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L’échec du projet américain de ‘l’Africom’

L’Afrique est décidemment en train de changer, elle relève la tête, après avoir refusé le diktat des Européens sur l’exclusion du dirigeant du Zimbawe, Robert Mugabe, et après avoir forcé Gordon Brown à rester chez lui, voici que les Africains qui sont en train de s’unifier qui renvoie Bush et ses projets de militarisation du continent chez lui.

Dois-je vous dire ma joie quand j’ai vu le Ghana, mardi, son président John Kufuor saluer amicalement Bush mais lui déclarer que le Ghana ne serait pas le siège du nouveau commandement des Forces armées étasuniennes, l’AFRICOM . C’était comme si enfin la génération de N’Kruma, celle des Lumumba prenait leur revanche sur tant d’années de soumission néo-coloniale. Mais cela ne m’a pas surpris, parce que je savais la dignité de ce continent. Jamais malgré les pressions ces pays pauvres n’avaient accepté de trahir Cuba, alors que d’autres en Amérique latine jouaient le rôle que l’impérialisme attendait d’eux.

“Le commandement impossible”, voilà le résultat de la tournée du Président Bush, en Afrique. Il espérait, en effet, mettre en place un commandement militaire américain pour l’Afrique, mais il a échoué. Après les tentatives d’un an des responsables du Pentagone, ces derniers n’ont pas réussi à transférer “l’Africom”(Africa Command) de son siège allemand vers un pays africain, et ont renoncé, finalement, à leur projet.

Rappelons qu’en février dernier, le Congrès américain a approuvé le projet du “Commandement américain en Afrique” de Bush. Il s’agissait du soi-disant bouclier de défense américain que Bush était impatient d’installer sur le continent noir. Le 6 février 2007, rappelons-le, les représentants américains, aux côtés de ceux de 9 pays africains (Algérie, Tchad, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Tunisie), ont signé, lors de la prétendue Conférence “guerre contre le terrorisme”, un accord de coopération. Les responsables du Pentagone espéraient que l’un de ces 9 pays signataires donnerait son aval à l’installation du siège de “l’Africom” sur son sol, alors que l’Algérie, le Maroc, la Libye, la Tunisie, dans le nord du continent, ont dit “non” à cette demande du Pentagone. Le sous-Secrétaire d’Etat américain, John Negroponte, a, donc, tenté sa chance au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso, dans l’espoir d’arriver à persuader les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest des objectifs qu’ils poursuivent en transférant une telle formation en Afrique. Simultanément à la visite du numéro 2 du Pentagone, en Afrique, le Général William Cape Ward, Commandant de l’Africom, a tenté, le 4 novembre, à Addis Abeba, de séduire les dirigeants de l’Union Africaine (U.A), en s’efforçant de détourner leur attention des ambitions du Pentagone, en Afrique. Le Nigeria a, néanmoins, refusé l’Africom chez lui et ne le souhaite pas non plus sur le sol africain. La Zambie a, pour sa part, emboîté le pas au Nigeria, et au nom des 14 membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), s’est opposé à l’installation de la base de l’Africom sur le sol des pays de cette région. La visite, le 3 décembre, du Secrétaire à la Défense américain, Robert Gates, à Djibouti, a mis un point final aux efforts des décideurs du Pentagone, pour obtenir l’accord des pays africains à ce projet, d’autant plus que Djibouti, trop à l’est, et qui abrite, déjà, l’unique base américaine, sur le continent africain, ne remplissait pas les conditions nécessaires pour satisfaire aux ambitions américaines en Afrique. Aujourd’hui, les dirigeants africains ont compris les objectifs réels de ce projet américain, à savoir, les matières premières, et, notamment, le pétrole ; mais aussi, la compétition de plus en plus ouverte avec la Chine est en filigrane du projet africain de Bush. En tout état de cause, l’exécutif américain a, donc, jugé qu’il était nécessaire d’attendre, et, dans l’immédiat, « Africom » continuera d’exercer son commandement, depuis Stuttgart, en Allemagne, où est stationnée l’une des principales garnisons américaines d’Europe.

Cette nouvelle donne ne peut que réjouir les progressistes, les communistes, enfin l’Afrique refuse le paternalisme et l’exploitation occidentale , ceux des anciennes puissances coloniales dont la france et ceux de leur maître les Etats-Unis. Pour comprendre ce mouvement il faut comprendre les nouvelles relations sud-sud qui se nouent, le rôle joué par la révolte de l’Amérique latine autant que la montée en puissance de la Chine. Sans mesurer cela on ne peut pas comprendre qu’il y a là un chemin, une espérance et on répète les éternelles âneries du discours de dakar ou celles sur le rôle néfaste de la Chine sur ce continent. Ici même dans ce blog, nous ne sommes pas à l’abri de ces stupidités dangereuses, parce que nous refusons de voir à quel point nous sommes pétris de propagande et que nous sommes convaincus que se déclarer de gauche, voir communiste nous imunise contre la dite propagande, parce que nous sommes prêts à la “charité” nous nous croyons l’alpha et l’omega de l’émancipation humaine. Nous sommes comme tous les occidentaux prêts à piller. Et notre jeunesse est pire encore, on est en train de la fabriquer pleine de haine, pleine d’hostilité face aux “vieux”, face à tous ces peuples qui tentent de se libérer, ils sont prêts à tuer tous les faibles et à s’incliner devant le capital. Il faut lutter ici c’est indispensable mais il faut aussi mesurer la situation réelle d’une planète qu’il faudra bien apprendre à gérer autrement et cela passe par une connaissance réelle de ce que nous représentons. Je ne sais pas si vous avez vu cette terrible émission sur la jeunesse mercredi sur FR3 de Tealdi, est-ce qu’elle vous a enfin fait mesurer le péril, cette jeunesse fasciste dont la seule voix humaine mais tellement démunie était celle de cette jeune femme de la LCR. Voilà les petits monstres que nous engendrons.

Fort heureusement le monde est en train de changer sans nous et nécessairement contre nous, les capitalistes et “les philanthropes” donneurs de leçon qui ne voient même pas ce qu’ils portent en leur sein.

Danielle Bleitrach

IRIB



"Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce
sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent
la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui
reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de
patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain."

Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur Français