Entrepreneuriat et politique : entretien avec Xavier Kemlin
23 septembre 2013 14:27, par jéjé@francky
en bon membre de ce que tu appelles "l extreme gauche des internautes E/R", et puisque tu nous interpelles, je vais te répondre :-)
tu nous conseilles de bien faire la différence "entre entrepreneriat et capitalisme financier". Oui, si tu veux, il y a une différence... l’entreprenariat est un capitalisme plus direct et le capitalisme financier est plus indirect. Mais à la base, le profit vient toujours du même endroit ==> le salarié. Il ne s’agit pas d’un dogme, désolé de te le dire, c’est un simple fait.
Démontré par Marx (pour qui veut se donner la peine de le lire réellement et non relayer des poncifs), ça n’a jamais pu être remis en question.
Un entrepreneur, aussi gentil soit-il, aussi compétent, aussi bosseur soit-il, aussi dynamique... dès l’instant où il a embauché un salarié, il "se fait de l’argent dessus". Rien de moralisateur, d’accusateur là dedans, c’est la règle du jeu en vigueur actuellement, c’est comme ça...
Alors si tu es pour ces règles du jeu, tant mieux pour toi, le monde fonctionne ainsi depuis un bout de temps et ça risque de durer. Mais permets à d’autres d’etre contre, s’il te plaît.
Certains vont rétorquer :
"oui, mais... le patron les 35 heures il les fait tous les jours !". Peut-être, il fait ce qui lui chante, il est libre.
"oui, mais... les charges !!!". Les "charges", qui ne sont pas des charges mais une partie du salaire de l’employé qui est différée, sont comprises dans la masse salariale de l’entreprise. Elles sont facturées au client.
Toujours rien d’accusateur là dedans, ce ne sont que des faits. Aucune haine dans mes propos, j’ai de bons amis qui sont eux-mêmes petits patrons et emploient des salariés. Et je n’ai pas de problème pour leur répondre calmement - quand ils se plaignent de n’avoir ni week-ends ni vacances - qu’ils exagèrent un tout petit peu pour le temps libre et que, quand bien même ils travailleraient 24/24 et 7/7, il se feraient de l’argent sur le travail de leurs salariés de la même façon.
Et arrêtons un peu de faire des entrepreneurs des héros voire des saints, venus sur Terre avec la mission divine de "créer de l’emploi". L’entrepreneur est comme tout le monde : il souhaite gagner sa vie le mieux possible. Il ne mérite ni louanges ni reproches. Et idem pour le salarié.
Bonne semaine.