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État moribond : une commune doit recourir au crowdfunding pour rénover son école

Yèbles, une commune de Seine-et-Marne qui compte plus de 600 habitants, s’est retrouvé dans l’impasse pour pouvoir financer les travaux de rénovation de son école. La mairie s’est donc tournée vers une solution très en vogue mais sans précédent dans le cadre de projet de ce type : le crowdfunding, soit le financement participatif.

L’école, qui compte tout de même 125 élèves (classes maternelles et élémentaires) et emploie 5 enseignants, est déjà en situation précaire depuis longtemps, puisque une partie des élèves suit des cours dans un bâtiment préfabriqué annexe vieux de plus de 30 ans [1]. Le projet de la mairie, qui permettrait d’éviter la fermeture de l’école et de proposer enfin aux élèves un environnement correct (cours de récréation suffisamment grande, chauffage…), supposerait un investissement de 800 000 euros. Cette somme comprend en particulier la destruction du préfabriqué vétuste, la rénovation de l’école très ancienne et visiblement amiantée [2] ainsi que la construction d’un nouveau bâtiment.

Le financement des écoles élémentaires est la responsabilité des communes [3], mais l’État et les collectivités locales interviennent pour supporter ce type d’investissement. En l’occurrence, les dotations de l’État, de la région et du département se sont avérées insuffisantes, et le maire (sans étiquette) du village a ainsi pris la décision de tenter la voie du financement participatif, ultime option possible pour trouver les 40 000 euros manquants et ainsi sauver cette école, ce « poumon du village ».

Si certains se réjouissent en général de la croissance des nouveaux modes de financements désintermédiés en clamant qu’ils mettent les banques sur la touche, dans le cas présent le recours au crowdfunding apparaît surtout comme une illustration saillante de la déliquescence de l’État et des collectivités locales comme institutions capables de maintenir les services publics les plus basiques sur leurs territoires.

Ce qui est un comble dans un pays où le taux extrême de prélèvements obligatoires (53 %) décroche la douzième place mondiale en la matière [4]. La France est par ailleurs le cinquième pays qui taxe le plus ses salariés. Une approche multicritère du magazine Forbes Asia a récemment classé la France comme étant le pays où la pression fiscale était la plus forte du monde [5]. Dans le même temps, l’endettement publique atteint presque 100 % du PIB annuel et représente plus de 30 000 euros par habitant (septième place mondiale) [6]. Un bilan qui témoigne d’une aggravation de la situation a tous les étages : les communes, en particulier, ont vu leur endettement cumulé croître de 10 milliards d’euros en moins de 15 ans [7].

Un bilan qui rend douteuse la légitimité de nos hommes politiques, dont les paradigmes idéologiques et les organisations sont au pouvoir depuis des décennies, et qui se montrent si arrogants et méprisants face à ceux qui proposent des alternatives.

 



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