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"Céline dans toute sa pureté" : discussion autour de Guerre de Louis-Ferdinand Céline

Une discussion entre Ralf, Pierre-Yves Lenoble et Martial Anton autour du roman inédit de Céline, Guerre, œuvre publiée à titre posthume aux éditions Gallimard.

 

 

Guerre, l’inédit de Louis-Ferdinand Céline est disponible chez Kontre Kulture

 

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8 Commentaires

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  • #2986541

    Les gens qui commentent, écrivent et bafouillent sur Céline sont tellement inférieurs à leur sujet qu’il vaut mieux les éviter : ils risqueraient de vous dégoûter de l’auteur . C’est bien triste pour eux mais c’est ainsi . Même tabac pour ceux qui montent des pièces à partir de ses livres : à fuir, car le texte célinien se suffit à lui-même . Seul le grand diseur Lucchini, qui a magnifiquement réussi à sortir Ferdinand du purgatoire, mérite d’être écouté .

     

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  • #2986731

    (1/2) Il est toujours intéressant d’écouter des avis très différents du sien... Alors oui, j’ai adoré Guerre parce que de nombreux passages sont du pure génie célinien et qu’il présente l’intérêt de lire une genèse de son travail d’écrivain... Mais j’ai quand même beaucoup de réserves sur cette analyse... En effet, nous sommes très loin de l’acmé du style et de la "musique" des géniaux Mort à crédit,Féérie (grâce auquel j’ai vraiment l’impression d’avoir réellement vécu un bombardement !) ou encore de sa géniale trilogie finale D’un château l’autre, Nord, Rigodon... Il se définissait lui-même comme un pure styliste, et mon intuition est qu’il n’aurait guère goûté la publication de ce premier jet... Mais cela peut, peut-être, initier à la grande littérature des "petits lecteurs" (et je dis cela sans aucun mépris).
    Parmi les passages les plus beaux, il aurait été possible, de mon point de vue subjectif (pléonasme...), de citer également :
    "J’ai entendu les cloches de neuf heures et puis y a eu un coup de canon pas très loin et puis un autre, et puis plus rien. Sauf le train habituel des roulements de camions et puis la cavalerie et le chuchotage énorme des pieds de biffins qui monte le long des murs quand un bataillon passe. Un sifflet à la gare. Fallait que j’arrange tout ça dans ma tête avant de pouvoir dormir, que je repousse l’angoisse de ne plus dormir jamais,que j’agglomère mes bruits à moi, toute ma batterie d’oreille, avec ceux du dehors et qu’à petits coups j’arrive à faire une heure, deux heures, trois, à l’inconscience, comme on soulève un poids énorme et qu’on laisse retomber, pour faillir encore dans une énorme déroute. On pète alors, on pense plus qu’à crever, on revient à la charge du sommeil comme les lapins traqués au cours de la chasse, contre un fossé, qui laissent ça là, n’insistent plus, repartent, espèrent encore. C’est pas croyable comme torture l’univers du sommeil. " (pp.119-120)
    Ou encore le paragraphe final :
    "Destinée je l’ai jamais revue par le fait. J’ai jamais même eu de ses nouvelles. Les patrons de l’Hyperbole ont sûrement fait fortune alors ils l’ont virée. C’est drôle y a des êtres comme ça ils sont chargés, ils arrivent de l’infini, viennent apporter devant vous leur grand barda de sentiments comme au marché. Ils se méfient pas, ils déballent n’importe comment leur marchandise. Ils savent pas comment présenter bien les choses. (suite)

     

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  • #2986732

    (2/2) "Destinée je l’ai jamais revue par le fait. J’ai jamais même eu de ses nouvelles. Les patrons de l’Hyperbole ont sûrement fait fortune alors ils l’ont virée. C’est drôle y a des êtres comme ça ils sont chargés, ils arrivent de l’infini, viennent apporter devant vous leur grand barda de sentiments comme au marché. Ils se méfient pas, ils déballent n’importe comment leur marchandise. Ils savent pas comment présenter bien les choses. On n’a pas le temps de fouiller dans leurs affaires forcément, on passe, on se retourne pas, on est pressé soi-même. Ça doit leur faire du chagrin. Ils remballent peut-être ? Ils gaspillent ? Je ne sais pas. Qu’est-ce qu’ils deviennent ? On n’en sait rien du tout. Ils repartent peut-être jusqu’à ce qu’il leur en reste plus ? Et alors où qu’ils vont ? C’est énorme la vie quand même. On se perd partout." (pp.155-156)
    Sans parler de ce passage, qui parlera à tous les amoureux des femmes rousses, comme mézigue, aux pages 139-140...
    C’est bien de rappeler à quel point le Ferdine était BG.
    Quant à son rapport aux Hommes, je l’ai toujours ressenti comme un "misanthrope par philanthropie" ! Comprenne qui voudra !
    Félicitations tout de même d’avoir consacré cette émission au plus grand génie littéraire du XXe siècle ; et les goûts et les couleurs ne se discutent pas, parait-il ! ;-)

     

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  • J’ai trouvé cette discussion passionnante, elle m’a donné l’impression d’être dans l’intimité de Céline, de mieux le connaître et aussi de mieux saisir l’horreur de son vécu mais aussi ses capacités totalement hors du commun de profiter au maximum du possible de l’existence, sa capacité à retranscrire les interactions humaines dans la folie furieuse de son époque qui n’ont pas tant changé que ça sur le fond, merci aux intervenants. Je me disais contrairement à ce qui est dit plus haut que Céline devait être content d’entendre une telle discussion sur cette œuvre qu’il n’a jamais pu publier de son vivant.

     

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  • Bouleversant cet extrait de « Guerre » lu par Jean Matt, un canadien dont la lecture orale avec bruitage et accompagnement sonore bien choisis, restitue et illustre la voix de Céline par delà le Temps, un siècle après la Grande Guerre.

    J’ai regardé « Un long Dimanche de fiançailles de Jean-pierre Jeunet » il y a deux jours, la gorge nouée. Et hier, écouté l’émission et ce passage lu par Jean Matte.

    L’œuvre de Céline est traversée par des fulgurances rappelant les Paroles du Christ en Jésus ... sur le rapport du corps et de l’esprit.

    En l’Évangile de Thomas, la logia 19 de Jésus dit ceci : « Si la chair est advenue à cause de l’esprit, merveille ! Si c’est l’esprit à cause du corps, merveille des merveilles ! Mais moi j’étonne de ceci : comment cette grande richesse a habité en cete pauvreté ? »

    « On ne cache pas un objet de valeur dans un grand vase, mais souvent des sommes incalculables sont placées dans un vase d’un sou. Il en est de même de l’âme. C’est un objet précieux qui se trouve dans un corps méprisable. »(Év. de Philippe grec, lo. 16-17).

    https://www.youtube.com/watch?v=tu8...

     

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