Egalité et Réconciliation
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Contre le monde postmoderne

Note de la rédaction

Traduction d’un article de la Global Revolutionary Alliance

L’unipolarité est mauvaise

Le monde actuel est unipolaire avec l’Occident globalisé en son centre et les États-Unis en son cœur.

Cette unipolarité a des aspects géopolitiques et idéologiques. Géopolitiquement, c’est la domination stratégique de la Terre par l’hyper-puissance nord-américaine et l’effort de Washington pour organiser l’équilibre des forces sur la planète dans un sens qui lui donne la capacité d’imposer des règles au monde entier selon ses propres intérêts nationaux (impériaux). Cela est mauvais parce que cela prive les autres États et nations de leur vraie souveraineté.

Quand seule une instance décide de qui est bon et qui est mauvais et qui devrait être puni, nous avons à faire à une sorte de dictature globale. Je suis convaincu que ce n’est pas acceptable. Nous devrions lutter contre cela. Si quelqu’un nous prive de notre liberté, nous devons réagir. Et nous le ferons. L’Empire américain devrait être détruit. Et sur un point, il le sera.

Idéologiquement, l’unipolarité est basée sur les valeurs Modernes et Postmodernes, qui sont ouvertement anti-traditionnelles. Je partage la vision de René Guénon et Julius Evola qui ont considéré la Modernité et ses bases idéologiques (l’individualisme, la démocratie libérale, le capitalisme, le consumérisme, etc.) comme les causes de la catastrophe à venir de l’humanité, et d’autre part la domination globale du style occidental comme la raison de la dégradation finale de la Terre. L’Occident approche de sa fin et nous ne devrions pas le laisser entraîner tout le reste dans l’abime.

Spirituellement, la mondialisation est la création de la Grande Parodie, le royaume de l’Antéchrist. Et les États-Unis sont au centre de son expansion. Les valeurs américaines prétendent à être les valeurs « universelles ». Il s’agit d’une nouvelle forme d’agression idéologique contre la multiplicité des cultures et des traditions qui existent encore dans les autres parties du monde. Je suis résolument contre les valeurs occidentales qui sont essentiellement modernes et postmodernes, et qui sont promues par les États-Unis essentiellement par la force ou par intrusion (Afghanistan, Irak, maintenant Libye, demain Syrie et Iran).

Ainsi, tous les traditionalistes devraient être contre l’Occident et la globalisation, autant que contre la politique impérialiste des États-Unis. C’est la seule position logique et conséquente. Ainsi, les traditionalistes et les partisans des principes et des valeurs traditionnels devraient s’opposer à l’Occident et défendre le monde restant (si le monde restant montre les signes de la Tradition – en partie ou entièrement).

Il peut y avoir, et il y a bien, des hommes en Occident et aux États-Unis d’Amérique qui n’acceptent pas l’état présent des choses, qui n’approuvent pas la Modernité et la Postmodernité, et qui sont les défenseurs de la tradition spirituelle de l’Occident pré-moderne. Ils devraient être avec nous dans notre combat commun. Ils devraient prendre part à notre révolte contre le monde moderne et postmoderne. Et nous devrions nous battre ensemble contre un ennemi commun.

L’autre question porte sur la structure du possible front anti-globaliste et anti-impérialiste et de ses participants. Je pense que nous devrions inclure en lui toutes les forces qui luttent contre l’Occident, les États-Unis, contre la démocratie libérale, contre la Modernité et la Postmodernité. L’ennemi commun est l’instance nécessaire pour toutes les sortes d’alliances politiques. Les Musulmans, les Chrétiens, les Russes et les Chinois, les gauchistes et les droitistes, les Hindous ou les Juifs qui défient l’état présent des choses, la globalisation et l’impérialisme américain sont virtuellement amis et alliés. Nos idéaux peuvent être différents mais nous avons en commun une chose très forte : la réalité présente que nous haïssons. Nos divergences d’idéaux sont potentielles (in potentia). Mais le défi auquel nous sommes confrontés est actuel (en acte). C’est donc la base pour une nouvelle alliance. Tous ceux qui partagent l’analyse négative de la globalisation, de l’occidentalisation et de la post-modernisation devraient coordonner leur effort dans la création d’une nouvelle stratégie de résistance à l’omniprésence du Mal. Et nous pouvons trouver « les nôtres » aux États-Unis également – parmi ceux qui choisissent la Tradition contre la décadence présente.

Vers la Quatrième Théorie Politique

À ce point de notre réflexion, nous pourrions soulever une très importante question : quel genre d’idéologie devrions-nous utiliser dans notre opposition à la globalisation et à ses principes libéraux démocratiques capitalistes et modernistes (postmodernistes) ? Je pense que toutes les idéologies antilibérales (le communisme, le socialisme aussi bien que le fascisme) ne sont plus pertinentes. Elles ont essayé de combattre le libéral-capitalisme et elles ont échoué. En partie parce qu’à la fin des temps, c’est le Mal qui prévaut ; en partie à cause de leurs contradictions et limitations internes. Il est donc temps d’accomplir une révision profonde des idéologies antilibérales du passé. Quel est leur côté positif ? – Le fait indéniable qu’elles étaient anticapitalistes et antilibérales, aussi bien qu’anti-cosmopolites et anti-individualistes. Ces caractéristiques devraient être acceptées et intégrées dans la future idéologie. Mais la doctrine communiste est moderniste, athéiste, matérialiste et cosmopolite. Cela devrait être rejeté. À l’opposé, la solidarité sociale, la justice sociale, le socialisme et l’attitude holistique générale envers la société sont bonnes en elles-mêmes. Nous avons donc besoin de séparer les aspects matérialistes et modernistes et de les rejeter.

D’autre part, dans les théories de la Troisième voie (chères jusqu’à un certain point à des traditionnalistes comme Julius Evola), se trouvent des éléments inacceptables – à commencer par le racisme, la xénophobie et le chauvinisme. Ce ne sont pas que des travers moraux, mais encore des attitudes théoriquement et anthropologiquement inconsistantes. La différence entre les ethnies ne signifie pas supériorité ou infériorité. La différence devrait être acceptée et affirmée sans aucune appréciation raciste. Il n’y a aucune commune mesure entre les différents groupes ethniques. Quand une société tente d’en juger une autre, elle applique ses propres critères et commet ainsi une violence intellectuelle. Cette même attitude est précisément le crime de la globalisation et de l’Occidentalisation, autant que de l’impérialisme américain.

Si nous libérons le socialisme de ses aspects matérialistes, athéistes et modernistes, et si nous rejetons les aspects racistes et étroitement nationalistes des doctrines de la Troisième voie, nous arrivons à un genre complètement neuf d’idéologie politique. Nous l’appelons Quatrième Théorie Politique (la première étant le libéralisme, que nous défions avant tout, la deuxième la forme classique du communisme, la troisième le national-socialisme et le fascisme). Son élaboration commence au point d’intersection entre différentes théories politiques du passé (le communisme et les théories de la Troisième voie). Et nous arrivons au national-bolchevisme qui représente le socialisme sans matérialisme, athéisme, progressisme et modernisme, et les théories de la Troisième voie sans racisme ni nationalisme. Mais c’est seulement le premier pas. L’addition mécanique des versions profondément révisées des théories antilibérales du passé ne nous donne pas le résultat final. C’est seulement une première approximation, une approche préliminaire. Nous devrions aller plus loin et faire appel à la Tradition et aux sources d’inspiration pré-modernes. Là, nous avons l’État idéal de Platon, la société médiévale hiérarchique et la vision théologique du système social et politique normatif (chrétien, islamique, bouddhiste, juif ou hindou). Cette source pré-moderne est un développement très important de la synthèse national-bolchevique. Nous avons donc besoin de trouver un nouveau nom pour ce genre d’idéologie et « Quatrième Théorie Politique » est assez approprié pour cela. Cela ne nous dit pas ce que cette Théorie est, mais plutôt ce qu’elle n’est pas. C’est donc un genre d’invitation et d’appel plutôt qu’un dogme. 

Politiquement, nous disposons d’une base intéressante pour la coopération consciente de la Gauche et de la Droite, comme avec les religieux or d’autres mouvements antimodernes (les écologistes, par exemple). La seule chose sur laquelle nous insistons en créant une telle coopération est de laisser de côté les préjugés anticommunistes comme antifascistes. Ces préjugés sont les instruments dans les mains des libéraux et des globalistes au moyen desquels ils maintiennent leurs ennemis divisés. Nous devrions rejeter fermement l’anticommunisme autant que l’antifascisme. L’un comme l’autre sont des instruments contre-révolutionnaires dans les mains de l’élite libérale globalisée. En même temps, nous devons nous opposer fermement à toute confrontation entre les religions – Musulmans contre Chrétiens, Juifs contre Musulmans, Musulmans contre Hindous, etc. Les guerres interconfessionnelles et les haines travaillent pour le compte du royaume de l’Antéchrist qui essaie de diviser toutes les religions traditionnelles dans le but d’imposer sa propre pseudo-religion, la parodie eschatologique.

Nous avons donc besoin d’unir la Droite, la Gauche et les religions dans le combat commun contre l’ennemi commun. La justice sociale, la souveraineté nationale et les valeurs traditionnelles sont les trois principes d’une telle idéologie. Ce n’est pas facile de mettre tout cela ensemble. Mais nous devons essayer si nous voulons surpasser l’adversaire.

En français, il y a un slogan : « La Droite des valeurs et la Gauche du travail » (Alain Soral). En italien, cela donne : « La Destra sociale e la Sinistra identitaria ». Comment cela devrait sonner en anglais, nous le verrons plus tard.

Nous pouvons aller plus loin et essayer de définir le sujet, l’acteur de la Quatrième Théorie Politique. Dans le cas du communisme, au centre il y avait la classe. Dans le cas des mouvements de la Troisième voie, au centre il y avait la race ou la nation. Dans le cas des religions – c’est la communauté des croyants. Comment la Quatrième Théorie Politique peut-elle négocier avec cette diversité et la divergence des sujets ? Nous proposons, comme suggestion, que le sujet de la Quatrième Théorie Politique soit représenté par le concept heideggerien de Dasein (être-là). C’est une instance concrète et extrêmement profonde qui pourrait être le commun dénominateur pour le développement ontologique à venir. Ce qui est crucial ici – l’authenticité ou la non-authenticité de l’existence du Dasein. La Quatrième Théorie Politique insiste sur l’authenticité de l’existence. Il s’agit donc de l’antithèse de n’importe quel type d’aliénation – sociale, économique, nationale, religieuse ou métaphysique.

Le Dasein est une instance concrète. N’importe quel homme et n’importe quelle culture possède sont propre Dasein. Ils diffèrent entre chacun mais sont toujours présents.   Acceptons de progresser ensemble vers l’élaboration d’une stratégie commune dans la création d’un avenir qui conviendra à nos aspirations et à nos visions. De telles valeurs comme la justice sociale, la souveraineté nationale et la spiritualité traditionnelle peuvent nous servir d’indices.

Je crois sincèrement que la Quatrième Théorie Politique, le national-bolchevisme et l’eurasisme peuvent être d’un grand secours pour nos peuples, nos pays et nos civilisations. Le mot clé est « multipolarité » dans tous les sens – géopolitique, culturel, axiologique, économique, etc.

La vision du Nous (νους, l’Intellect) du philosophe grec Plotin correspond à notre idéal. L’Intellect est un et multiple en même temps, parce qu’il recèle toutes les sortes de différences en lui-même – non uniformisées ou mélangées, mais prises comme telles avec toutes leurs particularités. Le monde futur devrait être noétique en un sens – la multiplicité et la diversité devrait être considérées comme des richesses et des trésors, et non comme des raisons de conflit inévitable : plusieurs civilisations, plusieurs pôles, plusieurs centres, plusieurs systèmes de valeurs sur une planète et dans une humanité.

Mais il y en a certains qui pensent autrement. Qui est contre un tel projet ? Ceux qui veulent imposer l’uniformité, la pensée unique, un seul mode de vie (américain), un seul monde. Et ils le font par la force et la persuasion. Ils sont contre la multipolarité. Ils sont donc contre nous.

 



Article ancien.
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22 Commentaires

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  • #76486
    le 19/12/2011 par Saroumane38
    Contre le monde postmoderne

    C’est moi ou la "traduction" italienne du slogan d’ER est très mauvaise ? "La Droite sociale et la Gauche identitaire", c’est un peu l’antithèse de "la Gauche du travail et la Droite des valeurs".

     

  • #76491
    le 19/12/2011 par PatMan
    Contre le monde postmoderne

    À quand un mouvement international avec charte et site (multilingue) communs à tous ces courants d’idées convergents ?
    À quand une résistance intelligente et crédible à l’empire ?
    Existe-t-il un réseau international de penseurs dissidents ?

     

    • #76541
      le 19/12/2011 par Arsonist
      Contre le monde postmoderne

      Même question.
      Pour le moment c’est assez confus comme dans les premiers instants d’un réveil.
      Mais tout de même de l’ordre s’élabore petit à petit, surtout avec des associations comme E&R avec sa bible (et mon bréviaire) « Comprendre l’Empire » qui font un travail merveilleux de salubrité intellectuelle.
      Le problème majeur est d’abord « l’ignorance » dont découle la « division ». La Résistance épuise ses forces dans les chamailleries internes dû à l’ignorance qui génère de l’incompréhension. Sans parler du fait que le Système déploie des tartufferies avec une perfidie extrême pour nous tromper (L’UPR vient de démonter Solidarité & Progrès de Jacques Cheminade).


  • #76559
    le 19/12/2011 par seber
    Contre le monde postmoderne

    Je ne sais pas si la traduction est en cause mais l’analyse me laisse sur ma faim. Je ne comprend pas comment on peut se contenter de lutter contre le modernisme et l’occident (vague) en employant toute sa rhétorique et autre concepts vaseux (antiracisme mièvre...).
    Je pense qu’un des problèmes de notre époque vient de cette obsession de vouloir justement tout théoriser. Il suffit d’ouvrir n’importe quel livre d’histoire pour comprendre. Théoriser n’est pas réfléchir, au contraire. La théorie devient vite un dogme paralysant, bloque l’action.
    Prenons Chavez, ses discours sont proches de ceux de Soral dans leur méthodologie. Ils sont pratiques, vise le bons sens et la simplicité, ce qui n’est pas du tout incompatible avec la subtilité et l’intelligence (pas comme simple= simplet, libéralisme=liberté...).
    Agissons dans le sens qui nous semble bon, on pourra toujours théoriser après. Les pistes existent déjà, il suffit de les creuser si j’ose dire. Le plus dur et le gros du travail se trouve ici. Pour pouvoir lutter contre le Système/ l’Empire, la première solution, et peut-être bien la seule, est de savoir comment en sortir, sachant que tout est fait pour nous en empêcher. Pas simple, certes. Il faut en connaître les rouages et les failles (connaître son ennemi) puis mettre en place les plans et les actions adéquats. A partir de là, les choses deviennent de plus en plus clair, sachant qu’à chaque électron libéré, c’est de l’énergie supplémentaire pour tous (nous), donc à recombiner et à réassembler, de l’énergie perdue pour le Système. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures.

     

    • #76684
      le 20/12/2011 par Ahmed
      Contre le monde postmoderne

      D’accord avec toi Seber.
      Prenons un cas qui me touche particulièrement :
      La musique.
      Le Jazz, merveilleuse synthèse des rhythmes Africains et de la musique classique Européenne, est né aux Etat-Unis (Nouvelle-Orléans), bébé légitime du Blues.
      Traditionnellement, les Africains transmettent leur savoir par l’ecoute et la pratique.
      Les Occidentaux, théorisent (partitions, analyse harmonique...), délivrent des diplômes de musiciens...
      Pourtant, le constat est là, ces cultures différentes, ne nous empêches pas d’être profondement touché par un morceau, et quel que soit le style (la musique occidentale vient de là, elle vient du Blues !).
      N’y a t’il pas dans la rencontre de l’autre, dans le respect des traditions de chacun, l’idée que tout individu porte en lui cette forte identité enracinée, identité qui le pousse, malgrés tout, à l’echange, sans pour autant oublier son héritage si particulier, ses souffrances, ses certitudes, ses combats.
      La musique nous apprends, par l’emotion, que la nature même de l’homme est universelle, que l’humanité est une est indivisible. Le djembé du Sénégal resonne encore à New-York, et le Conservatoire Nationale Supérieur de Paris continu d’expliquer les echos du tam-tam !


    • #76921
      le 20/12/2011 par OV
      Contre le monde postmoderne

      Le tam-tam est ce que nous appelons un tambour, et nous n’avons pas attendu les africains pour en concevoir.
      Quant à la musique occidentale qui viendrait toute entière du blues, celle du 20è siècle évidemment, c’est franchement douteux.
      Dans son développement rock au sens large elle est un mélange de blues certes et de country américaine. Mais aussi de musique symphonique européenne (Pink Floyd).
      La musique électronique (Kratfwerk), elle, est purement d’inspiration européenne sortie des conservatoires de musique "classique".
      Quant à Chostakovitch, Rachmaninov, Satie, Stravinski, Bartok ou encore Messiaen et Ravel, que doivent-ils au blues ?


    • #76934
      le 20/12/2011 par PatriceT
      Contre le monde postmoderne

      Effectivement, si l’analyse est tout d’abord très intéressante, la fin de ce texte sombre dans des considérations beaucoup trop philosophiques pour pouvoir déboucher sur du concret : sérieusement, qui voudriez-vous mobiliser autour du ’concept Heigegerrien du dasein’ et de la ’Quatrième voie’ dont il n’existe pas l’amorce d’un commencement de vulgarisation ? A part 2 ou 3 amateurs de phillo en chambre, pas grand-monde...

      Un texte à visée politique peut être profond, mais il doit toujours se conclure par des idées claires, fortes et simples.


  • #76567
    le 19/12/2011 par Béranger
    Contre le monde postmoderne

    La volonté de hiérarchie, bien définie par la conclusion qui, en disant "Qui est contre un tel projet ? Ceux qui veulent imposer l’uniformité, la pensée unique, un seul mode de vie (américain), un seul monde." puis "Ils sont contre la multipolarité. Ils sont donc contre nous." se contredit elle-même : en effet, si en décidant par avance que ceux qui sont contre un tel projet sont, en résumé, le Diable, toute multipolarité d’idées est rejetée et c’est donc une uniformité, une pensée unique, un seul mode de vie (celui de l’auteur) qui sont prônés.
    Et ceci vient de ce principe de hiérarchie, représenté par une pyramide, qui au lieu de voir le monde de manière holistique, comme une sphère (chacun a son rôle et nul n’est plus important ni puissant qu’un autre) le voit hiérarchique, en pyramide donc (chacun a son rôle et certains dominent sur les autres).
    Ce système hiérarchique est celui de l’Empire comme celui de la Tradition invoquée, et donc c’est remplacer une dictature par une autre qui est ici prôné.
    Une telle attitude totalitaire, à vocation définitive et indiscutable, ne fera que plonger le monde dans un autre abîme et est donc à rejeter fermement.
    En finir avec le système hiérarchique, par contre, est une solution à étudier profondément.
    Et l’on voit bien que, tout en étant contre ce projet parce qu’il est hiérarchique, je suis pourtant également contre le système américain puisqu’il est tout aussi hiérarchique, infirmant totalement la conclusion de cet auteur et lui retirant donc sa crédibilité.


  • #76593
    le 19/12/2011 par micka
    Contre le monde postmoderne

    Texte très pertinent. Reste à définir, pour encore mieux cibler le sujet, Qu’est-ce que le Modernisme, le Post-Modernisme dont parle G.R.A. ? Pour lutter contre quelque chose, il faut d’abord savoir exactement ce contre quoi on lutte, définir ses caractéristiques, ses forces/faiblesses. Là, ces concepts sont un peu flous pour moi qui n’ai pas les connaissances que d’autres gens mieux informés ont, si quelqu’un ici pouvait apporter une réponse ?

    D’autre part, je me demande des fois si ce n’est pas déjà trop tard pour lutter contre l’impérialisme idéologique et culturel américain, imprégné depuis tellement longtemps dans nos cultures européennes occidentales et de plus en plus dans les autres cultures du monde (cf les jeunes cons facebouquiens qui ont fait tomber ben ali hier, demain peut etre Ahmadinejad) à tel point qu’on a pu voir un jamel dire chez Ardisson que les musulmans doivent protéger les droits des homos, on en est là.

     

    • #76939
      le 20/12/2011 par gomard
      Contre le monde postmoderne

      micka

      tout est dit dans le billet. modernisme sous entend les combats des féministes par exemple avec une valorisation de la femme professionnelle au profit de celle qui a choisit une vie traditionnelle.
      De laisser ta nana conduire ta caisse par exemple est un dogme moderniste.
      L’hypersexualisation, la violence de plus en plus présente dans les médias et certains milieux, la misandrie qui donne plus d’acquis aux femmes au profit des hommes, la dévirilisation de ce dernier, l’effondrement économique de l’UE, les familles de plus en plus déconstruites, les enfants de plus en plus gâtés et irrespectueux, malbouffe, l’argent qui devient de plus en plus une question de vie ou de mort, l’enfermement devant des gadgets à écran et téléphones qui développent l’ignorance des gens quand à l’état du monde où ils vivent, le libre cour du mensonge pour accuser quelqu’un ou faire de l’audience, le rejet de CO2 ...

      Voili voilou, tout ceci est le résultat de la démocratie libérale qui s’est servi de la mondialisation pour que les USA nous exportent leurs merdes.

      Evidemment en présentant les avantages, on ne voyait pas du premier coup ce que ça donnerait, sauf que celà s’est soldé par une belle arnaque envers l’humanité.
      Tout ceci n’était qu’un cheval de Troie afin que l’Empire prépare son sinistre dessein


  • #76599
    le 19/12/2011 par Eliphas
    Contre le monde postmoderne

    "Si nous libérons le socialisme de ses aspects matérialistes, athéistes et modernistes, et si nous rejetons les aspects racistes et étroitement nationalistes des doctrines de la Troisième voie, nous arrivons à un genre complètement neuf d’idéologie politique."

    C’était déjà le rêve de certains socialistes chrétiens en 1848 mais le pouvoir de l’époque n’a pas laissé faire...

    Et à ce sujet j’invite à la lecture de l’Abbé Constant, devenu ensuite Eliphas Lévi...très, trop mal compris parce que peu lu en définitive mais pourtant ô combien d’actualité...


  • #76799
    le 20/12/2011 par Etienne
    Contre le monde postmoderne

    Les occidentaux disent souvent "Guenon a raison". En temps que demi asiatique , résident en Asie, je vous repondrais "avait raison".
    Guenon, c’etait helas.
    - Avant que le Japon ne devienne une plate forme du Manga et du Cosplay, que le Bushido soit décrié et ne soit plus appliqué que très vaguement par quelques clubs de Yakuzas.
    - Avant la révolution culturelle chinoise. Avant que Mao ne rase tout les temples et ne fassent executer tout les moines, avant que l’on ne force l’Empereur divin a devenir jardinier.
    - Avant que l’Inde ne renonce au systeme des castes. Que les Bramhanes ne se mettent à être ciblé par un racisme qui rappel celui qui visent les blancs en Europe, et que des Intouchables ne deviennent PDG de multinationales en faisant commerce avec les Yankees et les Chinois.
    - Avant la Thailande, Pattaya et la transformation de la peninsule en plaque tournante de pornographie, de prostitution et de pedophilie qui consistue l’un des vecteurs majeurs de l’économie.
    - Avant le Genocide Khmer, l’execution d’un tiers de la population, tout ceux detenant le savoir spirituel ou tout simplement des livres et des lunettes...
    - Avant que Myammar ne deviennent un regime militaire et genocideur, doublé d’une base Yankee.
    - Avant que le Tibet ne soit soumis militairement et colonisé par un regime bolchevique et que le Dalai Lama ne deviennent un sermoneur qui sers la pogne d’Obama et de sa clique (je rappelle que son prédecesseur avait reconnu Ungern Stemberg comme un Avatar du Mahakala venu chasser le communisme de Russie...c’etait pas le même )
    - Avant Ho Chi Min, avant Kim Jong Il et tout ces montres qui ont dynamité les temples pour construire des usines.

    Les occidentaux ont souvent une vision de l’Asie basé sur le tourisme. Mais vue de ma fenetre, c’est la même que celle des japonais qui visitent la France, qui voit Versailles, les Invalides et qui vont manger chez Bernard l’Oiseau, et qui revienne convaincu que la France est un pays qui vit dans la tradition.
    Je résides en Asie, je suis metisse . Dans mon quartier, il n’y a quasiement plus de savoir faire artisal, et tres peu de savoir faire moderne ...ils ont tous été tué par des fous genocidaires qui voulait creer l’homme nouveau, et on doit lentement reapprendre tout...la construction des meubles, la reparation d’une moto...même notre langue, ils ont voulu la changer. La plupart des cours à l’école sont en anglais pour nos enfants.
    On est largement dans une merde aussi vaste que la votre...

     

    • #77566
      le 22/12/2011 par Matteuv
      Contre le monde postmoderne

      Merci pour ce très instructif message. Quelle voie de sortie pour vous ?


    • #78401
      le 25/12/2011 par Darking
      Contre le monde postmoderne

      Belle claque, pour les néophytes. Et effectivement, ça fait tomber beaucoup de fantasmes.


  • #76928
    le 20/12/2011 par gomard
    Contre le monde postmoderne

    "(l’individualisme, la démocratie libérale, le capitalisme, le consumérisme, etc.) "

    le féminisme, le satanisme, l’agnosticisme via la laïcité également. N’oubliez pas que tout celà s’est fait sur des siècles sous l’influence de la franc-maçonnerie et autres sectes obscures, noblesse noire ...
    Les gens ne se rendent même pas compte que tout celà a été créé pour nous diviser. Beaucoup adhèrent à ces valeurs qui pour eux est la liberté.
    Beaucoup gobent tous les mensonges féministes sur l’égalité des salaires ...
    Maintenant, il est sans doute trop tard ou alors faudra des décennies avant que l’humanité se réveille de son confort artificiel.


  • #76932
    le 20/12/2011 par Julian123
    Contre le monde postmoderne

    Camarade,
    Je pense qu’il est grand temps de traduire "Comprendre l’Empire" dans d’autres langues tel que l’Anglais, l’Espagnol et l’Italien.


  • #76996
    le 21/12/2011 par le Capitan
    Contre le monde postmoderne

    ce serait presque comme revenir dans le village de Peppone et Don Camillo, finalement toujours alliés !
    questo era cinema. altro che la merda di oggi


  • #78933
    le 26/12/2011 par Geoffroy
    Contre le monde postmoderne

    "D’autre part, dans les théories de la Troisième voie (chères jusqu’à un certain point à des traditionnalistes comme Julius Evola), se trouvent des éléments inacceptables – à commencer par le racisme, la xénophobie et le chauvinisme. Ce ne sont pas que des travers moraux, mais encore des attitudes théoriquement et anthropologiquement inconsistantes. La différence entre les ethnies ne signifie pas supériorité ou infériorité. La différence devrait être acceptée et affirmée sans aucune appréciation raciste."

    je ne sais pas si l’auteur en disant "chères jusqu’à un certain point à des traditionnalistes comme Julius Evola" inclue ou pas le racisme dans la pensé de Julius Evola mais si c’est le cas je ferais une simple remarque en le citant :

    “”II faut prendre carrément position contre le racisme qui considère toute faculté spirituelle et toute valeur humaine comme le simple effet de la race comprise au sens biologique, opérant ainsi une déduction mortifiante de l’inférieur vers le supérieur plus ou moins dans cet esprit qui préside au darwinisme et à la psychanalyse juive. Mais, en même temps, on doit prendre position contre ceux qui tirent parti d’un racisme ramené aux problèmes anthropologiques, génétiques et biologiques, pour soutenir que la race existe, oui, mais qu’elle n’a rien à voir
    avec les problèmes, les valeurs et les activités proprement spirituelles et culturelles de l’homme. Notre point de vue dépasse ces deux positions en affirmant que la race existe aussi bien dans le corps que dans l’esprit.
    Indirizzi per una educazione razziale (1941)


  • #125138
    le 27/03/2012 par Prix Du Consentement
    Contre le monde postmoderne

    La réforme du politique, du figé que porte son apparent « dernier » discours, ne viendra pas s’il n’est pas question de l’homme, et de l’objet, pente cloué, imposé à la cécité qui le guide, auquel il ne sait que consentir. Cette pente qu’il accepte avec les yeux troués de maladies, qu’il cajole de temps à autre par quelques apologies chafouines pathétiquement habillées d’épaisses terminologies sans épaisseur, est celle qu’il descend, content, animé par le rire que réclame le tragique pour signer sa fin. Un rire, proprement schizophrénique, que les déracinés s’arrachent au prix de leur raison. Ce pour les faveurs d’un monde mauvais. Courir après ça, monde sans arbre, pieds lacérés à force de clous qui trouent ; appliquer des rustines, panser les plaies, changer les guides, les moyens, mais préserver l’essentiel, la vision, panorama de termes subtiles d’où se dévoile, à mesure que nos pieds se déchirent, les premiers contours d’un indomptable précipice. Alterner les manières de s’adapter aux formes que doit prendre notre chute dans l’espoir de voir triompher l’anonyme standardisé, bouffi d’un lucre versé par le sang, est le dernier fond vide dont se réclament nos paroles, ou le cahier des charges misères, cadre limite duquel s’exerce l’adaptation de nos bouches tapineuses aux queues bien grasses des marchands d’épices. Avec la Révolution, sa négativité, ses promesses, l’idéal cartésien d’une maîtrise absolu des sujets sur le monde n’était plus un murmure, chuchotement lointain recroquevillé dans les précautions d’usage, apeuré par le dogme du faux christianisme, mais un cri, assumé, la promesse d’une possibilité réelle. Voir la France de Descartes courir après le monde, à défaut de le défaire ou de le refaire, en dit trop long de la culture précaire ingurgitée par nos élites à l’occasion, probablement, de quelques beuveries post-lycéennes. A l’alternative politique s’est substituée l’alternance du semblable et la réforme de l’homme, celle des moyens d’adaptation. Au fond, dans ce monde, c’est bien l’homme qu’il s’agit de changer, et son enracinement qu’il s’agit de reconstruire.


  • #163497
    le 05/06/2012 par Mike
    Contre le monde postmoderne

    C’est très bien la Tradition, mais ce n’est pas une utopie politique (platonicien ou féodal ou autre) ! Il n’y a pas de "religions traditionnelles", tous les monothéismes étant antitraditionnels. Les nations ? Tout aussi antitraditionnelles.

    On ne peut pas être pour la Tradition contre le monde postmoderne, même si Guénon pensait le contraire. La Tradition n’a pas de partisans et n’a pas besoin d’être défendue parce qu’elle est vraie même si le monde actuel la renie, et parce que l’émergence de ce monde matérialiste est incluse elle-même dans la Tradition.

    Quand on connaît la Tradition et qu’on veut faire de la politique, il faut savoir ce qu’elle enseigne à ce sujet. Et elle dit que le monde évolue à un rythme qui lui est propre, qui n’est pas le rythme de l’individu. Quand le moment est venu, les meilleurs changent le monde (et s’en attribuent faussement les mérites). Quand le moment n’est pas encore venu, les meilleurs échouent à agir sur le monde.

    A quelle époque sommes-nous ?


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