Coupeurs de langue, réducteurs de têtes
8 mai 2016 10:53, par coyoterevolteArticle sur l’ingénierie d’abrutissement des enfants et son modus operandi : la baisse de niveau scolaire, conséquence voulue de l’absurdité d’enseigner des choses nouvelles à l’enfant avec des mots limités . La pensée et le langage sont comme une chenille : le langage s’enrichit et avance, ce qui fournit une nouvelle pensée qui elle-même pousse le langage à avancer encore (en inventant les nouveaux mots de la nouvelle pensée).
Ce que les enfants adorent, c’est l’inconnu qui annonce de nouveaux horizons à découvrir et qui stimule leur intellect, inspire des scénarios (voir le passage sur le mot presbytère dans la suite de l’article).
A l’école, des enfants sont des cancres, non pas parce qu’ils ne comprennent pas mais parce qu’ils ont peur que l’intellect gomme la magie de la vie. Le remède est celui annoncé par l’article : fournir des mots inconnus et de nouvelles pensées de sorte que la magie effacée par le nouveau savoir est remplacée par une autre magie plus puissante. Un autre remède est de dire que le meilleur savoir actuel de l’humanité n’est qu’une poussière et que, pour l’adulte, la joie d’enfant face à la magie de la vie continue, qu’elle est quasiment infinie comme le reste de choses à découvrir. Alors disparaît la peur d’une vie comprise de bout en bout, réduite à une succession de phénomènes mécaniques automatiques prévisibles et l’envie de comprendre se retrouve mêlée à la joie d’atteindre la limite de notre savoir actuel et d’y découvrir un autre phénomène inconnu ou incompris.
La science de l’empire, annoncée à la fin du XIXe siècle, comme la fin de la religion, la victoire du rationalisme et la fin des mystères a fait croire que la magie de la vie avait disparu, que l’humain avait compris la vie. ce faisant, ils ont abimé l’esprit de transcendance de l’homme, cette conscience qu’il existe plein d’inconnus à découvrir ou, au moins, à respecter, voire à apprécier.
Illustration de l’importance de la magie de la vie comme non compréhension du processus de fabrication : voir nos réactions face à un magicien. On sait qu’il y a un truc, on veut, à la fois, le découvrir par nous-même, qu’on nous le dise et que cette sensation de mystère demeure : contradiction humaine.