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Mossoul : bombardés, les civils accusent la coalition

"Les gens ont l’impression de payer pour les crimes de l’État islamique"

La vie à Mossoul est terriblement difficile. De nombreux habitants se sont dits profondément désespérés par le fait que les autorités irakiennes et la communauté internationale n’ont pas apporté leur soutien dans les zones récemment reconquises, expliquant qu’ils avaient dû creuser à mains nues dans des montagnes de décombres pour retrouver les corps de leurs proches.

 

En examinant un site touché par une frappe aérienne à Hay al Dhubbat, un quartier de l’est de Mossoul, j’ai aperçu une tête dans les décombres. Des victimes et des proches qui se trouvaient sur les lieux m’ont dit que le foulard vert indiquait qu’il s’agissait de la tête d’une femme tuée en même temps que ses parents âgés lors d’un bombardement de la coalition, le 10 janvier. Dans d’autres endroits de la ville, les corps de combattants de l’État islamique gisaient parmi les gravats et à des coins de rues, et certains avaient en partie été dévorés par des chiens errants.

À Mossoul, les gens sont aussi confrontés au fait qu’une grande partie des infrastructures de la ville – notamment les réseaux d’alimentation en eau et en électricité – sont en ruines. Les femmes et les enfants en sont réduits à tirer des charrettes remplies de bidons qu’ils vont remplir à des points de distribution d’eau, qu’ils doivent cependant utiliser avec parcimonie. « On a assez pour boire et pour cuisiner, mais il ne reste pas grand-chose pour se laver », m’a dit un habitant. Plus de deux mois après la reconquête de ce secteur, il n’y a quasiment pas d’établissements médicaux opérationnels dans l’est de Mossoul. Quelques petits centres de santé prodiguent des soins de premier recours rudimentaires, mais cela ne suffit pas pour une zone de guerre.

Là, les médecins et le personnel infirmier disent qu’ils travaillent sans salaire et avec un grave manque de médicaments et d’équipement. Dans un de ces centres, le personnel m’a montré que deux de ses trois ambulances étaient en panne. Des personnes avec d’horribles blessures sont parfois obligées de rester sans soins adéquats pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Il n’est pas surprenant que les gens soient furieux à cause de l’ampleur des destructions et qu’ils se posent des questions quant au moment et aux méthodes choisis pour cette opération militaire à Mossoul.

« Les Daeshi [combattants de l’État islamique] étaient partout, et on ne pouvait absolument rien faire contre ça, a expliqué Mohammed, un habitant du quartier d’Hay al Dhubbat qui a perdu plusieurs proches, tués par une frappe aérienne de la coalition. Si tu les défiais, ils te tuaient. Ils ont dirigé cette ville pendant deux ans et demi et ils ont rarement été visés pendant tout ce temps [...] Pourquoi détruire aujourd’hui nos maisons avec nos familles à l’intérieur, juste pour éliminer deux ou trois Daeshi installés sur les toits ? »

Le fait que des familles entières ont été tuées chez elles incite à se poser de graves questions quant aux cibles et aux armes choisies par la coalition. De nombreuses informations ont été réunies sur l’utilisation par État islamique de boucliers humains. Ceux qui mènent des frappes aériennes savent que cela met en danger des civils et ils doivent prendre toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages qui leur sont causés. Dès lors, pourquoi les combattants de l’État islamique qui se sont embusqués sur des toits et dans des cours dans des secteurs civils sont-ils visés avec de grosses bombes qui détruisent complètement des maisons ?

Lire l’intégralité de l’article sur france-irak-actualite.com

Les réels objectifs de la coalition, chez Kontre Kulture :

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