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Solidarisme : réponse aux idiots inutiles de Mediapart

Par Serge Ayoub

Le 26 juin dernier, le site Mediapart [un blog affilié à Mediapart, ndlr] publiait une critique de la doctrine de Troisième Voie, le solidarisme. Alors que j’étais aux prises avec l’affaire Méric, cet article était passé outre mon attention. C’est néanmoins un devoir d’y répondre, tant cet article, par ses petits mensonges et la paresse intellectuelle qui s’en dégage, est un exemple abouti de la doxa de la gauche au pouvoir, et de la stratégie qui en découle. Un devoir, mais aussi un droit : celui de répondre aux cuistres qui nous jugent.

 

Le procès d’intention comme seule forme d’argumentation

Au risque d’être rébarbatif, penchons-nous d’abord sur la prose de ce Monsieur Pierre Crétois. Rendons-lui d’abord hommage, il a voulu éviter de sombrer, comme nombre de ses homologues, dans l’anathème et l’amalgame purs, en s’intéressant non pas à l’épouvantail médiatique que la gauche politique avait agité dès le début de l’affaire Méric, mais aux discours et à la pensée des solidaristes. Mais dès le début de son court article, la subjectivité du regard porté sur le solidarisme est si vive qu’elle interdit toute analyse dépassionnée.

Cela commence par le fait de mettre des guillemets à « Doctrine sociale » de Serge Ayoub, son premier intertitre. Comme si Serge Ayoub ne pouvait pas produire une doctrine sociale. Que celle-ci soit différente de la doctrine sociale de Mediapart, je suis prêt à le concéder. Pour autant, cela en fait-il une fausse doctrine, une doctrine dans les mots et pas dans les faits ? Du même acabit, les termes « prétendre », « brouille les pistes », « erreur et tromperie ». Passons sur la pauvreté du jugement produit ici, qui ressemble au copier-coller d’un forum antifa. Plus grave est leur position dans l’article : on les trouve au premier paragraphe. Monsieur Crétois a fait de longues études, mais oublie qu’on juge après exposition des faits, argumentation et contre argumentation.

Sauf qu’ici, avant ou après le jugement à l’emporte-pièce sur la tromperie que constituerait le message de l’engagement politique de mes camarades et moi-même, on ne trouve guère d’arguments et une seule source : une interview de moi donnée à un site Internet. Juge-t-on la pensée de Léon Bourgeois ou d’un autre à l’aune d’une interview ? Notre doctrine, avec ou sans guillemets, est pourtant disponible sur Internet, et les sites solidaristes en ont fait et en font une large publicité. Quand on prétend juger l’idéologie d’un groupe, on commence par lire les textes (livres, journaux, manifestes, tracts) qu’il produit. Sans cela on n’est plus un chercheur, mais un astrologue.

En vérité, ces termes qui disqualifient a priori une doctrine ne sont pas tant des jugements que des précautions oratoires. Crétois a peur, peur du jugement des petits inquisiteurs qui grouillent à gauche, et s’excuse à l’avance auprès d’eux d’écrire sur nous. Il le dira d’ailleurs lui-même : ce genre d’idéologie, « il faut s’en méfier et ne pas s’approcher des thématiques qu’elle agite ». Mais quelle pathétique panique intellectuelle ! Le camp des tolérants doit être bien sévère pour que ce pauvre Monsieur Crétois se soit senti à ce point obligé de montrer patte blanche avant d’oser apporter ne serait-ce qu’une légère nuance au concert d’insultes vociférées contre Serge Ayoub et les siens ! Tout cela ressemble aux mêmes précautions oratoires prises dans les revues universitaires soviétiques des années 70 !

Il suffit d’observer le comportement d’un troupeau de gnous chassé par une meute de lionnes pour s’apercevoir que la peur grégaire est très souvent liée à la bêtise. Le second paragraphe est ainsi une succession d’amalgames patauds qui tournent souvent au contresens. « [Pour eux] l’ennemi, c’est l’étranger », assène-t-il. Mais si Monsieur Crétois avait été moins sot ou moins lâche, il aurait pu écrire que nous avions organisé une manifestation le 2 février 2013 en soutien à la Syrie, et contre la politique étrangère de la France. On est loin du chauvinisme. Si Monsieur Crétois avait été moins paresseux, il aurait découvert que nous avions invité, au Local, des conférenciers ivoiriens, rwandais, libanais, russes, iraniens, algériens, et j’en passe. Si Monsieur Crétois avait été moins malhonnête, il aurait pu écrire que lorsque nous parlons des multinationales, cela comprend les multinationales françaises, que nous critiquons même plus volontiers que les autres puisque nous les connaissons mieux que les autres. Et si Monsieur Crétois avait lu, en bon universitaire qu’il prétend être, notre doctrine pour en juger, il se serait aperçu que nous n’avons ni haine ni peur de l’étranger.

Au lieu de cela, Monsieur Crétois se fend d’un ersatz de syllogisme : parce que je réfute pour le solidarisme le terme de « gauche nationale », trop réducteur à mon sens, je serais donc un nationaliste de droite, et donc d’extrême droite, ce nationalisme « mettant en échec [ma] stratégie ’’ni droite ni gauche’’ [1] ». Quand on lit de telles énormités, on hésite entre deux options : ou bien Pierre Crétois ment sur son CV et n’a en réalité jamais vraiment étudié quoi que ce soit, ou le fait même d’écrire sur Serge Ayoub lui fait perdre tous ses moyens intellectuels. À moins qu’il ne méprise à ce point ses lecteurs qu’il ait bâclé son article en une demi-heure, ce qui est tout à fait plausible de la part d’un chercheur qui n’a pas encore produit de livres et se contente de donner son opinion dans les ouvrages des autres.

 

Rien à voir avec le solidarisme de Léon Bourgeois ?

Monsieur Crétois se permet de renommer notre courant (sans en avoir rien lu) en « national-solidarisme ». Il avance que nous n’aurions donc « plus grand-chose à voir avec le solidarisme de Léon Bourgeois ». Léon Bourgeois défendrait l’État social, alors que nous ne ferions que dissimuler par un discours « socialisant » notre xénophobie. Voyons donc cela.

Voici le résumé que Monsieur Crétois fait de la pensée de Léon Bourgeois :

À l’origine, le solidarisme est, effectivement, une troisième voie entre le socialisme collectiviste et l’individualisme libéral. C’est du moins ainsi qu’il a été pensé par ses fondateurs : des députés radicaux à la fin du XIXe siècle. Le radicalisme était – comme son nom ne l’indique pas – un parti modéré de gouvernement proche des républicains, puis des socialistes, qui a tenu les rennes de la Troisième République à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ils gouvernèrent à un moment socialement important avec une orientation claire de l’État vers une forme d’État social (voir notamment les lois symboliques sur les retraites paysannes et ouvrières mais pas seulement).

Quelle était leur doctrine ?

Ils affirmaient qu’il y avait une solidarité entre les hommes d’une même société. La solidarité n’est pas, pour eux, un sentiment moral mais un fait social. Ils considéraient que nous étions tous liés les uns aux autres pour être ce que l’on est et avoir ce que l’on a. Ils étaient donc opposés à l’image du « self-made man » et aux robinsonnades savamment imaginées par les économistes libéraux.

Léon Bourgeois, qui fut président du conseil à cette période et qui a publié un livre fondateur en 1896, se fondait sur ce fait que personne ne dépend que de soi, pour affirmer l’existence d’une dette sociale de chacun envers la société. L’individu est redevable aux autres pour être ce qu’il est et avoir ce qu’il a, il n’est pas un atome séparé. Dire que l’on ne doit rien à personne et que l’on s’est fait tout seul n’a pas de sens.

Chacun doit donc payer sa dette sous la forme d’un impôt qui servira à subordonner une partie des biens collectivisés à des fins publiques. La solidarité des hommes fonde donc un principe de redevabilité de chacun à l’égard de la société. C’est ce que l’État social incarne.

Monsieur Crétois est obligé de nous concéder d’emblée que le solidarisme est effectivement une troisième voie entre socialisme collectiviste et individualisme libéral. Plus embêtant pour sa crédibilité intellectuelle, le fait que dès les premières lignes de La Doctrine du solidarisme, parue en octobre 2012, la proximité de pensée avec la troisième voie de Léon Bourgeois y est indiscutable, puisque j’y écris :

« Les deux concepts d’individu et de société se sont longtemps opposés, le solidarisme a pour finalité de les unir. »

Dépasser collectivisme et individualisme, est donc bien une ambition commune avec Léon Bourgeois. Quant à l’ambition d’État social dont parle Crétois à propos de Bourgeois, cela fut une revendication constante de notre solidarisme qu’il critique. J’écris d’ailleurs, page 56 de La Doctrine du solidarisme :

« Pour cette raison le solidarisme est le défenseur des justes acquis des travailleurs. Il refondera sur des bases actuelles les avancées du programme du CNR (Conseil national de la résistance). De même, la sécurité sociale, telle qu’elle a été organisée en 1945 a été un exemple réussi de redistribution solidaire. Il la rétablira dans toute la mesure du possible. »

On peut d’ailleurs ajouter que cette ambition, inspirée par la doctrine sociale de l’Église, a animé entre autres le Général De Gaulle (dont nous revendiquons officiellement l’héritage) et les grandes réalisations sociales de l’immédiat après-guerre. Notre conception est bien celle d’un État social concret, n’en déplaise à Mediapart.

Mieux, il y a une proximité philosophique profonde entre les idées du solidarisme que mes camarades et moi défendons et celles de Léon Bourgeois. Comme lui, nous affirmons qu’il y a une solidarité entre les hommes d’une même société. C’est écrit à la troisième ligne :

« Le solidarisme part de l’idée que l’homme peut se réaliser en tant que tel uniquement dans la société. »

Lorsque Crétois explique que pour Léon Bourgeois, « chacun doit donc payer sa dette sous la forme d’un impôt qui servira à subordonner une partie des biens collectivisés à des fins publiques. La solidarité des hommes fonde donc un principe de redevabilité de chacun à l’égard de la société », je trouve l’idée très similaire à l’argument développée dans mon livre :

« L’État qui adopte le principe solidariste n’est pas opposé à la démocratie, bien au contraire, il en est une forme achevée. Car à la liberté et à l’égalité des droits, principes acceptés peu à peu dans la plupart des États du monde et devenus pour cette raison des formules sans contenu réel, s’ajoute la coresponsabilité des membres d’un même État. C’est ce principe qui les soude, qui justifie la plupart des obligations : obligation de voter, de payer l’impôt sans exclusive, quel que soit son montant, obligation de participer à la défense nationale, obligation de se soumettre à la loi votée par les représentants du peuple… »

C’est en ce sens que je peux écrire à la première ligne de La Doctrine du solidarisme, sans trahir aucunement la pensée de Léon Bourgeois :

« Le solidarisme a pour objectif de replacer l’individu à sa juste place dans la société. »

Est-il besoin de parler de l’opposition de Léon Bourgeois au « laisser-passer/laisser-faire » ? Celle-ci ne se conçoit évidemment que dans un cadre national. Il y a même mieux, cette notion de dette s’exerce dans l’esprit de Léon Bourgeois non seulement vis-à-vis de la société, mais vis-à-vis ceux qui l’ont bâtie : nos prédécesseurs, nos ancêtres. En tant qu’individu, je dois protéger et conserver ce que je reçois de mes ancêtres, au sens élargi (à la communauté nationale) du terme. On est donc très proche du solidarisme de Serge Ayoub et de Troisième Voie : « C’est aussi une obligation morale de transmettre, faire perdurer et faire progresser le legs des générations passées au profit des générations futures », comme je l’ai écrit page 49 de la Doctrine. Cette proximité est d’ailleurs naturelle, puisque la conception que Léon Bourgeois avait de la solidarité se développait au sein d’une vision du monde où la grandeur de la France, le patriotisme et l’idée de Nation conditionnaient l’ensemble du champ politique de la Troisième République.

Plus décisive est la distinction que Pierre Crétois fait entre la solidarité comme sentiment moral et la solidarité comme fait social, Léon Bourgeois s’intéressant essentiellement à la seconde. La première est devenue le maître mot d’une gauche morale paternaliste, incapable de structurer une doctrine autrement que sous la forme d’un bougisme utopique. Les derniers mots de Crétois sont révélateurs « le sentiment, profondément civique, de leur dette envers tous les autres d’abord, et un idéal commun de progrès ensuite ». Bouillie typique d’une gauche qui fabrique sa pureté morale à partir de son impuissance politique. En universalisant le sentiment de dette « au-delà des frontières », la gauche en neutralise la puissance particulière, historique, nationale. En expliquant que l’on doit autant à un Tamoul qu’à son concitoyen, on ne se rend pas plus solidaire du Tamoul, mais on se rend bien moins solidaire de son concitoyen. L’envers du miroir de la gauche universaliste, c’est l’égoïsme affairiste de droite. Et rien ne mine plus l’État social dont parle Crétois que cette alliance du Crétin sans-frontiériste prêt à accorder tous les droits aux étrangers sans exiger d’eux le moindre devoir, avec l’affairiste malin prêt à exploiter les nouveaux réservoirs de main d’œuvre disponibles hors des règles établies par son État.

Certes Léon Bourgeois ne cantonne pas l’objet du sentiment de dette aux frontières nationales stricto sensu. Nous-mêmes n’avons d’ailleurs jamais prétendu réduire le legs de l’humanité, ou même des Français, à la seule France. Les Nations n’existent pas par elles-mêmes. Elles doivent aussi leur existence générations qui les ont précédées. Pour autant, l’héritage du Léon Bourgeois qui écrit les lignes suivantes, peut-il sans imposture être revendiqué par des gens si enclins à faire du passé « table rase » ?

« Mais si cette dette est contractée envers les ancêtres, à qui sommes-nous tenus de l’acquitter ? Ce n’est pas pour chacun de nous en particulier que l’humanité antérieure a amassé ce trésor, ce n’est ni pour une génération déterminée, ni pour un groupe d’hommes distinct. C’est pour tous ceux qui seront appelés à la vie, que tous ceux qui sont morts ont créé ce capital d’idées, de forces et d’utilités. C’est donc envers tous ceux qui viendront après nous, que nous avons reçu des ancêtres charge d’acquitter la dette ; c’est un legs de tout le passé à tout l’avenir. Chaque génération qui passe ne peut vraiment se considérer que comme en étant l’usufruitière, elle n’en est investie qu’à charge de le conserver et de le restituer fidèlement [2]. »

Ici l’idéal n’est pas d’abord celui du Progrès, mais celui de la préservation du legs. La pensée de Bourgeois est éminemment conservatrice, et nous en serons toujours bien plus proches que les Crétois de Mediapart. Comme pour nous, le progrès chez Bourgeois n’est pas l’abolition du passé, mais la poursuite et le perfectionnement de son œuvre millénaire.

Il y a plus grave encore, la solidarité telle que la conçoit en réalité Crétois est en fait tout aussi biologique que celle de la droite identitaire. La solidarité identitaire vise l’ethnie, la solidarité de la gauche Mediapart vise l’espèce. La seule différence, c’est le niveau où on place le curseur, et le fait que si la première est une réalité historique avérée [3], la seconde reste encore à démontrer. Notre conception de la solidarité n’est pas réductible à l’ethnie, mais n’est pas extensible à l’espèce. Répétons-le avec Léon Bourgeois, la solidarité est un fait social produit par l’appartenance co-responsable à une société particulière, historique et par la volonté d’assumer un destin commun. La solidarité est lien volontaire, institutionnel. Elle n’est pas seulement la fraternité, qui relève de l’appartenance naturelle à un groupe donné, elle est un lien juridique validé par l’État. Et pour être totalement clair, j’ajouterai que même si notre solidarité n’a en soi rien de tribal ou d’ethnique, il est évident que les bouleversements démographiques et culturels générés par l’immigration massive de peuples étrangers ne peuvent que la fragiliser en entamant la cohésion nationale.

 

Des cons et des salauds

Cet article de Monsieur Crétois est d’après moi révélateur et de l’attitude du gouvernement au moment de l’affaire Méric, et du regard que la gauche porte sur notre vision du monde en général. Il suffit de lire les commentaires de l’article de Mediapart pour s’apercevoir de la profonde bêtise des gens de gauche dès qu’il s’agit de raisonner lucidement sur un phénomène politique qui leur est antagoniste. On est proche de la foule hébétée devant un bûcher de l’inquisition, vociférant des insultes à tue-tête. À les lire j’ai eu pitié pour tous ces gens qui pensent réellement que, sans l’extrême droite pour tout gâcher, la France irait mieux, les immigrés s’intégreraient facilement, et on pourrait continuer à progresser tranquillement avec le Progrès. Exemple : « 

« On peut toujours, en effet, dire que le FN c’est un vote de protestation. Non, c’est un vote idéologique, plein de racisme, de xénophobie, de haine et d’arrogance. Si vous aviez vu hier soir, dans ma ville, cette ville que j’aime, cette ville dans laquelle il m’a fait mal de respirer le même air pendant un instant du facho père, si vous aviez vu les participants à cette réunion privée, utilisant une salle payée par mes impôts, une salle nommée salle Stéphane Hessel… Si vous aviez vu la catégorie des gens entrant dans cette salle, toute la clique bourgeoise, embourgeoisée, pomponnée et puante ; ils n’avaient rien du peuple, tel que nous le concevons… Ces gens sont sans âme. Ils sont à vomir. On est à la limite de la pathologie. »

On croirait presque entendre la Sylvie du sketch « Les Racistes anonymes » de Dieudonné. Ce commentaire aurait pu dire : « que les xénophobes aillent vivre en xénophobie », il n’aurait pas été beaucoup moins ridicule. Comme on est loin de Rousseau, Monsieur Crétois ! « Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu’ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins » rappelait-il. Dans le commentaire que je cite un peu plus haut, on en est plus là : l’amour artificiel de l’étranger s’est effacé pour ne plus laisser voir que la sourde détestation du semblable. Et comme on est loin de Voltaire aussi, car votre article n’a pas d’autre but que de légitimer une stratégie honteusement liberticide du gouvernement. En affirmant sans vergogne qu’il ne faut pas s’approcher de nos thématiques, vous avez trahi votre véritable intention : empêcher le peuple d’entendre une autre voix que celle de vos maîtres et de prendre une autre voie que celle tracée par le libéralisme libertaire depuis 40 ans. Vous n’êtes pas un chercheur, vous êtes ce que Jean-Pierre Chevènement appelle « un petit télégraphiste de l’Empire ».

Voilà pourquoi il fallait répondre, parce qu’il n’est plus acceptable que des cuistres encouragés par des ânes puissent plus longtemps dicter qui dans ce pays doit parler et qui doit se taire ; qui doit toucher des subventions et qui doit se faire dissoudre ; qui a droit à la campagne de promotion de la mairie de Paris et qui doit voir ses livres interdits ; qui peut chier dans un bénitier seins à l’air et se voir inviter au Grand Journal, et qui doit finir en garde-à-vue pour avoir porté un sweat avec une famille dessinée dessus ; qui doit être félicité lorsqu’il insulte des familles qui manifestent en toute légalité, et qui doit être viré de son travail pour avoir fait une quenelle sur une photo ; qui peut frapper et être un martyr, et qui doit être enfermé quand il se défend. Il faut répondre parce que nous en avons le droit et le devoir, et parce que si ces gens veulent nous interdire, nous laisser « crier dans le désert », nous dissoudre, c’est parce que nous avons raison.

Retrouvez Serge Ayoub sur Kontre Kulture :

Notes

[1] Le nationalisme consiste en effet à prendre parti pour la Nation. En plaçant l’intérêt de la Nation au-dessus de tout, et donc des clivages partisans, le nationalisme interdit d’être de droite ou d’extrême-droite ou encore de gauche nationale, dans la mesure où il exclut de défendre une partie de la Nation contre une autre. Monsieur Crétois ne comprend pas ce qu’est le nationalisme.

[2] Léon Bourgeois, La Solidarité, page 49.

[3] Il suffit pour s’en convaincre d’ouvrir un livre de Claude Lévy-Strauss.

 



Article ancien.
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16 Commentaires

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  • Très bien répondu,il est évident que seuls ont droit à la parole les escrocs sois disant érudits qui ne voient, dans ce qu ils vantent être un travail de réflexion mais qui en fait est un travail de trahison,qu un moyen de se faire une place au soleil,ces infréquentables individus qui propagent une doctrine totalement absurde et à l encontre de vérités implacables font exactement le contraire de ce qu ils vous proposent de faire.
    Seuls leurs semblables les soutiennent dans leurs mensonges éhontés et doivent donc être considéré comme les ennemis du socialisme vrai .

     

  • Je viens de la gauche et j’ai du mal avec le concept de nationalisme. C’est un gros mot pour les gens comme moi. Il fait peur. Il fait penser aussitôt qu’il est prononcé aux "heures les plus sombres", etc...
    Réflexe pavlovien ?
    Etre solidaire des siens, je le conçois, bien sûr. Qui peut se permettre de se désolidariser de ses proches ? Mais cela est-il forcément antinomique à une solidarité avec le reste de l’espèce humaine ? Est-on obligé de se replier sur sa nation (ou sur son ethnie) pour vivre ?
    J’ai grandi dans une France multi-culturelle, multi-ethnique (je suis moi-même enfant d’immigrés) et tous mes efforts ont été consacrés à m’adapter à cette diversité, à tolérer l’autre, les autres. Avais-je le choix ?
    Je comprends le sentiment de dépossession que peut ressentir un "de souche" face à une immigration aux proportions gigantesques. Mais, perso, je n’arrive pas à m’identifier tout à fait à la "France éternelle". Je l’admets, je suis un déraciné, un apatride.
    Je comprends le discours nationaliste. Grâce à Soral, je l’ai dé-diabolisé. Mais je ne m’y retrouve pas. Je n’y trouve pas ma place.
    Ce texte d’Ayoub me trouble. Il y explique de façon claire la différence entre droite et gauche sur la question de l’identité, une différence de curseur. A droite, on le place aux frontières de la nation ou du continent. A gauche, on le place aux antipodes, jusqu’aux confins de la planète. Aucune de ses deux positions ne me satisfait. L’identité nationale me semble trop étriquée. L’identité mondiale, trop vague.
    Ayoub est en guerre. Il a conscience que le monde est en guerre. Et il adopte donc une position de repli stratégique, de self-défense, de survie, de guerrier.
    Est-ce ça, le nationalisme ? Prendre sa place dans le conflit ? Le nationalisme n’engendre-t-il pas la guerre ?

    PS : Je pose ces questions naïvement, sans chercher à polémiquer inutilement. Merci de me répondre de façon civile.

     

    • Salut Mario,
      A ma modeste échelle, je vais essayer de te répondre.
      Pour citer De Gaulle : "Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres."

      Ne pense pas en terme de nationalisme là où les gens te parlent de patriotisme, et tu seras moins en décalage de perception.
      D’ailleurs, si tu relis l’article, tu verras que c’est Mr crétois ( le chercheur qui semble surtout chercher à exister) qui parle de nationalisme alors que Mr ayoub, lui, n’écrit pas une seule fois qu’il est nationaliste.
      Et je pense que ce n’est pas innocent de la part de ce Mr crétois.
      Soit il confond les deux par assimilation conditionnée, soit il emploie à dessein nationalisme à la place de patriotisme afin de biaiser son analyse.

      Quand à trouver à ta place, considère qu’être francais est avant tout une communion de pensées et de valeurs, pas de vécu ou d’histoire nationale ou personnelle, ni de couleur de peau.
      les racines historiques peuvent servir de socle mais le ciment de la nation ce sont avant tout les valeurs de l’identité francaise, et celles ci sont trans-courants.

      En gros, nos points communs (nos valeurs) nous rapprochent, et ensuite, et seulement ensuite, nos différences nous enrichissent.
      Ce qui est, à mon sens, une vision des choses plus saine que le postulat du droit à la différence, tant vanté par la gauche progressiste, qui nous amène toujours à la réclamation d’une différence de droits... donc à un éclatement communautaire et une désunion nationale.

      j’espère avoir pu t’aider à faire avancer ta réflexion.
      Amicalement


    • Je viens personnellement du même "background". Je n’ai plus de problème du tout avec ce que l’on appelle le nationalisme depuis que j’ai compris, grâce à Soral, que de toutes façons, il n’y a de choix qu’entre cela et la mondialisation qui n’est qu’un projet mis en oeuvre par les "élites" supra-nationales à leur profit exclusif, le tout avec la complicité de leurs larbins, les hommes politiques.
      De Gaulle était nationaliste, Chevènement, Dupont-Aignan, Asselineau sont sur cette ligne. Je n’ai plus de problème avec ça. En revanche, les BHL, Attali, Obama, femen, Fourest, LGBT et autres membres de l’axe du bien, non merci.


    • @Mario

      En tant que "de souche" (ou Français indigène, comme vous voudrez), je vous demanderai ceci : que voulez-vous exactement ? Voulez-vous être français ? Si oui, alors assimilez vous, sinon gardez vos attaches avec votre pays d’origine - quoique je vous conseillerais vivement de quitter la France, car le climat est vraiment malsain....


    • Salut Mario,

      Je me permets de donner mon point de vue, bien différent du tien...Je suis moi aussi enfant d’immigrés et arrivé en France à l’âge de 6 ans avec mes parents et mes 3 frangines, jusque là rien de palpitant je te l’accorde.
      Mon père travaillait dans le bâtiment, ma mère faisait les ménages chez des vieilles peaux fortunées...là encore, cliché peu excitant. Ils ont eu un mal de chien à s’intégrer, à apprendre le français, les coutumes, les usages. Nous avons été élevés dans une mentalité "typée de gauche" (comme toi visiblement) et pourtant, les mots "nationalisme" ou "patriotisme" ne m’effraient pas, je les trouve même nobles, grands, beaux.

      Comme on te l’a répondu plus haut, peu importe ta "provenance", ta couleur de peau ou tes origines, cela doit rester un plus (un bonus si tu veux). Mes parents m’ont appris l’amour de la France, pas de mon pays natal, et malgré mon nom et mon physique, je me sens français et uniquement français, et quand bien même je serais en France depuis 6 mois qu’il en serait toujours de même.

      Retenir l’aspect multiculturel de la France c’est bien, mais il ne faut pas le placer au-dessus de l’intérêt commun. Nous ne sommes pas là à l’hôtel (les pays sont des hôtels dirait J. Attali), nous sommes ici pour passer nos vies ensemble dans les meilleures conditions possibles et je répondrai à ceux qui veulent partir : faites le maintenant !

      Pourtant, nous ne sommes pas si différents, sauf que je ne me vois pas comme un déraciné, mais comme un enraciné, tu vois la nuance ? Je pense qu’il ne faut pas trop regretter ce qui n’est plus mais plutôt embellir et organiser ce qui est...avant est ailleurs, maintenant est France !

      En espérant te lire bientôt.
      Nojo


    • Je viens de la gauche et j’ai du mal avec le concept de nationalisme. C’est un gros mot pour les gens comme moi. Il fait peur. je vous cite Mario : J’en tomberai presque de ma chaise, un gros mot ! Je ne savais pas que la pensée gauchiste était si noire et si (débile) ! Mario, vous aimez votre famille ? Vos enfants, vos parents ? Oui j’imagine ! Et bien nationalisme, pour moi, c’est aimer son pays, son histoire, son patrimoine, son génie (oui le génie français, existe réellement). De toute façon, on ne renie pas sa famille (si parfois), alors pourquoi devrions-nous renier notre patrie d’origine, celle de nos parents ? De toute façon nous n’avons pas le choix, nous sommes de ce pays et n’en avons pas d’autre. Enfin rassurez-vous d’ici 20 à 30 ans la France sera un genre de Kosovo, les français de souche, vieillissent et disparaitront, et avec l’apport massive (voulue) de l’immigration, ce pays sera une terre parmi les autres d’Europe. Et je vais même vous dire le fond de ma pensée ! LE POURQUOI : Et bien, un certain peuple qui a été dispersé de part le monde, a toujours travaillé pour que le peuple chrétien, lumineux, riche, prospère, travailleur, honnête, ingénieux, disparaisse. Ce peuple ne supporte pas la lumière, il ne veut que chaos, et il nous y mène tous. AMEN


  • Le solidarisme, c’est pour les "goyims". Crétois préfère le "mondialisme" dérégulé et le multiculturalisme débridé sur le modèle anglo-américain. C’est tout simplement un sioniste.


  • Trop de mots, tue les mots, a la fin je n’y comprend plus rien, et dans le fond, j’en ai rien a foutre, de la même façon que Jésus a balayé d’un doigt tout les lois complexes rajouter a la Torah (Bible) pour résumer la chose a "Aime Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi même" j’ai envie de balayer tous ces mots pour dire aux bourgeois, si vous nous voulez pas payer pour les plus faible et les plus pauvre, par la force nous vous ferons payer.


  • #644477

    Serge, que te dire qui ne soit évident ? Article solide quant au fond comme à ton habitude. Mais là où je me régale aussi c’est de lire quelqu’un qui sait écrire. Du rythme ici, des périodes bien développées, des suspens et boum ! On repart à l’essentiel après une brève digression. Et tout cela avec un sens de équilibre qui donne tout son arôme à ton combat. Tu pourrais vociférer ici, faire trop rire là, charger par moment, où être inhibé ailleurs. Mais non. Tout du long de ce texte -et il faut le tenir le tempo quand on ne donne pas dans l’articulet - tu développes dans une tonalité juste des harmonies variées. Chapeau. Et puis, on sent avec plaisir que tu as une culture personnelle. Rien de pire pour les précieuses ridicules d’en face.
    L’homme forge son style, dans le même mouvement le style fait progresser l’homme.
    Par ailleurs, tu n’as pas oublié l’éternelle maxime : In cauda venenum. Bref, à la fin de l’envoi, tu touches. Tu as raison.


  • LES JUGES INTRANSIGEANTS DU RICHE,LES CONSOLATEURS AUSTÈRES.


  • Excellent article bravo.
    Je n’aimais pas trop ce Serge Ayoub au début, à cause du portrait que lui avait dressé les médias. Mais plus je l’entends, plus je le lis surtout, plus je réalise que c’est quelqu’un de brillant, cultivé, qui a du fond et une colonne vertébrale. Il gagne à être connu.
    Encore bravo pour cet article Serge.

    Comme dirait Dieudonné : "il leur a rangé la palette au fond"


  • #645259

    Mais Serge Ayoub est drôle en plus d’être intelligent ! Il ferait un très bon pamphlétaire (je découvre l’homme et son courant a vrai dire).
    Gollnisch, ayoub, soral... Tous offensif, intelligent et drôle ! Ça manque cruellement.


  • #653395

    bonjour

    Je ne connaissais pas ce mouvement "solidariste" , une troisième voie en réalité entre le communisme et le capitalisme . Ce n est pas neuf de ce point de vue et tout aussi utopique ou mensonger car il n y a pas de troisième voie et celle que De Gaulle a empruntée n a été possible qu avec le puissant soutien du PCF révolutionnaire d alors et auréolé de ses 75000 fusillés de la Résistance ( F. Mauriac).
    Une variante CAPITALISTE , le capitalisme d état, c est à dire pour faire court , une économie planifiée avec de nombreuses nationalisations , entre les mains de hauts fonctionnaires et coexistant avec des entreprises privées . Une transition où les communistes ont accepté de collaborer avec la bourgeoisie nationale pour redresser le pays , moyennant quoi ils ont vite été éjectés du pouvoir sur pression yankee par les agents américains au pouvoir.
    La bourgeoise a repris les rênes politiques rapidement et son entreprise de démolition de tout ce que les communistes lui ont arraché dont la sécurité sociale , institution tout ce qu il y a de COMMUNISTE :" de chacun selon ses possibilités à chacun selon ses besoins" !
    Aujourd’hui nous arrivons au terme de cette entreprise réactionnaire de retour aux conditions sociales antérieures au CNR. On ne peut pas être opposés à son rétablissement évidemment. Avec d autres arguments on ne peut pas davantage prétendre que l’immigration de peuplement est "une chance pour la France" c est au contraire une catastrophe . Exquise pour le Capital financier et la politique de division communautaire, ça oui !
    Seulement on aimerait savoir comment les solidaristes comptent arriver au pouvoir et mettre en oeuvre leur politique ?
    Le capitalisme d’état qu ils appellent de leurs voeux fait l impasse sur l antagonisme des classes et ne mettra pas fin à l esclavage salarié !
    Ladite "solidarité humaine" est une notion encore plus abstraite que la "commune décence" de Michea l anarchiste français diffuseur des idées de l anti communiste anglais Orwell.
    Quand on prend au sérieux la nature du pouvoir, ses objectifs et les rapports de force
    http://www.youtube.com/watch?v=PWje...
    on ne peut s empêcher de conclure à l utopie de cette doctrine qui concrètement sème la confusion, appelle à la collaboration de classe et dévoie les révoltes vers une impasse , bref nolens volens , fait le jeu du pouvoir !