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Marcel Gotlib, le père de Gai-Luron et Superdupont, est mort

14 juillet 1934 – 4 décembre 2016

Il avait une tête de syndicaliste FO, mais pas vraiment la mentalité de la maison. À vrai dire, Gotlib n’était ni de droite ni de gauche, il était du milieu... de l’humour, ce médicament universel. C’est le premier, en France, à avoir déconné avec tout, ce qui donnera la Rubrique-à-brac, fourre-tout génial, pour l’époque, où il laissait libre cours à ses délires. Le succès aidant, il ne se satisfera plus de simples planches, puis de simples albums, mais créera son propre journal. L’aventure Fluide Glacial commencera comme un gag le 1er avril 1975.

 

 

Les années 60-70 furent propices à l’inventivité, dans tous les domaines. La musique et le dessin, auparavant confisqués par les adultes, tombent en quelque sorte dans le domaine public, au moment même où l’augmentation du niveau de vie permet aux nouvelles générations de s’approprier les nouveaux biens de consommation culturels. D’un côté, explosion de la production de divertissement pour les jeunes, de l’autre, solvabilité grandissante du public adolescent des 30 Glorieuses. Résultat de cette rencontre sociologico-économique, la fabrication de princes de la culture populaire. Rock et BD sont nés jumeaux.

La France, si elle ne touche pas une bille en rock, rapport à la piètre formation musicale infligée aux enfants dans les écoles, sera par contre en pointe dans l’univers de la BD, notamment d’humour. Si bien que naîtront en même temps les grotesques yéyés et les stars de la BD comique. On n’a rien à envier aux Américains de ce point de vue. Mais si le rock anglo-américain traversera la Manche et l’Atlantique une décennie plus tard, mettant un terme à la pseudo-résistance yéyé, l’humour français ne franchira pas les océans dans l’autre sens. Trop stylé, trop fin, trop national.

 

 

Deux journaux principaux formeront et « matureront » les meilleurs dessinateurs, qui deviendront les maîtres incontestés du genre : Hara-Kiri et Pilote. L’un trash, destiné aux adultes, l’autre aux jeunes et aux enfants. Certains feront le voyage du premier au second, au gré des ennuis politiques du Pr Choron. Mais ces deux cadres deviendront vite trop étroits pour les créateurs concernés, qui donneront naissance à leurs propres magazines, plus spécialisés encore. Ce sera Fluide Glacial (gaudriole pour ados), Métal Hurlant (SF et fantastique), L’Écho des savanes (humour branché), Charlie Hebdo (humour et actu), avec, dans le désordre, Brétecher, Druillet, Solé, Fred, Gébé, Mandryka, Lob, Reiser, Alexis, et même le jeune Serge de Beketch, en passant, un temps auteur pour Reiser dans Pilote.

Depuis, la BD française s’est structurée, hiérarchisée, segmentée, industrialisée, le marketing a remplacé la folie créatrice des premiers temps et des précurseurs, mais les monstres sacrés ont traversé le temps. Le chien de Gotlib, Gai-Luron, à l’air un peu con mais au bon sens imbattable, ou sa coccinelle, sorte de Jiminy la conscience, dont le principe a été repris en souris par Plantu dans Le Monde, sont aussi célèbres que leur créateur. S’intéressant à tout, particulièrement à la musique et au cinéma, Gotlib pond des albums thématiques, la série des Cinémastock avec Alexis, un travail critique anti-intellectuel derrière la déconne. C’est Superdupont, le sauveur de la France armé de pinard, claquos et béret, qui cassera la baraque à la fin des années 70, sur le thème alors popularisé par Raymond Barre de « l’anti-France ».

 

 

Un héros national pantouflard et viril, qui éloigne les dangers qui guettent une France adorée, symbolisée par une pin-up bien de chez nous, Georgette. Le tout au troisième degré, mais qui montre, avec humour, l’amour que Gotlib porte à son pays. Il disait lui-même se sentir « plus français que juif ». Car Gotlib (Gott Lieb, aimé de Dieu, presque Dieu donné), est un petit juif d’origine hongroise dans la France des années 30. Aucun rapport avec Sarkozy, issu de la grande bourgeoisie magyare, qui passera son enfance dans un hôtel particulier, alors que le petit Marcel sera planqué trois ans dans la campagne normande, au milieu des bestiaux. Il déclare dans Le Monde du 13 mars 2014 :

« Je suis avant tout athée mais, d’un autre côté, je suis juif et si je ne l’étais pas, je serais athée également. Tout ça est bien compliqué. Disons que je suis obligé de tenir compte de cette appartenance à la judéité dans la mesure où cela a été la dégringolade du côté de ma famille pendant la guerre. Cela dit, je n’ai jamais claironné que j’étais juif. Mais je ne l’ai jamais caché non plus. »

La judaïté de Gotlib tient une place étonnamment grande dans sa fiche Wikipédia et dans les articles qui lui rendent hommage, alors qu’elle n’apparaît quasiment jamais dans son œuvre. La mort de son père en déportation en Allemagne ne sera pas non plus prétexte à jérémiades permanentes ou à vengeance tardive : toutes ses émotions et souffrances passées seront transformées en humour, cette forme supérieure de pardon. La récupération judaïque de Gotlib, à son corps créatif défendant, n’est pas à l’honneur des journalistes, qui cherchent peut-être, de la sorte, à se faire bien voir du lobby sioniste en France. Les voies de la soumission sont impénétrables.

Gotlib, lui, n’aura jamais été soumis qu’à une chose : son imagination débordante.

Bon, maintenant, assez blablaté, place aux images. Enfin, aux paroles. On est sur France Culture, le 10 octobre 2011, dans l’émission À voix nue :

 

 

Toujours sur France Culture, en 1997 :

 

 

Un sujet d’Arte sur le dessinateur en avril 2014, dans l’émission Bits :

Hommages à l’humour non-aligné sur Kontre Kulture

 

Plantu, ou la normalisation du dessin d’humour, sur E&R :

 



Article ancien.
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40 Commentaires

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  • #1616501

    La France a perdu un génie. Gotlib était pour moi très au-dessus des autres en matière d’humour hors norme et basé sur une grande culture.

    Un peu le contraire des pseudo-intellos chiants et vides qu’on nous impose aujourd’hui sur France Culture.


  • #1616502

    Je n’ai jamais réussi à savoir s’il fallait prendre Superdupont comme une dérision anti-franchouillarde ou une des meilleures expressions de l’esprit français, mais je l’ai toujours considéré comme la solution n°2. Et après tout, moi qui suis un rejeton de la génération 80, je me dis qu’il me manque des clés de subtilité pour comprendre le monde d’avant, et qu’en fait, Superdupont est peut-être bien autant une dérision qu’un pur produit du génie français, et que ce génie passe même par la dérision.

    Et puis petite anecdote : j’ai eu le deuxième plus irrésistible fou rire de ma vie grâce à la Rubrique-à-brac, et à la bibliothèque municipale, en plus.

    Merci Gotlib et que Dieu ait ton âme.

    PS : pour un exercice déroutant comme Superdupont, dans un autre genre, regardez la série "Au service de la France". Nos services secrets des années 60 sur le ton OSS117.

     

    • @superdupont

      Comme je vous comprends : les gags récurrents du style "Comment Newton a découvert la loi de la gravité" ou bien les aventures de l’Inspecteur Bougret et de son adjoint Charolles et sa sempiternelle "réponse à votre honorée du tant..." Mon Dieu ! les barres de rires !

      Puisse Gotlib reposer en paix ! Les années 60-70 ont été, pour la France et la Belgique, particulièrement fertiles en grands génies de la BD, grâce leur en soit rendue !


  • Je suis bien d’accord sur le fait que rien ne transparait de sa judéité dans son œuvre.

    Un bel exemple de pudeur sur le sujet, l’enfant qui chante sa comptine à sa chèvre dans une étable pendant des jours d’orage, dans une rubrique à brac.
    http://a401.idata.over-blog.com/0/5...



  • La France, si elle ne touche pas une bille en rock, rapport à la piètre formation musicale infligée aux enfants dans les écoles



    comme si c’était de l’école que dépendait un genre de "formation" qui passe surtout par l’école buissonnière... N’est bon dans un domaine que celui qui sacrifie son temps libre à la chose. Les français n’ont pas touché une bille en rock car ils ont préféré consacrer leur temps libre à autre chose que gratter de la guitare. Reste à savoir quoi, et pourquoi les anglo-saxons n’avaient, eux, rien de mieux à faire.

    Concernant le sujet GOTLIB, je reviens toujours à cette question : que serait un monde inversé par rapport au nôtre (c’est à dire à l’endroit), où la culture (musique, cinéma, presse) serait une chasse gardée de la (vraie) droite, et donc où l’essor "culturel" des 30 glorieuses serait intervenu sous domination franchouillarde. A quoi auraient ressemblé les BD comiques ? les paroles de chansonnier ? les films de "société" etc... Je me poile souvent tout seul en imaginant quelques scenarii à l’humour noir qui ne seraient pas estampillés gauche (quelque chose de réellement drôle, quoi). Et puis je me dis : un tel monde aurait-il eu besoin de tout ce fatras de dérision, potache, détournement, pour supporter ses contradictions ?... c’est cela qui est accablant : les auteurs ou héritiers fidèles de ce système n’en sont même pas heureux. Tout se passe comme prévu, le présent est toujours plus à l’avant-garde de lui-même, et cela ne les rend pas plus sereins. Il leur faut passer leurs nerfs, en permanence, sur une créativité un peu "dérangée" (érotisme, injure, persiflage, ricanements, caricatures) pour supporter tout un tas de contradictions internes qu’ils subissent en préférant les ignorer.

    Ce que la gauche nomme "créativité", ce dont elle se réclame en permanence, et dont elle revendique la parenté (à juste titre à mon sens), n’est-ce pas simplement un besoin qu’elle s’est créée du fait des monstrueux dérangements et insuffisances dont elle est la cause ?
    un monde classique, amoureux du classicisme, et qui le porte bien, aurait-il perdu son temps dans le défouloir de la subversion ? d’une BD à la Edika ? à quoi aurait-il consacré sa contemplation ?

    PS : je parle ici en termes généraux/catégoriels, inutile de m’opposer une ou deux exceptions qui ne font que démontrer la libéralité de la vie et ses infidélités faites aux théorèmes.

     

    • #1616570
      le 05/12/2016 par Pampers/ placements/ gestion de patrimoine
      Marcel Gotlib, le père de Gai-Luron et Superdupont, est mort

      La France, elle n’est pas pas forcément mauvaise, en rock : il y a surtout eu une orientation opérée conjointement par l’industrie du divertissement "française" et par une volonté des politiques au pouvoir, avec l’outillage de tous leurs satellites appropriés...
      La révolte a été contenue dans la voie de garage du rap français.
      D’ailleurs, dans les cités, longtemps les maghrébins ont été réfractaires au rap, pour finalement basculer dans l’extrême inverse caricatural, répondant à une quête désespérée d’identité, comme "l’islam" de vitrine.
      Mais sinon, les mecs écoutaient de la soul, du funk, Hendrix... de la musique où il faut savoir au minimum jouer d’un instrument.


    • Je pensais qu’à l’époque 60/70 la musique était plus présente. Les fanfares d’entreprises et des corporations (militaires, pompiers, cheminots, etc) avaient-elles déjà disparues ? C’est surtout que le rapport à la musique avait changé. Les bobos et les beatles ont éloignés le public (les couches populaires s’entend) de la pratique musicale, il faut le reconnaître.


  • La fameuse case d’un Rubrique à Brac où il évoque son accueil dans une ferme par des paysans qu’il semble mépriser, remarquée seulement des années après, fait partie des "révélations" qui m’ont aidé à comprendre à quel point la "contre-culture" des années 1970 - qui paraissait alors si fraîche et subversive - accompagnait en fait et précédait même souvent l’avènement d’une domination encore plus abominable que la société figée d’où nous sortions.

    Depuis j’ai plus de mal à franchement rigoler en lisant ses BDs. Bah ! Le Petit Pince qui bafouille "Efougnié afagnagna unfougnon", quand même... !

     

    • #1616602

      La fameuse case d’un Rubrique à Brac où il évoque son accueil dans une ferme par des paysans qu’il semble mépriser, ...



      De la même façon qu’on peut se moquer de certains juifs sans être pour autant un antisémite indécrottable, il est tout à fait possible de se payer la tronche de certains paysans sans être un connard de bobo parisien à la mode Anal+. Gotlib était libre, tout simplement. Il partait de son vécu et se foutait pas mal des catégories.

      Et pour venir d’un milieu de paysans, je peux vous dire qu’on en trouve, des caricatures, au fin fond des campagnes.


  • Ses nombreuses caricatures de Jesus Christ et de saint Pierre montre aussi son côté petit juif moqueur des autres goys mais jamais des siens, 2 poids 2 mesures ?ou alors autre époque ou les 2, mon général ?

     

    • #1616586

      Franchement je pense que c’est du au contexte de 68, c’était une époque de contestation et de dérision, il ne faut pas réduire un type comme ça à sa judéité. Et il a du recul par-rapport à tout ça. Dans l’émission il explique que Super Dupont c’était l’humour de l’époque, que maintenant ça ne ferait plus rire. Quand il parle d’un film qu’il a fait avec d’autres auteurs "révolutionnaires" de l’époque où ils libèrent les prisonniers, il se dit que cette idée n’était pas très bonne avec le recul. Par rapport à ses histoires d’humour cochon il dit aussi que ça l’a beaucoup libéré parce qu’il était très frustré, et puis ensuite il est passé à autre chose ça ne l’intéressait plus.
      Donc je pense que c’est un mec profondément gentil et pudique qui utilisait l’humour pour parler de manière détournée de ce qui le touchait, mais jamais méchamment. Il n’a jamais été revanchard par-rapport à son père qui est mort dans les camps, il n’en veut même pas aux gamins de son école qui étaient antisémites par convention.
      Comme Goscinny ce sont des Juifs qui n’ont jamais clamé leur judéité pour se sentir au dessus des autres et je trouve ça très respectable. D’ailleurs à la fin de la dernière émission quand Eric Aeschimann lui tend une perche et lui demande si le fait d’être juif est important pour lui, il fait un pied de nez et dit que quand même un peu parce qu’il aime toutes les histoires mythologiques et qu’il aime beaucoup la vie de Jesus, et qu’il a la bible chez lui...
      En tout cas merci à lui pour toutes ces grandes rigolades qu’il m’aura procurées quand j’étais jeune...


    • #1616708

      Faux. Il a aussi dessiné Yahvé là : http://ateliercreatif.free.fr/GOTLI...

      Et Moïse en couv’ du RAB 2 : http://www.bedetheque.com/BD-Rubriq...


    • #1616817

      @ahbon Sans doute simplement Gotlib se moquait du catholicisme et ne faisait pas beaucoup d’humour sur les croyances juives (ni sur les autres d’ailleurs) car son public était, à l’époque, majoritairement français ’’de souche’’ si vous permettez l’expression. D’ailleurs Gotlib caricature plutôt l’établissement que la foi.

      Ce qui est incroyable c’est qu’on reproche à un juif qui s’en tape -et surtout qui est mort, merde Gotlib, de ne pas avoir assez parlé des juifs... c’est dingue, il faut se ressaisir.


  • Dans la 3è vidéo, à 2mn33... le pastiche prémonitoire de l’Attentat de Nice grince un peu.

    Gotlib affirmait que son maître était Franquin, en effet moins perdu dans la dérision anglo-amerloque, plus sensible et écolo (“Idées noires”).


  • Immense respect à vous Marcel, vous m’avez fait pleurer de rire à m’en rouler parterre. Vous êtes aussi génial qu’un Franquin ou qu’un Goscinny, merci pour toutes vos créations !


  • #1616555
    le 05/12/2016 par Pampers/ placements/ gestion de patrimoine
    Marcel Gotlib, le père de Gai-Luron et Superdupont, est mort

    Triste occasion pour le rappeler, mais fondamentalement : l’artiste, c’est l’exception !


  • Helmut ! Accroche-toi au barbelé, je retire l’échelle du mirador...

    J’oublierai jamais les BD de Gotlib que je lisais dans Pilote, ou en album, dans la voiture pendant que ma mère me conduisait chez le psy. Condition imposée par le proviseur du bahut pour ne pas me virer parce que j’étais trop "fantaisiste, frondeur et incontrôlable".
    Merci Gotlib. Grace à toi j’ai continué.
    Mort aux cons ! Gotlib est vivant...


  • #1616561
    le 05/12/2016 par insoumis de la dissidence
    Marcel Gotlib, le père de Gai-Luron et Superdupont, est mort

    Je vous parle d’un temps que les moins de....

    Qui a connu la première BD de Marcel Gotlieb : Nanar, Jujube et Piette ?
    Il y avait un personnage secondaire qui subséquemment allait devenir une star : Gai Luron...

    Marcel avec ta voix titi parisien un poil trainante, ton humour à froid que môme je ne comprenais pas mais qui faisait marrer mes parents.
    Marcel avec tes migraines chroniques, atroces mais qui ne t’empêchaient pas d’être le joyeux compagnon que l’on sait, à la plage ou autour du barbecue familial.

    Allez, salut et ne regardons plus jamais les coccinelles du même œil :)


  • RHÂÂÂÂÂÂÂ LOVELY !

    Repose en paix, SuperMarcel, et passe le bonjour à Franquin.


  • J’ai toute la collection des Rubriques à Brac, Dingodossier et Truc en Vrac à la maison. Je lisais ça quand j’étais jeune adolescent. Mes parents me les chipaient quand je les avais fini et ensuite je les prêtais à un ami qui était fan. Qu’est ce que j’ai pu rire !

    Merci Gotlib !


  • Gotlib continue à me faire hurler de rire. On a perdu un très, très grand.
    Son God’s Club est absolument Légendaire.


  • #1616618

    Les gens qui ont vraiment souffert se plaignent peu.

    Gottlieb enfant a été caché à la ferme, il s’est caché lors d’un contrôle, quand des allemands sont venus à cette ferme.

    Il a perdu pas mal de membres de sa famille.

    Vous savez, quand on est petit, être hébergé à la ferme chez des étrangers....

    Le "confort" rustique de la campagne ces années là, sans nouvelles de ses parents tous les mois ...

    Je retrouve chez Gottlieb la même attitude que chez mes grand parents.

    Après, certaines de ses blagues sont des délires sans trop de fond. Mais d’autres sont de vrais blagues d’anthologie.

    Je me rappelle encore du Chevalier Gai Luron, ayant brisé son épée Excalibur, a été avalé par le dragon, et a réussi à le vaincre en l’empoisonnant avec son "élixir qui chante" (le Coca Cola)


  • Un dessinateur, scénariste.
    Avec beaucoup de créativité ironique.
    Mais vraiment un plouc.
    D’aller dire que ceux qui l’ont caché durant la guerre étaient des Thénardiers, cela vient-il de ce qu’il a pu retourner dans sa tribu écorchée d’un membre et a pu réapprendre le mépris ?
    Que sont devenus les fermiers Coudray ?
    Fusillés à la Libération par les communistes sur ordre de la communauté reconstituée ?
    Pour ne pas payer le solde des pensions.
    Tout doit être gratuit pour ces gens-là.


  • Gotlieb, Wolinski, Cabu... tous ces dessinateurs ont donné à la jeunesse des idoles foireuses, Superdupont, le bobo gaucho, le beauf facho pour remplacer les anciens héros de BD.

    A l’époque de Gotlieb il y avait aussi Reiser.

    Niveau humour, Reiser c’est Dieudonné, Gotlieb c’est Michel Leeb.

    Vous en doutez ? Mettez cote à cote une planche de Reiser et un planche de Gotlieb.


  • Hahaha, chapeau bas E&R ! Hier soir, après avoir appris la mauvaise nouvelle, j’étais persuadé que vous alliez consacrer un article à cet immense génie. Hélas trop cultivé et subtil pour être lu par les générations actuelles... Merci à vous, et paix à son âme.


  • #1616666

    Vous censurerez peut-être, mais j’essaie.

    Vous écrivez "toutes ses émotions et souffrances passées seront transformées en humour, cette forme supérieure de pardon

    " Je ne crois pas que l’humour - à quelques exceptions près,- soit une forme de pardon, et encore moins "supérieure".
    Celui de Gotlib, notamment, dont je reconnais le grand talent artistique, était souvent fait d’une haine sournoise (voyez l’image qu’il donne des scouts, des religieux en général). Je pense qu’il a beaucoup contribué à rendre la jeunesse de son époque plus cynique.


  • Le dieu de la bd à la française n’est plus ... Immense respect à cet homme qui aura régalé des générations de lecteurs , dont je fais partie , avec son humour complétement décalé et barré , toujours des barres de rire en lisant les vieux cinémastocks et autres ragnagna , hamster jovial , pervers pépère ... allez , salut l’artiste !


  • Alors là ... Mince, pour le coup ,lui je l’aimais bien.
    Qu’est ce que j’ai pu rire avec ses bandes dessinés.
    Il m’a appris les bases de l’humour.
    Paix a son âme.


  • https://kichkafr.files.wordpress.co...

    Ouais une autre époque ....


  • Un très grand dessinateur s’en va.
    Les dessinateurs de Charlie, Cabu mis à part, passeraient pour des demeurés.
    Un style graphique que l’on peut retrouver chez Azim, je trouve.
    Salut l’artiste, tu auras inspiré un tas de dessinateurs professionnels,
    comme amateurs.


  • Adieu l’artiste, et merci pour tout !

    RIP


  • Gai-luron, j’ai toute la collection, c’est toute ma jeunesse... quand je souhaitais rire ou quand j’avais le cafard ou lorsque j’étais inondé de tristesse, une seule solution : lire gai-luron !
    C’était mon personnage préféré de Gotlib !
    Rien que dire le nom du perso, je me souviens des scènes de rire, chez son édito ou celle de la crêpe, un régal.
    Que Dieu tout puissant de l’univers, lui ouvre les portes de son royaume
    Allah yarhamha : "Dieu lui accorde sa miséricorde ou Dieu lui fasse miséricorde"


  • Gai-Lûron dans Pif-Gadget, l’hebdomadaire de mon enfance.


  • Gotlib a bénéficié de l’instruction littéraire française, encore raffinée à son époque, de l’aide de rudes agriculteurs, d’un beau pays pas encore trop bétonné, de la mentalité française et/ou chrétienne de l’époque (on est responsable de ses propres actes, on bosse pour vivre), mais aussi "rouge" (le Centre, l’Auvergne, la Creuse étaient pas mal communistes).
    Son talent personnel s’est ajouté au bagage culturel pour donner un très bon bédéiste, qui cependant n’a pas pu tout à fait cacher une certaine rancoeur ou une certaine influence bolcho.
    Imaginons-le plus heureux, élevé dans le Sentier, entouré de gens du Sentier plus occupés des marges bénéficiaires que de la littérature. Serait-il devenu Gotlib ?
    Non. Hanouna, peut-être ?


  • un grand nous quitte, paix à son âme !...la blague la moins drôle de monsieur Gotlieb vient de tomber... :( ....condoléances à Coccinelle, Gai Luron et tous les autres .


  • #1617215

    Gotlib, pour moi c’est le plus grand !
    Des "Dingodossiers" à "Rha lovely", j’ai tout aimé ! C’est lui qui m’a "dépucelé" en BD ! Avant lui, je lisais les BDs traditionnelles. Et vers 9-10 ans (dans les années 70s) je suis tombé sur un "Dingodossiers" et un "Rubrique à brac" de mon cousin... et là je me suis éclaté de rire comme jamais auparavant ! Quelques années plus tard, grace à fluide, j’ai découvert plein d’autre artistes dont Edika pour n’en citer qu’un.
    Ce qui est bien avec Gotlib, c’est qu’il y en a pour tous les gouts ! Du soft et gentillet avec la Rubrique et les dingodossiers, du plus pointu avec Cinemastock et du plus hard avec"Rha gnagna" et "Rha lovely" !
    Momo le morbaque doit être bien triste, et Isaac Newton doit être sous son arbre, étonné de ne pas recevoir de pomme sur la tronche...
    Merci Monsieur Gotlib !
    Une page se tourne ! ...si j’ose dire

     

    • merci, ça m’évite de dire exactement la même chose (même pour Edika)
      fluide et métal, on attendait ça avec impatience tous les premiers mercredi du mois. Goltlieb juif ? si vous le dites, je ne m’en étais jamais aperçu, par contre superdupont, lui c’était notre héros ( troisième degré fort bien compris par nous tous)
      salut à toi l’artiste


  • #1617276

    A son niveau génial : presque personne.

    Seul Pétillon avec l’Enquête corse.


  • Gotlib , on ne sera jamais antisémite , grâce à toi ....

     

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