Egalité et Réconciliation
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« Barbarie », vous avez dit « barbarie » ?

Par la bouche de Victoria Nuland, porte-parole du Département d’Etat américain, Washington s’est fendu, lundi 25 juillet, d’une nouvelle remontrance, assortie d’ailleurs de menaces, contre le gouvernement syrien, à travers ses forces armées : c’est carrément de « barbarie » que sont accusés les militaires syriens en charge de la répression des troubles, tandis que le président Bachar al-Assad se voit rappeler, une fois encore, qu’il « n’est pas indispensable« .

S’il n’est pas question de nier les fautes et les bavures commises dans les missions de police assumées depuis des semaines par l’armée syrienne, on doit néanmoins répéter que…

1) dans le nord-ouest du pays, mais aussi dans plusieurs villes dont Homs et Hama, les forces de l’ordre – militaires ou policiers – ont été confrontées à des provocations armées, et même, à Jisr al-Choughour et dans la zone frontalière avec la Turquie, à des opérations de guerre civile et de subversion de grande ampleur.

2) à Homs, c’et l’armée qui s’efforce, depuis deux semaines, de mettre fin à des troubles intercommunautaires provoqués par des éléments islamistes radicaux – qui ont enlevé et assassiné trois membres de la communauté alaouite. Cette armée, qui a déployé lundi des chars dans différents quartiers de la ville, est le seul obstacle, à Homs et ailleurs, à la guerre civile confessionnelle que s’acharnent à provoquer en Syrie les extrémistes plus ou moins salafistes, et plutôt plus que moins proches de l’Arabie saoudite.

3) cette armée et cette police, dont les effectifs sont fournis en partie par des conscrits, n’était pas nécessairement préparée à faire face à des techniciens de la guérilla urbaine et de la manipulation des foules, et c’est ce qui explique une part des pertes civiles enregistrées depuis quatre mois.

Qui sont les « barbares », qui a perdu sa légitimité ?

Ceci précisé, il est bien évident que la Syrie n’a pas de leçon d’humanité et de transparence à recevoir de la part d’une administration américaine qui, depuis au moins vingt ans, sous des présidences indifféremment républicaines ou démocrates, maquille cyniquement ses visées géostratégiques derrière une rhétorique démocratique et antitotalitaire.

Une rhétorique qui lui a servi à briser la Serbie, détruire l’Irak, ensanglanter l’Afghanistan, couvrir l’arbitraire et l’hégémonisme israélien, menacer l’Iran, promouvoir la partition du Soudan en attendant celle de la Libye, après avoir tenté – en vain – de faire de l’Ukraine et de la Georgie des bases politiques voire militaires contre la Russie.

Aujourd’hui, Washington a la Syrie en ligne de mire. Que Madame Clinton et ses employeurs trouve les mêmes mots pour dénoncer les régimes et les sociétés de leurs alliés israéliens, saoudiens, qataris, koweitiens, et – naguère – égyptiens, ces exemples incontestables en matière de respect des résolutions internationales, de libertés politiques, de tolérance religieuse ou de droits des femmes, et l’on reparlera de la « barbarie » des soldats syriens et de la « perte de légitimité » de Bachar al-Assad.

En la comparant, par exemple, à la barbarie des G.I.’s, de Kaboul à Bagdad, et à la perte de légitimité politique, économique et morale du big boss américain, qui a tendance à s’accélérer aussi vite que son endettement, ces dernières années.

 






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