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BNP et Sciences Po parient sur la Turquie

BNP Paribas, qui œuvre pour changer la mauvaise image de la Turquie en France, ouvre une section « Turquie » à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Mariani a déclaré : « Nous devons travailler ensemble pour modifier cette image d’un "pays qui tue les Kurdes". »

BNP Paribas, banque française d’une stature mondiale, est devenue actionnaire de TEB (Banque d’Economie Turque) en achetant 50% du pôle Investissements Financiers de TEB, faisant ainsi un pas important pour un réchauffement des relations franco-turques. BNP Paribas a fait des démarches pour la création d’une chaire spéciale pour la Turquie au sein de l’IEP. Pierre Mariani, responsable du Pôle Services Financiers et Banque de Détail à l’International de BNP Paribas, a déclaré : « La Turquie est considérée par certains Français comme "le pays qui tue les pauvres Kurdes". Vous ne méritez pas une telle image. Nous devons travailler ensemble pour changer cette image, pour vous faire connaître réellement aux Français qui vous connaissent mal. »

Echange en tournoi du Grand Chelem

Pierre Mariani a répondu à nos questions lors des quarts de finale du Tournoi de Roland Garros. Au lieu de commenter les événements politiques qui sont survenus ces derniers temps et leurs répercussions sur les liens économiques entre la Turquie et la France, sujet vers lequel étaient tournées nos questions, Mariani a préféré évoquer ses démarches pour créer une chaire spéciale pour la Turquie.

Une très bonne initiative selon Erdoğan

Mariani a déclaré que BNP Paribas allait prendre en charge les frais de création de cette chaire. « Notre but, a-t-il poursuivi, est moins de créer un lobby pro-turc que de permettre aux Français qui connaissent mal la Turquie de mieux la connaître. Nous accordons beaucoup d’importance à la mise en place de cette chaire. Nous avons aussi besoin du soutien de la Turquie pour renforcer le dialogue franco-turc. Notre souhait est que les Turcs travaillent avec nous pour rendre possible cette communication. » Ce sera la première fois dans le monde qu’une section turque sera créée dans une école étrangère sans le financement de la Turquie. Pierre Mariani a affirmé que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan avait été informé de ce projet quelques temps auparavant par Jacques de Larosière, conseiller auprès de BNP Paribas, ancien directeur général du FMI. Nous avons demandé à Mariani comment Erdoğan avait réagi à ce projet. « Il a trouvé que c’était une très bonne initiative. Il a affirmé que ce serait un très bel exemple », a répondu le responsable de BNP Paribas. Il nous a révélé que Larosière était un fervent partisan de la Turquie puis il a poursuivi : « Moi aussi je me considère comme un ami des Turcs et de la Turquie. Je pense que vous n’avez pas bien réussi à faire connaître la Turquie en France et en Europe. Nous allons travailler avec vous pour remédier à cela. Mais bien entendu, nous restons toujours ouverts à tous ceux qui pourront nous soutenir dans cette tâche. »

Tout en notant les réformes très importantes entreprises par le gouvernement AKP dans les quatre-cinq dernières années dans la voie de l’adhésion de la Turquie à l’UE, Pierre Mariani a ajouté : « La Turquie est considérée par certains Français comme le "pays de ceux qui tuent les pauvres Kurdes et qui cherchent à venir en Europe pour trouver du travail". Il est nécessaire de changer cette perception car la Turquie ne mérite pas cette image. Le gouvernement d’Erdoğan s’est montré bien agressif dans sa façon de faire les réformes visant à démocratiser le pays. Il faut faire en sorte que ces efforts de la Turquie soient vus et compris. »

« Les Arméniens sont ici depuis 80 ans »

En réponse à une question que nous lui avons posée, Pierre Mariani a fait remarquer que les Arméniens sont en France depuis 80 ans, puis a ajouté : « Il est vrai que les Arméniens ont un lobby très puissant. De plus, ils se sont élevés jusqu’aux postes de décisions en France. Les Turcs de France sont plus nombreux que les Arméniens mais ils n’ont pas réussi à constituer un lobby. Les Turcs ne sont pas organisés sur ce plan. Nous n’avons pas vu se manifester des responsables de la diaspora ou de la communauté turques. »

2009 : année de la Turquie

Pierre Mariani a rappelé que 2009 allait être en France « l’année de la Turquie ». « Il nous faut tous ensemble nous préparer à cette année, a-t-il affirmé. Par exemple, j’avais visité l’exposition Turks à Londres et cela m’avait marqué. Il faut faire venir cette exposition à Paris. » Lorsque nous avons fait part de cette suggestion au directeur général de TEB, Varol Civil, il nous a répondu : « Bien sûr que c’est possible. Nous sommes conscients qu’il faut bien nous préparer à l’année 2009. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour cela. »

L’institut où a étudié İsmail Cem

İsmail Cem, figure inoubliable de la politique turque que nous avons perdue en janvier, avait aussi étudié en France à l’IEP. Il a fait une thèse en politique sociale en 1981 à l’IEP. Cet institut parisien dans lequel de nombreux écrivains, hommes politiques et académiciens turcs ont fait leurs études a été fondé en 1872. 1400 professeurs, dont 800 titulaires, y enseignent. Ces professeurs trouvent importante la création d’une chaire spéciale pour la Turquie dans cet institut reconnu pour son enseignement de haute qualité qui forme des élites.

Source : http://www.turquie-news.fr