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Une invention appelée « le peuple juif »

La Déclaration d’Indépendance d’Israël énonce que le peuple juif est apparu en Terre d’Israël, puis qu’il aurait a été exilé de sa patrie natale. Tout élève israélien apprend, à l’école primaire, que ce que cela se serait produit durant la domination romaine, en l’an 70 après J.C. Après quoi, la nation juive serait restée fidèle à sa terre, dans laquelle elle aurait commencé à retourner, après deux millénaires d’exil.

« Faux », dit l’historien Shlomo Zand, dans un des ouvrages les plus fascinants - et les plus dérangeants - à avoir été publiés, ici (en Israël), depuis bien longtemps. « Il n’y a jamais eu de « peuple juif », mais seulement une religion juive, et l’exil, lui non plus, ne s’est jamais produit - par conséquent, comment parler de « retour » » ?? Zand rejette la plupart de ces histoires autour de la formation d’une identité nationale, dans la Bible, et notamment l’exode d’Egypte, ainsi (on ne s’en plaindra pas) que les horreurs de la conquête (de Canaan, la Palestine, ndt) sous les ordres de Josué. « Tout ça, c’est de la fiction, c’est une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l’Etat d’Israël », affirme-t-il.

D’après M. Zand, les Romains n’exilaient généralement pas un peuple entier, et la plupart des juifs furent autorisés à rester dans le pays. Le nombre des exilés se chiffra au grand maximum en dizaines de milliers. Quand le pays fut conquis par les Arabes, beaucoup parmi les juifs se convertirent à l’Islam, et furent assimilés à la société des conquérants. Il en découle que les ancêtres des Arabes palestiniens étaient des juifs. Zand n’est pas l’inventeur de cette thèse ; trente années avant la Déclaration d’Indépendance d’Israël, David Ben-Gourion l’avait faite sienne, ainsi que Yitzhak Ben-Zvi et bien d’autres.

Tom Segev - Ha’aretz


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Article ancien.
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8 Commentaires

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  • #51738

    Bonjour

    le liens http://socio13.wordpress.com est mort

    pourriez vous nous en donner un autre merci


  • #98922

    J’ai laissé quelques commentaires sur ce site. J’ai mis plusieurs heures à rédiger ces commentaires en fait. Bien sûr, il s’agissait de sujets qui me tenaient à coeur, sur lesquels j’ai souvent médité. J’ai donc à la fois pesé mes mots et fait passer mon message. Mais qui supporte qu’on fasse passer un message sur son blog ? Pas Danielle Bleitrach en tout cas. Aucun de mes commentaires n’a été publié. J’ai écrit pour demander au modérateur une explication, je suis toujours disposé à reformuler. Je n’ai pas eu de réponse non plus. Pourtant, il y a bien une activité sur ce blog. C’est juste que ça manque d’interactivité... D’ailleurs, à la réflexion, je trouve que Danielle Bleitrach s’enfonce dans un délire sans fin. Qu’est ce qu’elle nous a trouvé cette fois-ci ? Il n’y a jamais eu de peuple juif ?

    Il y a eu des peuples juifs. Ça c’est une évidence. Des hébreux mais pas seulement. Quelle est l’histoire des ashkénazes, des séfarades ? Le judaïsme est une religion et dans l’antiquité cette religion rayonnait au Moyen Orient. Plusieurs peuples sont passés par là, certains conservant leurs coutumes et leur religion farouchement, d’autre non. Cette religion s’est implanté dans tous le monde romain en suivant les voies commerciales. Les premiers chrétiens installés dans le monde romain, y compris à Rome, étaient considérés ni plus ni moins comme des juifs. Les juifs vivaient dans un monde relativement tolérant, ils ne faisaient pas de prosélytisme. L’élite juive, installé à Jérusalem, a toujours voulu faire d’Israël la demeure exclusive de Dieu, afin que Jérusalem reste le centre culturel de la région. Le message de Christ étant un message de paix et d’universalité, les chrétien se sont différenciés en revendiquant des valeurs populistes. L’élite romaine a pris peur. Les juifs, dans leur ensemble, c’est à dire aussi les chrétiens, se sont vu martyrisés. Finalement les romains se sont convertis au christianisme et les juifs ont continués leur vie communautaire dans le bassin méditerranéen. Un autre pôle de diaspora a été la Grèce et le monde orthodoxe. Les ashkénazes ont fini par migrer jusque chez les catholiques, via la Russie jusqu’à la Pologne et la Prusse. Ce fut un choc culturel. Le sanhédrin, les meurtriers du Christ, envoyait ses troupes ? Non, bien sûr, mais c’est ce qui fut perçu. Avec l’antisémitisme le peuple juif renaissait et le culte de Moise aussi. Les séfarades, eux, se réfugièrent dans le monde arabe, ils y étaient déjà installés en partie.


  • #98936

    L’antisémitisme et le culte de Moïse :

    On ne peut pas se baser sur des faits historiques mais, avec une compréhension globale du fonctionnement du monde antique, on peut imaginer un scénario crédible.

    Pharaon détenait de nombreux peuples en esclavage. Esclavage réel ou ressenti, peu importe. Les conquêtes, le pillage des richesses, la domination des peuples conquis, un système hiérarchique militaire et religieux rigide, l’opulence des élites, la misère des ghettos, etc.

    D’un autre côté, Moïse se présentait comme le nouveau prophète. Comme tous les prophètes avant lui (Abraham, Bouddha) et après lui (Jésus, Mahomet), il a voyagé à la recherche d’une autre vérité, s’est inspiré des meilleurs enseignements, a vécu une période de retraite et de réflexion. Animé par une flamme toujours renouvelée, il tenait un discours populiste et parlait directement aux gens. Ce sont en général les mêmes thèmes qui sont abordés par les prophètes : La paix, la libération du joug, l’universalité de la foi et de Dieu, l’éveil moral et spirituel.

    Moïse a été particulièrement retors. Il a déclenché des révoltes en provoquant Pharaon de face. Plus il agitait son bâton en guise de menace, plus son peuple devenait raciste. Finalement, Pharaon du chasser ces peuplades, sans doute très hétéroclite, qui s’étaient révoltés, afin de maintenir l’ordre. En partant se réfugier en Israël, probablement là où Moïse avait voyagé, ces peuplades ont influencé la culture originelle, voila la base du judaïsme.


  • #98958

    Bref, l’antisémitisme n’a d’autre fonction que de souder les peuples juifs en provocant des excès de racisme chez leurs hôtes. C’est l’interaction entre les peuples juifs insoumis et les peuples locaux et dominateurs qui structure les croyances juives. Ces croyances sont nécessaires à la vie en diaspora. Si un peuple dominateur devient tolérant, la communauté a tendance à se dissoudre. Si la communauté se dissout, elle devient difficile à identifier. Le racisme habituel ne suffit donc plus à contenir la dissolution des moeurs traditionnelles. La provocation devient nécessaire. La plus simple des provocations est de s’affirmer en tant qu’exception culturelle.

    Israël est une terre avant d’être un peuple. Dire qu’Israël est un peuple, c’est déjà faire de la propagande sioniste. Jérusalem fut un foyer culturel dans l’antiquité mais les peuple locaux n’ont bien sûr pas été déportés... Il y a eu des exodes sans doute, mais toute immigration s’explique de la même façon. En pillant Israël, les envahisseurs successifs ont poussé les gens à s’en aller. Tant que le culte vivait à Jérusalem, il n’y avait pas de raison d’amalgamer peuples, religion, foyer culturel. Mais la zone n’a jamais été sécurisée très longtemps, toutes les grandes civilisations voisines lui sont passées dessus. La gloire de Jérusalem se limite à deux noms, David et Salomon. Finalement la domination arabe dans la région a fini de détruire le foyer culturel hébraïque. En diaspora, des juifs épars et sans contact direct (le contact était maintenu par quelques juifs restés au Moyen-Orient mais non convertis à l’Islam) sont devenus "le peuple juif". L’attachement du peuple d’Israël à sa terre est somme toute fabriqué parce que, précisément, le royaume d’Israël n’est plus. L’attachement se veut le fondement de la religion et trouve son explication dans la diaspora.

    Le sionisme, la volonté de faire revivre Israël, est la conséquence logique de ce processus. Bien sûr, le juif d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec le juif de l’antiquité. Les cultures catholiques et arabes ont modifiés l’interprétation des textes sacrés. Et même ethniquement parlant, rien n’autorise à croire qu’une filiation existe entre ashkénazes, séfarades et autochtones. Cependant, Israël étant, le sionisme n’a plus raison d’être. La vraie difficulté est de faire d’Israël un pays laïc intégrant aussi bien les juifs, les musulmans et même les chrétiens. La nouvelle Jérusalem est trois fois sainte.

    Le judaïsme évolue.

     

  • #98983

    Pour conclure, je dirai qu’Israël n’a pas besoin de légitimité. Le droit, c’est celui du plus fort, toujours. Le territoire a été (les noms étaient différents à l’époque) irakien, iranien, grec, italien, arabe, turc, anglais, il est maintenant indépendant. Déchiré en deux mais indépendant. Il n’y a pas plus de légitimité à l’état palestinien qu’à l’état israélien. D’ailleurs la Palestine, étymologiquement parlant, devrait se limiter à Gaza. Là, il y a effectivement toujours eu un farouche sentiment d’indépendance, c’est même écrit dans la Bible ! Mais ce n’est pas la question, Gaza est plus une ville qu’autre chose, une ville qui étouffe et qui a besoin de plus de territoire.

    Regarder vers l’avenir, trouver une solution équitable, c’est la seule possibilité. Croire que les juifs partiront comme ils sont venus est un non sens. Qu’il existe un plan de repli des juifs israéliens fortunés, c’est possible. Inversement, l’antisémitisme ressenti dans le monde juif en diaspora nourrirait le sionisme. Les juifs sont assez mobiles, ce ne sont pas tous des lâches pour autant. La lutte serait terrible, faut pas rêver. Par contre, il est peut être possible d’obliger Israël et Palestine à cohabiter en bonne entente, inévitablement dans un grand pays unifié. Démographiquement, les populations musulmanes auraient vraisemblablement le dessus mais les juifs n’ont, je pense, rien à craindre tant que dure la loi du retour. Tout est question de laïcité, de constitution, mais surtout d’équilibre. A la Knesset, ce n’est peut être pas la bonne institution, je donne seulement un exemple, il faudrait un certain nombre de sièges pour les juifs, un autre pour les palestiniens et un autre pour les indépendants (ouvert à tous).

    Quoiqu’il en soit, expliquer la naissance du peuple juif, si c’est juste pour justifier sa légitimité, ou de la même façon son illégitimité, ne présente aucun intérêt. On se demande l’intérêt réel de telles recherches, d’autant plus que le bon sens nous en apprend tout autant. L’intention pourrait être malsaine que le résultat serait le même. La pression internationale devrait suffire à calmer le jeu à condition qu’on laisse un peu de côté toute idéologie et qu’on s’attache à l’aspect pratique du problème. Jérusalem, coupé en deux, n’a pas besoin d’historiens mais de bonnes volontés !

    C’était l’avis d’un mec vaguement juif, vaguement goy plutôt, mais bien content de vivre en France et bien content aussi que la culture de ses ancêtres survive.

    Ci@o


  • #146257

    j’aurai simplement désirée lire la suite : http://socio13.wordpress.com ( page introuvable ).