Egalité et Réconciliation
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Université d’été Egalité et Réconciliation 2007

C’est, à vue d’œil, deux bonnes centaines de personnes qui attendaient les conférences.

La première fut celle de Christian Bouchet sur les rapports entre Islam et mouvement nationaliste. Preuves et citations à l’appui, il a démontré que la lutte contre l’Islam n’était en rien un élément constitutif du nationalisme français et européen ; bien au contraire, plusieurs des figures de ce courant ont vu d’un très bon œil la religion musulmane. En conclusion, l’orateur a expliqué que, quelles que soient leurs positions sur l’immigration, il était suicidaire pour les nationalistes de faire de l’opposition à l’Islam leur cheval de bataille. Se mettre en phase avec les Français et l’électorat patriote impliquant bien plutôt de "se radicaliser dans la défense des couches populaires pour représenter le peuple de France dans sa diversité", suivant la juste formule d’Alain de Benoist.

Marc George, l’organisateur de l’UDT, a ensuite passé le micro à Naji Farah, responsable libanais d’un site sur le pays du Cèdre assez couru et qui s’efforce de diffuser des informations ignorées sur la région.

Le même Marc George a d’ailleurs eu l’occasion de saluer celui dont il était le directeur de campagne, à savoir Dieudonné M’bala M’bala, qui est allé à la rencontre des participants et a même gratifié la salle d’une petite intervention.

Plus longue fut celle de Franck Timmermans, ancien dirigeant du Front national et porte-parole du Parti Populiste, qui, non sans verve, a cassé du sucre sur le dos de Sarkozy et salué sa mégalomanie... Oui, salué, car, à force de vouloir dominer, soumettre, attirer tout et tous, et "faire le grand écart", le président "va finir par se péter les rotules"... Chose qui, c’est probable, ne désavantagerait pas la droite nationale. D’où, selon M. Timmermans, la nécessité de soutenir le Front National en tant que seule force anti-système structurée, et ce malgré les désaccords qui peuvent exister.

L’engagement - et particulièrement l’engagement anti-mondialiste - impliquant de savoir défendre et présenter des idées, la conférence sur la communication de la dynamique et sympathique Marie-Thérèse Philippe s’imposait. Tout comme d’ailleurs l’appui sur des références aussi incontestables que Sun Tzu et l’aïkido. Nos idées étant aux antipodes de la pensée unique, il convient par exemple de savoir comment ne pas trop effrayer ce bon citoyen lambda. Une technique est de prendre en compte ses positions ou objections en les reformulant, en montrant qu’on les a comprises pour, in fine, introduire délicatement ses idées et éveiller la réflexion.

Toujours sur la question de la communication, sur Internet cette fois, est intervenu Giorgio Damiani (webmestre de voxnr.com) qui, après avoir retracé l’histoire de l’Internet, a exhorté le camp national à se situer à l’avant-garde, et non à la remorque, de la créativité sur la Toile.

Preuve de la variété des interventions, la salle a eu la surprise d’entendre et de discuter avec Serge Ayoub, skinhead légendaire connu sous le nom de Batskin, qui, revenu de ses années de marginalité sans toutefois les renier (question d’honneur), souhaite s’investir au sein d’ER. Si une certaine incompréhension, liée tant à des préjugés qu’à la réalité à mon avis parfois peu reluisante du milieu skin, s’est manifestée dans le public, un dialogue fécond a pu s’instaurer. Car Egalité et Réconciliation ne sont pas de vains mots...

Le clou du spectacle fut, vous vous en doutez, le discours d’Alain Soral que vous pourrez bientôt lire en ligne. Le monde bourgeois a été impitoyablement disséqué dans ses origines, ses mutations, et sa domination. Des pistes de sortie de ce monde au bord de l’implosion ont été suggérées et mises en chantier. Il faudra visionner et lire avec attention cette intervention, il était en effet difficile de l’assimiler en tout point tant elle était stimulante !

La journée de dimanche a commencé avec le discours de l’économiste Patrick Verro, bourgeois rebelle, baroque et revendiqué qui, depuis son point de vue libéral vieux style, a démonté les mécanismes du néo-libéralisme mondialisé, condamnation qui le rapproche aujourd’hui d’ER, malgré sa ligne différente de celle de l’association.

C’est sur le communautarisme, thème cher à Soral, que Jean Robin, qui s’est fait connaître par son démontage du système Ardisson et son étude de la judéomanie, a axé son intervention. Après avoir présenté sa maison d’édition (Tatamis), il a, livre de Pierre Hillard à l’appui, exposé l’idée selon laquelle l’UE joue sur le communautarisme et le régionalisme pour détruire les nations, ce qui rend selon lui indispensable la sortie de la première si l’on veut sauver les secondes.

Nations dont a également pris ardemment la défense l’invité surprise que tout le monde attendait, Jean-Marie Le Pen en personne ! C’est un long discours qu’il a consacré à l’actualité de la nation, pour lui seule véritable voie d’accès à la démocratie, à la liberté et l’identité ! Quoiqu’on pense du président du Front National, on ne peut que saluer son intervention à la première Université d’été d’un mouvement tout juste naissant comme Egalité et Réconciliation. C’est peut-être le signe d’un soutien à la ligne de Soral...

Au-delà des nations, il y a l’Europe. Et un intervenant a pu faire entendre sa petite musique européaniste au milieu du concert souverainiste, ce qui, je dois le dire, ne m’a pas déplu ! Ugo Gaudenzi, le directeur du quotidien nationaliste-révolutionnaire italien Rinascita, a eu l’occasion d’invoquer les mânes de Drieu La Rochelle pour défendre l’idée d’une authentique Europe (soit le contraire de l’actuelle UE mondialiste) qui pourrait faire entendre sa voix, exister face à l’hyperpuissance américaine. Et défendre le modèle du socialisme européen : la puissance mise au service de la justice sociale...

Après le président du Front national, c’est à la conférence d’un autre dirigeant du parti qu’on a pu assister. Il s’agit de Farid Smahi, qui nous a parlé avec fougue des dangers de la double nationalité, contre laquelle il mène combat depuis longtemps.

Le dernier (mais pas le moins intéressant) conférencier à s’exprimer avant qu’Alain Soral et Julien Lime ne concluent sur les projets d’ER (aménagement d’un local parisien voire de locaux régionaux, travaux d’analyse et de pédagogie...) fut Alexandre (de Rébellion). Sa bonne connaissance de l’histoire du trotskisme lui a permis de mettre au jour les impostures d’un courant qui sait fort bien occuper l’espace révolutionnaire... sans jamais s’attaquer au système !

Au total, l’ambiance était chaleureuse (malgré les violents hululements que tous les campeurs ont pu entendre émaner au milieu de la nuit d’un gars ayant un peu forcé sur la bouteille, mais la perfection n’est pas de ce monde !), les rencontres nombreuses (et parfois très étonnantes  !), les discussions allaient bon train, et les intervenants, Soral notamment, étaient très disponibles ! Une belle expérience... à renouveler !

Par Ortolan