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Zimbabwe : le retour à la terre des fermiers blancs

Moins de racisme, plus de profit

À la fin des années 1990, le Zimbabwe était le grenier à céréales du continent. Le pays comptait aussi parmi les premiers exportateurs de tabac au monde. Mais la confiscation des terres détenues par les agriculteurs blancs, lancée dans la violence il y a quinze ans, a mis le pays à genoux. Ces fermiers étaient 4 000 à la fin du siècle dernier, ils ne sont plus que 150 aujourd’hui. Leurs hectares ont été donnés le plus souvent à des soutiens du président Robert Mugabe. La plupart des bénéficiaires noirs ont laissé ces terres arables à l’abandon, soit par désintérêt, soit parce qu’ils n’avaient pas été choisis parmi les agriculteurs ayant le savoir-faire requis ou n’avaient pas les fonds et les moyens pour les exploiter. Aujourd’hui, avec la caution et même les encouragements du gouvernement de Mugabe, les Noirs sont de plus en plus nombreux à solliciter l’aide des Blancs qui acceptent volontiers de retourner à la terre. C’est le premier volet de notre série de reportages sur le Zimbabwe.

 

De notre envoyé spécial à Beatrice,

Les herbes sont hautes, les buissons touffus et les vieilles clôtures sont à terre. La nature a repris le dessus sur cette parcelle en périphérie de Beatrice, au Zimbabwe. Elle a été confisquée à un fermier blanc en 2003 et donnée à deux vétérans de la lutte pour la libération. « C’est la portion qui est exploitée par mes deux partenaires », explique au volant de son 4x4 Claude Dreyer, un agriculteur blanc âgé de 58 ans.

Le partenariat commercial que Claude a noué ne porte que sur une partie des terres allouées à ses deux associés : « Pour rendre service, j’ai tout de même planté sur leur portion ce maïs qui arrive à peine aux genoux. Ce n’est pas irrigué, mais ça permet de nourrir un peu la communauté. » Ses deux partenaires noirs n’étaient pas parvenus à exploiter la terre parce qu’ils n’avaient pas les moyens de lever des fonds. Les invasions des fermes tenues par les agriculteurs commerciaux d’origine européenne ont été lancées au début des années 2000 dans la plus grande improvisation. Les deux associés ont donc cherché à s’associer avec un fermier blanc. D’après les termes du contrat de trois ans renouvelables, signé en avril 2015, Claude a l’usufruit d’une parcelle de 20 hectares. Selon le document, validé par le gouvernement, il peut les cultiver comme il l’entend, ses partenaires n’ont aucun droit de regard. En échange, il doit verser à ses deux associés une allocation mensuelle, indexée sur les profits. Claude s’est aussi engagé à aider ses partenaires, qui ont refusé de nous parler, à mieux exploiter les hectares qu’ils ont conservés.

 

 

« Je m’engage dans une terre inconnue »

En tout, Claude a investi un quart de million de dollars sur ses 20 hectares. « Vous allez voir, on arrive à mon projet, et là c’est autre chose, en plus vous avez de la chance, mes gens sont encore au travail  », explique fièrement Claude, toujours au volant, à l’embouchure d’une piste cabossée.

Alors que le soleil se couche, une quinzaine d’ouvriers agricoles, payés quatre dollars US la journée, vident des sacs de maïs à l’arrière d’un camion. Un contremaître remplit un tableau au stylo dans son cahier. Derrière le groupe se dressent, sur plusieurs hectares, des tiges de maïs aussi grandes qu’un basketteur du championnat américain NBA. « Ce champ fait partie de ma portion de la joint-venture (société commune NDLR). J’ai dû retaper tout le système d’irrigation sous-terrain  », explique Claude avant de nous emmener sur une berge de la rivière Mupfure. Il nous montre, non sans fierté, les deux pompes qu’il a installées. L’une fonctionne à l’électricité, mais en raison des nombreuses coupures de courant, une autre tourne au diesel.

Outre l’irrigation, Claude a aussi dépensé beaucoup d’argent pour débroussailler, acheter des équipements, des semences, et il emploie quarante saisonniers. Divorcé, remarié et père de quatre enfants, il a vendu sa maison pour financer cette aventure. «  Je m’engage dans une terre inconnue, reconnaît Claude, le visage creusé de rides. J’ai vendu ma maison. Je n’aurais pas pu monter cette opération sans capital de départ. Les banques ne m’auraient jamais prêté d’argent, car la terre n’est pas à moi et parce que le contrat ne dure que trois ans renouvelables. J’espère dégager des profits d’ici deux ans. Mais je suis prêt à prendre ce risque, car je pense que c’est la marche à suivre pour le Zimbabwe.  »

Claude avait préalablement consulté le fermier blanc qui était propriétaire de ces terres et qui a été expulsé. « D’un point de vue éthique, je tenais à le voir, et il m’a donné son feu vert. Il m’a même aidé, il m’a indiqué où étaient enterrés certains canaux d’irrigation », se souvient notre hôte, cigarette au bec et sourire aux lèvres.

Lire la suite du reportage sur rfi.fr

L’évolution politico-économique de la pointe sud de l’Afrique, sur E&R :

 



Article ancien.
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14 Commentaires

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  • #1398584

    " Claude a l’usufruit d’une parcelle de 20 hectares " c’est évidemment une erreur, il s’agit d’une parcelle de 200 hectares . Que ferait-il de 20 hectares ? Y aurait-il investi 250 000 euros ? Evidemment non . En France une exploitation fait en moyenne 70 hectares, alors qu’au Zimbabwe on compte en centaines d’hectares .


  • #1398613

    Toute ma belle famille est africaine. Ils savent que sans les blancs c’est la famine, la désolation et la guerre.

     

    • @ducegabbana

      Comment peux tu sortir de telles inépties ?


    • Là où le savoir-faire de l’européen peut être utile pour les Africains, c’est dans la technique, en effet par notre rudesse et diversité climatique, l’européen à du sans cesse courir derrière de l’ingéniosité technologique ce qui lui a permis à tort ou a raison de pouvoir "dominer" le globe.
      ceci une fois dit ne fait pas de lui un être supérieur loin de là mais dans la prouesse technologique sur la longueur seule les sociétés asiatiques par les mêmes facteurs (climatiques) sont arrivés au même défi technologique les autres pole civilisationnel ont d’autres qualité et prouesse que non pas forcément les Européens.
      Mère nature a toujours le dernier mot

      En cumulant donc le savoir-faire appris par l’européen et sa technique et les spécificités liées aux terres africaines les Africains pourront avancer avec force dans le futur sur l’agronomie de pointe.


    • #1398971

      Kinshasa la belle est devenue une poubelle. l’Ethiopie a une seule ligne de chemin de fer : construite par les Italiens en 1937.. ;L’Afrique du Sud est une ruine..On continue ?


    • #1399009

      par notre rudesse et diversité climatique, l’européen à du sans cesse courir derrière de l’ingéniosité technologique ce qui lui a permis à tort ou a raison de pouvoir "dominer" le globe.




      La rudesse climatique ne produit pas de l’intelligence. Il y a en beaucoup d’endroits du globe des climats rudes, et les populations qui y vivent ne se sont pas développées pour autant au niveau d’excellence des civilisations européennes.

      Dans certains endroits d’Afrique, le climat est tellement rude qu’ils n’arrivent pas à cultiver des fruits et des légumes, et ce n’est pas pour autant que les populations qui y vivent sont devenues supérieurement intelligentes et ont développées des techniques de culture révolutionnaires. Non, il faut une fois de plus que ce soient des Européens qui leurs offrent des solutions, comme par exemple la culture sous couverts de Bourguignon qui permet d’enrichir les sols.

      Ce n’est pas politiquement correct de faire ces constats, mais la réalité n’est pas politiquement correcte.


    • @duce

      Étant d’origine italienne et connaissant bien l’Éthiopie tu tire des propos raccourcis d’autres pourraient faire la même dans le sens inverse...
      l’Éthiopie était un grand pays administré bien avant l’arrivé des troupes italiennes,
      quand au chemin de fer ce sont les français qui l’ont initié en coalition avec le pouvoir du négus
      d’ailleurs les gares sont toujours en double langage, sans compter Haile Selassié qui reçu une éducation par un maitre français ou bien encore Zaga Christ qui en sont temps viendra dans les pays chrétiens d’Europe et finira par mourir en France

      tu peut déplorer ce qu’est devenu l’administration mis en place dans certain pays d’Afrique du temps des européens mais en parler avec mépris et condescendance est ridicule


    • Ils sont rares les entrepreneurs comme Claude qui prennent des risques pour développer le continent, la majorité des blancs sont dans les quartiers d’affaires, les hôtels et les ONG. Vous connaissez beaucoup de pays africains qui ne sont pas dirigés en sous-mains par les mêmes qui nous dirigent en europe ? L’indépendance de l’afrique est un vaste mythe au même tire que notre indépendance en temps qu’européens, la seule différence notable entre les africains et les européens c’est que nous avons encore des intérêts coloniaux chez eux et que leurs intérêts chez nous ne sont, comparativement, pas autant lucratifs.


  • #1398618

    Ils vont faire la même chose en Algérie.

     

  • Business mans qui reproduiront le modèle d’une agriculture industrielle dévastatrice de l’environnement et des hommes, pesticides,fongicides,ogm, et Monsanto...


  • Moi je pense que c’est par injonction des occidentaux que Mugabé a du faire volte face

    Les occidentaux ont peur que la Chine s’accapare par son savoir faire les terres arables du Zimbabwe
    En effet comme chacun le sait la Chine compte plus de 1,5 Milliard d’habitants
    La chine a besoin de plus en plus de terre arable pour produire sa nouriture ,elle fait des prospection dans tout l’Afrique
    Et quand elle trouve un bon terrain arable propice à la culture ,elle signe un accord qui est fabrication d’infrastructure et transformation de la terre a la mode occidental en échange d’une partie des terres arables

    C’est vraie que la Chine préfère allez chercher des terre arables en Afrique qu’en Russie


  • #1399118

    "Kinshasa la belle est devenue une poubelle"

    Oh que c’est beau la liberté d’expression. Je suis Kinois. Ma ville a tjs été une poubelle mais les choses se sont vachement améliorées, et c’est ce que te diront tous les Kinois.
    Il y a 3 ans quand j’y étais, j’en croyais pas mes yeux comme ce pays avait changé par rapport à 2009. Et vous, c’est quand que vous y avez mis encore les pieds ?