Egalité et Réconciliation
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La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

Un imparable dossier de fond signé Youssef Hindi

 

Préambule : visionnez la vidéo
Arrêtons de nous engueuler sur Israël/Palestine ! de Pierre-Yves Rougeyron,
illustration parfaite de la soumission des « souverainistes »...

 


 

La droite « souverainiste » et la question israélo-palestinienne
(Youssef Hindi)

 

Les provocations israéliennes à Jérusalem et le conflit qui s’est ensuivi en mai 2021 a été l’occasion de voir éclater à nouveau l’opposition, au sein de la droite française, entre les pro-palestiniens et les pro-israéliens.

 

Je ne me proposerai pas ici de les départager, mais, partant des arguments habituels des pro-israéliens de droite – qui se revendiquent, pour partie d’entre eux, du général de Gaulle – je questionnerai, le plus objectivement possible, leur cohérence historique, idéologique et géopolitique.

Ces pro-israéliens de droite prétendent défendre les intérêts de la France tout en se faisant les avocats de l’État juif, sous couvert de neutralité. Leurs principaux arguments sont les suivants :

« Importer le conflit israélo-palestiniens est nuisible pour le camp national. »

« Le conflit israélo-palestinien n’est pas important pour les intérêts français. »

« Il faut fuir ce conflit quand on est un nationaliste français. »

« Israël a obtenu sa légitimité historique par les armes. »

« De Gaulle n’est pas un antisioniste. »

« Israël est un acteur géopolitique rationnel qui ne présente pas de risque majeur. »

« Israël a créé un modèle intéressant pour la France. »

« La France ne doit se laisser influencer ni par les Palestiniens ni par les Israéliens. ».

Cette posture et ces assertions appellent une réponse qui prendra ici la forme d’un examen historique et d’une mise au point géopolitique.

 

État ethnique en guerre perpétuelle :
Israël, un modèle pour la France ?

 

Depuis quelques décennies, il est de bon ton, pour ne prendre ni parti ni risque politique, de refuser « d’importer le conflit israélo-palestinien » en France, comme si les deux belligérants en question avaient le même poids militaire, géopolitique, diplomatique et des réseaux d’influences de même importance.

Or, en France, si l’on ne distingue pas l’ombre d’un lobby pro-palestinien capable d’orienter la politique du Quai d’Orsay, il est difficile de contourner le lobby pro-israélien, représenté notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) – qui convoque annuellement le gouvernement et le président de la République (depuis Nicolas Sarkozy) pour leur donner des ordres et/ou des recommandations [1] – et médiatiquement par nombre de personnalités qui, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, clament leur allégeance à l’État d’Israël.

 

Fabriquer une histoire juive de la France

Nombre de communautaristes juifs tentent d’importer en France le modèle israélien ; y compris ceux qui se présentent et sont identifiés comme des patriotes français.

Les « patriotes français » Gilles-William Goldnadel – agent d’influence israélien, ayant la double nationalité franco-israélienne, nommé membre du comité directeur du CRIF en 2010, président de France-Israël (2004–2018) et ami de Benyamin Netanyahou – et Éric Zemmour adoptent précisément la ligne idéologique propagée par le cosmopolite Bernard-Henri Lévy.

Dans son ouvrage L’Esprit du judaïsme, paru en 2016, BHL fabrique le mythe d’une France cofondée par les juifs. Le journal L’Express, à l’occasion d’une recension dithyrambique, a ainsi résumé le livre du philosophe autoproclamé :

« La fondation et la consolidation de la France doivent beaucoup aux Juifs, notamment à quelques grandes figures, marginalisées dans le roman national, ou bien considérées pour d’autres caractéristiques que leur judaïsme. Il en est ainsi de Rachi, talmudiste champenois du XIe siècle, l’un des premiers érudits à utiliser le français comme langue écrite et savante, et de Jean Bodin, professeur d’hébreu et sans doute juif marrane, inspirateur de la république et du contrat social. Cette histoire juive de la France, qui dépasse l’histoire de la France juive, a été escamotée par la chronique révolutionnaire, impériale puis républicaine, mais demeure comme un filigrane - un refoulé ? - dans notre mémoire collective. » [2]

L’année suivante, Gilles-William Goldnadel emboite le pas à BHL. Dans une tribune publiée le 3 janvier 2017 dans Valeurs actuelles, Goldnadel tentait un détournement de l’histoire de France. Il osa parler de « lien historique sacré entre Paris et Jérusalem, Saint Louis et David, la France chrétienne et l’État juif. » [3]

En 2018, Éric Zemmour fit son coming out pro-israélien dans son ouvrage Destin français où, à la façon de BHL, il talmudise l’histoire de France :

« La France catholique et la France républicaine unies dans un même combat pour la grandeur éternelle d’une France messianique et civilisatrice. Ces Frances sont en vérité une seule et même France, celle qui s’était parée avec Saint Louis des atours du peuple élu. » [4]

Il s’agit évidemment d’une contrefaçon historique. La République s’est fondée dans une opposition radicale et sanglante à la France catholique. C’est une rupture historique, idéologique et certainement pas une union [5]. Mais là n’est pas notre sujet. Zemmour va plus loin. Il écrit que l’Israël antique et l’État hébreu contemporain constituent l’alpha et l’oméga de la France, son commencement et son destin :

« Israël a été pendant des siècles le modèle de la France. La France devient à son tour le modèle d’Israël. Mais leurs temporalités se désaccordent. Israël est aujourd’hui la nation que la France s’interdit d’être. La nation farouche, sûre d’elle-même et dominatrice, pour qui la guerre est la continuation naturelle de la politique, pour qui la gloire des armes est une forme suprême d’art. Tsahal renoue avec l’enthousiasme des soldats de l’an II [...]

Les deux nations sont condamnées sous peine de mort à retrouver leur intimité ancestrale. Sans l’universalisme chrétien, Israël s’enferme dans un nationalisme ethnique et ségrégationniste qui trouve sa légitimité rationnelle dans le déséquilibre démographique. Sans le nationalisme juif, la France s’abîme dans la sortie de l’Histoire d’une nation millénaire dépossédée de son État, de son passé, de ses racines, de son territoire même, au nom de la religion abstraite et aveugle des droits de l’homme.

Ce n’est pas un hasard si Israël est haï depuis des décennies par une gauche française postchrétienne et postnationale qui, après avoir vénéré l’Union soviétique de Staline et la Chine de Mao (certains de leurs aînés n’avaient pas hésité à collaborer avec l’Allemagne de Hitler), s’est soumise à l’Islam comme ultime bannière impériale pour abattre les nations. C’est la France qu’ils vomissent en Israël. La France d’antan et la France éternelle. La France, son État-nation, son histoire millénaire et sa terre sacrée. Israël est le miroir d’une France qu’ils haïssent tant qu’ils veulent en effacer jusqu’à son reflet. » [6]

Or, le général de Gaulle avait donné une définition de la France qui excluait le judaïsme :

« Nous sommes avant tout, disait-il, un peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine. »

Et Éric Zemmour greffe à la France « des racines juives » [7] que le général de Gaulle et Jacques Bainville auraient omises.

Zemmour ne s’arrête pas là. Il poursuit dans la falsification historique en affirmant que le sionisme s’inspire de la nation française :

« Le sionisme est un des derniers mouvements de nationalités du XIXe siècle inspiré par la ‘‘grande nation’’ (la France). » [8]

 

Un projet pour la France : racialisme et ratonnade à l’israélienne

En mai 2018, alors que les Israéliens tiraient sur des manifestants palestiniens, Éric Zemmour défendait l’État hébreu qui était, selon lui « la cible privilégiée des médias occidentaux qui ne cessent de dénoncer la brutalité des méthodes de la démocratie illibérale ». Par la même occasion, l’éditorialiste du Figaro rattachait Israël et sa politique aux droites européennes :

« Mais à Budapest comme à Varsovie, à Moscou comme à Jérusalem, les peuples votent massivement pour des gouvernements que ces grands médias vilipendent. » [9]

Vendre aux Français le modèle ethnique de l’État juif est d’autant plus grossier et malvenu que la France n’a jamais accouché d’un système politique et social fondé sur la race. Mais certains israélophiles vivant ou séjournant en France aimeraient voir le pays de Louis XIV et du général de Gaulle sombrer dans l’archaïsme ethnique de l’État hébreu. À l’instar d’Alain Finkielkraut qui, dès 2005, avait, sans preuve aucune, assimilé les émeutes de banlieue à une révolte islamiste pilotée par les imams – l’on n’avait alors pas pointé du doigt son complotisme délirant. Il parlait « d’une révolte à caractère ethnico-religieux ». [10]

Commentant les propos de Finkielkraut, l’anthropologue et historien Emmanuel Todd remarque :

« Jamais en France, on n’eût toléré que des émeutiers soient caractérisés par la couleur de leur peau, si ce blasphème antirépublicain n’avait été le fait d’un intellectuel d’origine juive, auquel la sacralisation de la Shoah garantit une protection plus sûre que le passé colonial aux jeunes de banlieue [...] Il y a quelques années encore, Finkielkraut était considéré comme l’un des chantres de l’universalisme français, un bon républicain, héritier de l’école laïque. Il s’est défini plus tardivement comme représentant d’un peuple juif menacé. La loyauté de l’essayiste envers l’État d’Israël se superpose donc à ses obligations d’intellectuel français.

Mais l’analyse politique la plus élémentaire nous impose le fait incontournable que les principes qui fondent la République française d’une part, l’État d’Israël de l’autre, sont incompatibles : tout le monde peut en théorie, s’il immigre et s’assimile, devenir Français. Tout le monde ne peut pas devenir Israélien au sens plein, c’est-à-dire Israélien et juif. L’appartenance au peuple juif est, pour l’essentiel, définie par un droit du sang, qui exclut autant qu’il inclut. La République française est une démocratie universaliste. L’État d’Israël est une démocratie ethnique, avec ses exclus et dominés arabes. »

Et le démographe conclut par une réflexion qui vaut autant pour Alain Finkielkraut que pour Éric Zemmour (dont le discours, ayant évolué du républicanisme français à l’ethnicisme archaïque du judaïsme, ressemble à celui de son coreligionnaire) :

« On conçoit donc tout le bénéfice psychologique qu’un intellectuel qui se pense français et juif, simultanément et également fidèle à la France et à Israël, pourrait tirer d’une ethnicisation de la société française, de sa redéfinition comme une démocratie ethnique, avec ses vrais citoyens blancs ou d’origine chrétienne. L’ethnicisation de la France ramènerait la république au niveau non universaliste de la démocratie primitive athénienne, américaine ou israélienne : un corps de citoyens égaux, constitué par opposition à un ou plusieurs groupes opprimés, extérieurs ou inférieurs, ou présentant simultanément ces trois caractéristiques. [11] »

Les discours et les falsifications historiques des communautaristes tels que Zemmour, Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Gilles-William Goldnadel visent à faire de la France un Israël bis ; un État racialiste en guerre perpétuelle et fondé sur l’épuration ethnique. Ainsi, la politique migratoire promue par les sionistes de gauche – Jacques Attali et BHL – combinée aux discours de guerre civile ethnico-religieuse tenus par les sionistes de droite – Zemmour, Finkielkraut, Goldnadel, Élizabeth Lévy – ne peut conduire qu’à la destruction de la France.

 

Sionisme de droite et de gauche : entraîner la France dans les guerres israéliennes et déclencher des vagues migratoires

Derrière l’immigration de masse et l’entraînement de la France dans des guerres qui ont aggravé les vagues migratoires nous ne trouvons pas la main cachée du « lobby pro-palestinien ». En effet, lors de la convention nationale du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en novembre 2011, Bernard-Henri Lévy déclarait à propos de la destructrice guerre contre la Libye :

« C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique [...] Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas été juif [...] J’ai porté mon étendard, ma fidélité à mon nom (NDA : la tribu de Lévy), ma volonté d’illustrer ce nom et ma fidélité au sionisme et à Israël [...] On avait affaire à l’un des pires ennemis d’Israël [...] » [12]

Bernard-Henri Lévy a purement et simplement court-circuité le ministre des Affaires étrangères de l’époque – Alain Juppé, qui était au départ opposé à l’intervention en Libye – et a « convaincu » Nicolas Sarkozy, alors président de la République, d’envoyer l’armée française dans une guerre contre la Libye. Une guerre qui a coûté plus de 300 millions d’euros au contribuable français et la vie à des centaines de milliers de Libyens (entre 150 000 et 360 000) [13], et qui a déclenché une vague migratoire massive vers l’Europe.

 

Le sionisme selon Jacques Bainville et Charles de Gaulle

 

Aujourd’hui, la droite française pro-israélienne, à commencer par Zemmour, n’a que Jacques Bainville et Charles de Gaulle à la bouche. Pourtant, le grand historien et l’ancien président français représentent cette droite traditionnelle, jadis majoritaire et sionisto-sceptique.

Dans un article publié dans le journal L’Action française le 20 décembre 1920, titré « Les effets du sionisme », Jacques Bainville annonçait, au lendemain de l’établissement du Foyer national juif en Palestine, que cette aventure provoquerait un conflit désastreux entre Occident et Islam :

« L’Osservatore romano et la Semaine religieuse de Paris ont récemment publié un ensemble de documents sur la situation de la Palestine. Le sionisme soutenu par le cabinet de Londres y apparaît comme une aventure alarmante à tous les points de vue. Déjà les incidents ont été nombreux.

Ils sont d’abord, bien entendu, de nature religieuse. Le sionisme, aux Lieux-Saints, n’a pas l’impartialité des Turcs. Il traite en intrus les représentants des communions chrétiennes. Le haut commissaire britannique, sir Herbert Samuel, se comporte comme un chef plus religieux que politique. Le ‘‘prince d’Israël’’, ainsi l’ont surnommé ses coreligionnaires, va prier, le jour du sabbat, à la grande synagogue, acclamé par la population juive de Jérusalem. Par contre, le Saint-Sépulcre est un lieu qui lui fait horreur. Au mois de juillet dernier, visitant la basilique, sir Herbert Samuel refuse d’entrer dans le sanctuaire du tombeau. Cette insulte aux chrétiens fut relevée. Le synode des Grecs orthodoxes déposa sur-le- champ le patriarche Damianos en lui reprochant de n’avoir reçu le haut commissaire que pour essuyer cet affront.

Un tel incident mérite une attention sérieuse. Il montre à quelles rivalités confessionnelles, susceptibles de dégénérer en luttes plus graves, le sionisme doit conduire. On regrette déjà les Turcs, ‘‘le seul peuple tolérant’’, disait Lamartine qui, dans son Voyage en Orient, se demandait, avec son génie divinatoire, ce que deviendraient les lieux saints lorsque leurs gardiens flegmatiques n’y seraient plus. Le sionisme allumera sans doute en Palestine une hideuse guerre de religion : encore un de ces progrès à rebours que les traités auront valu au genre humain. L’Osservatore romano signale, parmi les immigrants juifs qui arrivent en nombre, des fanatiques qui parlent de détruire les reliques chrétiennes. Ce n’est pas tout. Avec la guerre religieuse, le sionisme apporte la guerre sociale. Les juifs venus de Pologne, de Russie, de Roumanie, réclament un partage des terres et l’expulsion des indigènes. M. Nathan Strauss, le milliardaire américain, dit crûment que ‘‘les musulmans trouveront d’autres régions pour vivre’’. Admirable moyen de réunir, en Asie Mineure et même plus loin, tout l’Islam contre l’Occident.

Il semble qu’en autorisant et en protégeant des expériences aussi dangereuses le gouvernement britannique perde la tête. La proscription du français en Palestine (sir Herbert Samuel ne reçoit plus aucune réclamation dans notre langue) est-elle un avantage suffisant pour compenser l’irritation et le soulèvement du monde islamique ? Le lieutenant Jabotinsky, l’organisateur de la légion juive, emprisonné par le général Allenby et libéré par le haut commissaire, déclarait récemment au Times : ‘‘Le gouvernement juif en Palestine sera le symbole de la coopération anglo-israélite et un centre d’influence pour les sentiments favorables aux intérêts britanniques parmi tous les israélites répandus dans l’univers.’’ Assurément, il y a cette idée-là dans la politique sioniste du cabinet de Londres. Quel plat de lentilles, si l’on songe à l’immense dommage qui résultera pour l’Angleterre de l’hostilité des peuples musulmans ! Les Grecs à Smyrne, les Juifs à Jérusalem : on a rarement et avec autant d’imprudence préparé plus vaste incendie. » [14]

Quarante-sept ans plus tard, le bainvillien Charles de Gaulle fut confronté aux problèmes annoncés par l’historien.

 

La guerre des Six Jours et la politique étrangère gaullienne

Rappelons à ceux qui tordent et extraient de leur contexte les déclarations du général de Gaulle pour le travestir en partisan d’Israël que le père de la Ve République, sentant venir le conflit au Proche-Orient, a décrété trois jours avant le début de la guerre des Six Jours, le 2 juin 1967, un embargo sur les armes.

Au terme de la guerre des Six Jours, lors du Conseil des ministres qui se tint le 15 juin 1967, de Gaulle a condamné « l’agression israélienne ». Dans son édition du 15 juin 1967, le journal d’Inter actualités rapportait les propos du ministre de l’Information au sortir du Conseil des ministres :

« Il va de soit qu’aucun fait accompli sur place en ce qui concerne les limites territoriales et la condition des États intéressés ne saurait être tenus pour acquis. Seul un règlement librement négocié et accepté par toutes les parties en cause et consacrées par la communauté internationale pourrait un jour résoudre l’ensemble des problèmes posés. » [15]

Le 27 novembre 1967, durant la célèbre conférence de presse, le général de Gaulle a explicité la position de la France et ses intérêts, ainsi que sa vision personnelle du conflit proche-orientale, d’Israël et du peuple juif :

« L’établissement, entre les deux guerres mondiales, car il faut en remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la Seconde Guerre mondiale, l’établissement de l’État d’Israël, soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on pouvait se demander même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables, et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits.

Et certains mêmes redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois qu’ils seraient rassemblés dans le site de son ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : « L’an prochain à Jérusalem ».

En dépit du flot, tantôt montant tantôt descendant des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêts et même de sympathie s’était formé en leur faveur. Et surtout, il faut bien le dire, dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la Seconde Guerre mondiale, et grossi depuis qu’ils avaient retrouvé une patrie par les travaux constructifs et le courage de leurs soldats.

C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur État sur le territoire que leur avait reconnu les puissances tout en désirant qu’ils parviennent, en usant d’un peu de modestie, à trouver avec ces voisins un modus vivendi pacifique.

Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changées depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez on avait vu apparaître, en effet, un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Et ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs la Ve République s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État. Et la Ve République s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient.

Bien sûr nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux. Et même, nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter. Mais en même temps nous lui prodiguions les avis de modération, notamment les litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien les escarmouches qui opposaient les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont ils s’étaient emparés. Et nous maintenions notre ambassade à Tel Aviv.

D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié et de coopération qu’avait été durant des siècles celle de la France dans cette partie du monde. Et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que pour nous l’État d’Israël était un fait accompli, et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à le déchirer. Hélas le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie et aussi des menaces de destruction prodiguées contre Israël.

Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créé par l’Égypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvaient d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai proposé aux trois autres grandes puissances d’interdire, conjointement avec elles, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré qu’il donnerait tort à quiconque entamerait le premier l’action des armes. C’est ce que j’avais moi- même, le 24 mai, déclaré à monsieur Eban, ministre des Affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. ‘‘Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire. Mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous être beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les Arabes, je ne doute pas que le cas échéant vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes. D’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que c’est à vous, devenus des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients’’.

On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’ils voulaient atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion. Et il s’y manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme. » [16]

(Le passage sur la question israélo-palestinienne à partir de 1h52)

 

De la position du gouvernement français de l’époque et du discours du général de Gaulle nous pouvons tirer les traits fondamentaux de la politique gaullienne au Proche-Orient, tenant compte des intérêts de la France :

- L’existence d’Israël est un fait accompli, mais les ambitions de cet État et son caractère colonial, expansionniste et belliciste peuvent entraîner d’interminables conflits. Ce qui s’est vérifié.

- Du fait de la politique israélienne, la France, sous la présidence du général de Gaulle, a refroidi ses relations avec l’État juif.

- De Gaulle, en bainvillien, a renoué avec la politique française dans le monde arabo-musulman, considérant donc que le conflit avec l’Algérie ne constituait qu’une parenthèse au regard de l’histoire de longue durée de la France et de sa tradition politique au Proche-Orient et au Maghreb.

- Israël, État expansionniste et belliciste, représentait, aux yeux du général de Gaulle, un danger pour la stabilité proche-orientale, et par suite pour celle du monde, compte tenu de l’implication des grandes puissances dans la région. Ce qui s’est également vérifié ces dernières années.

- Du point de vue du général de Gaulle, Israël est un État oppresseur, colonialiste, qui expulse les autochtones de leur terre et les qualifie de terroristes lorsqu’ils résistent.

 

Nous l’avons écrit plus haut, le président de Gaulle a décrété un embargo sur les armes en 1967 [17], annulant ainsi la livraison de douze canonnières françaises conformément à deux contrats signés (le 26 juillet 1965 et le 14 mars 1966) par la France et Israël.

En 1968, Charles de Gaulle quitte le pouvoir suite à la révolution culturelle de Mai 68, et en décembre 1969, les Israéliens volent cinq navires de classe Sa’ar III au port français de Cherbourg. D’après l’historien Pierre Razoux, le gouvernement français, ayant été informé par ses services de renseignements, a laissé faire [18].

 

Mai 68, ou comment les Israéliens ont chassé du pouvoir le général de Gaulle

 

Les gaullistes de posture ont également jeté aux oubliettes la dimension judéo-sioniste de la révolution culturelle de Mai 68 qui a chassé du pouvoir le général de Gaulle.

Le ministre de l’Économie et des Finances du président de Gaulle, Michel Debré, a déclaré dans ses mémoires :

« Sur cette ébullition a coulé l’argent de l’étranger, notamment chinois, destiné avant tout à faire pièce aux mouvements soutenus par les Russes. Il y avait aussi les constantes intrigues israéliennes habilement montées dans le but d’affaiblir le Général condamné depuis la conférence de presse où il avait pris parti contre la politique d’Israël. » [19]

La surreprésentation juive dans le mouvement de Mai 68 n’a jamais été un secret ; pas moins que la dimension messianique juive de cette révolution culturelle qui a abattu le général de Gaulle.

Le 7 juillet 1988, la revue Passages, dirigée par Georges-Marc Benamou, organisait un colloque à Paris sur le thème « Mai 68, une révolution juive ? ». La thèse avancée durant ledit colloque est la suivante : Mai 68 fut un appel messianique, écho du messianisme juif. Un article du journal Le Monde, en date du 12 juillet 1988 [20], rapporte les propos tenus durant le colloque :

« Plusieurs personnalités politiques et historiens ont tenté de répondre à la question : pourquoi y avait-il autant de juifs parmi les dirigeants du mouvement étudiant de mai. Ou plutôt : y avait-il un lien cohérent entre cet engagement et leur origine juive ?

Rappelant que le phénomène s’était déjà produit dans l’histoire, par référence à la composition du bureau politique du parti bolchevik en 1917, M. Henri Weber a expliqué que mai 68 avait été une grande poussée à trois dimensions : « démocratique et libertaire », « hédoniste, contre l’ordre moral et la rationalité capitaliste », et « romantique et messianique ». C’est cette troisième dimension qui permet d’expliquer l’implication des jeunes juifs dans la direction du mouvement et les organisations d’extrême gauche. Plus jeunes, ils ont reçu une « éducation juive laïque », porteuse d’un certain messianisme et « qui faisait que les jeunes juifs étaient plus réceptifs au discours révolutionnaire ».

Cette éducation leur a inculqué l’image d’une société « absolument mauvaise » qu’on ne peut améliorer et qu’il fallait subvertir [...] Cette perception de la société et du changement social, donnée par le père, se structure de la même façon que la pensée messianique religieuse.

M. Daniel Linderberg a renchéri en liant ce phénomène à une culture laïque du messianisme des organisations communistes (se référant au Bund), culture insérée dans un cadre d’analyses du mouvement ouvrier moderne. »

Le chercheur Pierre-Antoine Plaquevent dresse une liste des acteurs de Mai 68 dont le point commun est ce que j’appelle le « judéo-gauchisme » messianique, dont plusieurs figures invertébrées sont passées à droite de l’échiquier idéologico-politique dans les décennies qui ont suivi :

« Comme aux États-Unis, les meneurs du mai 68 français allaient connaître des carrières à succès dans les domaines politique (Daniel Cohn-Bendit), intellectuel (Alain Finkielkraut), médiatique (Serge July) ou dans celui de l’ingérence humanitaire à spectacle type Soros (Bernard Kouchner). Là encore, comme aux États-Unis, les leaders français de Mai 68 devenus hommes d’influence de la société ouverte étaient pour beaucoup d’entre eux d’origine juive. Parmi ceux-ci on citera le plus emblématique d’entre eux Daniel Cohn-Bendit mais aussi Alain Geismar, ‘‘secrétaire général du SNE sup, puis membre actif de la Gauche prolétarienne’’ ; Henri Weber, futur cadre du parti socialiste (décédé récemment du coronavirus), fondera avec Alain Krivine le mouvement trotskiste des JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire), ancêtre de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) et du futur NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) ; Robert Linhardt, ‘‘chef de l’UJCML (Union de la jeunesse communiste marxiste-léniniste)’’ ; Benny Lévy, figure centrale du maoïsme en France sous le pseudonyme de Pierre Victor, ‘‘chef de la Gauche prolétarienne, cofondateur de Libération et secrétaire particulier de Jean-Paul Sartre’’ qui passera selon l’expression de son biographe de ‘‘Mao à Moïse’’ mais aussi entre autres ‘‘André Glucksmann, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut’’ » [21]

Un autre de ces militants juifs, Jacques Tarnero – membre du Mouvement du 22 mars, en 1968, ancien président du CRIF – confirme bien qu’il y a un lien de causalité direct entre la position du général de Gaulle durant la guerre des Six Jours et la révolution de Mai 68 :

« À Nanterre, beaucoup de leaders étudiants d’extrême gauche étaient juifs, enfants de déportés, de communistes, résistants, FTP, MOI parfois. Dans les groupes trotskistes de la JCR, la dominante était très nettement ashkénaze sans que cette appartenance n’ait eu à l’époque une quelconque importance. Quelques blagues juives circulaient mais les identités d’origine avaient peu d’importance par rapport à ce qui les transcendait : faire la Révolution [...]

Quand brutalement, en mai 67, le colonel Nasser fait monter la tension en interdisant le canal de Suez aux Israéliens et en leur fermant le détroit de Tiran, c’est une déclaration de guerre non dite qui fut faite. Le Raïs ne jouissait pas d’un très grand capital de sympathie dans l’hexagone qui avait la mémoire du soutien égyptien au FLN. Au foyer de la cité universitaire je restais collé à la télévision, voir les foules arabes de l’Atlantique au golfe persique, communier dans le même désir de destruction de l’État juif. Les étudiants arabes affichaient leurs sympathies symétriquement opposées. Beaucoup d’entre eux étaient des copains proches. On se mit à se regarder avec méfiance et hostilité. Le manichéisme simplificateur des gauchistes faisait de la cause arabe la cause juste tandis qu’Israël était supposé être dans le mauvais camp, du côté impérialiste [...]

La perception de la menace devint intense quand s’est affirmé l’encerclement d’Israël par la coalition arabe. Je ne me supportais pas restant à Paris. L’idée d’une menace radicale sur Israël était une douleur constante, inimaginable. Je me disais que je ne pourrais rester en vie si Israël venait à être détruit. J’allais m’inscrire à l’Agence juive pour partir en Israël. Je n’étais pas seul, beaucoup d’étudiants de Nanterre-la-rouge firent le même voyage. Je me souviens d’une foule disparate qui parfois exprimait d’autres sentiments que celui de la solidarité. Certains voulaient surtout aller casser de l’Arabe. Des milliers de jeunes, juifs et non juifs, partirent d’Europe, des États-Unis, d’Amérique latine, l’été 67, aider l’État juif, travailler dans les kibboutz pour remplacer les soldats restés au front. » [22]

En 1967, cette jeunesse juive de gauche qui était allée, dans un élan biblique et identitaire, portée par un instinct tribal, prêter main-forte à l’État juif colonisateur, se souleva un an plus tard en France contre le patriarcat et l’autoritarisme que représentait le général de Gaulle.

Il y a un antagonisme complet entre le patriotisme (et le gaullisme) français et le sionisme ; de même que la neutralité vis-à-vis de la géopolitique proche-orientale en général et du conflit israélo-palestinien en particulier est impossible.

D’autant plus que, du point de vue israélien, l’on est avec ou contre l’État juif. Le général de Gaulle est un exemple éclatant de cette réalité géopolitique. L’on ne peut pas servir les intérêts français et ceux d’Israël à la fois.

 

Israël : un acteur irrationnel qui met en danger le Proche-Orient et le monde

 

Les propagandistes pro-israéliens habillés en souverainistes se rendent également coupables de vendre aux Français de droite une alliance avec l’État juif qui est un acteur religieux, messianiste, irrationnel et belliciste qui tente d’entraîner le monde vers l’Armageddon.

 

Israël, l’enfant du messianisme juif

Contrairement à la présentation qu’en font les néoconservateurs français, Israël n’est pas un Etat comme les autres, dirigé par des souverainistes du type de Vladimir Poutine et du général de Gaulle. Nous le verrons dans les lignes qui suivront, la géopolitique de l’État juif s’est opposée à la Russie de Poutine comme hier à la France du général de Gaulle.

J’ai démontré dans un de mes ouvrages, Occident et Islam - Tome 1 : Sources et genèse messianiques du sionisme (Sigest, 2015), que le projet sioniste, la création du Foyer national juif et de l’État d’Israël, étaient et sont toujours animés par le messianisme juif fondé sur les promesses de la Bible hébraïque.

Je ne vais pas reproduire ici toute ma thèse (ce qui nous entraînerait au Moyen Âge) mais simplement donner quelques exemples contemporains qui prouvent que l’on a affaire à un État religieux dirigé par des fanatiques irrationnels.

C’est justement durant et après la guerre de 1967 que la dimension messianique religieuse du sionisme a refait surface. Ce resurgissement messianique a surpris certains juifs laïques qui croyaient que le sionisme était né dans le cerveau de l’athée Théodore Herzl. Parmi ces juifs de gauche horrifiés par le messianisme sioniste l’on peut citer un bon connaisseur de la politique israélienne, Charles Enderlin, ancien journaliste et correspondant à Jérusalem.

Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur le 16 mai 2013, Charles Enderlin explique :

« L’État des juifs qu’imaginait Théodore Herzl n’avait rien de religieux. Il écrit même que dans cet État, où le vice-président pourrait être arabe, les militaires devraient rester dans leurs casernes et les rabbins dans leurs synagogues. Lorsque naît en 1948 l’État d’Israël, Ben Gourion fait, certes, plusieurs concessions aux religieux – l’état civil sera tenu par les rabbins, les jours fériés seront les fêtes religieuses juives, un membre d’une communauté religieuse ne pourra pas épouser un membre d’une autre communauté religieuse – mais le messianisme est loin d’être central dans la vie politique du jeune État d’Israël. Au point que les religieux se plaignent d’être discriminés dans les institutions de l’État contrôlé par les travaillistes.

Tout change après l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de l’esplanade des Mosquées où se trouve le mont du Temple. Pour les religieux, cette conquête est une sorte de miracle. Voilà que tout à coup Israël contrôle Hébron, Jéricho, Naplouse – la Sichem biblique –, les collines dont les noms figurent dans l’Ancien Testament, et surtout le Mont du Temple, c’est- à- dire les ruines du temple d’Hérode, seul lieu saint juif. Ce qu’on appelait jusqu’alors la Cisjordanie va devenir, comme dans la Bible, la Judée-Samarie. Ce nom deviendra même la dénomination officielle des territoires occupés avec l’arrivée au pouvoir de Begin et de la droite en 1977. C’est au nom de la Bible que les colonies surgissent sur les collines, d’abord sous les gouvernements travaillistes, puis, plus vigoureusement, sous l’influence du Goush Emounim, le « bloc de la foi ». Pour Begin, qui a succédé à Rabin à la tête du gouvernement, Israël s’étend sur les deux rives du Jourdain. C’est une terre sacrée, qu’il est exclu de partager. Le grand rabbin d’Israël, Abraham HaCohen Kook, déclare même que celui qui cède un pouce de la terre d’Israël doit avoir la main coupée.

Les colonies se multiplient donc. Avec le soutien actif de l’État. Et, au fil des années, les petits groupes de colons messianiques qui se lançaient à l’assaut des collines deviennent un puissant mouvement politique, qui peut faire ou défaire les majorités. La situation dans laquelle nous nous trouvons, où Israël contrôle, d’une manière ou d’une autre, 60 % de la Cisjordanie, est l’héritage de la stratégie annexionniste que Begin et le Likoud, alliés aux religieux, ont mise en œuvre, des décennies durant, au nom de la Bible, tout en affirmant au reste du monde qu’ils étaient prêts à des discussions...

Le messianisme s’est infiltré à tous les niveaux de la société israélienne. Le discours de la droite au pouvoir est le discours des messianiques. Près de 40 % des officiers d’infanterie appartiennent au mouvement nationaliste religieux. Des officiers supérieurs habitent des colonies religieuses « sauvages » qui ne sont même pas autorisées par le gouvernement. Certaines unités de l’armée comprennent une telle proportion de religieux que l’état-major doit s’efforcer d’y attirer des laïques pour maintenir une composition équilibrée. Un chercheur comme Menahem Klein, bon connaisseur du sionisme religieux, estime que le gouvernement ne pourrait – à supposer qu’il le veuille – faire évacuer les colonies de Cisjordanie sans provoquer une révolte armée. Le nouveau gouvernement que vient de constituer Netanyahou est de loin le plus messianique de l’histoire d’Israël. Uri Ariel, l’un des fondateurs de Goush Emounim, est ministre du Logement. Le président de la commission des finances de la Knesset est un ancien président du Conseil des colonies. Aujourd’hui, plus de 50 % des Israéliens juifs croient à la venue du Messie. Autant dire que la paix n’est pas pour demain... » [23]

Ce rapport étroit qu’entretiennent les dirigeants israéliens et le monde rabbinique messianique est illustré par un entretien filmé entre Benyamin Netanyahou et le grand rabbin Menahem Mendel Schneerson (1902-1994), un des maîtres spirituels du judaïsme à l’échelle mondiale, le 18 novembre 1990. Durant cet échange, le rabbin ne demande pas moins au futur Premier ministre israélien que de hâter la venue du Messie :

– Menahem Mendel Schneerson : « Je ne t’ai pas vu depuis longtemps. Bénédiction et succès. Double portion de bénédiction. »

– Netanyahou : « Je suis venu demander votre bénédiction et votre aide. »

– Menahem Mendel Schneerson : « Dans tous les domaines ? »

– Netanyahou : « Dans tous les domaines – personnel et politique. »

– Menahem Mendel Schneerson : « Depuis notre dernière rencontre beaucoup de choses ont progressées. Ce qui n’a pas changé, toutefois, c’est que le Messie n’est pas encore venu ; alors faites quelque chose pour hâter sa venue  ».

– Netanyahou : «  Nous faisons, nous faisons ... »

– Menahem Mendel Schneerson : « Apparemment ce n’est pas suffisant, alors que plusieurs heures sont déjà passées aujourd’hui et qu’il n’est toujours pas là. Mais il reste encore quelques heures avant la fin de la journée, alors essayez encore aujourd’hui. »

– Netanyahou : « Oui »...

L’homme qui vient de succéder à Netanyahou au poste de Premier ministre, Naftali Bennett [24], surpasse son prédécesseur dans le domaine du fanatisme et du racisme juifs.

En août 2013, l’actuel Premier ministre de l’État juif déclarait :

« J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie, et ça ne me pose aucun problème. » [25]

D’après Benett, comme tous les juifs sionistes religieux, la terre de Palestine a été donné par Dieu dans la Bible hébraïque :

« Elle est à nous depuis 3 800 ans. »

Et s’il pouvait faire disparaître les Palestiniens, Naftali Bennett affirme qu’il le ferait :

« Si les Palestiniens pouvaient appuyer sur un bouton et nous faire disparaître, ils le feraient — et vice-versa. » [26]

 

Guerres par procuration

Les « souverainistes » européens et français qui vantent les mérites du modèle israélien se heurtent de plus en plus à la réalité de la géostratégie israélienne qui consiste à entraîner, via son lobby, les puissances occidentales dans des guerres au Proche-Orient et au Maghreb.

En effet, la spécificité de l’État d’Israël est que sa puissance essentielle ne réside pas dans ses forces propres mais dans sa diaspora influente, et plus précisément son lobby et ses réseaux capables d’orienter la politique étrangère des grandes puissances en faveur d’Israël.

L’essai sur les groupes de pression pro-israéliens aux États-Unis de deux prestigieux universitaires, John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (2007), démontre abondamment qu’un puissant lobby pousse depuis les années 1940 l’Amérique à apporter un soutien polyvalent, militaire, économique, politique et diplomatique, à l’État d’Israël, et le plus souvent contre les intérêts mêmes des États-Unis. L’étude de Walt et Mearsheimer démontre en outre que la relation des États-Unis avec Israël, depuis la défaite de l’Allemagne, a évolué vers une soumission des États-Unis à l’égard de son allié.

Walt et Mearsheimer relèvent les faits suivants :

« De nombreuses décisions prises au nom d’Israël compromettent aujourd’hui la sécurité nationale des États-Unis. Le soutien sans bornes à l’État hébreu ainsi que l’occupation israélienne prolongée des territoires palestiniens alimentent l’anti-américanisme dans le monde arabo-musulman, renforçant la menace du terrorisme international et compliquent la tâche de Washington lorsqu’il s’agit de traiter d’autres problèmes, tels que le programme nucléaire iranien. Étant donné l’impopularité des États-Unis au Proche-Orient aujourd’hui, les dirigeants arabes qui, en temps normal, auraient partagé les objectifs américains ne sont pas pressés de nous apporter ouvertement leur soutien, une situation qui réduit nos marges de manœuvre dans la région.

Cette situation, qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire américaine, est principalement due aux activités du lobby pro-israélien. Même si d’autres groupes d’intérêts particuliers – des lobbies représentant les Américains d’origine cubaine, irlandaise, arménienne ou indienne – ont réussi à orienter la politique étrangère américaine selon leurs vœux, aucun lobby n’a détourné cette politique aussi loin de l’intérêt national des États-Unis. Le lobby pro-israélien est notamment parvenu à convaincre de nombreux Américains que les États- Unis et Israël avaient les mêmes intérêts. Or, rien n’est plus faux. » [27]

En France, les néoconservateurs tentent précisément de faire avaler aux souverainistes la même idée, à savoir que la France et Israël partageraient les mêmes intérêts. Mais aux États-Unis, ils n’ont pas poussé l’outrecuidance jusqu’à déclarer, à l’instar de Zemmour, qu’Israël était un modèle à épouser.

Les deux universitaires américains ont en outre prouvé que la guerre d’Irak (2003) n’aurait jamais été déclenchée par les États-Unis sans l’influence des dirigeants israéliens et de leur lobby.

Walt et Mearsheimer rapportent qu’Israël alimentait Washington en rapports alarmistes concernant les pseudo-programmes irakiens d’armes de destruction massive à un moment où, selon les termes mêmes du Premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon, « la coordination stratégique entre Israël et les États-Unis avait atteint un niveau sans précédent » [28].

Une fois l’Irak détruit au printemps 2003 et après qu’on eut appris qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive, le comité du Sénat en charge des Relations avec les services de renseignement (Senate Intelligence Committee) et la Knesset (parlement israélien), ont publié des rapports séparés révélant que l’essentiel des informations transmises à l’administration Bush par Israël étaient fausses [29].

De la même façon, les dirigeants israéliens et leurs relais dans l’appareil d’État américain ont incessamment travaillé a entraîner les États-Unis dans des guerres contre la Syrie et l’Iran.

D’ailleurs, l’un des principaux stratèges de l’impérialisme américain à la fin du XXe siècle, Zbigniew Brzezinski (1928-2017), avait compris et dénoncé publiquement le jeu israélien. Ainsi, concernant la volonté israélienne de pousser l’Amérique à attaquer l’Iran, il avait déclaré en 2012 lors d’une conférence organisée par le National Iranian American Council :

« Je ne pense pas qu’il y ait la moindre obligation implicite pour les États-Unis de suivre comme des ânes stupides tout ce que font les Israéliens ! Si les Israéliens décident de déclencher une guerre simplement en présumant que nous (les États- Unis) y serons automatiquement entraînés, je pense qu’il est de notre devoir en tant qu’amis de leur dire : ‘‘Vous ne prendrez pas à notre place des décisions qui relèvent de notre intérêt national.’’ » [30]

 

Israël et l’entrave au commerce de ses « alliés »

Le lobby pro-israélien n’est pas non plus étranger aux sanctions économiques qui impactent les nations considérées par l’État juif comme ennemies et les entreprises occidentales qui souhaitent maintenir et développer des relations commerciales avec ces pays.

Le politologue Tritta Parsi rapporte à ce sujet :

« À la demande du gouvernement israélien, l’AIPAC (NDA : l’AIPAC est le plus puissant lobby pro-israélien aux États-Unis) rédigea et fit circuler à Washington un mémorandum de 74 pages soutenant que l’Iran était une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour les États-Unis et l’Occident tout entier » [31]

En avril 1995, l’AIPAC publia un rapport intitulé « Pour un ensemble de sanctions contre l’Iran : un plan d’action » [32].

La même année, la société pétrolière américaine Conoco, qui était alors sur le point de signer un accord avec l’Iran pour l’exploitation des gisements pétrolifères, s’est vue empêchée de conclure : le président Clinton avait mis son veto en personne à cet accord le 14 mars 1995 et prit un décret le lendemain même pour interdire aux entreprises américaines de participer à l’exploitation des réserves pétrolières iraniennes.

Bill Clinton révéla plus tard ceci : « Un des opposants les plus efficaces au contrat avec Conoco était Edgar Bronfman Sr. », soit le très influent ancien dirigeant du Congrès juif mondial. L’AIPAC contribua aussi à torpiller l’accord [33].

Les entreprises françaises, dont PSA et TOTAL, en ont aussi fait les frais. En 2018, elles ont été contraintes de quitter l’Iran, se soumettant au diktat américain [34]. Le président Trump ayant appliqué scrupuleusement le programme israélien d’étouffement de l’économie iranienne, comme il l’avait promis lors de son discours devant l’AIPAC le 21 mars 2016 [35] durant la campagne présidentielle.

Concrètement, les sanctions économiques ont été mises en œuvre par la sous- secrétaire étasunienne au Trésor chargée du terrorisme et du renseignement financier, Sigal P. Mandelker, une avocate juive américaine se présentant comme une « enfant de survivants de l’Holocauste » [36].

Le magazine américain The Atlantic désigne, dans un article du 20 juillet 2019, Sigal P. Mandelker comme étant la femme au centre de la politique anti-iranienne de Trump [37] :

« En fait, la plupart des actions punitives de l’Amérique contre l’Iran se déroulent dans un monde non pas physique mais financier. Les sanctions sont l’outil principal que les États-Unis utilisent contre ce qu’ils considèrent comme le comportement provocateur de la République islamique – en particulier pour les trois dernières administrations présidentielles, et jamais autant que pour celle-ci (NDA : l’administration Trump). Et c’est la fonctionnaire du Trésor Sigal Mandelker qui a la main sur le levier.

Dans l’échange de provocations et de discours belliqueux entre les États-Unis et l’Iran, deux hauts fonctionnaires faucons, John Bolton et Mike Pompeo, pourraient être les visages publics de la campagne de "pression maximale" de Trump contre la République islamique. Mais c’est Mandelker, et le bureau qu’elle supervise en tant que sous-secrétaire du Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier, qui s’occupe de l’exécution proprement dite... Elle est l’une des responsables les plus puissants qui conçoivent la stratégie de l’administration de Trump pour forcer la capitulation iranienne – ou, à défaut, peut-être même l’effondrement du gouvernement. »

Pour la petite histoire, en 2008, alors qu’elle était dans la division criminelle du ministère de la Justice, Sigal P. Mandelker faisait partie de l’équipe de hauts fonctionnaires du ministère qui ont refusé de donner suite aux accusations fédérales [38] contre Jeffrey Epstein, milliardaire juif américain, agent d’Israël [39] et prédateur sexuel à la tête d’un réseau de prostitution pédophile.

 

Les rêves messianiques d’Israël et le risque d’une guerre nucléaire mondiale

Le général de Gaulle l’avait compris en 1967, les guerres israéliennes en Orient ne peuvent pas manquer « d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays », à commencer par les grandes puissances des deux camps opposés.

La guerre contre la Syrie, menée par les Occidentaux pour le compte d’Israël [40], a considérablement augmenté les tensions entre les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, la Russie et les États-Unis.

Depuis le début de la guerre contre la Syrie, Israël frappe à intervalles plus ou moins réguliers le pays d’Assad (plus de 200 frappes depuis 2011 [41]), en soutien, notamment, des groupes terroristes. Parallèlement, l’État juif, via son lobby aux États-Unis [42], utilise, en particulier depuis le tournant du 11 septembre 2001, l’armée américaine et l’OTAN comme un outil de destruction des alliés historiques de la Russie au Proche-Orient et au Maghreb, opposant toujours plus Russes et Américains. Cette politique menée par le lobby juif sioniste a failli conduire à plusieurs reprises à une conflagration russo-américaine, notamment en 2013.

Dans le contexte de la guerre contre la Syrie, les dirigeants sionistes ont tenté, via des intermédiaires, de négocier avec la Russie afin qu’elle abandonne ses alliés syriens et iraniens.

En juillet 2013, le prince Bandar ben Sultan (responsable des services de renseignements saoudiens de 2012 à 2014), en qualité de représentant de l’Arabie saoudite (alliée d’Israël), a rencontré Vladimir Poutine. Bandar aurait, au cours de l’entretien, proposé un accord économique, pétrolier et gazier au président russe, en échange de quoi, celui-ci devait lâcher l’Iran, abandonner le président syrien et livrer la Syrie aux terroristes [43]. Proposition repoussée par Vladimir Poutine, comme il a refusé la demande insistante de Benyamin Netanyahou de chasser l’Iran du territoire syrien.

Un mois après cette tentative de négociation avec la Russie, les médias et les gouvernements occidentaux ont déclenché la machine de propagande similaire à celle voulant faire croire aux armes de destruction massive irakiennes (une histoire fabriquée par Tel Aviv) : le 21 août 2013 l’armée syrienne aurait utilisé des armes chimiques contre sa population dans les faubourgs de Damas [44]. Dans la foulée, fin août 2013, des navires de guerre américains et français se sont dirigés vers les côtes syriennes ; les navires russes (et chinois) s’interposent alors, et Barak Obama est contraint, le 31 août 2013, de faire volte-face, prétextant qu’il lui fallait l’accord du congrès. Obama dira au président François Hollande (qui a envoyé l’armée française en première ligne) au téléphone :

« Il n’y a pas de coalition internationale pour une intervention en Syrie, pas de majorité au Conseil de sécurité, pas de soutien dans l’opinion, il faut au moins que j’ai l’aval du Congrès, car je ne suis pas George W. Bush. » [45]

 

Constante du problème israélien : de la France du général de Gaulle à la Russie de Poutine

À l’instar du président de Gaulle en son temps, la Russie de Poutine a mené une politique réaliste d’équilibre au Proche-Orient et maintenu de bonnes relations diplomatiques avec Israël tant que cela était possible. Jusqu’à ce que le Kremlin soit confronté au même problème que l’Élysée au temps du général de Gaulle : l’attitude provocatrice et belliciste d’Israël. Dès lors, les relations entre la Russie de Poutine et Israël se sont tendues comme nous l’avons vu précédemment dans le cas de la France du général de Gaulle en 1967.

Rappelons également aux pseudo-gaullo-souverainistes français qui prétendent qu’il est possible d’être à la fois l’allié de la Russie et d’Israël que ces deux États appartiennent à deux camps ennemis. Ce que j’écris d’ailleurs depuis 2015 et qui a fini par apparaître au grand jour en 2018. [46]

Suite aux frappes israéliennes menées en février 2018 en Syrie, le ministère des Affaires étrangères russe a appelé Israël à la « retenue », et a considéré comme « absolument inacceptable de créer des menaces contre la vie et la sécurité des soldats russes » qui se trouvent en Syrie. [47]

Le 12 février 2018, le New York Times rapportait qu’immédiatement après le bombardement israélien, le président russe Vladimir Poutine, furieux, a appelé par téléphone le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ce qui a mis un arrêt net aux plans d’attaque de l’armée israélienne. Un haut gradé israélien a en outre révélé au journal américain que :

« Même publiquement, les Russes ont pris partie pour l’autre camp, contre nous, et pas seulement en privé... Ils auraient pu empêcher le lancement du drone (iranien), mais ils n’ont rien fait. Nous avons entendu le message russe, très fortement et clairement. » [48]

Le 17 septembre 2018, vers 23h, tout contact a été perdu avec l’équipage de l’avion russe Il-20. L’avion s’est crashé et les 15 membres de l’équipage sont morts. L’appareil se dirigeait vers la base aérienne de Hmeimim, à 35 km des côtes syriennes, avait annoncé le ministère russe de la Défense, et d’ajouter que l’avion a été abattu par des systèmes syriens S-200 en raison des actions « irresponsables » et « provocatrices » d’Israël. Menant des frappes en Syrie, des pilotes israéliens se sont abrités derrière l’avion russe Il-20 qui s’est retrouvé exposé au feu des systèmes de défense aérienne syrien S-200, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov. [49]

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a eu une conversation téléphonique houleuse avec Avigdor Lieberman (ministre israélien de la Défense de 2016 à 2018). M. Choïgou a déclaré dans un communiqué :

« La responsabilité du crash d’avion russe et de la mort de l’équipage repose entièrement sur la partie israélienne. »

Et d’ajouter que le ministère russe de la Défense avait déjà à plusieurs reprises appelé la partie israélienne à s’abstenir de mener des frappes sur le territoire syrien créant un danger pour la sécurité des militaires russes. Et le communiqué du ministère russe de la Défense a précisé :

« En dépit des accords existants sur la prévention des incidents dangereux avec Israël, le commandement du groupe des forces russe a été prévenu seulement une minute avant la frappe des F-16 israéliens. »

Après cette manœuvre israélienne qui a causé la mort de quinze russes, Vladimir Poutine a annoncé qu’il prendrait des contre-mesures qui « viseront avant tout à renforcer la sécurité de nos militaires et de nos sites en Syrie. Ce seront des démarches que tout le monde remarquera. » [50]

Le président russe faisait allusion à la livraison des S-300 à la Syrie.

L’héritier du général de Gaulle est à la tête de la deuxième puissance nucléaire mondiale, alliée de la Syrie et de l’Iran, et malheureusement pour les Israéliens, aucune tentative de révolution colorée en Russie n’a abouti au résultat de Mai 68.

 

Conclusion

 

L’histoire de France, les fondamentaux de la politique française, sa position géographique, sa culture, sa religion traditionnelle, le catholicisme, sont incompatibles avec Israël et le judaïsme politique, pas plus qu’ils ne le sont avec l’impérialisme anglo-américain protestant. C’est ce qu’avait compris et exprimé le général de Gaulle et Jacques Bainville avant lui.

Au fur et à mesure que la France s’enfonce dans des alliances contre-nature avec les États-Unis et Israël, qu’elle transfert sa souveraineté à ce « machin » appelé l’Union européenne, elle sort de l’Histoire. La France ne peut que disparaître si elle continue d’accepter d’être dirigée par un personnel politique inféodé à l’Amérique, au lobby judéo-sioniste et aux puissances d’argent. Le destin de la France, pays millénaire, est de renouer avec la longue durée, une politique continentale eurasiatique et méditerranéenne ; et non pas de prendre pour exemple un petit État ethnique fabriqué de toutes pièces il y a quelques décennies.

Youssef Hindi

 

Notes

[1] http://www.crif.org/fr/actualites/d...

[2] « Bernard-Henri Lévy à la ‘‘source hébraïque’’ », L’Express, 02/02/2016. https://www.lexpress.fr/actualite/s... -henri-levy-a-la-source- hebraique_1759605.html

[3] Gilles-William Goldnadel, « L’ONU, pompier incapable devenu pyromane », Valeurs Actuelles, 03/01/2017.

[4] Éric Zemmour, Destin français, 2018, Albin Michel, Chapitre « Saint Louis, Le roi juif ».

[5] Voir : Youssef Hindi, La Mystique de la Laïcité, Sigest, 2017.

[6] Éric Zemmour, Destin français, pp. 89-90.

[7] Éric Zemmour, Destin français.

[8] Éric Zemmour, Destin français.

[9] Zemmour : « Le sentiment national palestinien a grandi au miroir de son adversaire sioniste », RTL, 15/05/2018.

[10] https://www.liberation.fr/evenement... explique-et-insiste_539772

[11] Emmanuel Todd, Après la démocratie, Gallimard, 2008, pp. 134-136.

[12] http://www.rtl.fr/actu/internationa... avais-pas-ete-juif-7737034667

[13] https://consortiumnews.com/2018/04/... americas-post-9-11-wars-part-3-libya-syria-somalia-and-yemen/

[14] Jacques Bainville, « Les effets du sionisme », L’Action française, le 20 décembre 1920. Disponible à la lecture sur le site de la Bibliothèque nationale de France : https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/b...

[15] Inter actualités de 20H00 du 15 juin 1967. https://www.ina.fr/audio/PHF06019207

[16] https://fresques.ina.fr/de-gaulle/f... du-27-novembre-1967.html

[17] Cet embargo sélectif ne touche que les armes offensives et épargne les vedettes pour l’instant avant une extension de cet embargo décidée aprè s le raid israélien sur l’aéroport de Beyrouth en décembre 1968.

[18] Pierre Razoux, « L’affaire des vedettes de Cherbourg : pourquoi Paris a laissé faire ? », Historia, n° 647, novembre 2000.

[19] Michel Debré, Mémoires, tome 4, “Gouverner autrement, 1962-1970”, Albin Michel, 1993. Rapporté par Pierre-Antoine Plaquevent, SOROS et la société ouverte, métapolitique du globalisme, Culture & Racines, 2020

[20] https://www.lemonde.fr/archives/art... -colloque-de-la-revue- passages-le-mouvement-de-mai-68-fut-il-une-revolution-juive_4097927_1819218.html

[21] Pierre-Antoine Plaquevent, SOROS et la société ouverte, métapolitique du globalisme.

[22] « Spécial guerre des six jours. Jacques Tarnero : ma guerre des Six-jours » http://www.crif.org/fr/tribune/Spec... guerre-des-Six-Jours9041 Cité par Pierre-Antoine Plaquevent, SOROS et la société ouverte, métapolitique du globalisme.

[23] Israël : le péril messianique, Charles Enderlin, propos recueillis par René Backman, Le Nouvel Observateur, 16 mai 2013.

[24] https://orientxxi.info/magazine/naf... mystique-juif,4828

[25] Odeh Bisharat, « Killing Arabs – Not what you thought », Haaretz, 12/08/2013.

[26] David Remnick, « The Party Faithful », The New Yorker, 21/01/2013.

[27] Stephen Walt et John Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, 2007, La Découverte, p. 61.

[28] Stephen Walt et John Mearsheimer, op. cit. p. 258.

[29] Stephen Walt et John Mearsheimer, op. cit. p. 258.

[30] https://www.youtube.com/watch?v=ifE...

[31] Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations ». Cité par Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 316.

[32] AIPAC, « Comprehensive U.S. Sanctions against Iran : À Plan for Action », Washington, DC, 2 avril 1995.

[33] Stephen Walt et John Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[34] https://www.liberation.fr/france/20... -quitte-l-iran-en-trombe-devant- la-menace-de-sanctions_1656758/

[35] https://time.com/4267058/donald -trump-aipac-speech-transcript/

[36] https://en.wikipedia.org/wiki/Sigal_Ma ndelker

[37] https://www.theatlantic.com/politic... -iran- sanctions/594412/

[38] Merle, Renae ; Zapotosky, Matt, « He was inappropriate with me : Epstein face to face with accusers at bail hearing », Washington Post, 18/08/2020.

[39] https://www.thedailybeast.com/jeffr... plain-sight ?ref=scroll https://www.haaretz.com/israel-news... million-dollar-partnership-with-ehud-barak-in-2015-1.7493648

[40] Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, Sigest, 2015.

[41] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2... israel-confirme-200-frappes-en-syrie-en-18-mois.php

[42] John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine.

[43] Al Manar, « Ce qui n’a pas été révélé de la rencontre orageuse Bandar-Poutine », 21/08/2013.

[44] http://www.lemonde.fr/proche-orient...

[45] http://www.lemonde.fr/international... -en-syrie- comment-les-americains-ont-lache-les-francais-3-3_4367078_3210.html

[46] Youssef Hindi, « La Russie, l’Europe et l’Orient », Geopolintel, 4 septembre 2015. http://www.geopolintel.fr/article97...

[47] Agence France-Presse, « Mettre en danger la vie des soldats russes en Syrie est « inacceptable », Moscou, 10/02/2018.

[48] Information rapportée par le New York Times : https://www.nytimes.com/2018/02/12/... -middle-easts-coming- war.html ?action=click&pgtype=Homepage&clickSource=story- heading&module=opinion-c-col-left-region&region=opinion-c-col-left- region&WT.nav=opinion-c-col-left-region

[49] https://fr.sputniknews.com/internat... -crash-avion- russe-syrie-israel-responsable/

[50] https://fr.sputniknews.com/presse/2... -russie-israel-crash-il- 20-syrie/

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95 Commentaires

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  • #2750764
    Le 23 juin à 09:12 par lecteur Soralien
    La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

    non vaut mieux s’enflammer sur le voile ou la viande halal. c’est beaucoup plus sérieux.

    ce type ne comprend pas que ce conflit qui semble lointain a des répercussions en Europe ? si une guerre éclate au moyen orient à cause de ce pays belliciste qu’est Israel, l’Europe sera submergée de réfugiés (contrairement à l’Australie ou les états-unis qui ont des océans pour les protéger).

    sinon tout les présidents français vont servir la soupe à la messe annuelle du CRIF et chanter les louanges d’Israel. Si les gens de la droite ne s’approprient pas ce sujet, ca ne sera qu’un énième plus dans le camp du mal.

    politique de l’autruche qui rappelle celle de quelques mamies racistes qui croient régler les problèmes en faisant la gueule lorsqu’elle voient un type trop basané à leurs gueule.. ou certains types dit "de droite" qui arborent muscles et moustaches, puis font des sous-entendu pour pousser des cons à faire des cartons (pendant qu’ils gardent la boutique).

     

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  • #2751024

    À partir du moment où la France a voté à l’ONU pour la création et le holdup de la Palestine, la France est autant responsable de ce qui se passe en Palestine et donc il est normal que le conflit s’exporte dans les pays de surcroît responsable de la création de l’état sioniste...

     

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    • #2751972

      J’ai un doute, à vérifier, mais je pense que la France s’était abstenue. Je ne suis pas sûr.

       
    • #2752729

      Du tout, on ne s’est pas abstenus au contraire, on a tenu mais on a fini par craquer sous la pression, par se laisser corrompre comme tant d’autres états, à coup de chantages.
      Il me semble même que sans notre vote, la résolution ne serait pas passée justement.
      Après, les documents relatifs à cette période sont de plus en plus difficiles à exhumer pour se le confirmer, étonnamment...
      Il y a quelques années j’en trouvais facilement, avec tous les détails.

       
  • #2751088

    Une analyse magistrale. Merci à Youssef Hindi pour ce texte passionnant.

     

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  • #2751118

    Dommage que des personnes comme Hindi, Soral et Ryssen n’ont pas la possibilité de s’exprimer dans les médias de masse. On aurait de sacrés spectacles.

     

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  • #2751338

    Pierre-Yves Rougeyron, c’est la droite bourgeoise, préoccupée de business.
    " Mes amis maronites m’ont dit que les Palestiniens sont des salauds ". hahaha
    Solidarité entre porcheries du Machrek et de Paris... " La vérité est chez les pourceaux ".
    On peut deviner la suite des échanges de ces nuisibles qui font dans " la surenchère de qui est le plus honnête, le plus sage, le plus juste, le plus équitable, etc etc..." : " oh vous savez, des salauds de pauvres, y en a partout. En France, on a les gilets jaunes ! ".

    Cela ne s’arrange pas en France. Ce sont les ratés, les moches, les ravagés de tous les bas instincts qui parlent ! Un Zemmour, un Sarko, un Hollande, un Chalghoumi, logiquement une famille qui tient à son image, on les cache dans un tonneau ou on les enferme ! Rome a donné Térence et Tertullien, pour parler des plus beaux. La France : ceux cités plus haut ! La honte.

     

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    • #2752013

      En plus ce monsieur ne doit pas habiter à Aulnay sous Bois ni à proximité de la colline du crack
      J’imagine aisément qu’il n’a pas non plus un Renault express diesel pour prendre le périphérique tous les matins 
      Et que son usine ou il travaille n’a pas été délocalisé
      Doit pas non plus se retrouver souvent à la CAF
      En fait monsieur a des problèmes de bourgeois que 90 % des français ne connaissent pas, comme savoir si il va à Cannes ou à Monaco en vacances, si Hermès lui va mieux que Versace, dans quel resto il va manger Plaza ou au George V.....
      Sacré guignol

       
  • #2752249

    Dés la première minute j’ai constaté que t’étais ou bien un traitre ou que tu ne comprenais pas grand chose aux conflits qu’il y a dans le monde !
    Le conflit au proche orient concerne le monde entier et pas les Arabes et les Juifs ! Ce n’est nullement une question de religion ni d’argent, l’argent et les religions sont des outils parmi d’autres. Le problème est très simple, c’est un conflit entre le bien et le mal entre les sujets de Dieu et les sujets de satan (les satanistes). Ces derniers ne veulent que les conflits, les tueries, la corruption etc... et ils sont de toutes confessions, Juive, Chrétienne, Musulmane, bouddhiste ou autre, peu importe, l’essentiel c’est d’être loin de l’humanité. satan est l’ennemi de l’humanité toute entière et pas uniquement d’une partie ou d’une confession, son objectif est de contrarier le créateur en corrompant ses sujets.
    Ce qui se passe au proche orient c’est une résistance (Musulmane, Chrétienne et aussi juive) aux forces du mal (appelées l’oligarchie). L’objectif de l’oligarchie est de soumettre la population mondiale (toute la population) à sa domination pour que règne l’anarchie dans le monde, la corruption, les mariages homo, la pédophilie, l’injustice, le racket d’état, et j’en passe !
    Alors réveillez vous

     

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  • #2752771
    Le 26 juin à 11:46 par Palestinelivesmatter
    La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

    Je comprends parfaitement le point de vue de Pierre-Yves Rougeyron simplement tant qu’Israel existera deux problèmes subsiteront :

    1/Israel servira de base arrière à tous les trafics de la communauté organisée(chez nous comme ailleurs).
    2/Israel cherche en permanence à mouiller le monde blanc dans ses affaires avec le monde Musulman ce qui nous entraine dans des conflits internes et externes dont seul Israel tire les marrons du feux.

    Donc cet état doit disparaitre même si je ne considère aucun pays musulmans comme un allié ni de près ni de loin.
    Il faut être réaliste et ne pas se ranger du coté des juifs pas haine stupide des masses musulmanes.Regardons le vrai problème en face : Quelle est la communauté de lumière qui a encouragé le pourrissement du monde occidental par l’immigration et le terrorisme ? C’est le commanditaire du crime qu’il faut châtier et ceci bien avant l’individu qui lui est passé à l’acte.

     

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    • #2752810

      "C’est le commanditaire du crime qu’il faut châtier et ceci bien avant l’individu qui lui est passé à l’acte."

      Primo, comme dit le patron (à peu près la même chose que vous) : "quand un chien me mord, ce n’est pas le chien que je frappe, c’est le maitre". Mais allez donc faire comprendre ça à PYR. Secundo, j’ai vu une de ses interviews où il a eu une brève réaction qui m’a fait comprendre qu’il n’appréciait pas AS. Au vu de ces deux éléments, on comprend vite quelle est sa ligne directrice (même s’il ne dit pas que des bêtises).

       
  • #2752861
    Le 26 juin à 14:02 par François Desvignes
    La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

    L’esprit munichois : tout sauf la guerre.

    Être ami avec tout le monde, cela signifie en définitive que nous serons surtout amis avec celui qui nous aura vaincus :

    - si c’est Adolf, on versera dans la collaboration
    - mais si c’est l’Uncle Sam, nous verserons dans l’Atlantisme

    C’est pareil aujourd’hui :

    - les jours pairs où le Qatar nous finance, on est pour la Palestine
    - et les jours impairs où la finance internationale prend le relais, on est pour Israël

    Ce sera pire demain avec Rougeyron et consorts, lorsque le conflit permanent au M.O. aura fait tâche d’huile en France à force d eneutralité affectée et de tolérance proclamée :

    - les musulmans choisiront la cause palestinienne
    - les juifs la cause israélienne
    - et les Français feront comme sous Pétain, (et Rougeyron) ils penseront qu’en comptant les points,.... ils ne prendront pas le train.

    Balivernes :

    - 1/ Toute question, même celle de la vente libre du camembert en pharmacie est devenue une question politique en France. Comprenez une occasion de distinguer la République de la France pour sauver la seconde en tuant la première.

    Tous les conflits du monde sont des occasions de guerre civile en France parce que la France est en guerre civile contre la République : les gouvernés contre leurs gouvernants.

    Quand j’engueule Rougeyron sur le statut international de jérusalem c’est juste pour savoir si je dois le flinguer parce qu’il est républicain ou l’armer parce qu’il est Français.

    - 2/ Si la république obéit au Monde, la France obéit à Dieu.

    Ce qui intéresse le républicain c’est de savoir ce que nous devons faire dans notre intérêt sans rien payer ni rien risquer ?

    La France ne raisonne pas ainsi. Sa politique étrangère ET nationale n’obéit qu’à cette seule question : " Que veult Dieu ?".

    Le premier va à la chasse, c’est un braconnier endimanché Dans le pire des cas un détrousseur de cadavres. L’intervention française en Libye est républicaine.

    Le second n’est pas dans ce deal.Il présume que ce qui est Juste est conforme à son salut. La guerre de Cent ans est française.

    Si on avait donné aux Français la gestion de la guerre de Libye, khadafi serait toujours au pouvoir.
    Si on avait donné aux républicains la gestion de la guerre de Cent ans, on parlerait anglais.

    Comme Français, j’estime qu’être ami avec tout le monde présente surtout un risque pour la circonférence de notre fond.

    Je préfère être contre les palestiniens et les israéliens...Puisque Jérusalem est ville française.

     

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    • #2752910

      Plutôt m d’accord sur de nombreux points, sauf concernant votre dernière phrase (inepte) de même que quand vous dites que « la France est en guerre civile contre la République : les gouvernés contre leurs gouvernants. »
      À mon avis c’est l’inverse, à savoir c’est l’oligarchie républicaine qui nous a déclaré la guerre. Après le mouvement des gilets jaunes qui était à la fois un symptôme et une étape de la montée inéluctable d’une colère croissante d’un peuple tour à tour délaissé, puis insulté et enfin frappé par de prétendues élites, les dites « élites » ont décidé d’être proactives en montant d’un cran dans la violence, violence au sens large. C’est donc le pouvoir qui nous a déclaré la guerre et, malheureusement, pour le moment c’est lui qui tient le bâton et nous qui prenons les coups. Espérons qu’il ne soit pas trop tard si un jour le vent venait à tourner.

       
    • #2753597

      Desvignes

      "- et les Français feront comme sous Pétain, (et Rougeyron) ils penseront qu’en comptant les points,.... ils ne prendront pas le train."

      Nous ne devons pas avoir les mêmes familles, ni les mêmes lectures. Des milliers de jeunes français ont pris le train pour l’Europe de l’Est afin de lutter contre le bolchevisme. Ils n’avaient rien à gagner sauf à redonner l’honneur à la France.

      Comparer Pétain à Rougeyron, explique pourquoi tellement de vos interventions sont à côté de la plaque.

       
  • #2753195
    Le 27 juin à 06:28 par leperigourdin
    La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

    PYR se croit médecin car son paternel était médecin, il se croit intelligent car il est entouré de livres, il se croit rebelle car autour de lui ces livres formes un beau bordel.

    L’analyse de Y H me semble très complète.

    Moi je suis pour que la France reste à majorité gauloise et que les palestiniens puissent vivre décemment sur leur terre.

    On pourrait certainement trouver un point d’accord pour designer qui sont les fautifs ultimes ...

    Mais les premiers à devoir porter ce message ça pourrait être ceux qui tiennent les micros .
    Je constate que 99.9 % des rapeurs n’en parlent jamais des palestiniens, ils s’inventent des causes victimaires pour critiquer le gaulois.
    Mais pour les "minorités visibles" style Rokaya Dialo ou Zeribi, ils sont aussi très très trés discrets et timides...

    Chacun chez soi c’est un préalable pour qu’un peuple évoluer. La France de 2021 est un patchwork de population tellement bordelique qu’aucune position mesurée et intelligente ne peut en sortir.

    A qui de partir ? Voilà la question qui se pose pour un palestinien mais aussi pour un jeune gaulois.

     

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  • #2763352
    Le 13 juillet à 12:01 par En Général
    La droite "souverainiste" et la question israélo-palestinienne

    Je trouve que, plus le temps passe, plus Rougeyron ressemble à Marion Sigault.

     

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