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Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

Persécution d’outre-tombe

Louis-Ferdinand Céline, deux clowns pour une catastrophe, sort ce 9 mars 2016. Ainsi s’intitule le film d’Emmanuel Bourdieu, fils du grand sociologue d’État qui a inventé la sociologie qui dénonçait les méchants riches qui désiraient perpétuer leur richesse et leur puissance. Une grande découverte, faite avec les deniers de l’État, et qui n’a rien apporté aux pauvres. Mais si la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, comme disait Staline (un contemporain de Céline), le fils n’est pas le père, et Emmanuel ne doit pas porter les péchés du sien.

 

Dans ce biopic, il est question de la rencontre entre LFD (Destouches) et l’universitaire américain Milton Hindus en 1948 au Danemark, car Céline est en fuite à l’époque. Après ce qu’il a écrit sur les juifs dans Bagatelles pour un massacre, entre autres, des résistants veulent sa peau en France. Il mettra sept ans à rentrer à la maison, après avoir purgé un an de prison chez les Danois. Et vécu dans une baraque en attendant la fin de l’indignité nationale. Le réalisateur s’est intéressé à la relation complexe entre le vieux sacripant et son jeune admirateur juif, ce qui présente un certain nombre d’avantages d’un point de vue dramaturgique, et comique : le vieux/le jeune, l’antisémite/le juif, avec la femelle au milieu, ce qui donne un trio amoureux à la Jules et Jim. Mais avec une Shoah encore brûlante qui plane.

Pourtant, la simple idée d’un film sur Céline, même critique, a crispé le spécialiste de la question au journal Le Monde (du 8 mars 2016), l’inamovible Jacques Mandelbaum :

« On voit donc bien ce qui a attiré Emmanuel Bourdieu, dont l’œuvre témoigne de son intérêt pour les rapports de domination entre les êtres, dans cette rencontre : le scandale de la cohabitation, chez Céline, du génie littéraire et de l’imbécillité raciste, et le pathétique, chez Hindus, d’un exégète juif hypnotisé qui va devoir en rabattre sur sa dévotion. »

Imbécillité raciste ? N’oublions pas que chez Céline, tout est style (« Je ne m’intéresse qu’au style, au style seul »), tout est danse, tout est jeu, comme chez Nietzsche (le style balaye l’idée), ce qui ne l’empêche pas d’asséner sa très crue vision du monde, qui fait l’effet d’un coup de poing dans la gueule pour certains, après tout c’est la sauce célinienne, elle passe ou ne passe pas, vers la fin des années 30 elle passait très bien, l’auteur vendait des wagons entiers, aujourd’hui ça passe moins, avec tous ces lobbies qui surveillent la production culturelle nationale.

Ce petit intermède pour dire que le fils Bourdieu a voulu montrer l’antisémitisme indécrottable de Céline (il ne peut cacher sa nature profonde face à Hindus, malgré les efforts de Lucette qui voit dans le livre à venir de l’Américain une occasion en or massif de redorer le blason de son jules avant de rentrer en France), qu’il fait incarner par le gnome rageur du cinéma français, la bête immonde de Leos Carax, Denis Lavant.

 

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Le faux Céline en 2016

 

 

Pas vraiment le grand brun élancé adepte de tous les raffinements, que ce soit en Littérature ou en plastique féminine. Justement, les femmes, ou la femme : Lucette Almensor, c’est Géraldine Pailhas dans le film. La belle-fille (on disait la bru, dans les campagnes) de Danièle Thompson, elle-même fille de Gérard Oury, le réalisateur des comédies populaires avec Louis de Funès. On reste dans la gauche caviar bien née et bien pensante. La smala Oury est, avec la smala Gainsbourg/Birkin/Doillon/Demy/Varda, une des sous-familles qui forment la Grande Famille du cinéma français, dans laquelle on n’entre pas comme ça. Il faut être coopté (et non pas copte), élu quoi. Céline serait vivant, il dirait de grosses bêtises sur ces familles, leurs rapports, leur apport. Heureusement, le brigand des mots est mort en 1961 ; ouf, depuis on commet moins de gaffes à l’encontre des chérubins.

Le petit Bourdieu fait partie lui de la sous-famille Balibar/Desplechin/Amalric/Devos/Podalydès, une bande d’intellos de gauche moins sectaires que leurs aînés maos. Une tribu dont on retrouve les membres dans presque tous les films césarisés. Ce sont des collectionneurs de trophées. Emmanuel a réalisé un téléfilm en 2013 pour France 2 intitulé Drumont, histoire d’un antisémite français. On peut imaginer que le politicien n’y est pas présenté comme un super héros. Pourtant, cette grosse pourriture a écrit il y a 130 ans (en 1886 donc) un sacré bouquin, qui se vend encore, et se lit sous le manteau. C’est ça le problème, dans la France de 2016 : tu as des « BHL » et des « Christine Angot » qui sortent – dont aucun vrai lecteur ne veut –, qui saturent l’espace médiatique, et les Français, ces salopiauds, lisent Drumont et Céline sous la couette, à la lumière de la lampe de poche, avec des mauvaises piles, les volets fermés à l’œil inquisiteur des voisins, voisins à la dénonciation facile… On a vachement avancé, dis donc, depuis un siècle. Quel progrès ! Passer de Céline à BHL, c‘est un peu passer du gigot à l’os…

 

 

Mais ne nous perdons pas en route. Géraldine Pailhas est aussi jolie que Denis Lavant joue sur sa laideur, mais c’est un choix. L’antisémite se doit être laid, sinon c’est mal. Imaginez Clooney ou Pitt en héros nazi… Pour tout dire, on n’a pas été voir le film – cette satanée pauvreté, toujours – on n’en dira donc pas de mal, ce qui n’empêche pas d’en dévoiler le cadre sociologico-politique. Aujourd’hui, tout scénario qui dénonce l’antisémitisme est sûr de toucher automatiquement une aide CNC, d’avoir de la presse, et des critiques positives, sauf s’il dénonce mal. Même quand c’est une grosse merde, et Dieu sait s’il y en a en littérature. Ce qui l’a un peu flinguée, d’ailleurs. Car le tiède ne se vend pas, sauf aux amateurs de bibliothèque rose, mais chacun sa merde.

Un demi-siècle après la disparition du plus grand écrivain français de tous les temps, il n’était peut-être pas utile, dans un film réalisé par un « fils de » bien-pensant avec une « fille de » bien née, de réduire Céline à son antisémitisme. On sent le projet politique un peu maigre, la dénonciation avec trois guerres de retard. Qui osera un jour tourner un grand Céline, avec son voyage en URSS, ses pamphlets écrits dans la fièvre, sa vision féroce de l’apocalypse, sa recherche de la grâce universelle, dans l’Esprit et dans les femmes, ses chroniques médico-sociales avant l’heure, son humour dévastateur, son immense amour déçu des Hommes, et tout le toutim ? Y a de quoi faire, merde quand même !

 

La bande-annonce du Bourdieu-Pailhas est ici :

 

Les amateurs des histoires du père à Bébert jetteront plutôt un œil sur le Paris Céline du comédien prolifique Lorànt Deutsch et de l’homme de l’ombre Patrick Buisson (reconduit à la tête de la chaîne Histoire), un documentaire de 2011 qui leur a été beaucoup reproché. Lorànt Deutsch a dû défendre bec et ongles sa réputation dans Le Grand Journal de Canal+, attaqué par les chroniqueurs sur ce choix machiavélique. Sans oublier les perfidies du Monsieur Histoire d’Europe 1, Franck Ferrand, sur le soi-disant amateurisme de Deutsch. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir (eu) Elkabbach pour patron. Quant à Buisson, l’éminence noire de l’extrême droite ou de la droite dure, son sort est réglé à l’avance. Les deux céliniens se feront exécuter par le très influent Jérôme Garcin, qui tient la rubrique littéraire de L’Obs :

« Dans un livre pieux sur “le Paris de Céline”, ces deux gugusses réussissent la prouesse inouïe de ne rien dire de ce qui, à la Libération, a poussé l’écrivain à l’exil. [...] Ils, ce sont Patrick Buisson, ex-patron de Minute, ancien Iznogoud de Sarkozy, récemment promu au Vatican commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, et Lorànt Deutsch, comédien royaliste, historien cabot, histrion catholique et doubleur officiel du Schtroumpf à Lunettes. On voit par là que les deux font la paire. La preuve avec ce livre pieux consacré à l’auteur de “Bagatelles pour un massacre”. »

Diable, on se croirait en pleine épuration ! Le problème, quand on déteste Céline, c’est qu’on est mécaniquement obligé d’aimer BHL. Dans les renvois d’ascenseur entre les deux immenses écrivains, on a exhumé « la liste de lecture » de BHL pour l’été 2015, avec du Garcin dedans :

« Vous avez le choix cet été : la correspondance Morand-Chardonne, tome 2, ce monument de bêtise et de bassesse qui fait, lui aussi, grand bruit – ou la résurrection d’un écrivain oublié, grand par la vie autant que par les livres, qui a fini sa vie professeur aux États-Unis parce que la République a oublié, en 1945, d’abolir la loi vichyste interdisant la fonction publique aux “handicapés”. » (Le Point du 28 juin 2015)

En 1984, le roman de BHL Le Diable en tête (l’histoire d’un amour pendant la Résistance avec du Waffen SS et du Mai 68 dedans, opérette aussitôt couronnée du prix Médicis) sera chroniqué comme suit par Garcin : « C’est époustouflant de maîtrise, de technique, d’intuitions littéraires  ».
On a les Céline qu’on peut.

 

Voici les parties 1 et 2 du Paris Céline :

 

 

Une petite archive ne fait pas de mal

Trois ans avant sa mort, Céline s’entretenait avec André Parinaud, pour le service public audiovisuel français. Vous avez bien lu. Malgré l’âge (et encore, 64 ans c’était pas vieux) et les persécutions, Céline ne ressemblait pas à la caricature qu’en fait Emmanuel Bourdieu. L’occasion de ramasser quelques perles. Il ne sera curieusement pas question d’antisémitisme à l’époque, la télé française – que l’on pouvait encore appeler nationale – ne focalisait pas sur le sujet. Autres temps, autres mœurs.

 

« Je dis que toutes les histoires sont gratuites quand elles ne sont pas payées personnellement... Il faut payer, et payer pas au simili, payer vraiment. Et pour l’histoire comique aussi d’ailleurs, il faut payer. Le véritable collaborateur c’est la mort, ou les associés. La ruine, la persécution… Alors vous sortez du bourgeoisisme, du salaire fixe, de la sécurité... Autrement vous êtes forcé d’imaginer l’aventure. »

« J’ai des goûts de grand duc, n’est-ce pas, dans une misère profonde, ça m’a mené très loin, dans l’horreur. J’ai gaspillé ma vie dans le raffinement. Je trouve grossier tout le monde, j’aime la finesse. [...] Ah je ne me méprise pas du tout, je me trouve très honnête, très valeureux, très sacrificiel, ayant bien donné, beaucoup donné aux hommes, et eux qui m’ont répondu par des vacheries. [...] Je suis malheureux parce que je me considère victime des vacheries… Et je crèverai en disant que j’ai été injustement traité. J’ai été dépouillé, dévalisé, pillé, salopé, ignominé de tous les côtés, pour des gens qui n’en valent pas la peine. [...] Et aucun complexe de culpabilité, je trouve que tous les autres sont coupables, pas moi ! »

L’ombre noire de Céline qui illumine la littérature française, voir sur E&R :

 



Article ancien.
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91 Commentaires

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  • " Deux clowns pour une catastrophe " est la déformation d’une formule de Céline parlant d’Hitler, sous l’Occupation, comme d’ "un clown pour catastrophe" . Ce sous-titre foireux est de mauvais augure . Le texte célinien est si vivant qu’il se suffit à lui-même, toutes ses "adaptations" sont forcément réductrices pour la simple raison que les "adaptateurs" ne lui arrivent pas à la cheville . Ce sont le plus souvent des israélites qui, pas gênés, "font du fric" avec l’œuvre de Céline .


  • Celine était un très bel homme... le faire interpréter par Denis Lavant, le pire comédien Français (quand Timsit est en vacances), est déjà en soi racoleur à charge, à moins de ne compter que sur l’indéniable charisme de sa laideur.

     

    • physiquement c’est tim roth qui aurait pu incarner céline sans trop de maquillage ...et niveau acteur c’est autre chose .


    • L’apparence dans acteurs choisis n’est rarement anodine dans les films de propagande, les personnages que l’on veut valoriser sont beaux ce que l’on veut dénigrer sont laids..
      Pour information Céline n’était en aucun cas petit(il mesurait 1m80) et avait un regard assez persan avec de beaux yeux bleus-clairs.


    • Denis Lavant avait récité Céline chez Taddéi, et avec la manière, , il " suintait " d’ admiration pour le bonhomme, d’ ailleurs a cette occasion le morceau choisit n’ avait rien a voir avec de l’ antisémitisme, une tirade sur les pauvres joué avec talent ... Il y a beaucoup de noms que je mettrait en Lavant et Timsit, mais , bon les gouts et les couleurs.


    • @aioli

      Exactement. TIM ROTH ! Un film sur la vie de l’homme. Et pas ce sujet égoïste.


  • Qu’ils tournent tous les navets qu’ils souhaitent, personne ne pourra abîmer l’estime envers Céline chez ses lecteurs...

    https://www.youtube.com/watch?v=IpA...

     

  • Quelle vulgarité ! Faire passer Louis Ferdinand Céline pour un nabot pouilleux vulgaire ! Rien que la bande-annonce m’a fait vomir ! Il ne le laisseront donc jamais tranquille. Plusieurs se sont essayés à l’adaptation cinématographique du Voyage, et tous se sont cassés la gueule. Lisez ses livres camarades si ce n’est déjà fait, et pour débuter je conseillerai "Mort À Crédit".

     

    • Nabot pouilleux et vulgaire ? Oui, c’est bien cela Céline. Je me dis même qu’il préfèrerait qu’on en retiennent que ça. Quand au gens qui essaient de le comprendre comme le journaliste dans le film (Remarquez comme ce bonhomme est une parfaite illustration du journaliste français moderne), ils n’y arriverons jamais car Céline est un génie. Un génie qui comme tout les autres, est antisémite, à se demander s’il n’y a pas corrélation.


  • Un jour je suis allé interviewer Jean Guenot avec mon magnétophone qui lui avait interviewé Céline avec son magnétophone. J’avais neuf ans en 61 à la mort de Céline. Mais là j’ai parlé des heures avec quelqu’un qui avait passé des heures avec Céline. Ce fut probablement l’évènement de nos vies.

    Faire un film sur Céline ? Depuis Les Cahiers du Cinéma il n’y a plus de films faits par des équipes, où tout le monde met son grain de sel. Il n’y a plus que du cinéma d’auteur avec sa vision des choses et je me fous de l’opinion d’Emmanuel Bourdieu.

    Faire une version cinématographique du Voyage est heureusement impossible, A moins d’en faire un très longue série avec des Saisons et des Episodes.

    Madame Lucette Almansor est toujours en vie, elle a 103 ans.


  • Céline prétendait que tous les romans avant les siens n’étaient que "des projets de roman" car leurs auteurs n’allaient pas "au nerf". Céline qui se disait "instantanéiste" a réussi à faire vivre l’émotion sur la page ; c’est un écrivain INEGALABLE car beaucoup plus sensible que les autres - et du reste il n’est pas vraiment imité : trop dur .


  • Ce qui reste de la relation de Céline et d’Hindus, ce sont les ADMIRABLES et passionnantes lettres de Céline, où il se découvre pas mal et révèle ses goûts littéraires . Un feu d’artifice .


  • le plus grand esprit européen du 20 eme siecle , on le présente dans un film comme s’il s’agissait d’un chifonnier ....Mais on ne peut rien contre Celine !!!


  • "N’oublions pas que chez Céline, tout est style, tout est danse, tout est jeu,"

    N’exagérons pas. Il n’y pas plus indigeste que Bagatelle pour un massacre. J’ai dû abandonner en cours de route

    " du plus grand écrivain français de tous les temps"

    Déjà, c’est subjectif. J’ai lu plein de trucs de Céline ; certains de ses écrits ou passages d’un de ses livres m’ont vraiment laissé pantois par son côté incisif et lucides et parfois - mais rarement - poétiques. Ceci dit, je ne suis tjs pas encore parvenu à lire un des ses bouquins en entier que j’ai pourtant chez moi ; pour la simple raison que je donne tjs priorité à d’autres auteurs. Je suis plutôt fan de Marcel Aymé, Guy de Maupassant,...

     

    • Lire Céline ce n’est pas fait pour être agréable. Particulièrement si vous lui préférez Maupassant. Céline c’est un autre monde, c’est le nouveau monde. C’est le meurtre de tous les écrivains qui ont jamais existé avant lui. Mais lire Céline c’est un devoir, car Céline, c’est le Christ de la littérature.


    • Pour ta gouverne, Marcel Aymé était un proche de Céline qu’il admirait beaucoup, c’était un peu l’élève face au maître. Je pense que tu n’as juste pas trouvé les clés pour entrer dans l’univers célinien. Il est vrai que ça peut paraître déstabilisant de prime abord, et un bon moyen pour comprendre l’œuvre et l’homme est de passer par une biographie, j’en ai lu une très bonne de Frédéric Vitoux.


    • C’est vrai que dans "Bagatelles pour un massacre" il en fait des tonnes. Perso je n’ai lu ce livre jusqu’au bout que parce qu’il avait cette réputation de sulfure et de censure...


    • Gen Paul a raconté que Céline traitait Marcel Aymé de "petit plumaillon" . Marcel Aymé qui lui est resté fidèle jusqu’au bout alors que Gen Paul n’a jamais revu Céline après la Libération . Il est venu le voir... sur son lit de mort, et Lucette Almanzor ne lui a dit qu’un mot : "Trop tard" .


    • #1416417

      Encore plus illisible il y a Féerie pour une autre fois. On a l’impression que c’est un schizophrène qui a écrit le livre tellement il passe du coque à l’âne. De Céline finalement, je ne conseille que le voyage au bout de la nuit. Le reste c’est pour les connaisseurs qui aiment les audaces stylistiques.


    • Si, il y a plus indigeste : l’Ecole des Cadavres. On se demande ce qui lui a pris - certains disent l’appât du gain, peut être un crise de rage devant la connerie insondable des politiques de l’époque, et de la catastrophe dans laquelle ils entraînaient la France et l’Europe - d’écrire ce torcheballe, ni fait, ni à faire, le fond délirant, la forme à l’emporte-pièce, le sabordage de sa plume ...

      Enfin, il s’en est relevé ensuite, tant mieux.

      Au passage, c’est un bon livre Bagatelle, l’écriture, la clairvoyance du désastre communiste, en autre chose. Je vous encourage à le reprendre, de très beaux passages.


    • Au contraire, Bagatelles, ça fait du bien à l’estomac :
      "Comment se fabriquent, je vous demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d’aujourd’hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesses ?... recueillir plus d’âmes en un jour que Jésus-Christ en deux mille ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie... Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture."


    • #1416675

      Salut Gelindo,

      Je trouve au contraire que Céline est à son apogée dans Bagatelles pour un massacre. Ses envolées prophétiques y sont terribles.et sa ré-édition est aujourd’hui interdite. Chaque page transpire la haine, l’apocalypse, la dérision, le cynisme.

      Céline est éternel , ses bagatelles aussi.


  • Je n’ai jamais bien compris pourquoi Céline et Hindus s’étaient engueulé . Par ailleurs dans le film l’acteur qui joue Céline est hideux, celui qui joue le Juif Hindus est beau, c’est ce que retiendront les spectatrices . Juif=beau et charmant . Antisémite=moche et odieux .

     

    • #1416457

      "Je n’ai jamais bien compris pourquoi Céline et Hindus s’étaient engueulés" < sans doute en raison d’un désaccord vous répondraient-ils.

      La curiosité manque de légèreté... "C’est lourd". C’est si tendre de laisser venir à soi les choses que l’on attend pas. Attendre ça chasse l’humeur légère, sans surprise. Ca fait prévoir le moche de la vie hérité.

      Vous préjugez M. Popaul... Encore faut-il qu’il y ait "spectatrices" si à l’affiche figure cet acteur plus très beau - Ô qui a dû l’être - qui n’a pas le talent d’imitateur de Laurent Gerra, pour la voix.

      Quoi que... Les femmes sont gourdes. Probable qu’elles prennent - à l’affiche - le grand beau pour Céline et le nabot pour indu.


  • #1416288

    BHL sera vite oublié dans le torrent des siècles, mais on parlera de Céline comme on parle de François Villon.

    Moi le roman qui m’a profondément marqué c’est "Mort à crédit" que j’ai préféré au "voyage au bout de la nuit". Je le conseille, LFC à toujours parlé de ce qu’il connaissait et là c’est son adolescence et sa jeunesse dans un Paris et sa banlieue d’avant la première guerre mondiale.

    C’est vrai que Bagatelles est caricatural, mais il contient plusieurs vérités intangibles.

    Vu l’époque il est impensable de le réhabiliter, peut être après plusieurs catastrophes apportées à l’humanité apportées dans le petit panier de la communauté, le point de vue changera.

    L’histoire n’est fait que de retour de balancier, peut être pourra-t-on un jour en parler calmement et rappeler que quand on rencontre dans une communauté que des fripouilles et des vas-t-en guerre, on ne peut avoir une vision objective, ainsi son antisémitisme s’apparente plutôt à des préjugés qu’autres choses et que s’il a du fuir, ce n’est pas parce qu’il a collaboré ou écrits dans des journaux pousse au crime, mais parce qu’il était célèbre avant guerre à cause de ce pamphlet.

    PS : Son pamphlet "Bagatelles pour un massacre", c’est un massacre d’Aryens, c’est un peu comme les gens qui n’ont toujours pas compris que le "sang impur" de la marseillaise, c’est le sang des soldats Français révolutionnaires contre le sang bleu des nobles de toutes les cours européennes.

     

    • @ toto la ciboulette

      C’est ce que je recommande toujours, commencer par "Mort à crédit" puis le Voyage. D’ailleurs c’est la chronologie.

      Moi mon premier Céline a été magique. J’avais seize ans et je vivais à Londres. Ma copine en avait dix-neuf et allait publier son premier recueuil l’année suivante (sans déc ! Au Mercure de France !). Elle m’a dit "Tu devrais lire Céline". Elle me disait tout le temps ce que je devais lire et d’oublier un peu les tirades de Dorine trop scolaires. "Tu devrais lire Borges", etc... Alors on est allé à la librairie Hachette et elle m’a laissé choisir. Comme nous étions à Londres et que je n’avais que seize ans, j’ai choisi "Le pont de Londres". Ca a été génial parce que le Londres des années soixantes était toujours identique à celui du bouquin ; le Leicester Square, Marble Arch avec son speacker’s corner.

      J’hésite toujours avant de dire à quelqu’un "Tu devrais lire Voyage au bout de la nuit". C’est un vrai livre. Un vrai livre est un livre qui vous transforme, quand le lecteur qui en sort est différent du lecteur qui y est entré.


  • Hé les gars, j’ai entendu l’émission consacrée au film avant-hier (lundi 7 mars) sur France Inter. Hé bien j’ai trouvé ça bien intéressant, et surtout je n’ai pas entendu de vision caricaturale ou binaire ou machiavélique, et je dirais même (mais ça a été ma perception alors que je rentrais du travail en voiture) que le réalisateur (à la voix j’avais cru que c’était une femme (Emmanuelle)) montrait plus d’admiration que d’exécration pour Céline ; et le comédien qui tient le rôle de Céline également : fascination admirative plus que raisonnement exécrait...
    Alors j’irai voir le film. Et je vais me remettre à la lecture de Mort à Crédit (car E.Bourdieu a justement fait un éloge de ce livre).

     

    • Moi j’aime beaucoup Debussy, mais demande moi de jouer une de ses pièces au piano, et ben j’en ferai de la merde. Il ne suffit pas d’aimer pour se permettre de.
      Perso, la bande-annonce m’a suffit.
      Donc je n’irai pas voir ce film, je risque d’en sortir énervé.


  • Par ailleurs merci à ER de nous parler de Céline, de le faire découvrir. Car j’ai l’impression que "qui comprend Céline comprend le monde"...
    Preuve en est peut-être (encore une fois) l’essai que Ph.Muray lui a consacré en 1981 ; il comprenait Céline, il comprenait le monde ; et il a versifié le monde. Démonologue. Exorciste. Ave Philippe...


  • la sortie de Garcin est naze, mais quand on est idéologisé on ne peut juger sérieusement en quelque matière que ce soit !...Le " Paris de Céline " raconté par Deutsch est excellent, et même si l’élocution passionnée et passionnelle de Lorànt Deutsch peut gêner certains, c’est une excellente manière d’appréhender l’insaisissable Destouches ....perso j’ai adoré .


  • #1416310
    le 09/03/2016 par MaxdeCannes sur un pont suspendu
    Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

    Sans maîtrise du fond, le style perd l’homme. C’est mon avis très minoritaire certes !

     

    • @MaxdeCannes sur un pont suspendu.............je suis de votre avis, le plus difficile étant toujours de concilier le fond et la forme..et parfois il faut sacrifier ( un peu ) l’un pour soutenir l’autre...l’exemple absolu de cet équilibre idéal et inégalé reste pour moi l’immense Honoré !


    • mais justement, le grand style s’appuie sur le fond, le fond est son outil de travail.
      le style sans fond est maniérisme
      le style se situe donc bien au delà de la forme.
      j’ai l’impression que beaucoup confondent style et recette de cuisine.
      bagatelle est un pur chef d’oeuvre car ici justement le style (et quel style, quel bouillonnement du langage) transcende tellement la forme (l’antisémitisme) que ce n’est pas ce qu’il dit qui importe, mais comment il le dit .


  • Sympa le "Paris Céline" de Deutsch et Buisson. Dommage que Deutsch lise très mal Céline, mais sinon, assez agréable à suivre. Par contre, c’est sûr que "Madame la marquise" sur des défilés nazis, ça a pas du plaire à tout le monde...

     

    • La balade de Deutsch et Buisson dans le Paris de Céline est instructive, légère et se rapproche de l’esprit de Céline dans le ton.
      Je trouve aussi qu’il se précipite un peu trop dans sa lecture des extraits, mais à sa décharge c’est difficile de lire du Céline après l’interprétation extraordinaire qu’en a donné Fabrice Lucchini. Au moins Lorant Deutsch n’a pas essayé de l’imiter, ce qui aurait été ridicule, et a gardé son style naturel, c’est un moindre mal.

      Un documentaire d’excellente facture.


    • #1416779
      le 10/03/2016 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

      @ Je SuisLePen

      Lorant Deutsch est honnête dans ce qu’il fait, sa série "Métronome" qui nous plonge dans l’histoire de France est certes simplificatrice mais aucun relent communautaire ne vient ternir la passion bien réelle qui l’anime.
      Il semble éternellement lié à la France et le fait qu’il aborde Céline avec respect n’a par conséquent rien de surprenant.


  • Le Talent, le vrai, ne meurt jamais !
    Et c’est Céline qui l’avait !


  • @Célinien

    "Mais lire Céline c’est un devoir, car Céline, c’est le Christ de la littérature."

    Oh lala. Du calme l’exalté. J’suis Congolais. Je ne vois pas en quoi ce serait un devoir pour moi de lire Céline, ton christ de la littérature. Littérature mondiale ? Au niveau mondiale, je peux t’en citer une panoplie d’auteurs qui sont bien plus géniales que ton Céline : Léo Perutz, Jim Thompson, James Purdy, Toni Morrison,...

     

  • un être, une oeuvre...honnête, vrai(e)...admirable


  • Comment, en voulant mettre en bonne ombre, (re)placer en lumière celui qui n’existait plus pour bon nombre...
    Car il est parfois des symboles qui se trouvent à revêtir le sens de l’inversion : et réciproquement.


  • Le plus grand écrivain français du siècle dernier n’a même pas une rue qui porte son nom.

     

  • Ma découverte de " Mort à crédit " à 25 ans a été mon plus grand choc littéraire .

     

    • Un choc, c’est le mot... le voyage m’a donné goût à la lecture et Mort à Crédit est selon moi le plus grand livre jamais écrit... les émotions, l’histoire, le style... c’est juste incroyable et inégalé. Mon admiration pour cet homme est sans bornes : j’ai l’intégralité de des oeuvres dans la pléiade, je relis régulièrement ses deux premiers chefs d’oeuvre, je suis allé voir sa tombe récemment au cimetière des bons réages à Meudon, à son image : isolée, loin des regards et des célébrations nationales, une petite tombe comme monsieur tout le monde, alors qu’il devrait juste être au panthéon... mais bon ça fait aussi partie du personnage Céline.
      Lisez sa lettre à Gallimard qui présente son Voyage, elle est exceptionnelle, pour voir à quel point il était visionnaire... sans parler des pamphlets ...


    • #1416756
      le 10/03/2016 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

      @ Telecaster

      Oui, impossible de qualifier autrement l’œuvre de Céline qui demeure une énigme si on ne s’intéresse pas au visionnaire qu’il était, car là, il n’est plus question de choc mais de sidération tant l’acuité de l’homme au regard de son époque et surtout du futur bouleversera toutes les croyances et certitudes de celui qui aura l’humilité de le considérer pour ce qu’il fut : un génie !
      A moins d’être malhonnête, personne ne sortira indemne de la scène admirablement restituée par Benoist Méchin où Céline donne une leçon de géopolitique et de stratégie militaire (inouïe et surréaliste par rapport au contexte) au plus haut représentant de l’occupant nazi au cours d’un dîner privé.
      Prophète ? Prédicateur ? Non, un homme doté d’une intelligence supérieure qui voyait plus loin, plus haut... comme cela est toujours le cas pour ceux que les usurpateurs au pouvoir tentent de livrer à la vindicte populaire.


  • Bien que nous ne soyons pas encore au bout de la nuit, pensons maintenant à la résurrection du Grand Céline, Le Christ de la Littérature.


  • Dans les "Entretiens avec le professeur Y" Céline affirme que son style émotif "surclasse" le cinéma, ce "monstre infirme de l’émotion", comme Vinci prétendait que son invention du "sfumato", en donnant l’impression du relief à ses peintures, rendait inutile la sculpture .


  • Ils ont choisi une espèce de gnome pour jouer le rôle de Céline alors que ce dernier était un bel homme ayant jolie prestance...

     

    • #1416789
      le 10/03/2016 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

      @ goy pride

      Que voulez-vous, c’est une constante, les mêmes feront de Louis XVI un nabot alors qu’il mesurait plus du mètre quatre-vingt-dix et présenteront la période médiévale comme pluvieuse et froide alors qu’elle fut plutôt chaude comparativement à notre époque.
      Bref, la manipulation par la propagande a de beaux jours devant elle !


  • Céline c’est l’enfant maudit de la modernité.

    C’est le reflet d’une partie de la génération nouvelle, trop déterministe pour être spirituelle, trop idéaliste pour être superficielle.

    C’est le père de notre génération maudite.

     

  • honteuse quelconque comparaison entre Céline et le vulgaire publiciste Nietzsche.

     

    • #1416487

      Ne vous inquiétez pas : Céline est lu et aimé.

      Lui.


    • Vous avez certainement dû beaucoup étudier Nietzsche pour dire pareille sottise.


    • Encore une conjuration de nains contre un géant...


    • Carl Friedrich Nietzsche est le plus grand. Il est le penseur absolu, il dit l’indicible dans le " gai savoir " ( pas gay friendly) ou " par delà le bien et le mal ". Sa pensée est exceptionnelle, sa hauteur de vue dépasse les grands penseurs antiques.

      "vulgaire publiciste Nietzsche ? ". Il est le dernier des philosophes, celui qui transcende toute les conceptions religieuses pour les réduire à néant .... euheuheuh ....

      Bon certes sa moustache est un peu ridicule et son physique pourquoi pas critiquable mais ce type est une lumière, une fulgurance certes un peu adolescente mais unique. Il est le plus grand. Vous auriez pu vous passer de cette vulgaire insulte contre le grand Carl.


  • Et je puis ajouter avec certitude : Celine "est" un sauveur d’homme, un sauveur d’âme...

     

    • Sauveur d’âme qui n’a pas pu sauver la sienne...

      Si Céline a su exceller dans le profit de ce que le XXeme siecle lui a proposé, par les enfers jouissifs de toutes les luxures, en tentant de tout son génie et par son oeuvre superbement egocentrique de s’en extirper, il faut bien constater qu’en dessinant si adroitement ce qui lui répugnait de lui même en l’être humain moderne, il n’ a finalement laissé comme solution que sa propre victimisation, reniant d’office tout espoir d’être sauvé ad vitam eternam car n’ayant pas eu la reconnaissance qu’il ésperait. Il s’est auto crucifié d’avance tel un homme vivant au delà du peché et de la transgression, le comble de l’interdit moral en guise de prédestination maudite.

      Si son oeuvre est peut être la plus belle des photographies de l’hécatombe morale du modernisme, elle me fait surtout voir en elle un triste exemple à ne pas suivre, pour le propre salut de mon âme.
      Avoir su pointer les vices de ses contemporains tout en les séduisant n’en a pas fait pour autant un homme de paix.

      Si la subtilité d’un homme aussi grande soit elle ne le fait pas parvenir à une certaine paix de l’âme au terme de sa vie a t’il vécu si subtilement qu’il l’a prétendu ?

      Paix à son âme


    • Il y a du vrai dans vos propos.
      Mais sauver les autres demande parfois que l’on les bouscule, quitte à perdre sa vie... Le sacrifice est là, aussi.


    • Vous avez sûrement raison.
      Tellement de céliniens ignorés ou s’ignorant eux même dans des voies sans issue, parmis les millions de morts à crédit, il y aura bien une ou deux âmes retrouvant leur lanterne au bout de la nuit...


  • Merci pour cette réhabilitation de louis Ferdinand Céline ... C’est aussi une page très émouvante de nos mémoires de parisiens que vous venez d’ouvrir là ! J’en ai les larmes aux yeux . Je crois que je vais aller m’acheter l’un de ses bouquin cela me fera du bien. Vraiment .
    Merci , merci , merci ...


  • #1416543

    Céline est le plus grand écrivain de tous les temps : même sa " censure d’état " ne l’empêche pas d’être l’écrivain le plus traduis et lu a l’étranger !


  • En réécoutant quelques unes de ces interviews, j’ai compris que cette bande de singes qu’on appelle nos gouvernants, étaient prêts à détruire quiconque viendrait mettre en danger leur assiette ou leur harem. Quand Céline parle de la lourdeur intellectuelle de ces contemporains, j’ai de la peine pour lui. Ce type était brillant, un génie, et plutôt que d’accepter ce fait, il s’est mis dans une posture compassionnelle envers ces contemporains. Il lui aurait mieux fallu de vivre une vie à sa mesure, plutôt que de vouloir contraindre son écriture et son référentiel à la fange qui l’environnait, pour des valeurs qui tiennent de l’orgueil non assumé.
    A quoi bon éprouvez compassion et pitié pour des gens qui n’ont pas hésités ensuite à le faire tomber dans l’escalier, par la suite. Un vrai gachis.

     

    • Oui, "Un vrai gâchis" de ne pas avoir sa sensibilité. Sa condition les vrais méchants et les faux gentils lui ont imposée. Ça n’enlève en rien le goût de la pourriture. Ça fait seulement apprendre une chanson à un perroquet.


  • #1416699

    Frederic Dard, Hergé, Michel Audiard, Philippe Murray, Jack Kerouac, Hunter S. Thompson, Jim Morrison...combien se sont réclamés du Maitre, ses trouvailles de langage, sa vision de la vie semblable à du Doistoievski en dessin animé, l’énergie et la dinguerie (un ami me faisait remarquer que lire Céline est comme être chargé de cocaïne avec deux flingues en public le jour du 14 juillet)....des pointures comme ça on en a un par siècle et lui, même mort il continue à em...rder son monde : c’est dire sa puissance !


  • Céline a cassé la gueule à la littérature en 1932 avec le "Voyage".
    "Bagatelles pour un massacre" est clairement son chef-d’œuvre (esthétique + prophéties). Ne jamais oublier le mot de Bardèche : "Les pamphlets les plus violents sont souvent des actes d’amour".
    "Guignol’s band" est à mon avis son sommet romanesque (c’est son roman le plus poétique, le plus musical, le plus drôle aussi). En tout cas, moi, c’est mon préféré... Mais il faut avoir lu ses premiers romans au préalable...

    Il est difficile de s’y retrouver avec tous ces livres consacrés à Céline. Les incontournables sont :
    - la biographie de Gibault en trois tomes
    - les témoignages réunis dans "D’un Céline l’autre"
    - les "Céline" de Philippe Muray et de Maurice Bardèche.
    - pour la correspondance, lire en priorité les lettres à Milton Hindus (ensuite celles à la NRF... etc...)
    - On peut rajouter aussi "Les idées politiques de Louis-Ferdinand Céline" de Jacqueline Morand-Deviller, très intéressant. Ainsi que le recueil des critiques de "Bagatelles pour un massacre" parus à l’époque, réunis par André Derval. Il faut faire le tri dans ce recueil, mais souvent c’est un vrai bonheur...
    - Si l’on n’est pas sevré, les "Céline" de Vandromme et de Nicole Debrie sont à lire aussi... ainsi que "Mon ami Bardamu" de Robert Poulet. Il y aussi, pour aller plus loin, plus haut, "Le chevalier Céline" de Jean-Marie Turpin (son petit-fils...), mais là il faut s’accrocher un peu...

    Voilà. Lisez ceci plutôt que de perdre votre temps et votre argent à aller voir cette méchante bouse subventionnée. "Vous vous ferez du bien deux fois"...

     

    • Pourquoi avoir omis dans votre anthologie La vie de Céline de Frédéric Vitoux ? Une biographie remarquable.


    • Parce que les "céliniens", les "officiels", ont fait beaucoup de mal à Céline (Vitoux, Alliot, Godard, Brami, Alméras, Sautermeister, Pagès...). Il les faut éviter. Ce sont eux qui ont perpétué, institutionnalisé la légende de "Céline écrivain génial mais parfait salaud". Eux, les responsables ! Cela leur permet de se dédouaner d’aimer Céline, de jouir de son style tout en évitant les problématiques auxquelles ici nous sommes sensibles. Il va sans dire que l’avant-garde de la République s’en frotte les mains... Même plus besoin de fourrer son nez... de tripoter, falsifier, à coup de mises en garde hystériques et de pieuses pleurnicheries : les "céliniens" s’en chargent eux-mêmes ! Tout ceci parfaitement huilé. "Ah ! messieurs, quel appareil critique ! Mais voyons, mais faites-vous plaisir ! Nous approuvons pleinement vos périlleuses démarches ! Nous sommes avec vous. OK Charlie..."
      Gibault en est aussi, même si je le crois au fond plus "ouvert" (souvenons-nous de sa photo devant la tombe de Céline...). Et puis de toute façon, sa biographie est une somme incontournable.

      Quelques "céliniens" intelligents : Debrie, de Roux, Mazet...


  • #1416719

    " Le ventre des femmes recèle toujours un enfant ou une maladie"

    Céline.


  • #1416736

    incarner par le gnome rageur du cinéma français, la bête immonde de Leos Carax, Denis Lavant.



    Putain lui il joue vraiment comme un pied...quelle affreuse prétention merdique



    Céline ne ressemblait pas à la caricature qu’en fait Emmanuel Bourdieu.



    pour sûr , suffit de revoir les entretiens filmés de Céline et de comparer avec cette immonde et grotesque "prestation" du Levant


  • Déjà, "adapter" Céline au cinéma, participe de la même impossible gageure que porter sur la toile les grands romans de Dostoïevski. Céline, comme Fiodor, est d’un autre espace-temps. Je n’irai pas voir ce film dont je puis d’emblée juger de l’indigence par l’extrait proposé : notre époque monomaniaque puise et concentre sa philosophie, son art, sa doxa entière dans les tribulations de judas ; il n’est point d’autre horizon permis, nul point de fuite autorisé que celui qui conduit vers les brumes hérissées de barbelées des camps. Céline est donc, sera toujours et jusqu’à la consommation des siècle, le quintessencié salaud qui aura, par sa verve homicide, participé au crime absolu, au drame unique et non pareil du véritable Golgotha. Il n’y a pas à sortir de là. Pour connaître Céline, relire Dominique de Roux.

     

  • Le Malheur de Celine fut son adoration pour les biens materiels , " « J’ai des goûts de grand duc,...J’ai été dépouillé, dévalisé, pillé..."

    Pour être heureux il faut savoir renoncé aux biens matériels


  • On ne peut pas assassiner Céline. En revanche, on peut se ridiculiser en essayant.


  • « Qui donc a mis comme ça Rothschild sous les verrous ? pour spéculations ? C’est pas Schussnig, c’est pas Cachin, c’est pas Jouhaux, c’est pas Blum, c’est pas Chamberlain, c’est pas Staline, c’est Hitler.
    Quel est le véritable ennemi du capitalisme ? C’est le fascisme. Le communisme est un truc de Juif, un moyen d’asservir le peuple plus vachement encore, absolument à l’œil.
    Quel est le véritable ami du peuple ? Le Fascisme.
    Qui a le plus fait pour l’ouvrier ? L’U.R.S.S. ou Hitler ? C’est Hitler.
    Y a qu’à regarder sans merde rouge plein les yeux.
    Qui a fait le plus pour le petit commerçant ? C’est pas Thorez, c’est Hitler !
    Qui nous préserve de la Guerre ? C’est Hitler !
    Les communistes (juifs ou enjuivés), ne pensent qu’à nous envoyer à la bute, à nous faire crever en Croisades.
    Hitler est un bon éleveur de peuples, il est du côté de la Vie, il est soucieux de la vie des peuples, et même de la nôtre. C’est un Aryen. »
    Céline, l’école des cadavres, 1938

    Tout est dit par c’est immense écrivain !!!

     

    • #1417586
      le 11/03/2016 par Chevalier Lefebvriste...
      Louis-Ferdinand Céline assassiné par le cinéma "français"

      Le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves on peut l’acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué.
      La télé est dangereuse pour les hommes. Personne ne pourra empêcher maintenant la marche en avant de cette infernale machine.
      La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours.




      Louis-Ferdinand Céline aurait pu dire cela des médias....
      Il l’a dit ainsi, merci à lui pour cela à nous d’y voir ce qu’il sous entend par ses écris !
      Et puis la belle écriture c’est si rare aujourd’hui...



      « L’usure est le cancer du monde que seul le scalpel du fascisme peut extraire de la vie des nations. »




      Merci aussi à Ezra Pound


  • Passons la grotesquerie du film, payé, comme le diner du CRIF, par le bon peuple.

    Le document de Lorant Deutsch est excellent, tres pédagogique, malgré quelques erreurs, et une condamnation obligé des satyres comme le dit Faurisson, ou pamphlets comme le dit le peuple de Lumiere, qui a convaincu meme les lecteurs d´ER de la médiocrité du texte. Non Bagatelle et Les Beaux draps sont des chefs d´oeuvres au meme titre que le Voyage , c´est un tout. Évidemment, je prends une phrase au hasard, vraiment : " En bref, la question qui se pose est celle-ci, elle est toute simple : Resterons-nous esclaves des Juifs, ou redeviendrons-nous germaniques ? Á choisir. " p.171, L´Ecole des cadavres. 1938.

    C´était avant 1942 et la loi Marchandeau, ancetre de la loi Gayssot, contaminant les esprits. Les satires de Céline valent ses romans, mais 70 ans de propagande nous les font candamner. Aujourd´hui on en est a des séminaires de sensibilisation sur la shoah, donc Céline est forcément un malade.

    Bref, grand doc de Deutsch. Le libre D´un Céline l´autre, est une Somme, indispensable, de témoignage, de tout ceux l´ayant rencontré, d´un vieil ami londonien, jusqu´a une secrétaire de Clichy. Essentiel.


  • #1418379

    Docteur Destouches et Mister Céline : Qui l’eût cru si fier !

    Docteur Saint Destouches guérissant les écrouelles pour pas un kopeck et Mister Céline, explorateur coprophage raffiné, prostituant sa femme pour voir surgir la lourdeur du monde. Possédé par ce jus putride il ne pouvait sortir qu’une prose acide et amère qui le consuma prématurément. L’occident n’a pas de transcendance et se complait dans une frange de maux autour de son nombril. Le salut par l’abîme où Satan t’attend.
    La France, la frange, la fange : " J’ai glissé, chef ! " - La 7eme compagnie.
    BHL : " Snif, Le voyage au bout de la nuit, c’est pas Saint-Exupéry ? "


  • Sans parler de l’esthétisme, indiscutable, intéressante comparaison que vous faites entre Céline et Nietzsche. Tous deux n’ont pas su dépasser la torture des méandres capitalistes et accéder à l’apaisement, à la sagesse.


  • Veux rien savoir au sujet de ce film , rien à cirer ,me suis tout de suite rabattu sur le film de Laurent Deutsch (j ’avais tellement aimé son opus génial sur Paris ) et là :éblouissement ! Laurent Deusch en plus c ’est la vraie diction pour la prose de Céline , avec Luchini j ’y croyais pas vraiment . Super hommage et super Laurent Deutsch !


  • Céline doit se retourner dans sa tombe , le gnome qu’ils ont choisi pour l’incarner est pathétique les lobotomisés de gauche qui vont aller voir cette daube sans avoir lu un de ses livres ça serait trop demandé auront une idée toute faite de Céline "un antisémite surexcité illuminée à tendance schizo"voilà une autre bonne raison de ne pas aller voir ce film de propagande et petite parenthèse lié à l’article "je déteste BHL je suis donc mécaniquement obligée d’aimer Céline "


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