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Entretien avec Dominique Pagani sur la pensée de Michel Clouscard

Entretien avec Dominique Pagani, ancien professeur de philosophie et musicologue, sur l’oeuvre et la pensée de Michel Clouscard, notamment à travers son ouvrage Néo-fascisme et idéologie du désir, publié en 1973 :

 

 



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37 Commentaires

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  • La sécurité sociale est la révolution ? Je croyais que c’était sortir les travailleurs du salaria. En fait, il est pour le maintient des travailleurs dans le salaria.

    Un ancien colon faisant la moral au petit peuple patriote. Pagani, un cosmopolite qui s’ignore.

    Francis Cousin est dix fois plus pertinent.

    Présenter Le Pen comme étant pro-Bruxelle alors qu’il s’est systématiquement opposé à tous lestraités de l’UE, faut vraiment être gonflé, c’est la Chutzpa. Avec les communistes, on est habitué. En plus, dire que Le Pen est ultra-libéral alors qu’il s’est opposé à l’immigration, à l’UE, qu’il est pour la tradition, le catholicisme.
    Ajouter à cela qu’il est pour la gueuse et contre les catholiques. Il m’a l’air dans tenir une couche le Pagani.

     

    • D’accord ! Les dits progrès sociaux ne sont que des stratégies de validation et pérennisation de l’esclavage salarié. On améliore sur certains point la condition de l’esclave sans rien changer dans le fond. De plus la "magie" des progrès sociaux c’est de transformer l’esclave en consommateur et sujet de désir permanent et insatiable ! La consommation se substitue à la liberté et pour cela la modernité à inventé la notion de temps libre et de divertissement. L’homme au départ maître de ses outils de production, maîtrisant et capable de mettre en oeuvre toutes les techniques indispensables à sa survie a été réduit à une créature infantilisée et aliénée qui serait condamnée à mourir tel un nourrisson esseulé ayant perdu sa mère si le système s’effondrait. L’homme moderne est réellement pitoyable ! Et le plus ridicule c’est que dans la société occidentale les gens sont d’une arrogance et d’un égocentrisme pathologique ! Les mecs sont des merdes complètes qui se prennent pour des petits dieux ! Ca roule des mécaniques alors que ce sont des esclaves aliénés qui crèveraient en l’espace de quelques mois si livrés à eux mêmes dans un monde post apocalyptique duquel supermarché, réseaux de distribution d’énergie et d’eau auraient disparu.


  • Très fatiguant à écouter ce type.....incompréhensible , il est
    très embrouillé dans ses conversations , un type qui a été
    contre De Gaulle , pour l’extrême gauche , les trotskistes si j’ai
    bien compris et qui s’aperçoit un temps plus tard qu’il avait tord
    me paraît peu fiable dans ses analyses embrouillées , peut-être que
    s’il vit encore une quinzaine d’année , il s’apercevra encore une fois
    que le parti du FN n’est pas ce qu’il en pense , critiquer les vrais
    défenseurs patriotes , n’est pour moi pas recevable , mais normal
    c’est un gauchiste dans l’âme qui n’arrive pas à s’affranchir de
    son passé . Tout ceci explique cela !

    Il est comme il a été toujours , à côté de la plaque !


  • j’ai maté cinq minutes et j’ai arrêté en me disant "c’est une vidéo qu’ER nous montre pour qu’on comprenne mieux ce qu’un gauchiste...c’est clair qu’un vieux ça a l’air moins con qu’un jeune anti-fa !".
    _ :)

     

    • Ce n’est pas un gauchiste, c’est un communiste, un Léniniste.

      Les gauchistes ce sont les Anars, Trotskystes, Mao etc.


    • « j’ai maté cinq minutes et j’ai arrêté en me disant "c’est une vidéo qu’ER nous montre pour qu’on comprenne mieux ce qu’un gauchiste" ».

      C’est exactement le contraire. Le but est d’éviter la pensée binaire.
      Au passage, ostraciser quelqu’un comme "gauchiste" sans définir le terme c’est faire la même chose que d’autres avec "antisémite", "fasciste" etc.

      Je vous souhaite d’arriver à la cheville d’un "gauchiste" comme D. Pagani (je me le souhaite aussi).


  • C’est très intéressant, mais ... C’est quoi le problème avec le Sacré Coeur de Jésus. La France chrétienne catholique. La cité catholique, on diabolise personne mais ça oui.
    C’est aussi un système, une façon d’organiser la cité. Oui, il est question de transcendance, de verticalité. Oui, Jésus Christ, sa parole, sa loi au dessus de tout. Oui, il est bien question de surnaturel, de vie surnaturelle. Il est question de finalité. ça change tout. C’est comme dans un mariage. Si le divorce n’existe pas. ça change tout. Ce n’est pas le même mariage. C’est autre chose. Dans la société,, dans la vie, c’est pareil. C’est la fin , la finalité qui compte. Pourquoi on vit. C’est trop simple. C’est une solution de facilité ; c’est pour les crédules, ceux qui ne se donnent pas la peine de penser par eux-mêmes. Penser par soi-même ! Comme si c’était possible ! Je suis trop limité pour penser par moi-même. Je fais quoi de toutes les inconnues, de tous les mystères. Je veux bien admirer Michel Clouscard, mais pour le moment j’ai plus confiance en Jésus Christ, sa vie, ses oeuvres... Ses saints, son Eglise... Et je n’en sais probablement pas encore assez, mais j’admire et ce depuis peu, cet ancien régime car justement il était chrétien, la morale chrétienne le sous-tendait. Ce système où des familles, des clans accédaient à la noblesse, une fois qu’il n’avait plus besoin de travailler pour vivre, acquis par le mérite ou l’industrie. je ne comprends pas pourquoi est balayé d’un geste de la main cette vision là, cette façon de concevoir la société qui je pense protège mieux l’individu, qui est beaucoup plus structurante pour la société. Alors oui St Nicolas, les fleurs de Lys, Le sacré Coeur de Jésus, la Contre-Révolution. C’est une pensée très structurée et on peut porter ses couleurs, le clamer haut et fort. Cette société là vaut bien celle dans laquelle on vit.

     

    • "Ce système où des familles, des clans accédaient à la noblesse, une fois qu’il n’avait plus besoin de travailler pour vivre, acquis par le mérite ou l’industrie"

      ... Je ne veux pas tomber dans la caricature qui fait passer l’ancien régime pour une période monstrueuse ("il est par trop commode d’être "libéral" aux dépends du Moyen-Âge" K. Marx :D), mais ta vision de cette époque est un peu trop idyllique. Le mérite ou l’industrie comme principe de l’anoblissement... Mouais. Qu’il y en ait eu c’est certain, mais c’est oublier toute la corruption qui a fatalement ammené à la fin de ce régime. Si l’ancien régime est tombé c’est autant à cause de l’intelligence de ses opposants que de sa propre incapacité à se maintenir.
      On devenait noble pour tout et n’importe quoi au XVIIIème, à la fin on achetait carrément le titre (certaines noblesses de lettres ou de charges, par exemple).
      Le tarif c’était 6600 Livres pour obtenir les lettres de noblesse à un moment sous le reigne de Louis XIV(*). C’est un exemple (extrême).

      (*) Cité par P. du Puy de Clinchamps dans "La noblesse", p18, collection "Que Sais-je" (P.U.F)


    • Oui encore fallait-il avoir ces 6600 livres... C’était un système de promotion de promotion comme un autre. Je pense effectivemement que si l’ancien régime n’a pas pu se maintenir, c’est sa faute. L’intelligence des autres en face. Oui sans doute. Mais qu’on t’il proposé en lieu et place. En lisant Donoso Cortès, que je conseille à tous le monde, un homme politique espagnol conseiller la reine Isabelle d’Espagne, je comprends que l’ancien régime est mort quand ils’est détourné du catholicisme fondateur de cette société. Quand les nobles enivrés "des lumières" ont commencé à se moquer très sérieusement de la religieux. Le roi lui-même était assez tiède. Pas au moment de sa mort. Tous et c’est compréhensible découvrent la science, c’est nouveau ; cela met en péril le dogme catholique à ce moment là. Seulememt depuis la science de découverte en découverte s’aperçoit que l’idée de Dieu est de plus en plus rationelle. Je suis sans doute comme vous dîtes un peu naïve et trop peu érudite également, mais ce que je comprends, c’est que même si ce système était corrompu, s’il est mort parcequ’il devait mourir à ce moment là ; il n’en était pas moins" meilleure" dans son principe que d’autres systèmes, car oui la société peut s’organiser différemment. Mais l’élan formidable civilisationnelle qui a fait l’occident, c’est bien la chrétienté et cette monarchie chrétienne. Evidemment quand on visite la sainte chapelle, qu’on découvre st Louis plus intiment au moment où ce principe n’était pas encore dénaturé, vivifié qu’il était par la foi, ses symboles chrétiens ; on s’imagine alors cette force miraculeuse et surnaturelle qui a construit cet empire, les cathédrâles. Nous sommes des nains... Comme a dit je ne suis plus quel auteur, des nains sur des épaules de géants. Nous avons perdu la trace, brouiller les pistes et on veut nous enlever jusqu’à la racine de notre civilisation. Plus d’héritage. Voilà bien là les communistes


    • #1140895
      le 15/03/2015 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Entretien avec Dominique Pagani sur la pensée de Michel Clouscard

      @ simon

      Vous soulevez ici une question pourtant fondamentale mais pratiquement jamais abordée pas plus ici qu’ailleurs. La corruption s’était emparée de la noblesse quand celle-ci a commencé à ne plus être aristocratique (volonté que le pouvoir appartienne aux meilleurs, donc aux plus spirituels). Ce grand virage fut amorcé à la période charnière du XII/XIII ème siècle et avec lui la défaite programmée de la France. Ne l’oublions pas, les cathédrales -qui a bien pu financer "cette élévation vers Dieu" ?- étaient aussi des lieux de commerce qui introduisirent une concurrence et une compétition entre les cités dans l’objectif de préparer le terrain à la pensée physiocratique et à la réémergence d’une bourgeoisie apatride et usurière dans la sphère politique et religieuse. Mais certains iront prétendre que le protestantisme est une libération face à l’obscurantisme catholique...
      Curieux comme la suite chronologique des événements prépare de manière bien fortuite l’avènement de la religion shoatique et sert de manière invariable la renaissance d’une "élite" chassée vertement du Temple deux mille ans plus tôt, non ? Mais c’est bien connu, l’ennemi est franc du collier et n’avance jamais masqué...
      Et dire que lorsque le grand bouquet final que celui-ci prépare à grand renfort de technologie nous sera présenté par lui comme la voix de Dieu (je vous renvoie vers les eschatologies relayées sur E&R), tous les êtres égarés (despiritualisés par cet ennemi à dessein) y verront un signe et s’accrocheront à cette nouvelle espérance comme la moule au rocher !... sauf à enfin commencer à écouter les bons prophètes qui ont tout à offrir mais rien à vendre.


    • Je vous répond à tous les deux.
      L’histoire est ce qu’elle est, ça s’est passé comme ça. Il n’y a pas "d’erreur". L’intelligence en la matière consiste à étudier pourquoi ça s’est passé comme ça, chercher les enchaînements nécessaires (car du nécessaire il y a, sinon on est dans le pur hasard). Choisir un camp contre un autre, noblesse-catholicisme-roi/bourgeoisie-libéralisme-république par exemple, c’est se condamner à ne rien comprendre. D’autant plus c’est l’histoire européenne et française qui engendré les deux. La modernité n’est pas venue de la planète Mars, mais de l’intérieur même du monde chrétien, catholique, féodal, pour le meilleur et pour le pire. Pour tout ce qui vit, il y a naissance, jeunesse, maturité, vieillesse et ...Mort.

      Je peux comprendre que, par tradition familiale, on soit plutôt attaché aux valeurs chrétiennes et catholiques dans ce qu’elles ont de réellement positif et beau et que l’on se refère à un modèle de France qui l’était encore ("très catholique").

      Personnellement, mon environnement familial, parce que c’est de là que ça nous vient le plus souvent, en est assez éloigné. Ça ne m’empêche pas de trouver un charme certain à la France pré-républicaine, et aussi d’y sentir mon héritage. J’ai toujours aimé les terroirs et les villages, contrairement à Sarkozy, ça me fait "vibrer" (je suis du Lot, où y a les plus beau villages de France :P). Se référer à une histoire de façon affective rend le travail critique plus difficile (parce que douloureux) sur ce qu’on aime. Et l’inverse sur ce qu’on aime moins. C’est une bataille avec soi-même, mais le Vrai et le Bien exige qu’on la menne, et en plus au bout, il y a de la satisfaction.

      (y a un peu de tout dans ma réponse, on prend ce qu’on veux)


  • E&R a eu l’élégance de publier une video d’un homme qui est loin d’admirer Soral. C’est tout à son honneur.


  • Révolution/Contre-révolution, dialectique sémantique piégeuse qui sert à diviser la Vérité qui rend libre !
    Dans ce dualisme les droitards y voient la métaphysique politique et religieuse d’où leur rejet de la Révolution, les gauchistes y voient la physique économique et sociale d’où leur rejet de la Contre-révolution.
    Les deux doivent s’allier pour détruire cette fausse philosophie qui est le libéralisme (la liberté de véhiculer les hérésies).
    La vie est un ensemble, un tout, autant économique, politique que religieux !
    Sachant que la hiérarchie traditionnelle a toujours été le religieux au dessus de tout, parce que notre finalité doit être le paradis.

     

  • Un personnage intéssant, que je qualifierais d’intellectiuellement honnête (y compris sur lui-même -plutôt rare à "gauche"), son analyse de Clouscard me semble sans faille, y comris sur les trois autres parties de ce long interview (que j’ai vu il y a peu), ça me conforte dans mon idée qu’il est important d’écouter des gens qui ne sont pas de sa chapelle


  • Esprit de synthèse ! Sens de la formule ! Propos concis et vifs et en plus, il se bidonne en survolant ces 7 dernières décennies de comédie humaine à la mode européenne. Vieillir a du bon !


  • Personnellement j’ai lu toute l’oeuvre de Clouscard (sauf "L’être et le code", que j’ai, mais il me manque quelques lectures pour vraiment en profiter). C’est un penseur important, il n’y a aucun doute. D’ailleurs sa pensée va bien au delà de l’analyse du libéralisme libertaire. Il a produit une réflexion philosophique et historique qui va du haut-moyen-âge jusqu’à la période actuelle qui est d’une telle profondeur que son oeuvre va s’apprécier de plus en plus avec le temps. C’est certain.

    Comment théoricien je n’ai "senti" aucune baisse de niveau entre lui et un Marx, un Hegel ou un Aristote (pour parler de ce que je lis). Il pense le réel, prend des problèmes profonds à bras le corps et les solutionne, ou ce qui s’en rapproche. Clouscard ne "philosophe" pas. Il ne recycle pas des penseurs anciens (comme F. Cousin, M. Onfray, F. Lordon, etc...), il produit du savoir, il y a du nouveau, "ça" avance...
    Je veux dire que Clouscard pense vraiment. Chose rare aujourd’hui. Il faut "pousser" sa pensée vers des auteurs un peu difficile pour pouvoir comparer et comprendre de quoi je parle.

    Concernant Pagani, je veux juste dire, relativement aux commentaires, qu’il y a un certain fossé de génération. Les combats et les débats qui ont été les siens (ceux de sa génération) sont loin pour nous, donc en partie incompréhensibles.
    Sans parler du décalage au niveau de la terminologie qu’il emploie : On croit comprendre car les mots sont les mêmes, mais le sens est tout autre. Le parlé d’une personne cultivée produit souvent ce décalage entre des mots dont on entend le sens courant, alors que l’interlocuteur les utilisent dans un certain sens savant, sans toujours le préciser...


  • à mon petit niveau , j’écouterais parler des heures une personne comme pagani , je le trouve constructif et hautement stimulant !

    E & R , je serais ravi de voir se rencontrer pagani et cousin dans un débat sur le marxisme (avec pourquoi pas jean robin en "guest star" :) ).
    présentez nous d’autres penseurs de cette trempe , car cela enrichit hautement la reflexion générale .

    merci à vous .


  • Regardez donc le reste de l’interview sur youtube, ça vaut le détour : "L’Europe c’est la guerre".

    Comme tout bon communiste dogmatique, il est allergique à la question identitaire. Mais sur les autres points, y a des choses à prendre.


  • Tout ce qui amène à Clouscard est bon à prendre, Delga et plus récemment Kontre Kulture (j’ai reçu il y a peu La Bête Sauvage : respect !) on fait un sacré travail d’édition ces dernières années pour en faciliter l’accès aux premiers concernés. Quant à Monsieur Pagani, peut-être me trompé-je, mais je dirais qu’il s’adresse à ceux qui ont déjà lu Clouscard.

    Et quoi qu’il en dise à la fin de la vidéo dans sa parenthèse - et même en sachant la distanciation publique du vieux Clouscard vis-à-vis de Soral - il peut faire abstraction des considérations "identitaires / ex-membre du FN", et sans enlever son pince-nez reconnaître à Soral ce mérite d’avoir mis son parler direct, limpide, orienté peuple, mais pas moins passionné et précis pour autant, au service de la découverte de ce grand penseur dans les classes populaires. Même si l’impact reste modeste. En tout cas, sans Soral je n’aurais probablement jamais lu Clouscard, ou alors beaucoup plus tardivement... dans notre génération 20-30 (mais pas que, bien sûr), ses présentations burnées ont eu un impact plus certain que les discussions en mode ’fouillis’ des intellos marxistes (intéressantes, voire passionnantes comme ici, mais après lecture) qui sont souvent des repoussoirs pour l’autodidacte.

    S’il y a une preuve majeure de la bienveillance de Soral contre les hystériques détracteurs, c’est peut-être son rôle de passerelle vers Clouscard, finalement.

     

    • Je souscris à votre message. C’est en effet le mérite principal de Soral d’avoir initié à la lecture quantité de jeunes déracinés et déstructurés intellectuellement. D’ailleurs, je considère pour ma part qu’il existe deux Alain Soral.

      L’un, "spectaculaire" au sens de Debord, qui peut se livrer à une analyse syncrétiste bien qu’intéressante, qui garde une foi déraisonnable en la politique, qui soutient, certes pour des raisons dialectiques, des classes capitalistes alternatives (Syrie,Russie,Iran), qui ne sont que les compléments fétichistes des autres régimes judéo-protestants qu’il combat par ailleurs, et qui ne constituent de ce fait aucune alternative radicale.

      L’autre, décisif et totalement subversif, c’est le Soral qui décentralise le savoir, qui prône l’autonomie intellectuelle des citoyens, en particulier les jeunes, en leur permettant d’avoir accès aux réflexions critiques maximalistes les plus diverses (de Maurras à Bakounine). Le Soral silencieux, le Soral de Kontre Kulture, le Soral intuitivement hostile à toutes les mystifications politiques - d’où qu’elles viennent- et économiques.


  • Quelques réserves :
    Le refus catégorique de la transcendance et de l’incarnation , pour ne pas dire la haine du Christ . Le manque d’ouverture à la verticalité et aux ressources qu’elle offre .
    La méfiance envers l’identité ethnique et culturelle . La croyance fausse que ce sont les identités en tant que telles qui sont la cause première des conflits .
    Pour autant , ne nous privons de ce panorama très éclairant des différentes phases du capitalisme ainsi que des forces en présence dans le combat capital - travail .


  • Complètement perdu le monsieur... je sens un athée à 10km mais là ça va loin. D’après moi le vrai problème de la société depuis 200ans c’est la perte de l’approche spirituelle de la vie, décrépitude de la psyché comme il dit. Sauf que d’après ce monsieur c’est pas l’athéisme qu’il faut dégager mais le freudisme machin chouette... fin totalement embourbé dans le modernisme il me semble. Pas grand chose à en retirer.


  • Sauf qu’il faut bien un peu d’écologie pour pas bouffer des pesticides, il ne s’agit pas seulement d’une histoire de capital et de contre-investissement ; quand à l’identité, j’renverrai au paradoxe du bateau de Thésée


  • #1141347

    Ce type est passionnant...même si je ne prétend pas sonder toute la profondeur de son propos.
    Merci E&R

     

  • Son rejet de l’identitaire permet le cosmopolitisme et donc la destruction du bien commun au profit d’identité différente et non-française, bref la tour de Babel.


  • Dominique Pagani essaye de trouver l’inconnu X de l’équation de la vie ... A force de chercher L’1-connu X, le 1 finiera par être connu ... 1 c’est Dieu, c’est l’unité dans le monde des sciences traditionnelles ... J’étais étonné de voire la masse de mathématiques que les bacheliers en Lettres avaient en 1ére et Terminal avant le BAC ... Maintenant je comprends ... Dans le temps, les plus grands philosophe étaient aussi des scientifiques du sacré ... Ils utilisaient la géométrie sacrée pour construire leur maison, l’alchimie pour fabriquer des matériaux pures, l’astrologie pour entendre ce que la mécanique céleste raconte ... Dans les sciences sacrés, Dieu est appelé Le Principe ... on l’appelle aussi "Le moteur immobile en dehors de la manifestation" ...


  • Merci E&R pour cet apprentissage de la pensée et de nous donner à tous l envie de savoir, de juger correctement. Plus on apprend, plus on se fracasse à des interrogations profondes et plus l honnêteté intellectuelle prend de la valeur.
    Merci aussi à tous ceux qui nous font part de leur commentaires, toujours très enrichissant.
    Vive E&R


  • Deux ou trois choses....d’abord, je n’ai pas assez de fond pour porter la contradiction au savoir important de ce monsieur, MAIS, il me semble que cette façon jusqu’au-boutiste de tout conceptualiser sans prendre en compte les détails variés du quotidien (et parfois donc les vrais enjeux) est un argumentaire d’"ado attardé" à l’ésthetique 68-arde qui a mal vielli, selon moi....
    De plus, j’ai du mal avec ceux qui pratiquent "l’exclusivisme" intellectuel (ici, c’est "JE suis le gardien du temple de la pensée clouscardienne, et j’excommunie Soral si je crois bon de le faire" ; de quel droit la pensée de Clouscard serait une propriété qui lui appartiendrait ?)
    En outre, l’aspect surjoué du vieux baroudeur qui a "tout vu, tout compris, revenu de tout" et qui n’a donc rien à attendre d’autrui, a pour particularité de me fatiguer très vite....


  • P’tain on en est encore la : la gauche et la droite... ce sont de fausses categories qui empeche de comprendre les vraix enjeux (i.e. comprendre l’Empire).

     

    • Sur le plan Politicien c’est vrai surtout avec l’UMP et le PS. Sur le plan philosophique c’est toujours valable entre ceux qui croient ou non à l’égalité (Je pense à L’isonomia par exemple pas au mariage gay) entre les hommes.


  • Ce n’était pas ce Monsieur qui disait que la pensée de Clouscard était reprise par "l’extrême droite" (comprenez E&R)... ?


  • Entretien assez intéressant. Deux bémols, néanmoins.

    1) Pagani envoit bien trop vite Deleuze, Guattari et Foucault dans les poubelles de l’histoire de la philosophie. Les deux premiers ont reconnu que Anti-Oedipe n’était pas une réponse adéquate à la mutation du capitalisme, chose qui sera réparée avec Mille Plateaux quelques années plus tard.
    Quant à Foucault, Pagani semble totalement faire l’impasse sur ses derniers cours/travaux sur Les sociétés de contrôle et son travaille politique avec La pensée du dehors dont Deleuze se chargera de rendre compte après la mort de son ami, en 1986 dans son livre Foucault.
    Or ces travaux s’opposent directement à ceux de L’école de Francfort et complètent parfaitement, via des concepts (savoir-pouvoir, discours/visibilité, diagramme, subjectivation..), les divers travaux publiés sur ce thème encore nouveau qu’est l’ingénierie sociale (La fabrication du consentement, Gouverner par le chaos, etc).
    Si Clouscard a vu avant tout le monde le tournant libéral-libertaire, c’est bien Foucault qui analyse puis théorise ce que devra être la critique politique civile dans nos sociétés (post) modernes.

    2) Ce n’est pas Spinoza qui dit "la liberté est l’intellection de la nécessité". C’est Engels en parlant de Hegel.
    "Hegel a été le premier à représenter exactement le rapport de la liberté et de la nécessité. Pour lui, la liberté est l’intellection de la nécessité" - Engels

    Spinoza dit ceci : "Les hommes se trompent en ce qu’ils pensent être libres, et cette opinion consiste en cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés."
    Voila pourquoi Frédéric Lordon se réclame aussi de Deleuze et Foucault lorsqu’il cite Spinoza. Car cette phrase fait figure de point de départ à La pensée du dehors ET appuie sérieusement les recherches, parfois moquées, sur ce qu’est l’ingénierie sociale ( voir : Edward Bernays, Kurt Lewin, Walter Lippmann).


  • Heureusement que Michel Clouscard et passé dans la vie de Dominique Pagani.
    En essayant de comprendre la pensée de Pagani, j’ai regardé d’autres vidéos, Pagani ne peut se départir de son fond gauchistes, qui vivent dans l’illusion où il serait possible d’aménager le capitalisme.
    Pour cela ils abandonnent toute rationalité et sous un discourt apparemment logique les illusions et approximations sont au rendez-vous, un exemple les gains de productivité.
    C’est comme tout il faut faire le tri, dans la pensée de Pagani, il y a du très bon et du très moins bon.
    Si on suit Pagani dans sa logique, on pourrait avoir l’illusion de croire qu’on pourrait amender la bête sauvage (le capitalisme).
    Si donc monsieur Pagani est un lecteur de Marx, il devrait se garder d’essayer d’énoncer de fausses évidences.
    Le capitalisme n’est pas amendable, c’est structurellement impossible.
    C’est pour cela que Marx dit : abolition du salariat et du prolétariat le prolétaire est celui qui vit de son salaire et qui n’est pas propriétaire des moyens de production.
    Le capitalisme bute contre au moins deux impasses, la première de taille, si il y a inflation de valeur d’usage (production d’objet) en revanche sur base de la construction du capitalisme productif il y a diminution de valeur, diminution de profit pour faire court.
    La seconde impasse est le mur écologique, on ne peut vivre dans une planète poubelle.
    Une autre fausse vérité, c’est de dire que si on délocalise, c’est parce que dans les pays faible productivité il n’y a pas de syndicats.
    C’est faux, parce que selon la logique des gains de productivité, à quoi sert la délocalisation, puisqu’en occident on a robotisé la production ?
    D’autre part pourquoi, le capitalisme essaie de détruire en occident toute la protection sociale peu à peu et ce malgré les
    fameux gains de productivité ?
    En 2015 on ne peut rien comprendre de la situation si on n’est pas passé par les théoriciens de la valeur par exemple Robert Kurz.


  • Quel gachis : un son aussi pourri pour un mec qui dit des choses aussi interessantes.
    Impossible à suivre ;


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