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Art Spiegelman défend la liberté d’expression de Dieudonné

Dans un entretien donné en janvier dernier à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, le célèbre dessinateur Art Spiegelman a estimé que le deux poids, deux mesures entre Dieudonné et Charlie Hebdo était absurde et que l’humoriste devait pouvoir s’exprimer librement.

« En France, il est parfaitement normal de se moquer de Mahomet, Jésus, le pape, les rabbins ou les prêtres […] Mais il y a des frontières en France – et, sans vous en apercevoir, vous vous retrouvez face à une contradiction hypocrite. Le blasphème est dans l’ordre des choses, mais dès que vous dites quelque chose d’antisémite… […]

L’exemple frappant est le comédien Dieudonné, qui a été arrêté parce qu’il s’est moqué des victimes des attentats […] Si je devais censurer quelqu’un, ce serait lui. Mais la réaction rationnelle à cette situation devrait être différente, je ne vais pas aller manger au restaurant avec ce gars, je vais réfuter ses opinions à chaque occasion. Mais bien sûr, il a le droit de les exprimer. Mais il ne peut pas en France, car il y a des lois contre les discours de haine, comme en Allemagne.

Dieudonné est dangereux, et des mesures doivent être prises contre lui. Mais ce qui se passe actuellement est absurde. Et surtout contre-productif. […] Même moi, en tant qu’enfant de survivants de l’Holocauste, je ne peux pas comprendre ce deux poids, deux mesures [1]. […] Ce que la France est en train de faire est très stupide. »

Des déclarations qui pourraient donc laisser entendre que les lois mémorielles comme la loi Fabius-Gayssot devraient être abolies, pour laisser place à un débat qui permettrait de « réfuter » les thèses les plus fallacieuses. Cet entretien n’a pas choqué outre-Rhin, le quotidien Die Welt (24 février 2015) ayant même titré, sans ironie : « Bien sûr que nous pouvons nier l’Holocauste ! », dans un article relatant l’entretien donné par Spiegelman au Zeit.

Au cours de cet entretien, Art Spiegelman a également estimé que « la France est en train de faire les mêmes erreurs que l’Amérique dans l’après-11 Septembre ».

Âgé de 67 ans, Art Spiegelman est mondialement connue pour la bande dessinée Maus, réalisée dans les années 1970 et 80. Cette œuvre majeure du répertoire de la Shoah, où les Nazis sont représentés en chats et les juifs en souris, a notamment obtenu le prix Pulitzer en 1992. Le dessinateur new-yorkais s’est déjà manifesté par des œuvres non-conformistes, comme ce dessin paru dans The New Yorker le 15 mars 1999 :

 

Notes

[1] Phrase originale : « Selbst ich, als Kind von Holocaustüberlebenden, kann dieses Messen mit zweierlei Maß nicht richtig verstehen. »

Sur Dieudonné et la liberté d’expression en France, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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18 Commentaires

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  • Pourrait-il s’exprimer aussi librement s’il n’était pas juif ?

     

  • C’est gentil, mais il ne faut pas oublier que les deux éditeurs de "Die Zeit" sont membres de Bilderberg. "Die Zeit" a été beaucoup lue autrefois par des intellos, mais comme "Libération", elle a changé de drapeau tout en essayant de toujours sembler intellos.
    Apparemment "Die Welt" - (Springer Verlag, l’éditeur de "Bild-Zeitung", un des pires "journaux" manipulateurs de masse avec des titres chocs et des articles faussés) s’est mis d’accord avec "Die Zeit". "Die Zeit" a été férocement critiquée pour ses désinformations sur l’Ukraine et la censure des commentateurs s’en plaignant, entre autre.
    Faut se méfier, mais...


  • Ah synchronicité quand tu nous tiens ! Je pensais justement beaucoup à Art Spiegelman ces derniers temps, moi qui a tant aimé sa BD ’Maus’.

    Je suis donc très satisfait de lire cet article mais aussi déçu :

    "Dieudonné est dangereux, et des mesures doivent être prises contre lui. Mais ce qui se passe actuellement est absurde. Et surtout contre-productif."

    Cette phrase est complètement...débile.

    Ceci dit, Kontre Kultre devrait absolument distribuer cette BD cultissime pour une raison simple : jamais au grand jamais les chambres à gaz y sont mentionnées !!

     

    • #1128601

      "jamais au grand jamais les chambres à gaz y sont mentionnées !!"......c’est faux. Dans l’édition intégrale en ma possession, p230 et 231, il en est question, avec croquis descriptif d’un crématorium itou itou...


    • L’autre point fort de cette bédé est qu’il dénonce le Shoah business puisque l’on ne suit pas seulement le drame du père de l’auteur mais également de l’auteur lui-même au cours de l’élaboration de sa bande dessinée et qui se fait littéralement harceler par des gens qui veulent absolument réaliser un film ou faire du business et du merchandising autour de l’histoire de son père.

      En tout cas, après les prises de positions de Miyazaki, ça fait vraiment du bien de voir des artistes de qualité faire preuve d’un minimum de bon sens.


    • Ah autant pour moi...Mais j’espère que tu confonds pas chambres à gaz et crématoriums !


    • @Thôz

      Non il ne confond pas. Maus a eu une suite en 92 et là, changement de ton. C’est la complète Oeufs-jambon-Fromage, ou plutôt, Gaz, Essence et Rnterrement. Bref, on sent la version plus "orientée" etplus ’conforme" à la version officielle.


    • Moi aussi, je pense à lui régulièrement et j’ai reparcouru cette BD fabuleuse. On est constamment balancé entre la mémoire parfois défaillante de son père et les difficultés du fils à s’entendre avec son père.
      On y parle du gaz, des crématoires, des gens qui ne reviennent pas. Mais on y parle surtout de la vie au jour le jour et comment survivre.
      Je suis entrain de lire MetaMaus ou comment Art Spiegelman a écrit Maus et toutes les contradictions et turpitudes auxquelles il a fait face. En tant qu’enfant de déportés, en tant que juif et en tant qu’humain, en tant que (mauvais) dessinateur. C’est passionnant.
      Grand respect pour le bonhomme de son veto sans faille de faire un Shoah business avec son livre. J’imagine la pression. Il dit même clairement, "je ne veux pas être le Elie Wiesel de la BD".
      Pour sa phrase sur la liberté d’expression, il tape juste quand il compare ce qui arrive et va arriver en France au 11 septembre américain (lire "la stratégie du choc" de Naomie Klein). Sur Dieudonné, je lui laisse la possibilité de voir un de ces spectacles avant de le réentendre. Il doit être comme beaucoup, formaté. Ne crachons pas sur lui, invitons le en France.


  • Les privilèges de la naissance.


  • Ça fait du bien à l’âme qu’Art Spiegelman défende la liberté d’expression en France. Le nom Spiegelman veut dire "l’homme au miroir", un miroir d’origine juive pour montrer la laideur des sionistes obsédés par la censure et l’oppressante pensée unique.


  • « Enfant de survivants de l’holocauste ».

    La formule mérite d’être décortiquée. Nono, le garde-frontière illuminé, propulsé au Conseil d’État, est aussi une sorte d’enfant de survivant.

    On nous emmouscaillera combien de générations encore avec les survivants des survécus des mystères de la chambre à Baygon ? Les héritiers de la douleur et des réparations éternelles commencent à sérieusement irriter avec leurs sempiternelles jérémiades, toujours sur le même refrain.

    Épargnez-vous la lecture de Maus, c’est encore plus niais que Candide.


  • Le dessinateur est confus, comme à chaque fois que l’on essaie de "moraliser" le discours. Même le mot "liberté" est de trop dans "liberté d’expression". Ce mot, à géométrie variable, dépend trop de qui la définit. Le dessinateur est assez intelligent pour comprendre que la démocratie, c’est quelque chose de bruyant, quelquefois con, mais par définition qu’il faut qu’il y en ait pour tout le monde.

    Je pense aussi qu’il comprend que la mise en marché de l’Holocauste, auquel il a lui-même participé (et il faut bien l’admettre tiré aussi profit), a été exploitée à fond la caisse par le sionisme international, mais que c’est aussi quelque chose qui peut péter à la figure de TOUT le monde, à force de trop en mettre, ou de trop en vouloir, et de nous pourrir la vie.

    Dieudonné n’appelle pas à la haine, ce sont ses détracteurs qui se lèvent la nuit pour le haïr. Lui ne fait qu’exprimer des opinions et exercer son métier : c’est-à-dire faire rire. Évidemment, le hic est qu’il le fait sans doute avec trop de talent au regard de son auditoire monstrueux de tarés finis. C’est surtout comme ça que je m’explique la haine sans fin que lui voue la compétition, et la pleurniche. Mais il faut bien l’admettre : on sort quand même plus heureux de son spectacle que d’un visionnement de la Shoah, ou d’une lecture de MAUS. Quand même ! Même Spiegelman devrait être d’accord là-dessus.

    Allez pleurine, cesse de te faire du mal : si Dieudo te fait pas rire ou te donne des boutons, change de chaîne.


  • Spiegelman a-t’il seulement vu un spectacle de Dieudonné ? Et pourquoi n’irait-il pas déjeuner avec lui ?


  • C ’est la technique sournoise de manipulation dite du "contre feu" : en amoindrissant la critique envers l’adversaire, on fait admettre à un tiers interlocuteur que cet adversaire à objectivement tort, en clair on admet qu ’il a tort mais moins que ce qu’on pensait... ce qui reste dans l’esprit des témoins c’est qu’il a tort quand même...

     

    • Bien vu. En effet, il ne fait qu’accuser Dieudo sans jamais donner d’exemples concrets.
      .
      Son MAUSS, c’est de la merde en barre pour ados attardés. J’ai lu ça y’a 20 ans, quand j’étais formaté à souhait sur le sort des pleurnicheurs professionnels.
      .
      Dernièrement, un pseudo-artiste parisien est venu dans ma région faire faire des chiasses sculptées à des élèves de la campagne. Je l’interroge sur ses idées, motivations, objectifs, etc. et de fil en aiguille le v’là-t-y pas qui me vend l’autre fabricant d’étrons géants verts et, tenez-vous, qui ajoute, la larme à l’oeil mais sans trembler des sourcils : après la guerre de 14-18 on a construit plein de monuments aux morts mais après la deuxième guerre mondiale cela a été interdit, trop indécent, tu comprends...y’a eu la SHOAH ! Ben, tu parles que je comprends, ma famille c’est de la merde tout comme tous les Français et tous les goyim en fait de cette période, le décor, les réserves d’hémoglobine pour la promotion du futur empire centrée sur Israël.
      .
      Spielgerman ou l’art de faire passer les élites élues pour ce qu’elles ne sont pas (des défenseurs de la liberté d’expression) aux dépends de ceux qui le sont vraiment et tout en nous refourguant sa vieille camelote fétide de champion de la souffrance.


  • Discours tout en ambivalence. Il défend d’un côté la liberté d’expression mais affirme sans savoir que "Dieudonné est dangereux et des mesures doivent être prises contre lui", sans l’avoir rencontré ni vouloir échanger avec lui. Dommage.