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Madrid et Barcelone poursuivent le dialogue de sourds

C’est une fin de non-recevoir qu’a servi mardi le gouvernement espagnol à l’exécutif catalan qui souhaite négocier avec Madrid un référendum d’autodétermination pour la région, estimant avoir été conforté par le vote symbolique de dimanche qui a attiré 2,3 millions de personnes. Artur Mas a annoncé avoir adressé une lettre au chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, pour « inviter le gouvernement à créer les conditions d’un dialogue permanent ».

« Le droit à l’autodétermination que vous demandez n’est pas possible, ni dans cette Constitution ni dans aucune des démocraties voisines », a déclaré avec force la vice-présidente espagnole, Soraya Saenz de Santamaria, en réponse à une question qui lui était posée au Sénat, à Madrid. « Si ce que vous voulez c’est l’indépendance de la Catalogne, alors il sera difficile que nous parvenions à un accord », a-t-elle ajouté, à l’adresse du sénateur Josep Lluis Cleries, de la coalition nationaliste CiU au pouvoir dans cette région du Nord-Est de l’Espagne. « Ni ce parti, ni ce gouvernement ne donneront leur voix à un accord de sécession. »

Une lettre

À la mi-journée, le président de l’exécutif catalan, Artur Mas a annoncé qu’il avait adressé une lettre au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Considérant que le vote du 9 novembre avait été un point culminant après les importantes mobilisations de citoyens catalans favorables à l’autodétermination, il a appelé M. Rajoy à ne pas « ignorer la réalité ».

M. Mas a donc renouvelé son souhait d’obtenir l’organisation en Catalogne d’un véritable référendum d’autodétermination, comme il l’exige depuis un an. Madrid n’a jamais laissé le moindre espoir à cette possibilité, estimant que seul l’ensemble des Espagnols sont en droit de se prononcer sur l’avenir de l’une des 17 régions espagnoles. « Ce que nous avons entre les mains ne peut se résoudre qu’avec de la haute politique et un sens de l’État », a argumenté M. Mas.

Du temps…

Au-delà des mots, les deux camps ont semblé se laisser du temps pour affiner leur réponse et leurs stratégies. Le procureur général de l’État, Eduardo Torres Dulce, a ainsi fait savoir qu’il prendrait son temps pour décider s’il y avait lieu d’ordonner des poursuites en liaison avec la consultation de dimanche, organisée par l’exécutif catalan en dépit de son interdiction par le tribunal. « Les temps de la justice ne sont pas ceux des politiques ni des médias » a-t-il dit.

M. Mas a également annoncé qu’il prendrait plusieurs semaines pour affiner sa stratégie, toujours tendue vers un seul objectif : le droit à l’autodétermination. « Peut-être que nous n’aurons pas le choix et qu’il faudra des élections » a-t-il concédé, n’écartant pas complètement d’organiser des régionales anticipées — les prochaines devaient avoir lieu en 2016 — au cours desquelles les partis se positionneraient exclusivement pour ou contre l’indépendance.

« Dans les prochains jours, je convoquerai un cycle de discussions avec les formations politiques catalanes » favorables au référendum et au droit à décider, a-t-il annoncé. L’objectif, a-t-il ajouté, sera d’écouter les propositions et de voir quel est le degré de consensus sur le recours à des élections.

Selon l’analyste José Antonio Zarzalejos, ancien directeur du journal conservateur ABC, ce scrutin anticipé sera probablement la prochaine étape, en février au plus tard, car il faut au moins 55 jours entre deux scrutins et des élections municipales sont déjà prévues en mai. En attendant, « il n’y aura aucun mouvement à Madrid » a-t-il assuré en considérant que le gouvernement attendra de voir quel est le véritable rapport de forces sur le terrain.

Il a en outre estimé qu’il n’y aurait aucune avancée concrète avant les prochaines élections législatives, prévues dans un an : « Rajoy ne donnera rien, car son électorat ne le lui pardonnerait pas. » La « solution, n’interviendra qu’au cours de la prochaine législature » a-t-il assuré.

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7 Commentaires

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  • Ah ces indépendantistes, quels bonimenteurs....

    De simples comparaisons permettent de mesurer l’ampleur de la déconvenue subie ce 9 novembre par les séparatistes catalans :

    Lors des élections de 2012, les Catalans ont accordé environ 2,1 millions de suffrages aux partis séparatistes aujourd’hui représentés au Parlement régional. Sans compter tous les petits groupements indépendantistes qui n’ont pas obtenu de siège à Barcelone, le mouvement séparatiste a donc au moins perdu 300 000 électeurs en deux ans.

    Lors des manifestations de la Diada (fête régionale du 11 septembre), cette année, certains décomptes des autorités catalanes avaient recensé 3,5 millions de participants, soit presque deux fois plus que les votes favorables à l’indépendance dimanche. Où sont passés les 1,7 millions de manifestants manquants ?

    Enfin, ramenés au nombre d’électeurs, les partisans d’une séparation totale de la Catalogne d’avec l’Espagne, ont représenté dimanche dernier entre 29% et 33% du corps électoral seulement. Le soutien des Catalans à l’indépendance est donc très largement minoritaire. Deux Catalans sur six se sont déplacés et 1,8 Catalan sur six a approuvé la politique séparatiste soutenue par le parti d’Artur Mas ou celui d’Oriol Junqueras. C’est pourtant cela qui est présenté aux Français comme un « pari réussi », une « mobilisation massive » ou une « nette victoire » !


  • Les bourgeois de Catalogne ne veulent plus douiller pour les claque-dents - pardon, les "sans dents", d’Andalousie... Curieux qu’on ait l’air de les soutenir à E&R...


  • #1027675

    E et R ne soutient pas ces indépendantistes... Ils n’ont d’autres buts que la division des pays européens en provinces plus faciles à faire marcher droit.
    Pendant que l’Espagne se débat avec des problèmes sociaux graves, il se trouve des " indépendantistes " pour enfumer tous les espagnols...où est la grande Espagne ???


  • #1027740

    Vive la liberte du peuple Catalan en deplaise aux colonialistes qui peuplent ce site et qui ont pour bible les propos du négationiste hillard qui se permet de nier l existence de Nations millénaires et bien plus ancienne que la sienne.
    Pourquoi mettre toujours ses livres pour accompagner les articles sur la Catalogne ? Pourquoi ne pas mettre des ecrits du raciste Netanyaou pour accompagner des articles sur la Palestine ?

     

    • Pourquoi la Catalogne, région la plus endettée d’Espagne, a t-elle tant besoin de Madrid pour venir quemander 5 milliards d’euros auprès du méchant état colonisateur ?
      Vous me faites rire, vraiment.


  • Je soutiendrais la volonté des Catalans d’obtenir l’indépendance de la Catalogne s’ils voulaient également instaurer la démocratie dans leur pays. Hélas, ils entendent conserver un Parlement et des partis politiques et prouvent donc leur haine de la démocratie.


  • Il est intéressant de constater, sur Wiki (googler "Partis régionalistes, autonomistes ou indépendantistes") le nombre de partis régionalistes créés par région entre 2000 et 2010, jusqu’à 5 par région !

    Bien sûr, tout cela est naturel et spontané.

    Et ce qui se passe dans le reste de l’Europe également.