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Comment les Indiens ont supplanté les juifs dans l’industrie du diamant à Anvers

Pendant des années, l’industrie du diamant d’Anvers était contrôlée par la communauté juive orthodoxe, y compris au lendemain de la seconde guerre mondiale, alors que près de 65% de la population juive de la ville avait été décimée.

Mais aujourd’hui, ce sont des familles indiennes qui dominent les ¾ du commerce du diamant à Anvers, employant des milliers de salariés dans des usines disséminées à travers le monde entier. Désormais, la communauté indienne d’Anvers compte près de 400 familles, provenant pour la plupart de la ville de Palanpur, dans l’État du Gujarat. Le succès des familles indiennes dans le commerce du diamant repose sur 3 facteurs, explique le magazine Qartz : une main d’œuvre bon marché, de très grandes familles, et la volonté de travailler plus dur que la concurrence.

Les premiers Indiens ont débarqué à Anvers dans les années 1960, et à l’époque, ils occupaient le créneau des diamants bruts de mauvaise qualité, moins rentables que les autres, et qui étaient délaissés par les diamantaires traditionnels pour cette raison. Ces pierres étaient envoyées en Inde, dans les usines de Surat, la ville indienne spécialisée dans le traitement des pierres brutes. En effet, là-bas, le coût de la taille et du polissage des diamants ne représente qu’un dixième de ce qu’il atteint en Europe.

De ce fait, en l’espace de quelques années, ces tâches ont donc été progressivement relocalisées en Asie, et plus particulièrement en Inde. Dans les années 1970, le travail du diamant employait entre 25 000 et 30 000 personnes à Anvers ; aujourd’hui, il n’en fait plus travailler qu’un millier. Désormais, plus de 80% des diamants du monde sont taillés et polis à Surat, par une main d’œuvre de 450 000 personnes.

Dilip Mehta, CEO de Rosy Blue, un diamantaire d’Anvers qui a obtenu le titre honorifique de baron en 2006 pour services rendus à la nation belge, et qui affirme être le plus gros diamantaire du monde, explique que les liens familiaux ont joué un rôle crucial dans cette expansion :

« Nous avons toujours la possibilité d’organiser une distribution internationale, parce qu’un cousin ou un neveu à qui l’on peut faire aveuglément confiance peut toujours être envoyé dans n’importe quel pays pour y monter des opérations ».

Selon Mehta, les Juifs diamantaires ne pouvaient se targuer d’avoir des familles aussi grandes qui pouvaient jouer ce rôle, et cela a fait toute la différence. Compte tenu de la dimension internationale de ce commerce, il est nécessaire de pouvoir se positionner à la fois dans les pays africains où les diamants bruts sont extraits, à Anvers où ils sont négociés, et en Inde ou dans d’autres pays d’Asie où ils sont taillés et polis, pour finalement être vendus dans les grands centres bijoutiers de New York, Hong Kong, et Dubaï.

L’histoire de Mehta est on ne peut plus classique : en 1973, il a suivi son père et son frère qui avaient établi une boutique sur le port d’Anvers où ils négociaient des diamants bruts de petite taille et de moindre qualité qu’ils envoyaient à Surat pour les faire tailler et polir, pour les revendre à Anvers…

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