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Fidel Castro est mort

Le père de la Révolution cubaine et de la résistance à l’Empire étasunien

Fidel Castro est mort, vendredi 25 novembre à La Havane, à l’âge de 90 ans. Celui qui a défié la superpuissance américaine pendant plus d’un demi-siècle, avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale. C’est d’ailleurs ce dernier qui a annoncé son décès à l’antenne de la télévision nationale.

L’annonce officielle du président Raul Castro à la télévision d’État cubaine (en espagnol sous-titré en français) :

 

Nous republions ici Fidel Castro. De l’école jésuite à la révolution marxiste, une lecture, par Jean Ortiz, de l’itinéraire du leader cubain qui permet de comprendre comment Castro était devenu Fidel.

 


 

 

La mythification, comme la guerre idéologique, déforme toujours l’itinéraire complexe du leader cubain. Pour beaucoup, ce «  communiste souterrain  » aurait caché son jeu pour «  trahir la révolution  ». L’hypothèse ne résiste pas à l’analyse historique. L’étude de la jeunesse du «  Comandante  », né il y a 90 ans en août 1926, s’avère incontournable pour déceler à la fois la cohérence et les contradictions de ses engagements, pour comprendre comment Castro est devenu Fidel...

 

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Le 8 janvier 1959, Castro et ses guerilleros entrent à La Havane

 

Il avait tout pour être un « héritier »  ; il est un transfuge de sa classe. Fidel Alejandro Castro Ruz naît hors mariage, le 13 août 1926. Ce troisième fils d’un père espagnol, Angel, venu combattre les partisans de l’indépendance de l’île, et de sa servante cubaine, Lina Ruz, épouse illégitime, a tout pour devenir lui-même un oligarque, un grand propriétaire terrien comme papa, à Birán, actuelle province de Holguín. Dix mille hectares. Ils seront en partie confisqués par la révolution, puis « cédés » par la famille Castro.

Le garnement joue dans les dépendances de la « finca » avec les fils des paysans pauvres qui triment sans répit pour son père (300 familles). Le solide gaillard se rend vite compte que ses copains vivent misérablement, sont maltraités  ; les relations avec le patriarche, sa brute de père, se tendent. Castro confiera à Ignacio Ramonet qu’il devint révolutionnaire à partir précisément de cet environnement d’enfance. Doué, le jeune Castro étudie, comme tous les fils de bonne famille, chez les Jésuites, d’abord à Santiago, ensuite au collège Belén à La Havane. Ses maîtres l’éveillent, dirait-on aujourd’hui, à la citoyenneté.

À l’automne 1945, il s’inscrit à la fac de droit de La Havane. Rebelle sans cause précise, il fait le coup de poing et de feu contre les bandes d’ultras. Il se politise à grande vitesse, acquiert une conscience révolutionnaire et prend souvent la parole dans le patio ou sur les escaliers de l’université. Le 6 novembre 1947, il y proclame une sorte de programme patriotique  ; la frustration d’une pseudo-indépendance nationale, de surcroît tardive (1899), le hante. Le jeune étudiant marche en tête des manifestations contre le gouvernement corrompu et « vendu » de Grau San Martin. Dans ce chaudron idéologique, il lit Marx et se familiarise avec ses idées. Faire la révolution. Orateur hors pair, il milite à la puissante Fédération des étudiants universitaires (FEU), et se fait rapidement connaître, à tel point que « trois ans plus tard, il sera déjà un homme politique en vue à Cuba. À La Havane, Castro était déjà Fidel » [1].

Castro s’engage dans la vie publique en 1947  ; il rejoint le très anticommuniste, petit-bourgeois et populiste Parti du peuple cubain (PPC), plus connu sous le nom de Parti orthodoxe. Son leader, Eduardo Chibas, au programme social progressiste, dénonce la corruption et jouit d’une grande popularité. Chaque semaine, il s’adresse aux Cubains dans une émission à Radio CMQ. Fidel reste « orthodoxe » pendant huit ans, y compris après le suicide en direct à la radio, en 1951, du charismatique Chibas, destiné à « réveiller » le peuple. En 1948, présent à Bogota pour un congrès étudiant, Castro participe au Bogotazo, le soulèvement populaire provoqué par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, candidat « libéral » favori aux élections à venir. De retour à Cuba, candidat du PPC à la députation, le jeune juriste semble promis à une carrière politique chez les « orthodoxes ».

Le coup d’État militaire de Fulgencio Batista, pour le compte de Washington, le 10 mars 1952, à trois mois d’élections que le PPC allait sûrement gagner, modifie toute la donne. Bogota, La Havane, l’intervention des États-Unis renforcent Castro dans son anti-impérialisme. Dès l’installation de la sanglante dictature (20 000 morts entre mars 1952 et décembre 1958), Castro part en guerre contre elle. La voie électorale se ferme. Peu à peu, il s’oriente vers une stratégie insurrectionnelle, de guerre de guérilla, dans le droit fil de l’histoire cubaine, de l’héritage des deux guerres d’indépendance.

Castro a conscience de prolonger la pensée et l’action du « héros national » José Marti, son inspirateur et modèle mort au combat le 19 mai 1895. À cette époque, Castro est d’abord « martinien », porteur d’un « nationalisme » radical hérité du patrimoine historique cubain, teinté de « socialisme utopique ». Pour José Marti, les États-Unis constituaient déjà, au XIXe siècle, « le pire danger qui menace notre Amérique  ». La formation – incomplète – de la nation cubaine, dans ce contexte, acquiert une dimension anti-impérialiste. Le « fidélisme » apparaît alors comme « une synthèse pragmatique, un mélange d’un peu de Marx, de Engels, de Lénine, assez de Che et beaucoup de José Marti  » (2). Sur cet « avant 1959 », Castro dira qu’il « avait peut-être deux millions de préjugés petits-bourgeois  » (3).

Le 26 juillet 1953, sous les ordres de Castro, 131 jeunes partent à l’assaut de la symbolique forteresse militaire, la caserne de Moncada à Santiago. L’opération, destinée à provoquer un soulèvement populaire, échoue et la petite troupe est décimée  : 6 morts au combat, 49 survivants torturés, puis massacrés. L’acharnement des tortionnaires et le courage inouï de ces jeunes confèrent à l’action un impact national, émotionnel et politique considérable. Le Parti socialiste populaire (PSP, communiste) qualifie, lui, l’assaut de «  tentative de putsch aventuriste  ». Le PSP traîne une réputation entachée de collaboration depuis le gouvernement de Front populaire avec Batista, dans lequel il eut deux ministres de 1942 à 1944.

Lire la suite de l’article sur humanite.fr

 


 

« Dans une forteresse assiégée, toute dissidence est une trahison »

Fidel Castro justifiait la répression en ayant recours à cette phrase de Saint Ignace de Loyola.

 


 

Les réactions internationales

 

L’ex-dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev :

« Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu (...) mener son pays sur la voie du développement indépendant »

Le président François Hollande (avant de dénoncer « les atteintes aux droits de l’homme ») :

« Il avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées. Acteur de la guerre froide, il correspondait à une époque qui s’était achevée avec l’effondrement de l’Union Soviétique. Il avait su représenter pour les cubains la fierté du rejet de la domination extérieure. »

Moins ambigu que le président de la République, un faux socialiste, Jean-Luc Mélenchon, en deux tweets, y est allé de son poème, et d’une invitation à se recueillir :

Fidel ! Fidel ! Mais qu’est-ce qui s’est passé avec Fidel ? Demain était une promesse. Fidel ! Fidel ! L’épée de Bolivar marche dans le ciel.
À la mémoire de Fidel, fleurs et bougies. 18 heures à Paris. Au pied de la statue de Simon Bolivar.

Le président socialiste du Venezuela Nicolas Maduro :

« Tous les révolutionnaires du monde, nous devons poursuivre son héritage et sa bannière d’indépendance, de socialisme, de patrie humaine »

L’hommage de Poutine, adressé au frère du défunt, Raul Castro :

« Cet homme d’État émérite est à juste titre considéré comme le symbole d’une époque de l’Histoire moderne du monde »... Fidel Castro « était un ami sincère et fiable de la Russie ».

Toujours aussi impartial, le New York Times titre « Fidel Castro, le leader cubain qui a défié les États-Unis, est mort à 90 ans ». L’article dresse le portrait d’un homme exerçant « le pouvoir comme un tyran » et ayant «  tourmenté 11 présidents et amené le monde au bord de la guerre nucléaire ».

Plus d’hommages et de réactions sur lefigaro.fr

 

Le Monde, qui s’interroge sur « ces intellectuels subjugués par le mythe Castro », rapporte que le premier admirateur de Fidel Castro fut un Américain, le journaliste Herbert Matthews, qui écrivit dans le même New York Times, en février 1957 :

« Il est facile de voir pourquoi ses hommes l’adorent et aussi pourquoi il a frappé l’imagination de la jeunesse dans l’île. C’est un fanatique instruit et dévoué à sa cause, un idéaliste plein de courage, aux remarquables qualités de chef. »

Notes

[1] « Les Quatre Saisons de Fidel Castro », de J.-P. Clerc, Éditions du Seuil, 1996.

Chávez, l’héritier de Castro, sur Kontre Kulture

 

Fidel Castro, sur E&R :

 






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57 Commentaires

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  • #1610236
    Le 27 novembre à 10:54 par Serge
    Fidel Castro est mort

    J’entends bien les commentaires négatifs à l’égard de Fidel Castro. Alors oui, il y a eu des morts, des fusillés, des prisonniers politiques, une restriction certaine des libertés etc...
    Mais nous semblons oublier ici, au chaud devant nos claviers d’ordinateurs, révolutionnaires 2.0 que nous sommes, qu’une révolution c’est sanglant et violent. De plus, quand cette révolution fait face à une adversité qui s’appelle USA, avec un embargo commercial et financier qui dure depuis 55 ans. Quand Castro a fait l’objet de nombreuses tentatives d’assassinat, que l’île a vécu sous la menace d’une invasion pendant des années etc...
    Quand on défie à ce point le Système, celui que nous honnissons ici à longueur de journée, il faut avoir un grand courage physique et psychologique. Il faut être intraitable et impitoyable. Il faut être prêt à tout perdre, à souffrir outre mesure, à mettre sa vie dans la balance. C’est ce qu’ont fait Castro et ses partisans.
    Le pouvoir, il ne l’ont pas pris uniquement en blablatant mais aussi en allant suer sang et eau dans la Sierra Maestra.
    Moi, je ne commente que rarement sur les sites internet parce que je sais que ce n’est, en fin de compte, qu’un exutoire à toute l’impuissance et la frustration que nous ressentons chaque jour face à nos maîtres. Et puis nous sommes encore trop riches, bien nourris, bien logés, bien soignés pour vraiment nous révolter de manière violente. Castro le savait bien qui disait que les conditions de la révolution sont liées aux conditions de vie du peuple. Nous ne sommes pas assez malheureux pour prendre les armes, nous avons trop à perdre pour faire autre chose que ce que nous faisons, poster sur des sites internet qui ne sont en fait que des soupapes de sécurité, tolérées et utilisée comme telles par le fameux Système.
    N’oublions jamais non plus que des gens comme Fidel Castro ou Ernesto Guevara étaient issus des classes supérieures de la société et qu’ils auraient pu se contenter de la vie pépère et opulente que leur origine sociale leur promettait. Donc, il leur aura fallu une véritable foi révolutionnaire pour renoncer à ce confort qui s’offrait à eux. Combien d’entre nous en sont véritablement capables ? Pas moi en tout cas.

     

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    • #1610311
      Le 27 novembre à 12:49 par sa majesté
      Fidel Castro est mort

      "se contenter de la vie pépère et opulente que leur origine sociale leur promettait"

      As-tu déjà été à Cuba ? Et pour ce qui est de sa vie pépère, je te prie de me croire qu’il l’a bien menée cette vie pépère. Commez pr bcp de gens, j’admire le fait qu’il ait tenu tête aux ricains et qu’il a fait pas mal de choses positives mais de là à en faire une image d’épinale. Et puis Chirac, Mittérand ont aussi fait des choses positives pr leurs pays mais ça je parie que tu auras bien plus du mal à vouloir reconnaître. Sans doute que ces personages ne te paraissent pas assez exotiques à tes yeux, ne te permettent pas de fantasmer parce que trop près, quasi des voisins quoi ; un mec que tu connaissais bien puisque l’on voyait tous les jours passer à la télé. Il y un âge où il faut arrêter de se comporter comme des midinettes ; des fans qui deviennent émotionelles dès que tu oses émettre la moindre critique envers leurs idoles. Tout ceci est d’un ridicule sans limite quand on sait que tous ces gens ont tjs su cmt manipuler les foules.

       
    • #1610389
      Le 27 novembre à 14:01 par Serge
      Fidel Castro est mort

      Si tu (puisqu’on se tutoie) pouvais écrire autrement qu’en langage SMS, on ne serait pas tenté de croire que ta pensée est également de type SMS.

      Joyeux Noël.

       
    • #1611137
      Le 28 novembre à 08:42 par Lydia Rozan
      Fidel Castro est mort

      Je m’apprêtais à diffuser un commentaire. J’ai lu le vôtre et avais la sensation de l’avoir moi-même rédigé...je ne vais donc pas paraphraser.
      Je tenais cependant à saluer la justesse de vos propos ainsi que votre intégrité intellectuelle...et ça fait du bien. Merci Serge.

       
    • #1617326
      Le 6 décembre à 18:18 par tatar
      Fidel Castro est mort

      T’as peut être une vie pépère au chaud c’est pas mon cas, et non castro n’était pas un sauveur, c’était un oppresseur profiteur comme la plupart des dictateurs.
      Si toi tu crois encore au père noel avec leurs diatribes « protecteur du peuple, mon cul sur la commode » juste pose toi cette question : pourquoi le cubain moyen prenait il le risque de monter dans une embarcation dont il ne savait même pas s’il sortirait vivant ?

      Je te donne la réponse : pour fuir et vivre libre, un peu moins dans la misère qu’à Cuba.

      Arrêtez avec vos dictateurs gauchisants ou communistes de merde, ce sont les plus grands bouchés de la planète, si vous les aimez tant allez en Corée du nord et foutez nous la paix.

      Mao Zedong – 80 millions de morts
      Staline – 30 millions de morts
      Saddam Hussein – 2 millions de morts
      Kim Il Sung – 1,6 million de morts
      Pol Pot (khmer rouge) - 1.7 millions de morts
      Fidel Castro – 90.000 morts
      Le gauchisme est une maladie mentale psychopathique.

       
  • #1610354
    Le 27 novembre à 13:37 par Raoul M.
    Fidel Castro est mort

    Mort de la dernière figure d’extrème-gauche et du communisme, la même année où on ré-édite Mein Kampf et ou extrème-droite et populisme gagnent des points partout.... Fin d’un cycle et début d’un nouveau ....

     

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  • #1610383
    Le 27 novembre à 13:57 par Mika
    Fidel Castro est mort

    Pas très enthousiaste du personnage... mais surtout du « système » qui me parait être l’autre face du système dominant. Les deux composent le système au sens plus large (économie politique, commerce, argent comme dynamique). Et une troisième voie en fait partie... De la même manière lorsque Pierre Hillard dénonce le messianisme noachique... il a le sien... finalement, basé sur la même logique.

    Fidel Castro comme les autres révolutions rouges (en fait, peu importe les couleurs : verte, orange ou arc-en-ciel = capitalisme) est un capitalisme d’État archaïque...

    « On peut voir dans Mao Tsé Toung ou Fidel Castro de courageux partisans, des hommes politiques habiles.
    [...] Seulement tout cela relève du capitalisme. »
    Un monde sans argent : Le Communisme, 1976

    Que penser de cela ? Fidel Castro et la mafia juive (?)
    https://www.youtube.com/watch?v=l9T...

     

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  • #1610676
    Le 27 novembre à 18:58 par Bananonyme
    Fidel Castro est mort

    J’ai un ami qui a vécu plusieurs années dans la campagne cubaine, et je constate que son avis est très bien représenté par ce qu’en a dit... notre Flamby national ! Pour une fois qu’il dit un truc intelligent, reconnaissons-le !
    2016 est vraiment une année hors-norme !

     

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  • #1611294
    Le 28 novembre à 12:00 par CNR Lyon
    Fidel Castro est mort

    L’’âme de Cuba voulue par Fidel Castro est celle-ci : Nationalisme, socialisme et Patrie.
    Cette vision m’a été rapporté par mes parents originaire d’Algérie née entre les années 30 et 40. Je n’ai jamais été un électeur du PC ni du FG et ne le serait jamais, parceque le sociale défendue par le CNR, vous lui avez tourné le dos au profit du sociétale (sous l’ère Robert hue, Marie Jorge buffet et Pierre Laurent) au profit d’une alliance incongrue avec les libéraux du PS (SFIO) héritière de l’occupation militaire en Afrique du nord.
    Cuba qui a souffert sous Batista, sous imperium US-ioniste, à ouvert une voie qui est étrangère au dirigent du PC Français cité plus haut.
    Votre hommage à Fidel Castro en 2016 n’est rien de plus que de la manipulation trotskyste à destination d’adolescents, une arnaque de plus voulue par le système.
    À tous les sympathisants de E&R CUBA à de nombreuses réalisation à son actif je vais vous parler d’un domaine que je connais bien.
    À cuba les conservatoires de musique sont gratuits, avec comme influence l’excellence et la rigueur de grand musiciens classique Russe (ex URSS) tel que Rachmaninov.
    Les Cubains de tout milieux sociaux ont eut la chance de bénéficier de ce genre de structure par la volonté et la vision politique de Fidel Castro. Pour lui Cuba devais avoir une identité culturel à l’intérieur puis à l’extérieur.

    Pour les mélomanes deux groupes patriotes symbole de la culture et de l’âme Cubaine, un peuple frère du Venezuela d’el commandante Chavez.... Kadhafi, Boumediene, de Bashar al Assad ect.....

    https://youtu.be/qnUGZuU7DEQ
    https://youtu.be/nZ2HaKg6seE

    Vive la France, Vive les Patriotes.

     

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  • #1611398
    Le 28 novembre à 13:35 par Igor meiev
    Fidel Castro est mort

    Castro c’est l’éloquence de Chavez, sans le Christ de Chavez. Son combat était perdu d’avance car sans la composante spirituelle on ne sort pas de la logique matérialiste, et cette logique, fatalement, amène à se projeter dans la perspective de développement économique donc vers l’envie de confort, donc vers l’argent.

    Le communisme est un christianisme sans Dieu, pour cela qu’une certaine partie des miséreux du monde au fait du message chrétien sont séduits par lui : il propose de leur rendre justice, de favoriser le partage, la charité en somme ; le grand malheur est de proposer comme outils que des moyens si bassement humains, si imparfaitement terrestres.
    De ce point de vue Chavez était bien plus opposant au système que Castro. D’ailleurs Chavez, lui, a bien été empoisonné et éliminé ; qu’on ne me fasse pas croire que Castro par son seul sens de la prudence a pu éviter de tels écueils.

     

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    • #1612966
      Le 30 novembre à 13:31 par Raffaello
      Fidel Castro est mort

      Tu oublies peut-être que sans le soutien sans faille de Castro, Chavez n’aurait pas tenu au pouvoir ce qu’il a tenu. Tu dis "son combat était perdu d’avance" alors qu’il a tenu 57 ans et que son système mis en place, même s’il chancelle, est encore debout, alors que celui de Chavez, avec la succession pas très populaire de Maduro, est encore beaucoup plus chancelante car en proie à une guerre civile, alors qu’à Cuba, toutes critiques que l’on peut en faire, la paix civile a toujours été maintenue. Et lorsque l’on parle de christianisme, il ne faut pas oublier une chose, le peuple vénézuélien est à majorité catholique, ce qui explique aussi la ferveur christique de Chavez et sa force mystique, alors que Cuba l’est beaucoup moins, et l’on voit beaucoup plus de rituels et de fêtes Santeria, de mythologie Yoruba ancestrale africaine, que de fervents catholiques, même s’ils existent et comment, à Cuba comme au Brésil, ils croient à Jesus Christ avec leur coeur et leur foi mais ne sont pas enrôlés dans une vision très dogmatique et apostolique romaine issu du concile de Nicée.

       
  • #1612920
    Le 30 novembre à 11:54 par Raffaello
    Fidel Castro est mort

    Pour avoir vécu 1 an à Cuba et avoir étudié de très près son histoire, je vais partager mon ressenti car bon nombre de commentaires ici me laissent perplexes :
    Tout d’abord, je lis que Fidel Castro serait un opportuniste qui serait passé de l’anti-communisme au communisme. Non. Il n’a jamais été anti-communiste clairement ou trouvez-moi des sources, mais il a maintenu caché sa sympathie communiste pour prendre le pouvoir sans que les Etats-Unis ne l’en empêche, les Etats-Unis voulaient lacher Batista qui avait été leur poulain jusqu’à ce que ce dernier devienne incontrôlable et ne leur échappe des mains. Bien sûr qu’il a fait preuve d’opportunisme, mais on ne peut pas mener une révolution armée anti-impérialiste (avant la révolution, il a été au sein du parti orthodoxe (nationaliste) et fréquentait la ligue anti-impérialiste, qui affichait à l’époque son pro-germanisme) sans en faire preuve à un moment ou à un autre, ni sans faire beaucoup de morts. La révolution armée a été une nécessité pour changer de régime. Une fois le pouvoir pris et avoir fait un bras d’honneur clair et honnête aux Etats-Unis quant à la dette que devait Cuba à ces derniers depuis le jour de l’indépendance cubaine en 1898 (ou plutôt qu’Indépendance, rachat de Cuba par les Etats-Unis à l’Espagne). Il n’avait d’autre choix que de s’allier au bloc soviétique au risque de se voir totalement isolé, et pour une île comme Cuba, c’était le suicide. Malgré cette alliance, que ce soit lors de la crise des missiles ou pour bien d’autres affaires, il n’a pas été totalement soumis au pouvoir soviétique et par moment a même incarcéré des cubains trop pro-soviétiques qui voulaient l’écarter du pouvoir car trop indocile et incontrôlable. Moi ce que je lui reproche c’est l’instauration du réalisme soviétique comme canon artistique obligatoire, mais je ne lui reproche pas trop d’avoir refoulé totalement l’influence culturelle américaine, bien que des excès comme le refus de certains instruments à vents du Jazz américain, sont des rigidités absurdes du régime cubain. Une fois que l’on refuse de payer la dette à la superpuissance américaine avec des dizaines de milliers de cubains de la bourgeoisie qui sabotent ton pays et te font la guerre économique et militaire, c’est un chemin sans issue surtout pour un pays qui a dû tout apprendre et former ses cadres à la va-vite. Cependant, économiquement, le socialisme comme l’entendait Che Guevara a foiré... (suite)

     

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  • #1612937
    Le 30 novembre à 12:27 par Raffaello
    Fidel Castro est mort

    (suite) ... c’est-à-dire un système où l’on vivrait mieux, plus heureux, et avec un meilleur niveau de vie qu’au sein du capitalisme, c’est pour ça que Che Guevara avait vu juste, c’était impossible à réaliser sans plusieurs révolutions cubaines en Amérique Latine, mais il a pêché par romantisme car la Bolivie n’était pas Cuba et il n’y avait aucun Fidel Castro local pour drainer son romantisme vers quelque chose de réalisable. Fidel Castro ne l’a pas tué mais il n’a pas pu l’aider dans sa démarche. On ne peut pas être au four et au moulin. La réforme agraire a foiré et la campagne cubaine est désolée car ils ont tout misé sur le mauvais cheval, la canne à sucre, et pour l’impérialisme américain ça a été un jeu d’enfant de le faire échouer. Dans les années 80, Cuba connait une embellie et une sobriété heureuse grâce à tout le surplus de l’union soviétique qui lui arrivait gratuitement et la chute de l’union soviétique a fait si que Cuba se réveille dans les années 90 avec une gueule de bois énorme et une pénurie presque insoutenable que seul l’ouverture au tourisme a su faire survivre ce qui restait de son économie. J’y suis allé en 2007 et une partie importante de la jeunesse de La Havane en a marre d’un système qui s’essouffle et qui ne laisse que très peu de place à la créativité et très peu de perspective, surtout matérielle et professionnelle. Mais leurs idéaux ne sont plus un modèle socialiste de bien-vivre mais pouvoir bénéficier d’Internet et du dernier iPhone comme le monde entier. Les bénéfices de la Révolution, comme la santé gratuite, se déteriore, car beaucoup de médecins préfèrent être mieux payés en s’exilant aux Etats-Unis ou en participant aux campagnes internationalistes cubaines en Afrique ou en Amérique Latine, mais citez moi un autre pays où on peut récupérer la vue gratuitement ? Les rigidités et absurdités du système cubain sont énormes, c’est un pays surréaliste, avec une solidarité incroyable très très belle à voir et là on aurait beaucoup à apprendre nous français, de cette légèreté de vivre où tout le monde se parle sans arrière pensée, où tout le monde s’entraide. Le charisme de Fidel Castro a fait le reste, pour qu’un pays reste debout dans les tempêtes vécues, il faut qu’il y ait le soutien d’une grande partie de sa population, les gens, surtout de 50 ans et plus, qui parlent de lui avec des étoiles dans les yeux ça existe. Tout comme les opposants sincères et qui ne sont pas forcément pro-américains. (suite)

     

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  • #1612955
    Le 30 novembre à 13:11 par Raffaello
    Fidel Castro est mort

    Les professeurs de l’Université de La Havane sont bien plus intéressants que ceux que j’ai pu avoir à Paris et je les remercie de leur verve légendaire où ils ont su m’enseigner l’histoire de Cuba ( le meilleur professeur de ma vie, qui fumait des cigarettes Criollos pendant tout le cours), l’histoire de l’Afrique et du Moyen Orient, des Etats-Unis, avec une liberté de parole et de ton, bien sûr ils ne diront jamais que le système qui ne leur donne que 30$/mois est de la merde, mais ils n’y pensent même pas à le dire, car ils savent très bien leur histoire et que s’ils voudraient le dire, ils peuvent se démerder pour traverser la mer et être payés 3000$/mois pour le dire, mais ce sont des personnes avec encore des idéaux et une conscience. Quant aux critiques de dizaines de milliers de mort, je voudrais que l’on me parle exactement de quels morts, il y a eu des condamnés à mort, le général Ochoa, les prises d’otages à La Havane, etc, mais aucune tuerie massive de protestataires il me semble, ou que l’on me cite des sources qui ne proviennent pas des officines de Miami qui espèrent toujours revenir en maitres à Cuba. Même la répression de l’église, je pense qu’il faut la tempérer et la contextualiser, et même le mot répression est fort, il y a eu une laicisation de l’enseignement (et non un athéisme féroce comme en union soviétique), l’exercice du culte n’a pas été interdit, et des tensions entre une partie du haut clergé et le gouvernement, le petit clergé et les catholiques ayant en grande partie soutenu la révolution cubaine, ils ont été déçus par la laicisation et leurs écoles privées ont été progressivement fermées pour obéir à un idéal communiste d’égalité. Mais le Vatican n’a jamais été très hostile à Fidel Castro, ou en tout cas seulement pendant certaines périodes avant de se réconcilier. Enfin, voilà j’ai donné mon sentiment à brûle pourpoint en espérant qu’il aura intéressé certains, et peut-être il transparait une défense du régime cubain, alors que je voudrais juste remettre en cause certains mensonges entendus provenant souvent des officines de Miami. Alors qu’en réalité, j’aurais milles critiques à faire. Puisse ce peuple fascinant et bon vivant garder son indépendance, tout en renversant la table de cette bureaucratie politique et médiatique installée à la pensée courte et rabougrie. Ex : https://www.cibercuba.com/videos/no...

     

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  • #1616703
    Le 5 décembre à 20:40 par Pifou
    Fidel Castro est mort

    Je trouve cet engouement pour un dictateur sanguinaire assez bizarre, je dois l’avouer. Il y a certes des dictateurs qui ont protégé leur peuple, tel que Khadafi. Mais on voyait peu de Lybiens s’enfuir de la Lybie pour aller se réfugier en Egypte ou en Algérie. S’il y a une diaspora cubaine (qui a d’ailleur voté pour Trump) aussi forte en Floride, c’est bien évidemment parce que Castro a été un dictateur sanguinaire et meurtrier.

    Il faut arreter de délirer et croire que Cuba aujourd’hui c’est le paradis. Faites y un tour.

     

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