Les romains ne parlaient pas italien (langue qui n’existait pas encore) mais latin. L’italien est un dialecte issu du latin, une sorte de latin abâtardi, tout comme le français.
J’en profite pour rappeler un fait largement occulté : le latin ne s’est imposé dans la population française qu’au moment de la chute de l’Empire romain, à la faveur de la pratique religieuse, le latin étant devenu la langue de l’Eglise.
On a tendance à calquer sur l’Empire Romain les agissements de la République : or, les Romains n’ont jamais imposé le latin dans la vie courante et n’ont jamais interdit de pratiquer leur langue aux Gaulois (ou autres). Et les romains les plus instruits préféraient généralement le... Grec.
Contrairement à ce qu’on répète à l’envie, les Français ne parlent pas une langue latine parce qu’ils ont été conquis par les Romains, mais ils ont choisi le latin par honneur pour la religion, et s’il ne s’était agit que de colonisation romaine il y a longtemps que le latin aurait disparu de Gaule et peut-être même d’Italie, les deux ayant d’ailleurs été conquis par des peuples germaniques.
Les pays germaniques ne parlent pas une langue latine parce que leur pratique religieuse s’est faite en langue vernaculaire de préférence au latin. Ce sont deux modèles d’évangélisation différents, également valables. En outre, les pays germaniques se sont convertis plus tardivement que la Gaule, une des toutes premières nations chrétiennes.
A noter aussi que le latin pur est une langue savante qui a rarement été en usage dans la vie quotidienne, elle a presque toujours fonctionné en parallèle de dialectes. En d’autres termes, le français n’est pas un latin qui aurait progressivement dégénéré, mais c’est un dialecte distinct qui s’est constitué en parallèle du latin, puis érigé en langue savante à la Renaissance en concurrence du latin.