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Angers débordée par une vague de migrants

Ils arrivent surtout d’Afrique de l’Est. 173, rien qu’au mois d’octobre. Attirés par la qualité de l’accueil de la ville. Une réputation qui fait redouter au maire socialiste « un nouveau Sangatte ».

La « douceur angevine », ils en ont entendu parler jusqu’au Darfour. En octobre, 173 réfugiés, principalement originaires d’Afrique de l’Est, sont arrivés à Angers (à titre de comparaison, 80 à Nantes). Cet afflux fait sauter le dispositif mis en place en 2002.

« C’était pourtant bien huilé », regrette Jean-François Fribault, directeur de l’Espace Accueil qui fournit une domiciliation administrative, un hébergement. Jusqu’à présent, les réfugiés étaient accompagnés par des travailleurs sociaux, des juristes et des traducteurs pour constituer leur dossier de demande d’asile. En octobre, Espace Accueil a dû en laisser 140 sur le carreau. « On est submergés par un phénomène qui nous dépasse », constate Claude Andreau, de la Pastorale des migrants.

Une ville hospitalière

Un squat posait problème car il empêchait le bon déroulement des travaux du tramway. À peine vingt-cinq de ses occupants ont été relogés, quinze autres se sont retrouvés à la rue. Depuis le 4 novembre, ils campent devant l’Hôtel de ville. Une centaine d’autres, rescapés de la guerre ou de la misère, vivent entassés dans deux squats en périphérie. Des célibataires et des familles qui viennent du Soudan, de Somalie, d’Érythrée mais aussi d’Arménie, de Roumanie, du Kosovo...

En un an, les demandes d’asile ont bondi de 78 % (contre 30 %, en moyenne, en France). La raison d’un tel « succès » ? L’hospitalité ! Celle des collectivités locales, d’abord. La municipalité (de gauche) a dépensé, cette année, un demi-million d’euros : en repas, cartes de transport, secours d’urgence. Chaque jour, les squatters vont se doucher, petit-déjeuner et déjeuner dans les structures qu’elle a mises en place pour les sans-abri.

Le conseil général (de droite) a affecté 1,8 million dans l’Espace accueil et l’aide aux enfants. Le préfet ne cesse d’intervenir auprès du ministère de l’Intérieur. Il vient d’obtenir 380 000 €, ce qui porte la participation de l’État a un million d’euros pour les demandeurs d’asile de l’Anjou, en 2009.

Le maire est furieux

« N’oublions pas que l’asile est un droit international garanti par la convention de Genève », rappelle Paola Dessart, du collectif de soutien aux sans-papiers. Une quinzaine de militants ouvrent les squats, livrent la nourriture, inscrivent les enfants à l’école et paient de leur poche quand c’est nécessaire. Anarchistes, Verts ou sympathisants du Nouveau parti anticapitaliste, ils tirent à boulets rouges sur la mairie pour obtenir davantage de subsides. Au grand dam du maire.

Furieux, le 7 novembre, de ne pas avoir été reçu par François Fillon, en visite à Angers, le socialiste Jean-Claude Antonini parlait même d’« un nouveau Sangatte ». Il est vrai que le Premier ministre est venu inaugurer une banque et lancer la campagne de l’UMP Christophe Béchu aux élections régionales. Chacun ses préocupations.