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Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

Hommage à Ueli Steck (1976-2017) et Austin Howell (1988-2019)

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Alex Honnold en solo

 

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Austin Howell en solo

 

Tous les grimpeurs qui font du free solo finissent par tomber. En général ils tombent seuls, loin des regards, car le solo est une discipline de solitaire (!), un retrait du monde, un isolement religieux. Le sport qui s’en rapproche le plus est l’apnée, aussi dangereux qu’il éloigne des autres. Cette fuite de la société se paye très cher, on va là où personne ne va, on goûte à une sensation de liberté (c’est-à-dire de libération) extrême, mais on tutoie la mort. Austin est tombé le 30 juin et s’est tué.

 

 

Alex Honnold, le dieu des grimpeurs, est lui toujours là, et son exploit ultime est l’ascension du Capitan sans corde. 900 mètres de paroi avec des difficultés insurmontables pour de grands grimpeurs assurés. National Geographic en a tiré un film de 100 minutes, que nous avons visionné, et qui a remporté un Oscar à Hollywood dans la catégorie « documentaire » en 2019. Le sujet est presque hollywoodien, avec en plus une histoire d’amour à l’intérieur.

 

 

Sanni est très jolie, elle accompagne désormais Alex dans ses pérégrinations mais pas sur les murs glissants du Paradis, ou de l’Enfer. Elle reste en bas et parfois, assure son mec qui teste une voie, car Alex prépare méticuleusement ses solos : ses carnets sont truffés de notifications sur chaque prise de pied et de main ! Malheureusement, en 2016, Sanni lâche la corde – oups, lol – et Alex dégringole. Il se pète le pied et doit faire de la rééducation, ce qui ne l’empêchera pas de grimper un mur en salle avec un pied dans une chaussure adaptée grosse comme une pompe de ski !

 

 

Sanni ou El Capitan, il faut choisir

Alors qu’Alex était une espèce de mutant Asperger à tête de Pierrot lunaire fuyant les humains, Sanni, comme toutes les femelles, tente de le socialiser, de le normaliser. On voit dans le doc toute son excitation de trouver un appartement (un nid pour les futurs lézards de parois), choisir un frigo (les femmes adorent les frigos, c’est la réserve de bouffe, la sécurité, ça les désangoisse, elles l’ouvrent 50 fois par jour parfois juste pour contempler le taux de remplissage), bref, l’excitation de la puce qui va pondre. Au lieu de suivre la préparation technique du dieu vivant, on se tape Sanni qui jouit dans sa kitchen, Sanni qui creuse une citrouille pour Halloween, et le meilleur pote d’Alex qui décrète que ce couple est « great » ou « wonderful », ou « amazing », on sait plus. Ça sent la séparation d’avec les potes, un classique quand la nana débarque dans la vie d’un mec et fait le ménage !

Hollywoodiser Honnold, c’est le pire truc à faire. C’est ça qui le fera chuter, retourner au milieu des hommes. Mais les sirènes de la renommée...

Comme Alex, Austin voulait faire son film, mais il n’a pas eu le temps. Il est tombé du Shortoff Mountain en Caroline du Nord, là où il a avait déjà grimpé il y a 4 ans, en avril 2015. Il avait même grimpé à poil, assurant que l’escalade n’était pas quelque chose à prendre trop au sérieux, et qu’il fallait se faire plaisir. Une sorte d’accouplement avec le rocher ?

 

 

Austin était-il à la recherche de publicité, se sentait-il écrasé par l’astre Honnold, ou était-il vraiment libéré de toute contrainte sociale ? Alex, lui, ne laisse rien au hasard. Il a la décontraction des babas qui montent – le monde de l’escalade est très baba cool – mais avec une approche scientifique. La liberté, ce serait donc construire sa fuite ou sa libération, pierre par pierre, ce « travail d’évasion » dont parlait Soljenitsyne dans L’Archipel du Goulag.

Dans un autre genre, moins dangereux, le Grenoblois qui préférait voyager accroché sur les balais d’essuie-glace à l’arrière du tram parce qu’il ne supportait plus la « populace » s’est fait pincer :

 

 

Conclusion humoristique du Dauphiné (Libéré) :

« Le misanthrope s’est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel, où il lui faudra, cauchemar total, supporter la présence d’un avocat, d’une présidente et de ses assesseurs, d’un procureur, d’une greffière et même de la police d’audience, ainsi que d’un public nombreux massé dans la salle d’audience. »

L’enfer, c’est les autres, que ce soit en bas du Capitan ou dans le tram. Ce qui donne la force à Alex ou à Austin de braver tous les dangers, c’est la fuite de l’espèce humaine ! Mais cette volonté de s’élever ne s’exerce pas toujours contre les autres, c’est celle des grands hommes, ceux qui entraînent les autres vers le haut.

L’épitaphe d’Austin  : « keep Austin weird » (laissez Austin faire le dingo)

 

 

Hommage à Ueli Steck, le speed climber mort en 2017 sur le Nupste, dans l’Himalaya, près de l’Everest

« C’est une route à sens unique, c’est la mort à la fin... J’ai accepté de mourir, et c’est peut-être ça qui me donne la possibilité de faire ça, autrement tu ne fais pas. »

 

Accepter l’idée de la mort, de sa propre mort, libère l’homme de sa peur fondamentale, et lui permet de réaliser l’impossible.

Alex et les autres, sur E&R :

 



Article ancien.
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64 Commentaires

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  • #2233980

    C’est bien un truc de "blanc" ça, risquer ça vie pour rien en pure égoïsme.
    Les sports extrêmes sont principalement pratiqué par des occidentaux à qui rien ne manque.
    Ça mérite une étude.

     

    • #2234000

      Allez voir du côté de l’Inde...


    • #2234078

      C’est toi qui mérite une étude ! Le dépassement de soi, c’est un truc de blanc à la con. Chez les pompiers aussi, pour sauver des vies et risquer la sienne, le taux de blanc est très élevé...


    • #2234100

      Les sports extrêmes sont un truc de privilégiés de toutes les races, par forcément blancs.


    • #2234183
      le 07/07/2019 par rectificateur
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      Les situations extrêmes vécues par des gens qui risquent leur vie en permanence ne sont pas rares dans les pays peuplés de "non-blancs" et de "non-occidentaux".

      Mais la différence, c’est qu’en effet eux le font pour pouvoir vivre au quotidien, ou parce que leur tradition le leur impose.

      Autrement dit, la prise de risque extrême n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle apparaisse "absurde" dans un monde où "on ne manque de rien".

      Eh bien il faut croire que si, justement.


    • #2234413
      le 07/07/2019 par Berger de Bergame.
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      On risque sa vie pour quelque chose de réel, ça je n’y comprends rien car la recherche de la sensation forte est selon moi un prétexte.
      Les probabilités de tomber de plusieurs mètres de haut sont très importantes.
      Ce n’est ni plus ni moins que du suicide !


    • #2234492
      le 07/07/2019 par Robespierre le Très Petit
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      Pour mon anniversaire j’ai mis un sucre supplémentaire dans mon café.
      J’ai vécu cela comme un sport extrême même si je ne recommende pas à mes amis d’en faire autant.
      "Tomber" dans la sucrerie peur s’avérer dangereux.


  • #2233987

    Que chacun dispose de sa vie comme il l’entend c’est son affaire, mais à partir du moment où l’on a des responsabilité familiale avec enfant il y a un profond égoïsme de mettre délibérément sa vie en péril. Une femme fait le choix délibéré de se marier avec une tête brûlée, mais un enfant ne peut pas choisir ses parents...Dans la vie il faut choisir ! Vivre toute sa vie comme un ado casse-cou ou un aventurier aimant tutoyer la mort ...ou fonder une famille et en prendre soin.

     

    • #2234011

      Fonder une famille (ou pas..est-il obligatoire d’avoir des enfants ?) et en prendre soin oui mais alors, est ce que cela veut dire se plier aux désidératas du système, donc de bien faire fonctionner cette puanteur ou bien vivre sa vie le plus libre possible ? La peur me dira-t-on mais la peur de quoi ? L’occidental a peur de tout aujourd’hui même de son ombre, c’est le sujet de l’article en deuxième lecture je pense..


  • #2233990

    Là où le sport canalise les forces de révolte des hommes en besoin de puissance vers des activités compatibles avec le système, les sports "extrêmes" (euphémisme marketing pour ne pas dire "mortel") vide les effectifs d’hommes sans peur. Le système médiatise leurs exploits, mais rarement leurs morts. Et tout le monde tombe dans le panneau.
    Militons pour un retour des passe-temps traditionnels :
    "-Tu fais quoi comme sport ? "
    "- De la fourche."

     

    • #2234076

      La peur de la mort peut conduire à la chercher. Nombre de trompes la mort se sont lancés dans des activités dangereuses dans le seul but d’amadouer l’objet de leur crainte. D’ailleurs, seuls ceux qui ont peur peuvent faire preuve de courage.


  • #2233994

    Chacun sa névrose, certains c’est la guitare ou l’escalade et d’autres c’est les films de boules et les jeux vidéos...

     

  • #2233999

    Je ne comprends pas les réactions négatives de certains... Faites-vous la différence entre vivre et survivre ? Ces alpinistes la font parfaitement. Ils ont choisit la vie, leur vie, certainement différente de la votre, et qui se termine inéluctablement - comme pour nous tous - par la mort. Rien d’incroyable, si ce n’est le niveau de risque de leur activité, comme dans beaucoup de sports extrêmes. Je peux me tromper mais je ne crois pas qu’ils montent des sommets pour, arrivés là-haut, se foutre délibérément en l’air en sautant dans le vide non ?

     

    • #2234048

      Un sportif de haut niveau n’est pas quelqu’un en bonne santé. Doit-on faire l’éloge de la maladie et de l’imposture de la performance physique ? Pour que des tocards aillent s’écraser comme des merdes parce qu’on leur a fait croire qu’eux aussi c’était des champions ?


  • #2234001
    le 07/07/2019 par Le Malicieux
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    Un homme-enfant de moins.

    Je veux bien le dépassement de soi, mais il y a une limite. Rien ne justifie ce genre d’activité.

     

    • #2234052
      le 07/07/2019 par con, sot et mateur
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      Tu as raison, mieux vaut vivre en salarié, faire ses courses à Auchan et veauter !


    • #2234055

      Reste sur tes pornos ton tuning ou n’importe quelle autre pratique sûrement plus ridicule que de l’escalade free.


    • #2234168
      le 07/07/2019 par Un casse cou
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      C’est du bois de ces "hommes-enfants" dont sont faits les héros en périodes de guerre, et certainement pas à partir des bourgeois travaillant dans le tertiaire et plaçant - telles des femmes - le confort et la sécurité au dessus de tout.


    • #2234227
      le 07/07/2019 par Point break mon cul
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      A casse cou, demande à Jean Moulin si avant, il escaladait les montagnes à poil et à main nu.
      Les vrais héros sont souvent des gens ordinaires que révèle les circonstances pas des trompes la mort.


    • #2234326
      le 07/07/2019 par Un casse cou
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      La capacité à l’héroïsme est avant tout une histoire de chimie, notamment de la faible sensibilité des récepteurs au cortisol, ainsi que d’un taux de testostérone élevé qui favorise l’action et la prise de décision rapide, et encore bien d’autres, en clair, un profil plus courant chez les athletes de l’extrême que chez les salariés du tertiaire (que sont 80% des français, contre 25% en 14-18).

      Il n’y a vraiment que dans les films hollywoodiens que le petit maigrichon efféminé à lunette est capable d’héroïsme, quoique maintenant la nouvelle norme, c’est la femme héroïque !

      Les situations de crise m’ont surtout montré que 99% de gens sont totalement passifs.

      Signé un athlète casse cou qui a plusieurs fois dans sa vie sauvé des individus "héroïquement" quand tous le monde autour perdait son sang froid, et qui préfère mourir jeune en ayant vécu une vie d’homme que de vivre une longue vie d’esclave à crédit.


    • #2234431
      le 07/07/2019 par Le Malicieux
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      Une argumentation basée sur des faux dillemne ne vaut rien.

      Pour fin d’information, moi aussi j’ai sauvé quelqu’un de la mort, point besoin de risquer sa vie dans des gestes vide de sens pour ce faire.

      De grace, assez avec les phrases creuses svp...


  • #2234065

    sur le dépassement des limites de l’humain par l’alpinisme il y a un doc encore plus extraordinaire qui s’appelle MERU (je vous laisse découvrir, ça dépasse l’imagination de tout scénariste).


  • #2234079

    Accepter l’idée de la mort est une chose, la défier en est une autre.


  • #2234086

    Mes parents étaient de gros grimpeurs,et j’ai grandis en côtoyant les rochers,les falaises,le minérale et la verticalité c’est si beau que s’en est spirituel,les mots brisent la magie de l’instant,il n’y a en fait rien à dire sur les risques,choix,passion,de ces gens défunts...mais je vais essayer:c’est de la méditation et de l’adrénaline,quel que soit l’aboutissement,ils sont dans le cheminement pas dans la performance.


  • #2234095

    Disposer pleinement de sa vie, assumer totalement les risques pris et ses engagements... admirable, si l’on n’ entraine pas avec soi, dans une cordée invisible, d’autres destins qui nous sont liés..Ce choix est celui de la réalisation de son égo par la quête d’une maitrise parfaite de ses sens, des son corps et de son mental, la limite c’est la fatalité car elle n’est ni domptable, ni prévisible.. pour ma part je respecte cette pleine souveraineté de l’ être , mais j’admire d’autres destinées telles que le sacrifice, le don de soi pour autrui, la quête de Dieu, ce qui est le contraire de l’égo.


  • #2234143

    Il vaut mieux mourir sur la voie en pleine force de l’age qu’a 50 ans d’une cirrhose du foi seul abusant de l’alcool ppur assouvoir la soif d’adrenaline qu’ils ne peuvent plus s’administrer par l’escalade.

    Les pratiquants de sport extreme sont des junkies, il eur faut leurs doses que provoque le fait de froler la mort et jouer avec. Lorsque le corps ne peut plus suivre physiquement, l’alcool est souvent le substitut...


  • #2234147

    on peut faire un parallèle entre Dieudo, Mr Soral et les free-solistes.
    Les deux ont mis leurs vies sur "le tapis" afin d’atteindre leurs buts dans les pires difficultés et à tout moment, à chaque instant, la voir partir.

     

    • #2234194

      Il est vrai qu’on peut faire un parallèle entre les trompe-la-mort d’une part, Soral et Dieudo de l’autre, mais ce faisant une différence de taille apparaît très vite, à savoir que les deux dernières personnes citées font le sacrifice de leur vie personnelle en se projetant dans un avenir où le bien commun de la collectivité humaine prime toute autre motivation.


    • #2234551

      JL29, et aussi, ce n’est pas dans la direction de Honold que l’on balancera du haut d’une falaise, une bagnole pendant son escalade ...


  • #2234148
    le 07/07/2019 par Alexis de Nice
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    Dans le genre sport traditionaliste, l’escalade libre est un modèle : sans doute un des plus anciens avec la lutte, la course à pieds nus, le lancer de poids et javelots ou l’escrime de massue, nul besoin d’arbitre corruptible, la sanction est définitive et immédiate... Quand au dopage, l’inhalation de magnésie serait cancérigène et pour cette raison il est préférable de pratiquer à l’extérieur qu’en salle !


  • #2234151

    Respect pour ces êtres hors-normes qui nous donne une leçon de vie et de courage.

     

  • #2234153

    Excellent article sur le dépassement de soi, à travers des liens bien choisis.
    A Socrade : l’escalade du Meru est très difficile, c’est vrai, comme tout ce qui est en Himalaya ; le documentaire est très bien, pas une seconde de trop (pour tous ceux qui aiment).


  • #2234163

    Merci pour cet article d’un thème différent. Votre équipe s’enrichit à mon grand bonheur et celui de beaucoup d’autres j’en suis persuadé.


  • #2234165
    le 07/07/2019 par Mouahahamad
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    Free solo, base-jump ou rouler à 240 sur la route...même combat. On cherche un sens à sa vie en valorisant son égo. Contradiction totale. Bienvenue dans l’aliénation spectaculaire marchande, dernier étage.

     

    • #2234174

      C’est Michel Clouscard qui avait fait une critique excellente là-dessus, notamment dans le Capitalisme de la séduction (voir le chapitre sur la moto, excellent ! )


    • #2234282

      Oui mais à ce moment là on peut en dire autant de l’homme politique, du sauveteur en mer, du chef d’entreprise...


    • #2234422

      Faux, rouler à 240 sur la route ne nécessite aucun courage et met en danger la vie d’autrui, contrairement au free soloing ou au base jump qui n’est pas donné au 1er pèlerin venu.
      Quant à "l’aliénation marchande", c’est du baratin intellectualiste. Il faut juste se renseigner un minimum sur la mentalité des mecs qui pratique les sports extrêmes avant de raconter de la merde.


    • #2234459

      C’est exactement ça. Marchandisation du spectacle, du merveilleux, quête à outrance de la performance, et rien que la performance. Zéro recherche de dimension spirituelle, que du consommable facilement accessible. Youtube regorge "d’exploits" auxquels n’importe quel quidam y accède aisément et peut allègrement baver et partager égocentriquement son enthousiasme, fier comme s’il avait participé à cet exploit ce qui n’est bien évidemment pas le cas, sauf à en faire du buzz.


  • #2234171
    le 07/07/2019 par Lynx dans la brousse
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    La mort frappera chacun inévitablement et la plupart du temps , dans une période très éprouvante et solitaire . Le but c’est peut être donc d’être certain d’avoir été parmis les vrai vivants avant de mourir, pour certains c’est l’alpinisme en solo en recherche maximum de ses propres limites pour se sentir vivant, pour d’autres c’est lâcher des com sur E&R. Chacun ses propres limites. J’ai du respect pour ceux qui connaissent les leurs, car ils ont été déjà été au bout d’eux même pour vivre leurs rêves. D’autres ne connaîtront jamais ça, et passeront leur temps à juger ce qu’il ne connaîtrons jamais.

    Je sais avec certitude ce que vont chercher ces hommes seuls avec la montagne : Dieu

    D’autres disent l’avoir trouvé avec mèmère et gamins jamais reconnaissants, en restant toute leurs vie dans les sentiers balisés du regard des autres dans le spectacle du qu’en dira t’on.

    L’homme est un aventurier. Tôt ou tard, la femme veut en faire un esclave du système marchand , afin que l’aventure pérennise son jardin d’Eden sur terre.
    Et des fois elle n’y parvient pas, et l’homme trouve vraiment Dieu.

     

    • #2234226

      Je disais pareil que vous avant. Après je suis rentré dans le monde du travail et de la vie adulte.


    • #2234269

      connaître ses propres limites, jargon moderniste pour gogos
      le type qui tombe d’une montagne et qui meurt, il a appris ses limites. Tu parles d’une découverte...
      et escalader à poil, c’est pour aller à la rencontre de Dieu aussi ?

      je vais passer sur l’obsession du sport (extrême ou pas) qui est quand même un truc de "salarié qui fait ses courses chez auchan" (pour reprendre un commentateur), plutôt que d’un agriculteur ou de n’importe quel grand seigneur qui est suffisamment occupé ou a des choses plus intéressantes à faire.

      Mais mettons ; communion avec la nature, sens de l’effort, etc, très bien
      Mais là on a quand même affaire à de sérieux zouaves.
      le point d’honneur donné à ne pas prendre de protection est particulièrement un signe d’ubris et d’avidité post nihiliste. L’escalade est suffisamment dangereuse et "sensationnelle" par essence (il y a surement pleins de jolis risques et d’adrénaline à s’élancer au bout d’une corde entre deux prises éloignées, non ?) on ne voit pas pourquoi s’acharner à conserver le risque du "si je glisse je meurs" en ferait des êtres ayant acquis un sens ou une volonté supérieure.
      Il peuvent aussi rouler sur l’autoroute en sens inverse, ou aller défier des lions à main nue.
      Ce n’est pas faire très grand cas de la vie. Le moindre salarié qui vit en communauté est plus vivant que ces types. La profondeur humaine ne se connaît pas dans la volupté ou le sensationnel.
      En fait, si cette activité était bénéfique (donc louable), elle doit nécessairement le mener à autre chose pour faire de sa vie un plus grand bien. Or ici il semblerait qu’il s’agisse d’une impasse, ou d’un suicide différé (en mode : "choisis, providence" ?). Le type peut toujours se filmer en train de grimper des façades ou dormir dans les arbres, il a effectivement l’air d’être décisivement convaincu que sa vie n’est RIEN, c’est pourquoi il attend secrètement la chute qui la fera finir.


    • #2234328
      le 07/07/2019 par Aliénation du tertiaire
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      "Ce n’est pas faire très grand cas de la vie. Le moindre salarié qui vit en communauté est plus vivant que ces types."

      Hahaha alors celle là, il fallait quand même oser !


    • #2234614

      escalader à poil, c’est pour aller à la rencontre de Dieu aussi




      autant je suis d’accord sur le côté egotique du sport extrème (une vraie drogue addictive) .
      autant la nudité (solitaire) en pleine nature sauvage (pour le cas présent il n’y a d’ailleurs pas nudité totale puisqu’il est filmé et qu’il porte casquette et collier). c’est une expérience extrêmement enrichissante qui permet physiquement et mentalement de se situer par rapport au monde qui nous entoure sans le parasitage de nos créations artificielles. la nature est force beauté et sagesse. si l’ humanité va si mal c’est qu’elle l’a totalement oublié en détruisant totalement tout lien avec ses origines.
      Et la nature sauvage c’est pas la forêt de Tronçais ou le parc du Mercantour mais une nature où il n’y a aucun chemin, aucune trace de civilisation, mais avec une vraie faune sauvage. autant dire qu’en France ça ne court pas les rues.
      trouvez l’endroit approprié (sans risque de rencontres humaines), laissez tous vos biens dans un endroit facilement repérable et partez à l’aventure, sans rien,(j’enlève même mes lunettes) gardez juste en mémoire votre itinéraire pour retrouver vos affaires
      essayez d’y tenir une journée, en une journée vous passerez de la gène à l’apaisement, de la peur à l’émerveillement si peu que vous sachiez vous servir de vos sens. une belle leçon d’humilité et de régénérescence spirituelle. c’est pas pour rien que les mystiques extrèmes choisissent souvent la nature sauvage la solitude et la nudité (anachorètes, saddhus, chamanes)


    • #2235109
      le 08/07/2019 par Lynx dans la brousse
      Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

      Arthur.

      Je suis aussi rentré dans le monde du travail, depuis 20 ans déjà. Je n’ai jamais réellement compris le concept de "vie d’adulte" mis à part celui d’avoir oublié tout ses rêves d’enfant. "Le monde du travail" ....Tout un programme...de merde, dans la définition que l’homme occidental lui a donné Pour moi le seul monde du travail et la seule vie d’adulte digne de ce nom, c’est d’oser être qui on est vraiment, et ne rien lâcher jusqu’à la mort. Se relever tout les matins d’être toujours de ce monde...et vivre en vérité même au milieu des morts histoire de ne pas leur ressembler dans le "monde du travail".

      J’aime ces alpinistes, principalement parce que les femmes ne les ont pas tué avant qu’ils trouvent la mort. Très rare de nos jours. Des Héros.


  • #2234188

    Quelle radicalité dans les coms, et d’une binarité, c’est soit l’un "faut surtout pas critiquer" soit l’autre "rien de bien à retenir"...
    Ben dites donc....
    Je trouve "les deux camps" bien trop extrêmes chacun dans leur genre.
    Et si le juste se situait tout simplement quelque part entre les deux... ?

    2 exemples me viennent immédiatement en tête...

    1) Les exemples sont nombreux d’enfants de militaires, qui bien que n’ayant jamais connu leur père mort au combat ont malgré tout suivi leur trace et sont devenu des patriotes soucieux du bien commun.
    Alors qu’on pourrait tout autant leur reprocher d’avoir préféré "l’action" pour des intérêts étatiques "obscurs".... et j’en passe.

    2) Puisque l’article parle de l’apnée.... abordons la "légende Mayol" qui inspira le Grand Bleu
    => https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacqu...



    En 1957, il divorce et abandonne ses enfants pour s’installer à Miami. Ils n’auront plus de nouvelles de lui pendant des années, sa femme devra élever les enfants seule. À Miami, il mène une vie de séducteur1. Mayol passe alors ...

    Rongé par la solitude et déprimé depuis plusieurs mois, selon Umberto Pelizzari, il se suicide par pendaison en 2001, à son domicile de Calone (commune de Capoliveri), sur l’île d’Elbe, où il vivait depuis plus de trente ans.



    Pas très "droite des valeurs" tout ça....
    D’ailleurs c’est peut-être là qu’on comprend mieux la différence entre le personnage du film et la réalité.
    Alors que pourtant c’est sensé être en parfaite adéquation avec l"idéologie libertaro-libertaire-68arde de l’époque et du réalisateur Luc Besson.

    Même Luc Besson him-self s’est sûrement dit "un type qui abandonne ses gosses pour faire de l’apnée et remplacer sa femme par des bimbos... mouais.... ça va pas trop faire rêver les spectateurs je pense... soyons lucide...."
    Et d’ailleurs vu comment il a fini, les bimbos étant logiquement moins motivées à l’accompagner qu’une vraie compagne dans la vieillesse...
    Vieillesse des artères qui d’ailleurs rendent tout sport extrême assez peu praticable sur le long terme par définition....

    Bon..... y a peut-être de quoi pas mal relativiser aussi sur la question non ?

     

    • #2234281

      Ce qui nous pousse à admirer c’est l’audace, la prise de risques, le courage...
      L’éventualité de la mort, envisagée, reconnue...
      Cela on peut aussi le faire...pour autrui non ?
      Le côté egocentrique de ce type de "trip" me gêne, c’est vrai : je suis convaincu que la vie est précieuse et qu’on peut la risquer, voire la donner...pour d’autres vies et pas uniquement pour l’adrénaline qui monte, pour l’oubli, pour "le fun" quoi...

      Condoléances aux parents et aux amis : qu’ont-ils pu ressentir ou penser à l’annonce de ces morts programmées ?


  • #2234296
    le 07/07/2019 par vincesampras
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    Ueli Steck était prêt à mourir et connaissait les risques. Par contre, il veut bien mourir en était sponsoriser par une banque privée suisse et un constructeur automobile de luxe allemand.


  • #2234342

    Au lieu de baver sur un héroïsme qu’ils ne comprennent pas, certains devraient faire un rapprochement avec la "voie du samouraï", lire "Le Soleil et l’acier" de Mishima.


  • #2234418
    le 07/07/2019 par Berger de Bergame.
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    En tout cas une chose est sûre ce type est mort mais il a vécu des moments que personne ne goûtera...

     

  • #2234506
    le 07/07/2019 par Robespierre le Petit
    Alex Honnold, le dernier survivant du free solo

    Immense tristesse de mourir ainsi.
    Est-ce une forme de suicide ou un besoin de vivre plus ?

     

    • #2234832

      Patrick Edlinger qui a popularisé le solo intégral, est mort en 2012 en tombant dans l’escalier... Sa mort a été bien plus conne que s’il s’était tué en chutant d’une falaise sans protection.


  • #2234581

    J’y connais rien, je ne juge pas « sur le fond ».
    - Steck à 1:30 a le pied qui dérape, ça m’a stressé. Ce reportage, sa vision, c’est pour moi incompréhensible ou « incroyable » ;
    - Austin, son « style » (bras en décontraction à courir) ça m’a paru « disons léger » par rapport à Staralex, je passe sur « ma bite sur la roche », pas mon truc ;
    - L’Alex, a un talent extraord... Euh, extraterrestre. Quelque chose d’anormal. Rien qu’à regarder, le vertige... Un film de fiction mais en vrai.
    Allez, ce soir je me regarde « les chutes » (La Chute et Chute libre).


  • #2234587

    si il est solo qui prend les photos ?

     

  • #2234615

    Visiblement Alex a un cerveau atrophié... il lui faut beaucoup de stress pour ressentir quelque chose. Son taux de déclenchement de la peur est très élevé, largement au dessus de la moyenne d’après les tests.
    c’est ce qui le rend supérieur, c’est un être froid.


  • #2234618

    Perso je me demande où est passé l’ instinct de survie propre à tout être vivant ? La vie est déjà pleine de dangers, ça me semble typiquement humain et égocentrique de risquer sa vie ainsi... même les lions agissent avec prudence...

     

    • #2234838

      C’est vrai c’est typiquement humain (et égocentrique), c’est probablement pour ça que les lions ou les singes ne le font pas.

      Attention à ne pas confondre instinct de survie et intelligence, l’absence de l’un ou de l’autre réduit généralement l’espérance de vie à zéro. Il faut très certainement avoir une furieuse envie de vivre et une forte compréhension du danger pour grimper pendant 4h une paroi verticale de 900m à mains nues, au pérril constant de sa vie.


  • #2234625

    Le challenge pour tout être humain c’est de déterminer ce qui est réel, parce que tout ce qu’il y a dans notre tête est de l’ordre de la singerie donc du faux (je rappelle que nous sommes une variété de grands singes)

    Se trouver au milieu d’une falaise avec 400m de vide dessous et 400m dessus et juste ton expérience pour ne pas tomber, tu ne peux pas faire plus réel comme expérience.

    Ces types sont des surhommes.


  • #2234656

    Merci pour cet article ; beaucoup d’émotions pour ma part.

    Ces hommes sont impressionnants.

    Ce qui me vient immédiatement à l’esprit est que j’espère qu’ils se sont reproduits parce que ça serait une grande perte pour l’humanité qu’ils partent sans enfants. Ces gens devraient être fortement rémunérés pour enfanter.

    Malheureusement, le socialisme moderne fait que ce sont généralement les parasites qui sont payés pour en faire et les héros disparaissent massivement.


  • #2235075

    ça me donne le vertige vos vidéos


  • #2235378

    Un très grand respect pour des personnes absolument hors du commun donc difficiles à comprendre pour beaucoup.
    Quant à la diatribe "anti-nana" qui se veut pro-potes (sic) , elle est juste à mourir de rire ou d’en pleurer de bêtise.


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