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Le cancer des ponts

La société américaine des ingénieurs civils, ASCE, prévoit dans son dernier rapport qu’un investissement de 1,7 billion (1 700 milliards) de dollars est nécessaire d’ici 2020 pour maintenir en état de fonctionnement le parc d’infrastructures routières américain. Cette somme représente un peu plus de 10 % du PIB des USA. Pourquoi une telle somme ? De quoi souffrent ces infrastructures ? Les infrastructures américaines seraient en mauvais état ? Et qu’en est-il des nôtres ? Quelles en sont les conséquences et les perspectives ?

 

Un peu d’histoire

De tous temps et dans toutes nations, les infrastructures routières ont été les artères des sociétés. Elles nous servent à nous déplacer et à transporter nos marchandises. Elles ont des implications dans nos vie quotidienne et dans notre économie, sans même que nous y prêtions attention. Elles sont là, sous la forme de réseaux urbains, autoroutes, ponts et tunnels. Nous connaissons tous l’expression, toutes les routes mènent à Rome ! Car l’empire romain avait construit sa puissance autour de son réseau de routes, permettant sans encombre le déplacement des armées, des biens et des personnes. Au fil du temps, ce réseau s’est étendu et densifié, mais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale les choses ont changé. Nous avons vécu une mutation majeure de notre réseau routier. Jamais au cours des siècles précédents nous n’avons eu un réseau aussi rapide dense et étendu, avec des marchandises et des hommes se déplaçant chaque jour un peu plus.

C’est le béton armé qui a permis l’explosion du nombre et de la taille de ces infrastructures. Le béton est un matériau à la fois léger, résistant et peu coûteux ; il est venu remplacer les structures en acier et en pierre de taille qui dominaient le marché de la révolution industrielle. Un premier problème est que le béton peut vieillir vite et mal selon les conditions et que certaines structures construites depuis 1945 peuvent avoir une durée de vie inférieure à 50 ans dans les cas les plus sévères. Les coûts de démolition d’un pont et de reconstruction d’un nouvel ouvrage peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines de fois le prix initial de l’ouvrage. Ce qui expose les propriétaires d’ouvrages à des situations financières critiques, au vu des sommes en jeu. La maintenance des infrastructures est la solution la plus économique, et elle est en règle générale à la charge du propriétaire de l’ouvrage, commune, région, ou État.

Le cancer du béton

Le second problème est qu’une partie de ces infrastructures est malade, affectée par ce que l’on appelle le « cancer du béton ». Le béton se désagrège localement, mettant à nu des pans entiers de structure laissant voir leurs armatures rouillées, cette maladie est causée par le sel. Le sel provient de deux sources, des sels de dégivrage répandus sur les routes en hiver et de l’eau de mer. Nous ne connaissons pas les chiffres de l’extension de cette maladie du béton, il est cependant certain qu’un grand nombre de structures dans le monde sont contaminées par l’une ou l’autre de ces sources de sel.

Lire la suite de l’article sur les-crises.fr

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36 Commentaires

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  • #871653
    Le 26 juin 2014 à 00:11 par Ras
    Le cancer des ponts

    pas besoin d’aller si loin, les "cités hlm" au charges mystérieuses
    immeubles morcelés mis a nu, tout est effrité, balcon qui risque d’effondrement etc......

     

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  • #871689
    Le 26 juin 2014 à 00:48 par machintruc
    Le cancer des ponts

    un investissement de 1,7 billion (1 700 milliards) de dollars



    Petite correction (qui se retrouve aussi sur l’article original) :
    en anglais "billion" se traduit par "milliard".
    Donc "1.7 billion" c’est "1.7 milliard" et non "1 700 milliards".
    Sinon, ça équivaudrait presque à la dette publique française, bien que ça ne m’étonnerait pas des US (pays qui est l’incarnation de la dette sur terre : mangez-en tous pauvres pécheurs ! :-)

     

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    • #872146
      Le Juin 2014 à 13:05 par Fran6
      Le cancer des ponts

      En anglais, billion veut effectivement dire milliard mais là il s’agit d’un article écrit en français. Or en français un billion c’est 1000 milliards.

       
  • #871735
    Le 26 juin 2014 à 01:42 par Guillaume
    Le cancer des ponts

    Assurez tous les ponts contre des attentats terroristes et balancez un avion sur chaque. Prenez les sous de l’assurance et hop ! y’a plus qu’à reconstruire.
    (Souvenez vous du désamiantage du WTC, coût 1 milliard. Après 2 avions, 4,5 milliards versez par les assurances, bon à cause de l’amiante tous les secouristes sont en train de crever mais mathématiquement ça se tient :-) )

     

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  • #871771
    Le 26 juin 2014 à 02:20 par Hadrien
    Le cancer des ponts

    Super article de prospective !
    Doit-on comprendre qu’une fois encore les sociétés privées ont fait des bénéfices importants et rapides en réalisant ces ouvrages - à obsolécence mal contrôlée ? - et que ce sont l’Etat, les collectivités, donc les contribuables qui prennent en charge les coûts considérables de maintenance et de reconstruction ?
    Tout un symbole : l’écroulement comme un chateau de carte du capitalisme contemporain. Du fait de la prise de pouvoir totale des financiers, difficile d’envisager que cette crise "infrastructurelle" serve à un changement de paradigme.

     

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  • #871834
    Le 26 juin 2014 à 04:35 par serraz
    Le cancer des ponts

    C’est l’ensemble du réseau autoroutier americain qui est dans un état déplorable. Aucune comparaison avec ici, déjà parce que les échelles ne sont pas les mêmes, aussi parce que là bas il y a 3 voitures pour un habitant.

     

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  • #871890
    Le 26 juin 2014 à 08:20 par jill
    Le cancer des ponts

    J avais roulé sur une autoroute aux US dans le Michigan il y a 10 ans et le revetement etait tellement degradé qu il etait tres difficile de rouler au dela de 60mph 100kmH. Il y a une absence evidente d entretien et finalement leurs limitations de vitesse aberrantes sont en rapport. Et c est ce qu on nous prepare en France avec le 80kmh. Plus besoin d entretenir le reseau.

     

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    • #872054
      Le Juin 2014 à 11:43 par seber
      Le cancer des ponts

      J’avais été surpris par le fait que beaucoup de routes ne sont pas goudronnées mais bétonnées, avec des grandes plaques en guise de revêtement.

       
    • #872331
      Le Juin 2014 à 15:13 par Ras
      Le cancer des ponts

      ça fait marcher l’industrie du pneu, des garages, je crois qu’en Allemagne il y a un scandale récent avec le revêtement de leurs autoroutes qui pètent un peu partout tout est a refaire.....

       
  • #872074
    Le 26 juin 2014 à 12:10 par chibani84
    Le cancer des ponts

    Ce que ne dit pas l’article tout d’abord c’est que le béton n’est pas un matériau étanche. Il est poreux avec tous les échanges atmosphériques ou aquatiques. Entre autre chose la présence qu CO2 génère des phénomènes chimiques sur la carbonate présent dans le ciment utilisé pour fabriquer le béton. Cette action génère la formation d’acides qui attaquent les aciers et accélèrent leur oxydation d’où la fragilité des ouvrages. La France dans les années 70 avait innové dans un souci de péréniser ses ouvrages en développant des techniques d’étanchéité des ouvrages. De nombreux pays ont ignoré ces techniques comme les Pays Bas et les Etats Unis. A présent leur patrimoine est ruiné et la facture est colossale. Le problème avec la mise en pièces de nos services publics et du réseau des labos centraux nationaux tient à ce que ces techniques se perdent et que donc à terme nous connaitront les mêmes problèmes. Les anciens nous ont donné un patrimoine fait de maçonnerie de pierre heureusement sans quoi il y a belle lurette que les services des bacs auraient été reconstitués.

     

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  • #872091
    Le 26 juin 2014 à 12:23 par LEPAGE
    Le cancer des ponts

    cette info n’est pas récente, j’avais déjà lu ça il y a quelques années. Les rigueurs du climat aux U.S.A. ajoutées à un manque d’entretien font que de gros problèmes surviennent detemps à autres. Il y a déjà eu des ponts détruits pour cette raison.. Depuis quelques temps, je constate que nous suivons le même chemin, conséquence directe du développement du circuit autoroutier on ne peut pas tout faire. Cependant l’argent des péages pourrait suffire à entretenir les autoroutes et l’entretien des nationales et départementales via l’impôt. Il y a un problème à la fois de définition dela politique, de morale et de capacité à assurer une bonne gestion, et là nous sommes dansletrou.

     

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  • #872187
    Le 26 juin 2014 à 13:35 par Palladio
    Le cancer des ponts

    Le 22 septembre 1992 la crue de l’Ouvèze a emporté tous les ponts modernes de Vaison-la-romaine - sauf le Pont Romain, vieux de 2000 ans, qui a tenu ! Quelle est l’espérance de vie des constructions actuelles en béton armée ? Pas plus de quelques dizaines d’années . Et regardez les milliers de splendides immeubles en pierre de taille, tous construits avant 14, et les effroyables merdes construites actuellement . Comparez l’arc de triomphe de l’Etoile, qu’ils ont mis 40 ans à construire, et sa caricature dérisoire appelée "Grande Arche", construite en quelques mois, et vous aurez une idée de la décadence de l’architecture . Le Corbusier est le papa de bien des immeubles-clapiers pour humains, mais lui-même vivait dans un manoir 18ème...

     

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  • #872851
    Le 26 juin 2014 à 18:37 par jacques
    Le cancer des ponts

    sel ou pas sel, le béton durant les 40 premiers année de sa vie ne fait que durcir et bonifier après cela il commence doucement à perdre en qualité c’est la normalité du béton ,, si en plus on à tiré sur la qualité des mélange au départ cela va encore plus vite bien sur !!

     

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    • #874105
      Le Juin 2014 à 13:34 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Le cancer des ponts

      @ jacques

      Très juste, en fait, ce qu’il faut retenir c’est que plus la masse de béton (volume en conséquence aussi) est importante par rapport à sa surface soumise aux contraintes extérieures, plus il aura une grande durabilité de ses propriétés mécaniques.
      Ainsi, un barrage dédié à la production d’électricité dont l’épaisseur peut être de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur à sa base n’en finit pas de se "solidifier à cœur" (le processus prend des centaines d’années) alors qu’un pan de mur fin se dégrade rapidement.
      Les structures creuses comme les piles de pont contemporains sont donc vouées à se dégrader rapidement à défaut de traitement particulier au départ. Après, il y a aussi la qualité et la quantité des aciers utilisés qui jouent leur rôle, mais de ce côté-là (avec le béton précontraint en particulier), nous serions plutôt dans une phase d’amélioration constante.
      A ce sujet d’ailleurs, et pour ceux qui auraient des "certitudes" bien ancrées, des aciers prétendument obtenus qu’avec la technologie des hauts-fourneaux (généralisés au XVIII ème siècle, encore lui tiens) ont permis de ceinturer la partie haute de certaines cathédrales au... "Moyen-Age" !

       
    • #876253
      Le Juin 2014 à 03:46 par Mansur
      Le cancer des ponts

      @ Heureux qui, comme Ulysse.., il existe en Europe des traces de haut fourneaux dès le Moyen Age Classique (XIe-XIIIe siècles).

       
    • #877526
      Le Juin 2014 à 10:46 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Le cancer des ponts

      @ Mansur

      Oui, très vrai, mais c’est bien le problème, ces "traces" sont en droite ligne de toute la connotation péjorative d’une époque portée par le terme "Moyen-Age". Mon ambition est justement de démontrer que ce qui nous est présenté comme récent ne l’est peut-être pas...
      D’ailleurs, en parlant des aciers du "Grand-Age spirituel", on leur trouve des termes exotiques comme "fer d’Espagne" pour les désigner, c’est joli non ? Une nation qui est à l’origine des aérostats va chercher son acier ailleurs... Mais bon, il y a eu Bouffon (oh pardon, Buffon) pour nous sauver la mise avec ses "lumières" et qui avait quand même ce mérite de ne pas être trop copain avec Voltaire, c’est déjà ça !

       
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