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15 octobre 1987 : assassinat de Thomas Sankara, président du Burkina Faso

« La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

L’audacieux leitmotiv de Thomas Sankara n’est pas sans rappeler le célèbre « J’aime ma patrie plus que mon âme » de Machiavel. Mais cet absolu politique, jusqu’alors trop peu concrétisé, ne bénéficie d’aucune aura historique car seuls les vainqueurs jouissent d’une mémoire. Qui, aujourd’hui, pour nous parler de ce président des pauvres qui a refusé l’ordre du monde et revendiqué un peu de majesté pour son peuple ? Qui pour rappeler qu’entre l’espoir et le mythe, Thomas Sankara fut l’exception politique ayant mis tout en œuvre pour conjurer la misère asservissante de son Burkina Faso ?

Ce pays, alors quasi dépourvu d’industrie, était au début des années 80 l’un des plus nécessiteux de la planète : climat sahélien au nord, soudanais au sud, quelques vallées fertiles et du manganèse en sous-sol. Pas d’accès à la mer. C’est dans cette configuration infernale que notre jeune nationaliste a refusé d’être l’esclave des hommes libres ; qu’il a refusé les dépendances néocoloniales, la corruption des pays voisins et les financements de la Banque mondiale. Il a pris à bras le corps le destin de son pays en centralisant l’économie sur les besoins concrets de la population, en s’attaquant à la bureaucratie et en limitant de façon drastique le budget de l’État. État qui fut jusqu’alors une machine au service de la classe dirigeante pour asseoir sa domination et défendre ses intérêts.

Désormais les ministres au mandat court et non-renouvelable furent contraints d’accepter de modestes indemnités et privilèges quant à leurs fonctions : Renault 5 à la place de la Mercedes ; voyage à l’étranger en seconde classe et simples hôtels ; un champ à disposition de chaque fonctionnaire pour leur consommation personnelle et la prise de conscience des réalités agricoles du pays ; le port obligatoire deux fois par semaine du « Faso dan fani » un habit 100 % coton produit, tissé et cousu au Burkina, dont Sankara lui-même faisait la publicité lors de conférences internationales ! Cet investissement et effort de tous, cette résistance aux logiques financières, consuméristes et prestigieuses de notre Empire permit au budget national et donc aux investissements publics de tripler de 1983 à 1987.

Sankara n’avait que faire du pouvoir. Seul ce qu’on pouvait réaliser avec pour le peuple l’intéressait. Un pouvoir donc aux mains des burkinabés pour favoriser enfin l’essor de leur nation : l’éducation, la nourriture, l’eau, l’habillement et le logement pour tous, une politique de santé et une autre en direction de la femme, une réforme agraire et foncière, une justice sociale et une lutte obstinée contre la corruption, dont les procès étaient diffusés à la radio…

Mais dans un monde qui cherche avant tout à être rentable plus qu’à satisfaire ses besoins, la probité révolutionnaire et démocratique (l’une peut-elle d’ailleurs se réaliser sans l’autre ?) d’un Sankara est antinomique, voire insolente, à toutes nos politiques qui cherchent inlassablement des paravents ou des excuses pour ne pas entendre les impératifs populaires. On ne peut trop exiger des hommes. L’assassinat du jeune chef d’État burkinabé le 15 octobre 1987 stoppa définitivement l’une des plus incroyables expériences politiques contemporaines…

Lire la suite de l’article sur diktacratie.com

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Article ancien.
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10 Commentaires

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  • Jour du souvenir en mémoire d’un grand patriote

    respect


  • Il n’y a pas un seul mot pour décrire THOMAS SANKARA le respect , un grand homme , honnêteté , probité , lucidité , humilité , générosité , simplicité , courageux , exemplaire , dignité , bonté , gaieté , félicité , sérénité et surtout le sens du sacrifice car il savait qu’il allait être assassiné et il l’avait accepté pour ses idées , pour son peuple , pour son pays , pour son continent , pour l’humanité .

    Contrairement à une certaine légende l’existence de THOMAS SANKARA n’est pas à prouver , ses actes sont véritables et non contestés .

    Au dessus il y a le soleil et au dessus du soleil il y a THOMAS SANKARA qui devrait tenir une grande place dans les livres d’histoires au moins à égalité avec GANDHI , LUTHER KING .

    Mais ce n’est pas encore le cas , il lui manquait la possibilité de faire des miracles comme la multiplication du pain par exemple !


  • THOMAS SANKARA reste et demeure une icone immortel pour les jeunes revolutionnaire africain car ses discours de l epoque reste vrai aujourdhui, il fut un vrai homme politique parce qu il travaillait véritablement pour son peuple .le 15 octobre 1987 lorsque fut annoncé son assassinat ,a Yaounde au cameroun les etudiants étaient en larme car son aura etait très grande
    SANKARA FOR EVER

     

    • Bonsoir je confirme j’ai visité deux pays Africain : la Côte d’Ivoire et le Mali dans ses deux pays Sankara est une icone.....Je pense que c’est la figure même du révolutionnaire juste (son effort pour l’émancipation des femmes, contre la pauvreté...) et intègre (et son image est moins sanglante qu’un autre révolutionnaire je pense à Che Guevara) il à lutté de toute ses forces contre l’oppression coloniale et à été trahi par celui qui se disait son ami (Compaoré).....Un type bien.


    • #558371

      Je confirme la popularité de Sankara au Cameroun.
      J’y ai vécu en 89-90 et ma bonne, Fanfan, en avait fait son idole, et accusait la France d’avoir commis son assassinat.
      Ce soupçon était largement partagé par les camerounais.
      Il y a maintenant un très long chemin pour se réconcilier avec nos voisins africains, comme c’est regrettable.
      et cela durera tant que notre administration continuera à œuvrer pour des intérêts privés en finançant des projets idiots ou agira avec le cynisme du prédateur.
      Que penser des livraisons de blé à Maroua garanties par la COFACE qui elle, prend une hypothèque non pas sur la mosquée mais sur les briques de la mosquée de Maroua.
      La garantie est bidon et la COFACE y est de sa poche en cas d’impayé, mais le risque politique est tel, si les approvisionnements en blé se tarissent, que toute la région jusqu’au Tchad connaitrait des émeutes de la faim, avec une pression énorme sur le pouvoir central de Yaoundé.
      Cette arme alimentaire est donc un moyen pour obtenir des concessions forestières, pétrolières, minières, des marchés d’état...et les briques de la mosquée non vraiment rien a voir la dedans, il s’agit d’une énorme hypocrisie.
      en fait, personne n’imagine une seconde démonter une mosquée pour se payer, et certainement pas la COFACE.
      Je ne parlerait pas des complicités bancaires, portuaires, des affréteurs, qu’il faut rassembler dans le monde pour écouler régulièrement des cargaisons de pétroliers, à partir d’une raffinerie sans existence officielle, sans qu’aucune recette pétrolière n’apparaisse dans les comptes du pays durant 10 ans.
      Des pétroliers au black, trop fort.
      Et nous, jeunes étudiants fraichement démoulés, on débarque en terre étrangère, le cœur ouvert, pour se voir tremper dans un bourbier de corruption et de connerie.
      J’ai quand même du virer un ministre au bal du 14 Juillet sur ordre du vice-consul, un pur crétin, car le dit ministre était en tenue traditionnelle, bourde que j’ai rapidement rapporté afin qu’une personne normalement constituée rattrape de justesse l’incident.
      Ne nous laissons pas diviser par les discours médiatiques, les conneries d’état, qui vont jusqu’au meurtre, serrons les rangs des patriotes.


    • Salut à tous,

      Je vous confirme que le Très Grand Thomas Sankara est plus qu’une icône dans son pays. J’ai passé 45 jours au Burkina cet été et j’ai épousé une Burkinabé... Personne n’ignore que Campaoré est son meurtrier commandité par la France de Mitterrand avec l’aide et l’appui de la CIA ! Vous trouvez le portrait de Thomas et des citations sur lui un peu de partout dans les maquis et sur les véhicules. Le grand homme a eu le tord de croire que les dirigeants africains allait lui emboiter le pas sur le problème de la dette et le pillage des ressources (il y a pas mal d’or au Faso, curieux non ???). Je suis allé fleurir sa tombe et sa photo trône dans mon salon. Nous prions chaque jour avec ma femme pour que naisse un autre homme de cette envergure. Pour le peuple Burkinabé et les autres peuples d’Afrique...

      La Paix dans vos cœur.
      Namasté


  • Avec Hugo Chavez et Vladimir Poutine, Thomas Sankara fait partie des trois noms qui me viennent en tête lorsque se pose la problématique suivante : "Comment relever un pays sous la coupe de l’Empire ?"

    Un exemple pour l’Afrique, mais aussi pour nous ! Et tout particulièrement à ceux qui pensent que se dégager des griffes de l’Empire est impossible.

     

  • Sankara fut pour l’Afrique le genre d’homme qui n’existe que trop peu partout !

    LAS , il faut se rendre compte que son message est passé à la moulinette ...

    ainsi l’actuel président du Burkina Faso a paradé avec son avion officiel lors de la cérémonie d’investiture du président du Mali ... (un Boeing 727 , excusez du peu )

    à cela 2 écueils :

    1° la distance entre Ougadougou et Bamako est de 700 Kilomètres
    2° le Burkina est un des pays les plus pauvres du Monde (160ème sur 180 pays PNB/Hab. source Banque Mondiale)

    Même si 700 km en Afrique peuvent se révéler un calvaire quand fait en voiture , le simple fait de parader avec un avion présidentiel pour un pays aussi pauvre devrait être la pierre angulaire des contrôles quant à l’utilisation des aides diverses et variées versées par les pays donateurs !

    Le "Pays des hommes droits" (intègres ) est-il ainsi devenu celui de la minorité aux poches pleines ?


  • Gloire a ce grand patriote d’Afrique ! a quand un Sankara Français ?