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George Soros, la crise de l’euro et le nouvel ordre économique mondial

Selon le « Wall Street Journal » des « hedge funds » emblématiques – Soros Fund Management en tête – se sont accordés sur un net déclin de l’euro par rapport au dollar. Ils visent, à terme, la parité dans le cadre d’un scénario de crise majeure de l’Union européenne. La semaine s’annonce cruciale pour la Grèce et l’Europe, qui s’enfoncent dans la crise.

Des dirigeants de hedge funds majeurs se sont accordés lors d’un dîner discret à Manhattan pour parier gros sur la baisse de l’euro, selon le Wall Street journal de vendredi dernier. Parmi eux, le milliardaire américain George Soros.

Ce dîner a eu lieu à Manhattan en décembre dernier, et une sorte de consensus se serait dégagé : « L’euro doit revenir à la parité un pour un face au dollar » auraient-ils évoqué, selon le quotidien financier.

Leur poids énormes sur les échanges internationaux pourraient bien expliquer une bonne partie du recul de la monnaie européenne : depuis début février, le change est passé de 1,39 à 1,36 dollar, soit un recul de plus de 2%. Notons qu’en décembre 2009, l’euro valait encore 1,51 dollar. Ainsi, le billet vert s’est apprécié de 10%.

sur le marché des changes, appelé chez les professionnels le Forex (pour Foreign Exchange), il est possible de miser cent fois sa mise. C’est l’effet de levier. Autrement dit, avec 10.000 euros, n’importe quel investisseur qui travaille sur les devises peut engager 1.000.000 euros sur le marché. Ainsi, les gains – ou les pertes – peuvent être exponentiels. Selon le Wall Street Journal, ces géants auraient parié avec des effets de levier 20.

Par exemple, si George Soros – célèbre pour avoir fait « sauter » la banque d’Angleterre le mercredi noir du 16 septembre 1992 en pariant à la baisse sur la livre sterling – décide de mettre sur la table 10 millions de dollars sur une position courte sur l’euro (pari à la baisse), il spécule en fait avec 200 millions de dollars. Or, si le taux de change recule de 10%, comme cela a été le cas ces trois derniers mois, George Soros aura gagné quelque 20 millions d’euros sur ce trade. En excluant les 10 millions qu’il a engagé au début, il reste dans sa poche quelques 10 millions d’euros. Taux de rendement : 100% en trois mois !

En trois mois de crise de l’euro, les « hedge fund » qui sont à l’origine des spéculations* auraient engendrés plus de trois milliards de dollars de bénéfices, ajoute encore le Wall Street journal.

Difficile de ne pas voir, dans cette action qui consiste à ramener l’euro à une valeur équivalente à celle du dollar, les prémices de l’instauration d’un bloc euro-atlantique unifié, c’est à dire une monnaie commune, pour lequel le Parlement européen a déjà adopté une résolution le 26 mars 2009 traitant de « l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis » (lire sur ce sujet l’article de Pierre Hillard sur le Réseau Voltaire).

http://www.voltairenet.org/article164176.html

Dans l’impasse

La situation de la dette grecque ne cesse de se dégrader. Vendredi dernier, les agences de notation ont mis en garde le pays sur une éventuelle dégradation de sa note, avec le risque de tomber dans la catégorie peu flatteuse « Investissement spéculatif ». Standard & Poor’s fixe cette échéance d’ici deux semaines. Moody’s est plus évasif. Un ultimatum a été donné au 16 mars à la Grèce pour peaufiner ses mesures et réduire son déficit budgétaire.

Compte tenu de la situation sociale explosive dans son pays, le premier ministre grec n’a aucune marge de manœuvre possible. La seule solution pourrait pourrait provenir d’une aide des pays de la zone euro.

De fait, la Grèce est aujourd’hui dans une impasse financière. En quête d’argent frais pour refinancer ses 22 milliards d’euros de dette qui arrivent à échéance en avril-mai, Athènes a dû renoncer, la semaine dernière, à lancer un emprunt obligataire de 5 milliards d’euros. Aucune institution n’a concédé à lui accorder ce montant.

L’Union européenne demande plus à la Grèce

A l’issue d’une journée de négociations avec les dirigeants grecs, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a estimé que les marchés financiers seraient convaincus que la Grèce atteindrait ses objectifs de réduction de ses déficits une fois qu’ils auraient vu des nouvelles mesures précises.

Quelques heures plus tard, le secrétariat du Premier ministre grec Georges Papandréou annonçait un conseil des ministres pour mercredi « pour prendre des décisions sur l’économie ».

Cette annonce suggère que de nouvelles mesures d’économies pourraient être annoncées dans le but d’obtenir en échange le soutien financier de l’UE, sans doute via la garantie d’émissions obligataires.

Néanmoins, comme nous l’indiquions dans notre article du 26 février dernier, demander à la Grèce d’amplifier encore les réformes dans le but de réduire son déficit ne pourra pas être tenable pour Athènes, dans un pays se trouve déjà à la limite de l’explosion sociale.

Par ailleurs, Les restrictions qui sont envisagées, qu’elles touchent les retraites, la couverture maladie, les allocations chômage ou les mesures d’aide sociale, de même qu’une augmentation des impôts, ont en commun de toutes diminuer le pouvoir d’achat global et donc de porter un coup supplémentaire à la croissance, accentuant les tendances déflationnistes. Ce mesures ne seront pas des solutions mais contribueront encore à aggraver la crise.