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Venezuela-Iran, l’alliance des parias qui met à cran les Etats-Unis

Au gré d’accords économiques, l’axe Caracas-Téhéran ne cesse de se renforcer. Au grand dam de l’Oncle Sam.

« Bienvenue, M. Obama. N’oubliez pas que nous sommes les enfants de Bolivar ! » C’est par ces mots ironiques qu’a répondu hier, via Twitter, le président vénézuélien, Hugo Chavez, à la décision des Etats-Unis, annoncée la veille, de sanctionner, entre autres sociétés de différents pays, la compagnie pétrolière Petroleos de Venezuela. Celle-ci est soupçonnée d’avoir livré un composant d’essence à l’Iran à hauteur de 50 millions de dollars.

Or, pour les Etats-Unis, la collaboration irano-vénézuélienne dans le domaine énergétique aide Téhéran à développer son programme nucléaire. Avec ces sanctions, Petroleos de Venezuela se voit notamment privée d’accès à des programmes de financement. Hier, le Venezuela a menacé de ne plus livrer de pétrole à son ennemi américain, qui est aussi son premier client.

L’annonce des sanctions américaines intervient alors que les accolades chaleureuses entre les hommes de Téhéran et de Caracas se font toujours plus répétitives. Depuis 2005, plus de 200 accords de collaboration économique ont été signés entre les deux pays. En 2007, un fonds d’investissement commun de deux milliards de dollars avait été créé. Energie, industrie lourde, construction, transports, agriculture, pas un secteur ne semble échapper à cette belle entente. Le secteur financier a sa banque irano-vénézuélienne. Les deux pays songent même à lancer une nouvelle marque d’automobiles.

La création de sociétés binationales s’est ainsi faite à un train d’enfer, avec toujours la même utopie grandiloquente pour toile de fond : aux yeux du président Hugo Chavez et de son homologue Mahmoud Ahmadinejad, leur relation bilatérale doit devenir, pour d’autres pays de la planète, un modèle qui échappe aux lois imposées par les grandes puissances.

« Nous allons créer un nouvel ordre mondial », déclarait en octobre dernier à Téhéran Hugo Chavez, à l’occasion de la signature d’un accord d’envergure dans le domaine des hydrocarbures, objet précisément de toutes les attentions amé­ricaines. Celui-ci porte sur la construction de plusieurs installations pétrochimiques en Iran, le lancement d’une flotte commune de pétroliers et surtout la participation de Petroleos de Venezuela à l’exploration de l’immense gisement de gaz iranien de Pars, au sud du pays.

Bien que 4e producteur mondial de pétrole, l’Iran est confronté à la décrépitude de ses infrastructures. Or, les Etats-Unis entendent bien freiner toute tentative de l’Iran d’améliorer à la fois son potentiel énergétique, sa manne pétrolière, garante de 80% de ses devises, et finalement le pouvoir que lui confère l’or noir sur les équilibres stratégiques mondiaux. Avant Petroleos de Venezuela, neuf entreprises vénézuéliennes avaient déjà subi le bâton des sanctions américaines pour avoir frayé avec l’Iran.

 



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