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BAD : de la coupe aux lèvres

Partie 1

AteliER
Article initialement publié dans l'atelier E&R

L’émergence récente, dans le champ de la dissidence, du concept de Base Autonome Durable, à l’initiative des co-auteurs de G5G (la guerre de cinquième génération), et sa popularisation par notre camarade P. San Gorgio dans son excellent livre « Survivre à la l’effondrement économique », est une véritable bénédiction ; c’est la possibilité enfin offerte de penser une alternative concrète, pertinente, efficace, globale et radicale au devenir misérable que l’adversaire - l’oligarchie mondialiste - a imaginé pour nous.

Accessoirement, et ce n’est pas le moindre, la BAD met également à notre portée un cadre conceptuel approprié et réaliste pour affronter avec le maximum d’efficacité possible les évènements à venir, à savoir l’effondrement économique et civilisationnel qui menace et auquel il est urgent de se préparer.

Certes, dans la phase d’aggravation de la crise, il y aura encore des marges de manœuvre et des possibilités de rebond pour les plus conscients, les plus forts, les mieux préparés et organisés, cependant, pour reprendre les paroles d’une célèbre chanson : « le temps perdu ne se rattrape guère ». Si l’on s’en tient à l’avis des personnes les mieux renseignées sur le sujet, nous disposons actuellement d’une fenêtre de tir favorable de quelques années tout au plus (5 à 10 ans maximum selon P. San Gorgio) pour nous préparer. Après le « déclenchement des hostilités », tout sera rendu plus difficile : appauvrissement généralisé, dégradation du cadre économique et social, difficultés d’accès renforcées aux technologies et matériels de survie positive3, raréfaction de l’énergie, difficultés de transport, augmentation de l’insécurité, risque d’instauration de dispositifs policiers de contrôle des individus et des groupes, etc…

Il est donc parfaitement pertinent de chercher à anticiper d’ores et déjà ces développements futurs et de commencer à s’y préparer avec le maximum de sérieux et d’efficacité.

L’intérêt, voire l’enthousiasme, généré par la question de la BAD chez beaucoup d’entre nous (cf. le succès commercial et médiatique du livre de P. San Gorgio) témoigne qu’un tel besoin existe. Dans les années à venir, celui-ci devrait susciter beaucoup de vocations pionnières. Pour autant, il ne faudrait pas que l’engouement légitime qui entoure ces questions nous empêche de mesurer les difficultés et problèmes liés à sa réalisation, et donc de mettre en place les actions et stratégies qui permettront d’y faire face avec le maximum d’efficacité afin de finalement les surmonter, faute de quoi nous risquerions bon nombre de désillusions et d’échecs, au seul bénéfice de l’Adversaire (2).

A cet égard, la récente et passionnante conférence de Nantes (3) offre de nombreuses pistes de réflexion à tous ceux qui se sentent appelés à s’engager dans ce type d’aventure humaine.

Dans un premier temps, de façon fort logique, la question des moyens, du « où », du « comment » et du « combien  », ont tendance à retenir l’essentiel de nos préoccupations et à faire écran au problème principal. Pourtant, comme A. Soral et P. San Gorgio ont très justement tenté de nous le faire toucher du doigt, la question centrale se situe ailleurs, à savoir dans notre aptitude à porter nos capacités humaines à la hauteur des enjeux inhérents à ce type de projets. C’est de l’adéquation homme/projet dont il est question ici : Sparte eut-elle été ce qu’elle fut sans cette race d’hommes hors du commun qui composaient les phalanges spartiates ?

Afin de penser correctement ces aspects, il n’est pas inutile d’aller chercher là où elles se trouvent, c’est-à-dire dans l’expérience des communautés humaines ayant le mieux su résister à la déferlante spectaculaire du monde de la marchandise, les informations qui nous permettront d’alimenter notre propre réflexion et de donner les réponses intellectuelles et matérielles qui nous correspondent à des questions telles que :

  • Quelles solutions anthropologiques adopter, à savoir quel individu pour quelle société ?
  • Quelles structures et quelle organisation de groupe ?
  • Quel modèle économique et quels dispositifs financiers ?
  • Quelle conception du travail pour quel type d’activités ?
  • Propriété individuelle et bien commun
  • Principes de vie communautaire
  • Mode de gestion des conflits inter-humains
  • Prise de décision et contrôle démocratiques
  • Relations et échanges avec le monde extérieur
  • Dispositifs de protection/sécurisation des acquis communautaires (biens et personnes)
  • Organisation en réseaux de solidarité et de subsidiarité
  • Relation ville /campagne
  • Etc.

Au fil de l’Histoire moderne, certains individus, groupes humains et même peuples, ont su percevoir en pleine conscience la face hideuse, totalitaire et mortifère du mode de vie et de développement occidental qu’on leur imposait, le plus souvent par la force. Ils ont su développer des stratégies de résistance à la dissolution dans l’indifférencié, stratégies qui pourraient être pour nous autant de sources d’inspiration possibles.

Schématiquement, il existe trois types de sources d’inspiration répondant à ces critères, à des degrés divers et variés.

1. La source utopique

Née de l’imagination d’un individu particulièrement sensible et éveillé à une problématique, et parfois aussi de son vécu, l’Utopie est une construction intellectuelle pouvant recéler des intuitions intéressantes. Dans le cadre qui nous intéresse ici, on retiendra plus particulièrement l’Utopie forgée par Jean Giono dans le sublime « Que ma joie demeure » (4). Publié en 1935, l’ouvrage est une réflexion morale, sociale, économique et finalement politique, à travers laquelle l’auteur formule, sur un mode poétique, la vision socialiste, enracinée, anti-productiviste, communautaire et paysanne qu’il oppose au modèle d’organisation et de développement industriel productiviste du socialisme soviétique, porté en France par le PCF de l’époque avec lequel il avait rompu en 1934. Il n’est pas interdit d’imaginer que les « Rencontres du Contadour », pensées et voulues par Giono, n’étaient rien d’autres que les prémisses à la mise en œuvre d’une tentative de contre-modèle socialiste alternatif, anarchiste, communautaire, conservateur/traditionaliste et paysan ; Une BAD avant l’heure en quelque sorte. La guerre sera venue briser net cette espérance.

Un projet comme celui-là est très proche, dans l’esprit, des visions développées plus tôt en Russie par un Tolstoï (5) et quarante ans plus tard, en Italie, par Pier Paolo Pasolini.

2. La source traditionnelle

C’est un fait, l’avancée planétaire du triptyque moderne infernal - capitalisme marchand, religion du Progrès et Libéralisme philosophique -, s’est toujours réalisée au détriment des sociétés et des modes de vie traditionnels auxquels il s’est heurté, qu’il a combattus, soumis ou détruits, tant il est vrai que ces deux principes s’excluent ontologiquement l’un l’autre conformément au précepte « Celui qui n’est pas avec Moi est contre Moi », principe dont l’Empire a toujours su faire un usage conforme à ses intérêts. C’est donc de guerre dont il s’agit et celle-ci ne se mène pas avec des fleurs comme peuvent en témoigner les peuples amérindiens, par exemple. Elle a pour but de soumettre l’autre à ses propres impératifs ou de le faire disparaître physiquement, culturellement et spirituellement. Dans ce combat dissymétrique, quelques peuples ont pourtant refusé de s’effacer et de renoncer à exister tels qu’en eux-mêmes. Pour cela, ils ont adopté des stratégies d’évitement, de conservation/préservation qui sont donc avant tout des stratégies de survie en milieu hostile, en l’occurrence en milieu capitaliste/consumériste avancé.

Dans le cadre de cet exposé, nous retiendrons surtout l’exemple des Kogis de la Sierra Nevada de Santa Marta, au nord de la Colombie, et celui des Bishnoï du Rajasthan.

Toutefois, ce que ces peuples ont à nous apprendre devra toujours être relativisé par le fait qu’ils sont issus directement du monde ancien de la Tradition et donc que leur modèle anthropologique produit des individus inscrits « naturellement » en rupture avec les habitus de vie de la société de consommation, ce qui n’est bien sûr pas notre cas.

3. La source alternative

C’est celle dans laquelle nous nous inscrivons nous-mêmes. Ici, il s’agit de s’extraire d’une réalité qui nous enveloppe et nous façonne du dehors et du dedans. Seule la manifestation en nous d’une instance supérieure ; la conscience du Bon, du Bien et du Beau (6), nous donne l’impulsion de refuser cette déchéance de l’Etre soumis au monde de la marchandise pour elle–même et par elle-même et à sa mise en scène, le Spectacle, dont la logique finale tend à confisquer à l’humain le principe de vie pour le transférer, dans sa version dégradée voire inversée, vers le non-humain ou ce que les auteurs de G5G nomment le Machinal (d’autres diraient du divin vers le satanique).

Pour les individus soumis à l’attraction du modèle de consommation capitaliste, comme les astres sont soumis à l’attraction de l’étoile centrale d’un système planétaire, il est extrêmement difficile de s’en échapper (7). Cela nécessite beaucoup d’énergie, en l’occurrence beaucoup d’énergie de conscience, et beaucoup de méthode.

Ainsi, compte tenu de la difficulté, les exemples d’individus ou de communautés y étant parvenus durablement et significativement, sont extrêmement limités. Pour reprendre une formule en vigueur au sein de l’une de ces communautés, il s’agit de réussir ni plus ni moins le tour de force consistant à « être dans le monde sans être avec le monde ». Parmi les exemples à notre disposition, nous en retiendrons deux : celui des communautés Anabaptistes d’Amérique, et des Amish en particulier, et celui plus moderne de la communauté mondiale du christianisme des origines dont la base principale est située dans le centre de l’Allemagne.

Avant d’observer plus en détails ces différents types de contre-modèles, remarquons d’ores et déjà qu’ils se caractérisent par certaines constantes anthropologiques dont on peut, dès lors, subodorer que, par leur combinaison croisée, elles contribuent de façon déterminante à la capacité de résistance d’un système humain face aux assauts du rouleau compresseur capitaliste marchand :

  • Tous ces modèles mettent en avant les notions de communauté ainsi que de bien-commun et fonctionnent selon les principes du don et du contre-don. Elles échappent donc à la logique de la « forme-capital ».
  • Toutes ces communautés sont reliées physiquement et spirituellement à un territoire. L’activité économique et la vie de ces communautés sont organisées principalement autour de l’agriculture, c’est-à-dire en relation consciente et sacrée avec la nature.
  • Toutes ces communautés prônent le contrôle des passions humaines excessives ainsi que la maîtrise et la régulation des désirs matériels (l’hybris des grecs).
  • A des degrés divers, chacune de ces communautés inscrit son existence et celle des individus qui la compose dans le cadre d’une conception globale fondée sur le principe d’unité et de respect de la vie sous toutes ses formes : L’ « organisme » constitué par la communauté des hommes s’inscrit harmonieusement dans le fonctionnement organique de la nature et de la Terre qui, lui, est enchâssé dans le mouvement du cosmos.
  • Ces communautés sont toutes structurées autour d’un fort système de valeurs et de représentation partagé sans retenue par chacun de leurs membres. Ces systèmes de valeurs forment une totalité symbolique – un ordre et des lois - dont le principe central est de nature spirituelle.
  • L’implication personnelle de chacun des membres de ces communautés à l’égard de celles-ci et de leur système de valeurs et de représentation respectif, est totale, sur le plan extérieur et surtout du point de vue de l’adhésion intérieure (intellectuelle, morale, spirituelle et affective). Elle inclut, en dernière instance, la notion de sacrifice.

(1) La survie positive est celle dont l’objet est supérieur à elle-même ; ici on ne survit pas seulement pour prolonger son existence misérable le plus longtemps possible et quel qu’en soit le prix (ce qui constitue au demeurant le réflexe le plus normal qui soit), mais parce que l’acte de vivre participe d’un projet qui nous dépasse et dans lequel nous sommes inscrits comme la partie est inscrite dans le Tout et le Tout dans la partie.

(2) Le terme d’ « Adversaire » s’applique au principe dynamique qui habite l’Empire, qui le façonne et lui communique son énergie, sa direction, sa forme et son objet, en conformité avec sa nature. Dans le cadre de son travail théorique sur l’unité du Libéralisme, J.C. Michéa recourt à la notion de « logique » pour indiquer que celui-ci est mû par une dynamique qui lui est propre et qui œuvre inlassablement à la réalisation de ses buts spécifiques, ces derniers finissant toujours par s’imposer aux individus (qu’ils s’inscrivent positivement ou non dans le mouvement du Libéralisme), indépendamment des appréciations, conceptions ou représentations personnelles de ces derniers à son égard. Cette « logique » à l’œuvre dans le champ énergétique du Libéralisme, s’apparente d’un certain point de vue, dans son mode opératoire, à l’intelligence collective observable chez certains insectes comme la fourmi : En effet, bien qu’aucune fourmi ne dispose de la vision d’ensemble de la fourmilière, chaque action de chaque fourmi concoure immanquablement à la réalisation du projet global. Ainsi, face au mouvement néguentropique qui pousse les gens simples, les braves gens, à agir quasi « de soi-même » selon les valeurs morales du bien commun, il existerait un mouvement symétriquement inverse dont la dynamique propre répondrait au principe d’anthropie. Dans la mesure où Orwell a donné le nom de « Common decency » au premier de ces principes, son symétrique inversé pourrait donc être qualifié de « Common undecency » si toutefois cette forme d’indécence était vraiment commune, ce qui n’est heureusement pas encore totalement le cas. Quant à lui, le christianisme considère que le premier de ces principes émane d’une source - l’Amour qui unit - constituant la force principale à l’œuvre dans l’ensemble de la création divine matérielle et spirituelle, alors que son principe inversé, la force qui « sépare, lie et domine » procède elle d’une énergie et d’un principe de conscience opposés à qui les chrétiens ont donné le nom de « Satan ».

(3) Conférence d’Alain Soral & Piero San Giorgio : Comprendre l’Empire et y survivre : http://www.egaliteetreconciliation....

(4) Jean Giono, « Que ma joie demeure » au Livre de poche, Editions Grasset

(5) Dans les dernières années de sa vie, Marx s’est sérieusement intéressé à l’expérience de ces communautés villageoises russes ainsi qu’aux conceptions développés par Tolstoï, semblant remettre en cause, au moins partiellement, certains aspects de sa théorie. Malheureusement, ce travail est resté largement inabouti et donc méconnu, en raison de sa mort.

(6) Rousseau la nomme « volonté générale », Orwell « Common decency », les chrétiens y voient la « présence de Dieu en nous »

(7) Ici, il ne faut pas confondre l’astre central avec le Système. Celui-ci inclut l’ensemble des éléments qui le composent – astre central et satellites - mais également les forces qui interagissent entre ces éléments et les maintiennent dans des relations de dépendance et d’échange. En s’éloignant de l’astre central on n’en reste pas moins dans le Système. Se contenter de changer d’ellipse constitue sans aucun doute une performance remarquable mais, au final, cela reste sans conséquence, et donc sans danger pour le système, du point de vue de sa perpétuation.

Découvrir "Survivre à l’effondrement économique" de Piero San Giorgio, sur Kontre Kuture :

 



Article ancien.
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15 Commentaires

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  • #224440
    le 18/09/2012 par Tristan
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Merci à l’auteur.

    Pour aller un peu plus en profondeur, je conseillerai la lecture de l’ouvrage de J.C Petifils "les communautés utopistes du XIXème siècle". Un peu académique et gaucho-centré mais intéressant. Le plus surprenant étant peut-être d’observer la vigueur (et déjà candeur) des idées socialistes du XIXème, de constater que ce genre de concept est né en marge du monde moderne, que tout ou presque fut imaginé, tenté et que, pour finir, l’expérience soixante-huitarde n’est qu’un des innombrables soubresauts utopistes qui ont pu jalonner notre histoire récente. Aussi, les seules réussites durables sont-elles les communautés religieuses que l’auteur laisse volontairement de côté.

    La postface : (auteurs/"chevaucheurs de tigre" illustres en gras)



    Créer la cité harmonieuse et parfaite où tous les hommes pourraient vivre dans une idyllique fraternité a toujours été le grand rêve des théoriciens de l’utopie : Platon, Thomas More, Campanella ou Saint-Simon... Les uns préconisaient un communisme de caserne, d’autres un socialisme autogestionnaire, d’autres encore l’anarchie. Au XIXe siècle, devant la misère née de la révolution industrielle, des milliers d’hommes décidèrent de réaliser ce rêve en créant de petites colonies appelées, selon eux, à essaimer rapidement par la contagion de l’exemple. Partisans de Owen, de Fourier, de Cabet et autres prophètes utopistes édifièrent ainsi en Europe, mais surtout en Amérique, terre de pionniers, plusieurs dizaines de communautés, ancêtres de nos "communes hippies". Commencées dans l’enthousiasme, ces expériences s’achevèrent le plus souvent dans d’affreuses convulsions.
    La vie quotidienne de ces communautés, que retrace ici Jean-Christian Petitfils, à partir d’une documentation abondante mais peu connue, est la chronique d’un espoir intense, la quête d’un monde exaltant et absolu, une sorte de raccourci de la destinées humaine en ce qu’elle peut avoir de tragique et de pathétique.



  • #224460
    le 18/09/2012 par Denis
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Je trouve domage d’avoir fini ce texte très juste sur une note qui m’apparait comme négative : "la notion de sacrifice". Si l’"adhésion intérieur" a besoin de sacrifice, ce n’est plus une adhésion mais une contrition.
    L"adhésion intérieur" nait de la joie, pas du sacrifice.

     

    • #224588
      le 18/09/2012 par olivyeah
      BAD : de la coupe aux lèvres

      Selon moi, chaque choix est un sacrifice : le sacrifice des autres possibilités écartées par ce choix. Quand on prend un bouquin par exemple, on sacrifie son temps pour ce bouquin, et pas pour cuisiner, cueillir, dormir, discuter etc.


    • #231215
      le 29/09/2012 par arkhamian
      BAD : de la coupe aux lèvres

      Tout à fait d’accord avec Olivyeah


  • #224537
    le 18/09/2012 par Protis
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Super livre , je l’ai lu 2 fois rien à dire c’est une méthode complète pour mettre en place un projet de base autonome durable je le conseille on est transporté dans un autre univers en lisant ses pages ; piero San-Giorgio nous prépare un nouvel ouvrage avec un certain vol-west encore une pointure du survivalisme , cet ouvrage sera dédié à la B.A.D en milieux urbain j’ai vraiment hâte qu’il sorte .

     

    • #224634
      le 19/09/2012 par goy pride
      BAD : de la coupe aux lèvres

      Ce projet de bouqin survivaliste en milieu urbain est fondamental ! Car si une partie des citadins devront retourner à la campagne afin de pallier au manque de bras que provoquera une pénurie de pétrole, la ruralité devra impérativement réintégrer l’espace urbain car quoiqu’il arrive le retour à la campagne de tous les urbains est physiquement impossible.
      Le survivalisme en milieu urbain doit bien entendu aborder les problèmes de sécurité mais surtout tout ce qui est relatif à la production de biomasse ayant une valeur nutritive. Le système "aquaponics" pourrait être ce qui permettra de satisfaire les besoins en nourriture en milieu urbain densément peuplé. Ce système permet dans un espace restreint de produire des quantités massives d’aliments et ceci en quasi autonomie. Un exemple simplifié d’un système aquaponics : vous avez de l’eau dans un aquarium exposé à la lumière, il se dévellopera naturellement des algues qui adhéreront aux parois, elles nourriront des petits organismes qui nourriront eux mêmes des plus gros animaux et ainsi de suite. Le métabolisme de ces créatures produira des déchets ayant une valeur nutritive pour les plantes, ces plantes pourront nourrir des hommes et des animaux tel que lapin et poules...les déchets produits par les lapins et poules peuvent à leur tour nourrir d’autres plantes, des poissons...l’aquaponics recrée une chaîne alimentaire en milieu fermé...ceci est parfaitement adapté au milieu urbain où une simple pièce de quelques m² peut permettre de produire de la nourriture. Le système n’est pas parfait car nécessite souvent un apport en électricité pour faire fonctionner les pompes de circulation d’eau, un système d’éclairage peut s’avérer aussi nécessaire, toutefois il doit être possible de travailler sur des solutions...comme pour l’éclairage il est possible d’agrandir les fenêtres, d’installer un système de miroir redirigeant les rayons solaires là où il y en a besoin...


    • #224961
      le 19/09/2012 par Loup Espiègle
      BAD : de la coupe aux lèvres

      La BAD urbaine, bof-bof. C’est pour moi tout aussi dangereux d’être barricadé dans une agglomération d’un million d’habitants que de vivre dans une ferme isolée avec le premier voisin à 1km. Il faut trouver le juste équilibre entre la sécurité, l’accès aux services et à la terre arable.

      @Goy Pride : tu omets un point important, à savoir qu’il faut des intrants pour compenser la perte de nutriments due à la collecte de nourriture pour notre alimentation. À moins de réinjecter dans le système aquaponique nos excréments compostés, on ne peut prétendre accéder à l’autonomie avec ce dernier.


    • #226645
      le 21/09/2012 par Don diego de las vegas
      BAD : de la coupe aux lèvres

      C’est une évidence que la B.A.D. en ville est totalement différente qu’à la campagne , on ne parle plus là de faire une cabane dans la montagne ou un potager bio ni un poulailler mais plutôt de faire un réseau quartier par quartier que ça soit pour la sécurité des personnes et des biens comme pour l’approvisionnement en eau et en nourriture . Faire un quadriage sécuritaire . Piero San-Giogio explique que en ville ça sera les voyoux armés jusqu’aux dents qui feront la loi un peut comme en Syrie en ce moment oû les gens s’organisent quartiers par quartiers pour empêcher les terroristes de l’ASL de pénétrer dans leurs quartiers , en Yougoslavie aussi pendant la guerre alors que les villages étaient cernés par les militaires les réseaux permettaient de faire rentrer de la bouffe venu des paysants proches , moi je pense que le livre de Vol-west et piero San-Giogio sur la B.A.D. urbaine sera orienté sur ce concept de réseaux .


  • #224673
    le 19/09/2012 par Jean de Florette
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Toujours pareil, on se réfère aux bishnois, aux nagas ou aux kogis, mais jamais aux Basques, aux Catalans et aux Corses qui font pourtant un véritable travail de résistance à l’Empire et "aux empires" depuis plusieurs milliers d’années... Ce que je comprends pas dans votre Nationalisme Français, c’est qu’il reprend à la fois les thèses anticolonialistes Bobos, qui ne voient l’indigène minoritaire en souffrance que loin de chez lui ( le Tibétain est sacré, le Breton est Ridicule...) et les Thèses Franco-Impérialistes qui se nient à voir l’Usage tout aussi Idiot-Utile de la Nation Française depuis TOUJOURS aux Empires successifs : Romain, Catholique Romain, Banco-Industriel, et maintenant Judéo-maçonnique....


  • #224721
    le 19/09/2012 par mike
    BAD : de la coupe aux lèvres

    piero san giorgo oublie une chose dans son livre,...c est que celui qui va survivre sera souvent un hors la loi,...c est le mec qui fera pousser du cannabis ou du tabac dans son jardin, c est celui qui travailleras au noir , celui qui fera rouler sa voiture a l huile , celui qui s affranchiras des taxes

    l Etat deviendra notre ennemie , ils nous forcera a la clandestinité,...l’économie parallèle est déjà le seul moyen de survivre dans beaucoup de cités

    helas !!!!

     

    • #224857
      le 19/09/2012 par peste et corriza
      BAD : de la coupe aux lèvres

      Sans parler du gras : le financement et les liens !

      La plupart d’entre nous sont des urbains, seuls, et n’ont pas les moyens de s’en sortir par eux mêmes.
      Le regroupement est nécessaire, mais, comme on ne se refait pas, chacun va faire son projet dans son coin...

      L’idée de A.S. et de P.S.G de faire un site survivaliste aurait été une bonne initiative, car cela aurait permis à des gens déjà dans cette optique de discuter, voire de rencontrer, sans perdre de temps à tenter de convaincre des sceptiques.

      Pour l’illégal, je crains que nous n’ayons pas le choix. Que ce soit en terme de financement ou même de survie, l’état se défendra en proscrivant les comportements qu’il ne tolère pas.
      L’exemple même est la BAD minimaliste (2 hectares en moyenne montagne + yourte ou cabane en bois semi enterrée). Je ne vous parle pas des problèmes qu’il y a pour ce genre d’habitat avec les lois sur les habitations non dures, la préservation des paysages, les zones touristiques, etc..., à tel point que j’ai fini par renoncer.

      Pour les revenus, vous pouvez tenter de vendre vos biens qui ne vous servent à rien et les convertir en or ou en biens plus utiles, ou sinon, vous pouvez vendre vos compétences au noir, y compris dans des domaines qualifiés. Personnellement je propose mon aide (pub perso : pour ceux qui veulent faire de la chimie ou de la biochimie chez eux, vous me parlez de votre question, et je vous fais la recherche biblio, la rédaction de protocoles, et les conseils, contre rémunération en liquide ou en nature). D’autres proposent leurs services en droit, comptabilité, informatique, etc... bien sur, si vous avez déjà un travail, ça ne sera qu’un complément de revenus.
      Sinon, pour les légalistes, pensez aux réserves militaires et civiles. Gendarmerie, armée de terre et pompiers recrutent toujours des réservistes, à tous niveaux. Pour cette année c’est mort, mais vous pouvez faire vos dossiers maintenant pour l’année prochaine.


    • #227391
      le 24/09/2012 par goy pride
      BAD : de la coupe aux lèvres

      En cas de chaos global il apparaît en parallèle un effondrement des capacités coercitives de l’Etat. Même aujourd’hui en France en dépit des sanctions et contrôles permanents l’Etat ne parvient pas à mater certaines poches de récalcitrants. A titre d’exemple il y a quelques mois la foire aux bestiaux de Marcigny (71) avait subit un contrôle des services vétérinaires, l’objectif était de verbaliser et chasser tout les particuliers qui depuis des siècles viennent vendre leur chèvres, poules, canards, oies, lapin...sur ce marché. Pour ceux travaillant en permaculture ces gens sont un trésor car parmi eux il y a des passionnés vendant des races rustiques saines, non vaccinées...après la descente à la FBI des inspecteurs pendant quelques semaines il ne restait plus sur ce marché qu’une poignée de maquignons "industriels", les mecs en règle avec la législation totalitaire imposée par les lobbies de l’agro-chimie, de la grande distribution...et puis soudain tous les particuliers sont revenus ! Mon frangin tout content demande ce qui s’est passé, la réponse fut du genre :"Ce ne sont pas ces technocrates de Bruxelles qui vont nous empêcher de vendre nos bestiaux ! Et puis le maire nous soutient !"
      Donc même aujourd’hui en France où nous avons atteint un niveau d’oppression totalitaire inégalé dans notre histoire il reste encore des poches de résistance, des gens qui ont des couilles pour désobéir. Donc en cas d’effondrement global l’Etat ne sera plus en mesure d’imposer la loi du marché...et c’est pour cette raison que beaucoup d’entre nous à la fois craignons mais souhaitons aussi un effondrement global ! Cela semble paradoxal mais ce qui nous fait le plus peur c’est que l’oligarchie parvienne à nous amener vers un système de type "orwello-huxleyien" où toute possibilité d’émancipation aura été réduite à néant. Toutefois je ne crois guère possible qu’un tel système oppressif dont seul 1% de la population pourra en tirer parti puisse s’imposer sur les 99% restant. N’oublions qu’en dessous de l’oligarchie il y a quand même une petit bourgeoisie composée d’ingénieurs, d’architectes, d’universitaires, de scientifiques, d’entrepreneurs de PME...qui bien que pour la plupart sont stipendiés ou au moins idéologiquement formés aux mensonges mondialistes commencent eux aussi à se rendre compte que le monde vers lequel on va n’aura aucun avantage pour eux !


  • #224980
    le 19/09/2012 par Leader price
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Pour la boîte à idées d’ER, voici quelques initiatives qui recréeront du lien social et de l’emploi :
    - créer un Système d’échange local pour les adhérents,
    - créer une agence matrimoniale revendiquée hétérosexuelle et avec le mariage pour finalité (donc pas un club de rencontres) pour les adhérents et les adhérentes,
    - créer une agence immobilière, ou du moins une liste de logements, pour favoriser les colocations pour les célibataires.

     

  • #238567
    le 11/10/2012 par Benjamin
    BAD : de la coupe aux lèvres

    Excellent article, merci à l’hauteur pour cette analyse hautement pertinente du livre passionnant de P. San Giorgio. Pour reprendre un des commentaires plus haut, je dois dire que c’est l’un des livres les plus intéressants que j’ai lu cette année. C’est le mélange d’un constat froid politiquement incorrect et d’une dose d’espoir sous la forme d’une BAD.
    Une question : je crois savoir que la communauté des Ménnonites vit en total autonomie, notamment au Bélize. Leur mode de vie est-il proche des Amish ?