites avait promu la publication des « merveilles de la nature » [2] : la création était belle et la connaître glorifiait Dieu.
Mais la concorde ne dura pas entre ceux qu’on appellera « les philosophes » et la hiérarchie catholique. Après avoir de toute sa force combattu le jansénisme, l’archevêque de Paris Mgr de Beaumont condamna l’ouvrage à la mode qu’il voyait comme anti-chrétien et la guerre éclata entre « les Lumières » et l’Eglise qui obtint, par deux fois, l’interdiction de la publication. Comment pouvait-on s’opposer à la diffusion d’un Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers ! Il suffit d’ouvrir le dictionnaire pour comprendre.

Prenons l’article Dimanche : il y est suggéré de lever l’interdit touchant au travail ce jour-là. L’idée, généreuse, consiste à dire que si les pauvres, une fois accomplies leurs dévotions le matin, avaient l’autorisation de travailler l’après-midi, « ce serait une œuvre de charité bien favorable à tant de pauvres familles ; le gain que feraient les sujets par cette simple permission, se monte à plus de vingt millions par an. »
En interdisant aux pauvres de travailler plus pour gagner plus, l’Eglise ne faisait-elle pas montre d’inhumanité ?
La sollicitude de l’Encyclopédie pour ceux qui n’ont que leurs bras pour vivre ne s’arrêtait pas aux plus pauvres, puisqu’elle suggéra d’autoriser le dimanche aux autres qui, ainsi, « … n’iraient pas au cabaret dépenser, au grand préjudice de leurs familles, une partie de ce qu’ils ont gagné dans la semaine ; ils ne s’enivreraient pas, ils ne se querelleraient pas, & ils éviteraient ainsi les maux que causent l’oisiveté & la cessation d’un travail innocent, utile pour eux & pour l’état. »
Et ne serait-ce pas faire œuvre d’une grande utilité, - ce sera le maître-mot des idées nouvelles – que « d’employer quelques heures de ce saint jour pour procurer à tous les villages & hameaux certaines commodités qui leur manquent : un puits… une fontaine, un abreuvoir, une laverie, etc. surtout pour rendre les chemins beaucoup plus aisés qu’on ne les trouve d’ordinaire dans les campagnes éloignées. »
Faire travailler le peuple le dimanche pour lui interdire de s’amuser et compléter gratuitement ce que la corvée, qui lui incombait déjà totalement, ne pouvait encore fournir : l’humanisme des Lumières n’apparut pas de manière évidente à tout le monde.

Mendiant : « Gueux ou vagabond de profession, qui demande l’aumône par oisiveté & par fainéantise, au lieu de gagner sa vie par le travail… Quant aux vagabonds de profession, on a des travaux utiles dans les colonies, où l’on peut employer leurs bras à bon marché. » N’est-ce pas là, très exactement, la position des bigots de la Compagnie du Saint-Sacrement et des jansénistes fondateurs de l’Hôpital général [3] ?

Hôpital : le dictionnaire de monsieur Diderot ne dit pas un mot sur l’Hôpital général. Alors que de nombreux articles devraient y renvoyer (enfants abandonnés, mendicité, pauvreté, hôpital ou charité), on trouve tout ce qu’on veut sauf la moindre mention à l’institution dont l’ensemble des règlements faisait l’objet d’un volume de plus de 600 pages [4]. L’article « Hôpital », par contre, renvoie à un auteur chaudement recommandé : Claude Humbert Piarron de Chamousset.
Ce monsieur, « l’un des meilleurs citoyens et des plus attentifs au bien public » nous en dit Voltaire dans son Dictionnaire philosophique, est aujourd’hui encore qualifié de philanthrope sur le catalogue de la Bibliothèque nationale. On ne saurait ignorer l’humanisme de cet homme des Lumières qui suggéra de revendre – revendre – les nègres des colonies pour les remplacer par des mendiants de la métropole ou des enfants de l’Hôpital.
Des mendiants, il dit : « La vie douce que mènent des gens si punissables étant d’un pernicieux exemple pour les malheureux qui ont peine à trouver dans leur travail leur subsistance », s’ils persistaient à refuser le travail, l’exportation vers les colonies s’imposait. Là est développée l’idée des travaux forcés.
Quant aux enfants perdus, il suggéra de les habituer, dès leur plus jeune âge, à ne pas craindre la mort pour en faire des soldats prêts à se faire tuer dans l’allégresse, ou de les faire élever à la campagne où ils pourraient remplacer les enfants de leur famille d’accueil lors de la levée de la milice. Une condition était nécessaire à ce projet : s’assurer que les paysans à qui on les confierait, n’auraient pas la faiblesse de s’attacher à eux. « Il ne doit donc pas être difficile de faire regarder la mort et les dangers avec indifférence à des gens que l’on élèvera dans ces sentiments, et qui n’en seront pas distraits par une tendresse réciproque, ou par des liaisons de parenté. »
Famille aimante, s’abstenir.
Ou l’explication, par la philosophie des Lumières, de la nécessité de placer les enfants sans famille chez des Thénardier.

Les forces conjuguées du parlement pro janséniste et des Lumières anticléricales eurent finalement raison de la compagnie de Jésus.
Les premiers ne cessèrent de reprocher aux pères leur « morale relâchée », qui fut essentiellement leur indulgence envers les pécheurs [5]. A la cour, on les trouvait plutôt rigoristes en matière de mœurs, et la Pompadour en fit les frais, qui ne réussit jamais – malgré un grand assaut de mines contrites et confites - à obtenir leur soutien à sa liaison avec le roi.
Les seconds avaient intérêt à voir disparaître les opposants les plus à même de répondre aux idées répandues par l’Encyclopédie.
Les deux purent compter sur le soutien du nouveau Premier ministre Choiseul dont Voltaire écrivit : « Je crains que monsieur de Choiseul ne se dégoûte et qu’il ne quitte un poste fatiguant, comme un médecin appelé trop tard, abandonne son malade, j’en serai inconsolable »
Monsieur de Choiseul fit les choses en temps et en heure. Et à la suite de la publication, en 1761, d’un vigoureux « Compte-rendu des constitutions des Jésuites » par le procureur breton La Chalotais, les dénonciations en chaîne tombèrent jusqu’à l’interdiction totale de la compagnie qui dut fermer ses écoles et plier bagage.

Dans l’article consacré aux plus actifs ennemis de son œuvre, Diderot écrit « Nous ne dirons rien par nous-mêmes. Cet article ne sera qu’un extrait succinct et fidèle des comptes rendus par les procureurs généraux… » endossant ainsi totalement la longue liste des reproches adressés aux pères depuis leur fondation.
Jésuites : « Au vœu d’obéissance fait au pape… les Jésuites joignirent ceux de pauvreté & de chasteté, qu’ils ont observé jusqu’à ce jour, comme on sait. » Insinuation calomnieuse.
« En 1610, Ravaillac assassine Henry IV. Les Jésuites restent sous le soupçon d’avoir dirigé sa main ; & comme s’ils en étaient jaloux, & que leur dessein fût de porter la terreur dans le sein des monarques, la même année Mariana publie avec son institution du prince l’apologie du meurtre des rois. » Cette « apologie » fut en fait la théorisation de la souveraineté populaire impliquant le droit de résistance à l’oppression [6].
« En 1641, ils allument en Europe la querelle absurde du jansénisme, qui a coûté le repos & la fortune à tant d’honnêtes fanatiques. » Eût-on dû admettre que Dieu n’accordait sa grâce qu’aux élus [7] ?
« En 1709, leur basse jalousie détruit Port-Royal  ». C’est retirer à Louis XIV la responsabilité de ses décisions.
« En 1713, ils appellent de Rome cette bulle Unigenitus, qui leur a servi de prétexte pour causer tant de maux, au nombre desquels on peut compter quatre-vingt mille lettres de cachets… » C’est, de nouveau, imputer aux jésuites des décisions royales et totalement endosser la version janséniste du conflit.
En 1731, un jésuite toulonnais nommé Jean-Baptiste Girard avait été accusé, et relaxé dans une affaire de mœurs concernant une jeune fille âgée de 18 ans, Catherine Cadière.
« L’autorité & l’argent dérobent aux flammes le corrupteur & sacrilège Girard » s’offusque Diderot. » Ne regrette-t-il pas ici qu’on ne l’ait pas brûlé ?
« En 1755, les Jésuites du Paraguay conduisent en bataille rangée les habitants de ce pays contre leurs légitimes souverains. » Eussent-ils dû les laisser réduire en esclavage ?
« En 1757, un attentat parricide est commis contre Louis XV notre monarque, & c’est par un homme qui a vécu dans les foyers de la société de Jésus, que ces pères ont protégé, qu’ils ont placé en plusieurs maisons… C’est comme ils firent en 1610… mêmes circonstances, même conduite. » _Calomnie [8].
A propos du rédacteur du Journal de Trévoux : « Il a bêtement irrité contre sa société notre de Voltaire, qui a fait pleuvoir sur elle & sur lui le mépris & le ridicule, le peignant lui comme un imbécile, & ses confrères, tantôt comme des gens dangereux & méchants, tantôt comme des ignorants, donnant l’exemple & le ton à tous nos plaisants subalternes, & nous apprenant qu’on pouvait impunément se moquer d’un jésuite, & aux gens du monde qu’ils en pouvaient rire sans conséquence ». Irriter le bon « de Voltaire », quelle inconséquence ! La suppression de la compagnie n’en est-elle pas le juste châtiment ?

Régicide : « Les larmes que les Français ont versées sur un attentat plus récent, seront encore longtemps à se sécher ; ils trembleront toujours au souvenir de leurs alarmes, pour les jours précieux d’un monarque, que la bonté de son cœur & l’amour de ses sujets semblaient assurer contre toute entreprise funeste. » Flagornerie : trois mois plus tard plus personne n’en parlait. Plus loin : « Comment se trouve-t-il donc des hommes audacieux & pervers, qui enseignent que l’on peut ôter la vie à des monarques, lorsqu’un faux zèle ou l’intérêt les fait traiter de tyrans ? Ces maximes odieuses, cent fois proscrites par les tribunaux du royaume, & détestés par les bons citoyens, n’ont été adoptées que par des fanatiques ambitieux, qui s’efforcent de saper les fondements du trône, lorsqu’il ne leur est point permis de s’y asseoir à côté du souverain. » Calomniez, calomniez…

La Chalotais se distingua encore, après la chute de ces ennemis du genre humain, en publiant en mars 1763 un nouvel opuscule : Essai d’éducation nationale et Plan d’études pour la jeunesse qui fut traduit en hollandais, en russe et en allemand. L’œuvre d’une vie, destinée à remplir le vide laissé par l’absence des pères jésuites sur le terrain de l’éducation.
N’allons pas croire qu’il s’agissait de commettre les même erreurs que ceux qu’on allait remplacer : « N’y a-t-il pas trop d’écrivains, trop d’académies, trop de collèges ? » déplora-t-il. Alors qu’on se plaignait de manquer de bras, « le peuple même veut étudier : des laboureurs, des artisans envoient leurs enfant dans les collèges des petites villes… Le bien de la société demande que les connaissances du peuple ne s’étendent pas plus loin que ses occupations… »
Voltaire immédiatement applaudit à tant d’intelligence : « Je vous remercie de proscrire l’étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés »
La Chalotais avait tant et tant passé la brosse à reluire au grand génie (il recommande à différentes reprise l’étude de Voltaire dans son projet), que celui-ci ne pouvait que l’applaudir. Mais le procureur et le poète ne furent pas les seuls à promouvoir l’arrêt de l’instruction publique pour le bas peuple. Rousseau y apporta sa contribution dans la Nouvelle Héloïse : « N’instruisez point l’enfant du villageois, car il ne lui convient pas d’être instruit. »

La connivence entre les jansénistes bigots et les très anti-religieux philosophes n’est contradictoire qu’en apparence :
Philosophe : « La raison est à l’égard du philosophe, ce que la grâce est à l’égard du chrétien… Le philosophe forme ses principes sur une infinité d’observations particulières. Le peuple adopte le principe sans penser aux observations qui l’ont produit : il croit que la maxime existe pour ainsi dire par elle-même ; mais le philosophe prend la maxime dès sa source ; il en examine l’origine ; il en connaît la propre valeur, & n’en fait que l’usage qui lui convient. » Le philosophe est donc celui qui détient la lumière, et le peuple est l’imbécile qui vit dans l’ombre.

Les Lumières furent à l’humanisme ce que le jansénisme fut à la grâce : la théorisation d’une séparation entre l’élite et le peuple, entre les élus et les autres.
Les Lumières ont bel et bien prétendu renverser les valeurs qui avaient cours dans la France chrétienne. On les verra à l’œuvre au début du règne de Louis XVI quand celui-ci fera venir au gouvernement un des leurs adulé de Voltaire, qui en pleura de joie : Turgot.
Les jésuites n’étaient plus là pour crier « gare ! »
La voie était libre.

(A suivre…)

Sources :
- Arthur M. Wilson, Diderot, Sa vie et son œuvre Editions Ramsay, Bouquins.
- Roland Mousnier, Le XVIe siècle, Les nouvelles structures de l’Etat, Histoire générale des civilisations
- Chamousset, Claude-Humbert Piarron de (1717-1773), Vues d’un citoyen. Paris, Lambert, 1757.
- Chalotais, Louis-René de Caradeuc de la, Essai d’éducation nationale, ou Plan d’étude pour la jeunesse. 1763.
- Voltaire, Œuvres complètes.
- Mémoires pour l’histoire des sciences & des beaux-arts. 1701-1767, dit « Journal de Trévoux ».
- Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dirigée par Diderot & d’Alembert (1751-1772). Disponible sur Wikisource.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
2ème partie, la dérégulation
40
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
45
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
11
Novembre 2011
VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
III - L’anti-humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
22
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] « Mémoires pour l’histoire des sciences & des beaux-arts. 1701-1767 », dit « Journal de Trévoux ».

[2] Roland Mousnier, Le XVIe siècle, Les nouvelles structures de l’Etat, Histoire générale des civilisations

[3] Voir l’article « Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général. »

[4] C’est comme si on faisait le point sur la France du XXe siècle en ne mentionnant pas l’existence de la sécurité sociale aux articles Santé, Chômage ou Vieillesse.

[5] Voir l’article « IV - Le jansénisme au Grand siècle ».

[6] Voir l’article « III – L’anti-humanisme ».

[7] Voir l’article « IV - Le jansénisme au Grand siècle ».

[8] Voir l’article « XII- Le supplice de Damiens ou le triomphe des barbares ».

 
 



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12 Commentaires

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  • #82603

    Voltaire insiste sur la nécessité de penser la liberté dans l’horizon de l’amour et de l’Humanité, il s’engage lui-même dans un long travail critique (pour la liberté de penser) . Tocqueville avait éclairé les révolutionnaires en1848 et garantiront l’équilibre entre égalité et liberté par la fraternité. Voltaire fonde une doctrine qui s’applique dans le domaine éthique et juridique, se déploie en initiative théoriques et pratiques. De nos jours le principe de la liberté humaine contre la Barbarie totalitaire est affirmé dans l’idée que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Voltaire, Montesquieu nous convie à maintenir l’unité des principes humanistes au service de la liberté et de l’amour de l’Humanité. Montaigne et Diderot ont beaucoup contribués dans l’émergence des valeurs qui constituent notre socle culturel.

    Je vous invite à lire "Dictionnaire philosophique" de Voltaire" et "Qu’est-ce que les Lumières" du plus illustre grand philosophe allemand Emmanuel Kant

     

    • Liberte egalite fraternite, c’est bien gentil tout ca mais que dire lorsque la liberte engendre l’esclavage, l’egalite engendre la malnutrition/la misere sociale et la fraternite engendre le nettoyage ethnique ?

      Et je ne parle pas d’un pays lointain du tiers monde, je parle de chez nous...

      Alors si le devoir engendrait la vrai liberte ? si la responsabilite engendrait la vrai egalite et si la difference engendrait la fraternite ?


  • #82651

    @ Rachid
    Les sophismes du monde de la bestialité du capitalisme qui cherche à s’insinuer dans les esprits et les coeurs, ne pas laisser l’ennemi en prendre l’initiative, l’argent au détriment du respect de l’homme, le mondialisme anti-humaniste. Chaque principe devient un élément de propagande au lieu de servir l’humanité vers la liberté, faut dénoncer les méfaits "de la pensée unique mondialisé" mais nous y retombons à notre insu. Le travail collectif se trouve ordonné par l’avertissement de Montesquieu quand règne l’individualisme, le communautarisme prendre nos initiatives pour le Bien commun, quand cet unité symbolique est affirmé l’individu échappe à l’individualisme. Comme le demande Montesquieu le sacrifice de soi, comme le dit Rousseau "notre force commune tournée vers le Bien commun" une république humaniste, "la liberté vers l’humanité" Voltaire. La philosophie des Les Lumières éclairent pour humaniser nos vies, ne pas participer au déclin des principes républicains ( liberté, égalité, fraternité) que nos ennemis tentent de détruire.


  • Merci Marion.


  • Merci pour vos travaux Marion.


  • Merci bien !


  • Merci Marion pour cette saine lecture, je ne m’en lasse pas !
    Tous mes vœux de bonheur pour 2012.
    Et je suis ravi de constater que la page wikipedia vous concernant a été modifiée, ou plutôt, redressée pour avoir plus de neutralité et une mise à jour de vos activités.
    (Petit bémol. Il faudrait avertir wikipedia que le lien vers E&R est erroné)

     

  • L’encyclopédie, à défaut d’entériner le projet initial qui était d’en faire une somme de tout le savoir connu, nécessairement "axiologiquement neutre", s’est avéré n’être en définitive qu’un espèce de compendium hystérique (et de nature journalistique, c’est-à-dire subjectiviste sous un camouflage rhétorico-standard), recelant tout ce qu’il y avait de "décadent" (au sens nietzschéen mais sans l’absurdité "immoraliste" l’accompagnant), d’élitiste et de démagogique (tel qu’on peut le lire dans un article récent du site, les deux ne s’excluent pas obligatoirement) à l’intérieur des moeurs de l’époque qui, toujours, agissent comme un incubateur pour les oeuvres immanentistes.

    On remarque qu’aujourd’hui il ne reste en réalité que trois alternatives : soit une morale sans Dieu (dans ce cas-ci le terme d’"éthique" serait plus juste), incarnée par la mascarade politicienne, le "New age" ainsi que tous les mouvements réformistes en général ; soit un théisme qui peut être incarné dans une organisation sociale menacée pas les déséquilibres dualistiques en tout genre (la religion), ou encore une foi personnelle, qui se termine souvent en pusillanimité ; soit, enfin, un agnosticisme (que j’aime bien renommer : "humanisme naïf") ayant réponse-à-tout, qui se trouve à être le cheval de bataille du premier clan et la moue de déception du second.

    Mais, dans tout les cas, l’absence d’un "commerce" charitable de la science, cette propension qu’ont les gens du commun à l’égoïsme transcendantal (autosuffisance d’un inconscient collectif parvenu à maturité, depuis la débilitation de l’organique par le technologique), l’absence en tout et pour tout d’échanges respectueux, débonnaires, promulguant la gratuité des rapports interpersonnels, est ce qui, pour finir, produit des outils de connaissance idiosyncrasiques (déclinés sur plusieurs couches de refoulement, ou, sinon, d’ivresse psychanalytique libertarienne) dont on a bien raison de dire (avec Soral) qu’elles sont le miroir de l’âme du Démon !


  • Merci beaucoup Marion pour votre travail d’historienne déterminée à lever le voile sur les contre vérités dont on nous abreuvent depuis l’enfance. Votre combat et votre style érudit, consciencieux et néanmoins teinté d’humour me rappelle celui d’un autre très grand historien M Cheikh Anta Diop. En son temps, il dû affronter l’ire de ses contemporains lorsqu’il se décida à combattre ce qu’il nomma "la plus monstrueuse falsification de l’histoire de l’humanité par les historiens modernes".
    http://lenversdelacaverne.unblog.fr...

    Aujourd’hui encore nous sommes encore trop peu nombreux à rendre hommage à l’un des plus grands historiens du siècle dernier.

    Très bonne continuation à vous.


  • " il faut bien que les choses changent pour que rien ne bouge" ce pourrait être la maxime des encyclopédistes ; Voltaire ne la renierait certainement pas !
    mouvement éminement bourgeois( mû par des gens qui n’avaient vu un paysan de près !), antisocial, anti-catholique, d’inspiration franc-maçon etc. Bref, la légende dorée des philosophes des lumières laisse songeur...Petite question à Marion( au cas où elle me ferait l’honneur de lire mon article) : quel est, selon vous, le rôle joué par la finance juive dans la promotion des "lumières", puis dans le déclenchement de la révolution ? Il est connu que les anglais finançèrent sans vergogne les mouvements maximalistes de la Révolution, mais de l’influence juive nulle trace...

     

    • Je n’ai aucune idée de l’influence juive sur le mouvement ; aucune.
      Sur l’influence anglaise, par contre, vous avez raison. Ce sont eux qui ont financé les barbares de la Révolution et qui ont mis leurs crimes sur le dos de Robespierre.
      Mais de juifs, je ne vois aucun. Je sais seulement que Louis XVI a œuvré, en Alsace je crois, dans le sens de leur émancipation. Mais cela faisait belle lurette que les "Lumières" avaient sévi, elles en étaient d’ailleurs au reflux.
      Merci ce tous vos commentaires, ça fait plaisir de me sentir suivie comme ça. Travailler pour le site E&R est un régal !