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Athènes dément vouloir se procurer des chars américains d’occasion

Avec la crise grecque, qui risque de faire éclater la zone euro – ou qui la fait sérieusement tanguer – la politique menée à Athènes est suivie avec attention, d’autant plus que les contribuables européens sont mis à contribution pour maintenir hors de l’eau ses finances publiques, à coups de plans de sauvetage, lesquels consistent à lui prêter de l’argent que les Etats membres de l’UE n’ont généralement pas.

Dans ce contexte, les dépenses militaires grecques sont soumises à de vives critiques car il ne paraît pas convenable ne faire porter leur poids sur les épaules des autres pays européens alors qu’Athènes a du mal à faire rentrer ces propres recettes fiscales.

Au passage, certains de ces mêmes pays européens – dont l’Allemagne et, dans une moindre mesure, la France – n’ont pas intérêt à ce que le budget grec de la Défense soit réduit dans trop fortes proportions étant donné que la Grèce est un bon client de leurs industries d’armement. « C’est regarder la situation grecque par le petit bout de la lorgnette » a déclaré, à ce sujet, le ministre français des Finances, François Baroin, le 15 septembre dernier.

Aussi, quand une information indique que la Grèce s’apprête à passer une commande de près de 1,3 milliard d’euros afin d’acquérir 400 chars lourds d’occasion américains de type M-1 Abrams ainsi que 20 véhicules amphibie AA7VA1, il y aurait de quoi crier au scandale.

Cette information a notamment été reprise par le site Atlantico, qui la tenait lui-même du quotidien espagnol La Razon. La source de ce dernier est le site Defencegreece.com, qui a traduit en anglais un article du magazine en ligne « Hellenic Defence & Technology« . A noter que la presse grecque traditionnelle n’en a pas fait mention (du moins, à la connaissance de Zone Militaire), pas plus que les médias américains, généralement prompts à clamer les succès à l’exportation des armes venues d’outre-Atlantique.

Quoi qu’il en soit, la nouvelle a enflammé les réseaux sociaux (2517 partages et 3.000 « j’aime » sur Facebook ainsi que de nombreux « re-tweet » pour l’article d’Atlantico), alimenté les commentaires des internautes et a été la source de nombreux billets publiés par des blogs politiques.

Seulement, il s’avère que la Grèce n’a absolument pas l’intention de se procurer les 400 chars américains en question. Autrement dit, ce « scandale » n’a pas lieu d’être. Selon le ministère grec de la Défense, une offre portant sur divers matériels – dont ces blindés – a été faite à Athènes par Washington. Il s’agissait alors d’un don d’équipements militaires d’occasion.

Dans un premier temps, il a été question d’envoyer une équipe aux Etats-Unis pour évaluer cette offre. Mais Athènes y a renoncé devant les coûts de transport pour acheminer ces matériels en Grèce et surtout les dépenses qu’il aurait fallu engager pour leur entretien. « Le projet a finalement été récemment abandonné » a ainsi confié , à l’AFP, une source placée au sein du ministère grec de la Défense.

 






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