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Augmenter les salaires ? "La dernière bêtise à faire", selon Trichet

Augmenter les salaires serait "la dernière bêtise à faire" en Europe et nuirait à la réduction du chômage, a estimé dimanche le président de la BCE Jean-Claude Trichet, renouvelant ses mises en garde contre les "effets de second tour" liés à l’envolée des prix des matières premières.

Sur Europe 1, le patron de la banque centrale européenne a déclaré : "Nous ne pouvons rien contre l’augmentation immédiate des prix du pétrole ou des matières premières.

Mais en revanche, nous devons éviter à tout prix ce que nous appelons les ’effets de second tour’, c’est-à-dire que les autres prix se mettent à bouger". M. Trichet a précisé qu’il entendait par là "tous les autres prix, y compris bien entendu les salaires".

Lire la suite de l’article : lemonde.fr

 



Article ancien.
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4 Commentaires

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  • 1 / La face cachée du chômage : le NAIRU

    Il est difficile d’accepter une idée hérétique. Justement parce qu’elle est hérétique, c’est-à-dire contraire à la pensée ou à la CROYANCE dominante.

    Considérer que le chômage n’est pas qu’un Fléau mais qu’il est aussi un OUTIL de régulation (et de pression) délibérément entretenu et incorporé à part entière dans le fonctionnement des politiques macroéconomiques depuis 30 ans est donc clairement hérétique…

    Ce qu’il faut savoir en 5 minutes…
    > Au cours des trente dernières années, le chômage de masse est devenu une constante de notre société. Toutes les explications ont été données, les discours les plus divers se sont succédés. Aujourd’hui, le chômage est toujours là, massif, quasi-constant. Si par ailleurs on ne se limite pas aux chiffres officiels sur lesquels l’attention se focalise car largement martelés dans les médias, mais que l’on y ajoute le « halo » autour du chômage (sous-emploi et mal-emploi subis, emplois artificiels et sous rémunérés, travailleurs pauvres et précaires, baisse artificielle des chiffres par affectation à des catégories annexes -formations, pré-retraites, dispensés de recherche d’emplois, etc. ), on peut atteindre des chiffres de l’ordre de 7 millions de personnes, pour reprendre le chiffre du rapport Guaino de 1997 (Chômage, le cas français). A l’époque, le congédiement immédiat de son auteur et la mise sous embargo de ce rapport montrèrent à quel point le sujet était politiquement sensible. Trop de chômage visible pouvant faire perdre les élections. Mais trop peu risquant aussi de poser problème, car…

    > …toutes les explications disais-je ? Pourtant, il en est une qui n’est jamais parvenue jusqu’aux oreilles du grand public : le NAIRU.

    > Le Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment (NAIRU) est le taux de chômage minimum qui n’accélère pas l’inflation. C’est un concept très présent dans les travaux des économistes. Ses traductions françaises sont bien moins parlantes que sa version anglo-saxonne : taux de chômage d’équilibre (rare) ou taux de chômage structurel (plus courant, bein que rarement explicité)

    > Le concept est issu des travaux d’un économiste : en 1958, William Phillips montre qu’historiquement, on observe une relation inverse entre augmentations salariales et chômage. Quand l’emploi se fait rare, les salariés sont sous pression et modèrent leurs vélléités. La menace du chômage rend plus docile… C’est ce que semble montrer la Courbe de Phillips

    > La découverte fait florès, les travaux se succèdent. En 1968, Milton Friedman, économiste monétariste (libéral), introduit le Taux de Chômage Naturel. Il y aurait dans la société un taux de chômage en dessous duquel les gouvernements ne devraient pas essayer de descendre, car alors, leurs efforts seraient vains et ne conduiraient qu’à relancer l’inflation. Trop peu de chômage serait mauvais pour la lutte contre l’inflation…

    > Le NAIRU est introduit en 1975 par Lucas Papademos et Franco Modigliani. Il vise à priori à nuancer la brutalité du « mur de Friedman ». A un niveau élevé, on pourrait lutter contre le chômage, mais en se rapprochant du NAIRU, les risques augmenteraient de voir l’inflation se relancer. Problème : où se situe le NAIRU ? Les économistes sont bien incapables de le calculer avec précision ! Pourtant, ils ne se privent pas de l’utiliser régulièrement…

    > Dans les années 60 et surtout 70, les profits des entreprises sont érodés par une inflation qui augmente et un rapport de force en leur défaveur (encore accru après les mouvements sociaux posts 68). Les détenteurs de patrimoines et les prêteurs de capitaux sont pénalisés par une inflation à deux chiffres. L’offensive du courant économiste libéral (à partir de la fin des années 60) va arriver à point nommé pour renverser la vapeur.

    > Le NAIRU et le chômage qui l’accompagnent vont devenir une variable d’ajustement permettant de faire pression sur les conditions du marché du travail. Celui-ci redevient globalement défavorable aux salariés en même temps que le chômage augmente, en particulier au cours des années 80 et 90. En 20 ans, la part de la richesse nationale qui revient aux salariés recule en France de 10% par rapport à celle allant aux détenteur de capitaux. Les conflits du travail (grèves principalement) diminuent de 86% en 20 ans. Le chômage et la précarité créent de la peur et modifient les termes de la négociation employeurs-salariés. Sur la même période, l’inflation officielle a chuté considérablement… pendant que le chômage augmentait non moins considérablement !

    > Le NAIRU est aujourd’hui extrêmement utilisé. Sur Google, tapez NAIRU et vous obtiendrez plus de 170 000 pages. Allez sur le site du Sénat, et vous y trouverez en effectuant une recherche plusieurs dizaines de documents utilisant ce concept. L’Organisme de Coopération et de Développement Economique (OCDE) qui est une institution éminemment influente de par ses recommandations économiques, réalise de nombreuses estimations du NAIRU. Sur le site de la Banque Centrale Européenne (BCE), gardienne de l’Euro, pas moins de 200 documents avec ce terme vous seront servis. Normal car la BCE a pour UNIQUE OBJECTIF la lutte contre l’inflation (c’est défini dans ses statuts). Selon l’OCDE et et BCE, le taux de chômage qui stabilise l’inflation en Europe serait aujourd’hui de l’ordre de 10%… En 1997, les NAIRU estimés pour chaque pays pouvaient être considérables (jusque 19% de la population active en Espagne !)

    >> ET POURTANT, EN AVEZ VOUS DEJA ENTENDU PARLER ?

    > L’essor au cours de la dernière décennie de la sphère financière a renforcé l’obsession de la lutte contre l’inflation. Les profits financiers sont allergiques à l’inflation, car celle-ci érode la valeur de l’argent… de ceux qui en détiennent beaucoup !

    > Ceci explique notamment que le NAIRU soit un concept aussi présent dans les travaux et les recommandations des économistes, surtout lorsque ceux-ci exercent des fonctions importantes au sein d’établissements financiers privés…

    > Le chômage est toujours présenté comme un « Fléau », un « Cancer », contre lequel tous jurent de mener combat. L’emploi est la priorité du gouvernement, cela fait des décennies que nous entendons cela. Mais un phénomène aussi durable et massif dans le temps ne peut exister sans un choix délibéré. L’explication selon laquelle le problème serait un manque de croissance est fallacieuse. Celle qui vise actuellement à stigmatiser les chômeurs en les rendant en quelque sorte responsable de leur sort est cynique… En laissant supposer que le chômeur est un fraudeur et un profiteur, on renverse la charge de la preuve et on fait diversion en dédouanant le système de toute responsabilité, et encore plus de toute intentionalité.

    > La régulation de l’économie par l’inflation a été remplacée par une régulation par raréfaction de l’emploi. La croissance potentielle visée par la BCE inclut dès le départ l’hypothèse d’un taux de chômage supérieur au NAIRU. Le volant statistique de chômeurs correspondant au NAIRU est dès le départ exclu, il est considéré comme « non mobilisable » puisque priorité va à la lutte contre l’inflation.

    > Le chômage un Fléau ? Sans doute pour ceux qui le vivent ainsi que pour les salariés qui en ressentent la pression. Mais cette enquête sur le NAIRU montre que le chômage est avant tout un outil de pression sur le marché du travail. Un chômeur travaille pour ainsi dire, et à son insu, à tirer l’inflation vers le bas. L’utilisation opérationnelle du NAIRU lui attibue au moins ce rôle, sans le lui reconnaître officiellement bien sûr. Car le NAIRU n’est pas vraiment politiquement correct. Ce qui explique sans doute son absence du débat public qui contraste singulièrement avec son omniprésence dans les travaux des économistes.

    source : http://lenairu.free.fr/pages/lenair...
    A propos du NAIRU et de l’inflation c’est aussi ici :

    http://linflation.free.fr/pages/len...

    http://lenairu.blogspot.com/

    ps : mais non, je ne suis pas fou !!
    je viens de commence Le livre Comprendre l’empire !

     

    • Merci pour ce commentaire instructif et pour les liens proposés qui permettent d’ approfondir les connaissances.
      Décidément, plus on creuse, plus on prend conscience de l’ escroquerie qui représente ce système.
      Comme on pouvait le supposer, il n’ y a pas (ou très peu) de hasard, la main invisible et l’ auto-régulation du marché sont de vastes blagues destinées à leurrer les "pauvres" (en opposition à ceux qui sont VRAIMENT riches).Le pire, c’ est que beaucoup de patrons de PME, de salariés, d’ artisans et commerçants croient réellement profiter de ce système, alors qu’ ils en sont totalement victimes, et avalent les couleuvres de la propagande.
      Encore une fois, les "gouverants" (au sens large) ont tout intérêt à manipuler l’ opinion pour alimenter des tensions horizontales, afin qu’ ils oublient de regarder qui sont les réels fauteurs de trouble(s).


  • Jean-Claude Trichet est une de ces personnes magiques qui marqueront l’histoire.
    Ne pas augmenter les salaires sous prétexte de nuire à la réduction du chômage est une pensée magique.

    Je m’explique :
    - moins il y a de salaires élevés, moins il y a de consommation possible par la suite, donc moins de production et indument moins d’embauches possibles, le licenciement étant souvent préféré ;
    - en vertu de la "crise" actuelle, des personnes se mettent à travailler plus pour essayer de conserver leur emploi... , ce qui est compréhensible individuellement mais qui malheureusement ne profitera qu’à certains, c’est mathématique .

    Comment expliquer aux gens que ce n’est pas de leur faute, qu’ils se font manipuler, si ils foncent tête baissée dans des explications officielles aussi —imbéciles— ???

    Dégageons ces —étrons—, le plus vite sera le mieux.


  • "Augmenter les salaires ? La dernière bêtise à faire" selon Trichet, à l’exception du sien, je suppose !

    - En revanche, merci à Apache pour son article condensé très intéressant !