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Une revue de presse internationale au sujet de l’Abkhazie

Un petit Etat non-reconnu, une province, une entité, ou encore un territoire séparatiste, difficile de qualifier l’Abkhazie... Appelons-la région... Cette région, chose rare, est l’objet de nombreux articles dans la presse internationale depuis le 20 avril...

Ce jour-là, un drône géorgien est abattu au-dessus de l’Abkhazie. Tbilissi montre du doigt Moscou. Accusation mollement démentie par Vladimir Poutine. Officiellement, l’Abkhazie fait partie de la Géorgie. Mais en réalité, en 1992, la province a proclamé son indépendance... Indépendance jamais reconnue par la communauté internationale. Mais dans les faits, c’est une république indépendante proche de Moscou...

Et cette semaine donc, coup de théâtre... 1000 soldats russes sont envoyés en Abkhazie... Ils s’ajoutent aux 2000 déjà présents sur place, officiellement en tant que force de paix...
Alors pourquoi une telle décision de la Russie ? Est-ce que Moscou souhaite réellement déclencher la guerre avec son voisin géorgien ? Ce sont les questions auxquelles la presse internationale tente de répondre...

Le Temps se veut rassurant et met en avant l’ambivalence de diplomatie russe... Malgré les bruits de botte, un véritable conflit entre Géorgiens et Russes a peu de chances d’éclater. Car le quotidien suisse l’affirme : Moscou a davantage intérêt à souffler le chaud et le froid... Il s’agit juste de maintenir la pression... D’avancer ou de retirer ses pions au gré des besoins de sa politique étrangère.

La preuve de cette ambivalence ? Récemment, le Kremlin décide de lever l’embargo frappant la Géorgie depuis 2006 sur les transports, la poste, les transferts d’argent entre les 2 pays... Et puis le 16 avril dernier, signal totalement opposé : Moscou annonce vouloir approfondir ses relations avec les 2 entités séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud... Enfin, 4 jours plus tard, il y a cette fameuse affaire du drône abattu...

Alors pourquoi vouloir souffler ainsi le chaud et le froid ?

Tout le monde est à peu près d’accord sur l’analyse qui va suivre avec quelques nuances... Selon Radio Canada, 2 raisons principales expliquent les provocations russes : la volonté affichée de l’OTAN d’intégrer la Géorgie, et le précédent créé par la déclaration unliatérale d’indépendance du Kosovo. Certes, pour le moment, l’Alliance atlantique, sous la pression russe repousse à plus tard l’octroi à la Géorgie du statut de candidat officiel à l’adhésion, mais lors du sommet d’avril, l’OTAN a affiché sa détermination de mener à terme un jour cette opération... Une intégration défendue ardemment par Washington...

En gros, la Russie développe une stratégie de tension pour empêcher la Géorgie d’intégrer l’Alliance atlantique... Car, précise-t-on sur le site du Nouvel Obs, il y aura de nouvelles discussions en décembre... Et Moscou a tout intérêt à montrer que la situation est trop instable en Géorgie pour que ce pays bénéficie de l’article V de la charte atlantique, article qui prévoit assistance à tout pays de l’alliance agressé... Le Kremlin laisse donc planer l’éventualité d’un conflit. Car il le sait : aucun pays occidental ne veut être entraîné par Tbilissi dans une guerre avec l’ex-Armée rouge...

Seulement voilà, prévient le Nouvel Obs, à force de jouer avec le feu, on peut provoquer un incendie... Surtout quand on sait que les Géorgiens sont en pleine période électorale. Il va y avoir en effet le 21 mai prochain des législatives anticipées et selon les sondages, le camp au pouvoir est en difficulté, et la récupération de l’Abkhazie est un thème central de campagne. Ce que confirme le Figaro : Le président Saakachvili tente de fédérer la population autour d’un discours nationaliste...

Le pire est donc possible...

Mais pour le moment, Tbilissi n’en est pas là... Le site Fenêtre sur l’Europe précise que le ministre géorgien des affaires étrangères doit avoir prochainement un entretien avec le Haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et la sécurité commune Javier Solana. But de l’opération : obtenir un soutien international... Pour l’Otan bien évidemment, le soutien, du moins, verbal est acquis... L’Alliance atlantique accuse Moscou de saper l’intégrité territoriale de sa voisine caucasienne. La Russie réplique en dénonçant des préparatifs pour une agression militaire de grande ampleur. Information reprise par le Moscow Times...

Le Figaro rapporte les déclarations du chef de la diplomatie russe mardi à Luxembourg : "Le gouvernement géorgien achète, aussi bien ouvertement que de manière dissimulée, une grande quantité d’armements offensifs". Mais il se trouve que les observateurs de l’ONU, n’ont pas pas noté la concentration de troupes géorgiennes à la frontière dénoncée par Moscou.

Washington pour sa part se dit préoccupée... Et Condoleezza Rice le précise dans le Herlald Tribune : "Ce n’est pas le moment d’exciter les gens dans la région"...

Et pour terminer cette revue de presse internationale, un peu de légèreté et un coup de coeur que j’ai eu ce matin en feuilletant les journaux étrangers... Un article dans le journal belge Le Soir sur Nicolas Sarkozy et la caricature. Charline Vanhoenacker explique, nombreux témoignages à l’appui, que notre président est du pain béni pour la caricature... Les humoristes expliquent tous s’être faits doubler par la réalité. Illustration avec Gérald Dahan. L’imitateur explique qu’il avait intitulé son spectacle Sarkoland, bien avant que le chef de l’Etat ne s’expose à Disneyland avec Carla Bruni... "Casse toi Pauv con"... C’était une légende sur une des photos du livre de Laurent Gerra bien avant ce qui s’est passé au Salon de l’agriculture... Pierre Kroll, qui est caricaturiste au Soir explique qu’il est difficile de trouver meilleur cible que Nicolas Sarkozy pour un dessinateur, car dans son cas, le physique a un sens beaucoup plus profond. Ainsi, il le représente avec des talonnettes car pour lui, cela traduit une manière de faire politique : "Il cherche à se grandir, à se vouloir De Gaulle". Pierre Kroll précise que quand il dessine le chef de l’Etat, il pense souvent à cette phrase d’Alain Finkielkraut : "Quand on est président, on fait au moins semblant de préférer le Louvre à Disneyland"...

Sur le fond, les caricaturistes, ont également leur propre analyse... Je vous laisse méditer celle de Gerald Dahan qui tente une définition du Sarkozysme. "Le Sarkozysme c’est tout assumer sans peur du paradoxe : accepter que Kadhafi plante sa tente près des Champs élysées tout en détruisant celle des SDF"...

Source : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture