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Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

Serge Ayoub répond aux questions de Kontre Kulture à l’occasion de la sortie de son ouvrage Pour un nouveau contrat social.

 

 

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25 Commentaires

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  • #1993361
    le 26/06/2018 par envolées-des-incultes
    Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

    C’est l’arnaque quand même l’actionnariat. Il suffit de faire baisser les actions artificiellement durant suffisamment longtemps pour que les petits actionnaires s’en débarrassent, puis, une fois qu’on a racheté toutes les actions, ont fait monter les cours à leur juste niveau.

    C’est ainsi que s’est déroulée l’affaire du tunnel sous a manche. On enchaîne les retards et on sur-médiatise les problèmes de chantier, pour faire baisser, puis, quand toutes les actions ont été récupérées, on arrête le flot de nouvelles catastrophiques.

    C’est donc une fausse solution. Les cours de bourses sont manipulés, comme tout le reste.

    L’équité ne tient pas exclusivement dans le statut, c’est aussi et surtout le partage égal des profits pour tous ceux qui ont participé à la production de valeurs, sans distinction. Pas de hiérarchie dans le profit, c’est du suprémacisme . lol

    L’entreprise est un corps, pas une somme d’individus. Si on peut considérer l’équité de certaines différences de revenus, il y a des limites au delà desquelles, salaire ou pas, c’est effectivement de l’escroquerie, en plus de l’esclavage. Extorquer 80% de plus-value aux salariés, c’est du vol, du grand banditisme, que la prétendue prise de risque des patrons ne peut en aucun cas justifier.

     

    • #1993377

      L’entreprise est un corps, pas une somme d’individus



      Avant la suppression des corporations en 1789,oui...Mais la bourgeoisie a exigé et obtenu la destruction des protections..les bras se louent,doù qu’ils viennent !



      l’affaire du tunnel sous a manche



      Comme avec le canal de Panama mais avec des socialistes,les budgets ont été dépassés du fait de demandes à posteriori des anglais ,donc du politique et qui ne devait pas intervenir au départ de l’affaire....La valeur de l’action,trop haute au début,ne pouvait que baisser....On ne sait même pas si l’entreprise est actuellement rentable... !!



      Les cours de bourses sont manipulés, comme tout le reste.



      Oui...Si l’action est introduit en bourse...Ce qui n’est pas obligatoire !


    • #1993462

      Tu confond actionariat des grandes entreprises cotés en bourse et actionariat de PME ou là aucune manipulation puisque hors cote. Serge parle des petites et eventuellement moyenne entreprise ce qui n a rien à voir avec ce que tu ecris...



    • C’est donc une fausse solution. Les cours de bourses sont manipulés, comme tout le reste



      Il me semble aussi.


    • #1993660
      le 26/06/2018 par envolées-des-incultes
      Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

      Même dans le cas d’une participation, c’est manipulé. La participation AUX bénéfices, tu ne la vois jamais car ne sont pas compris dans les bénéfices les dividendes versés aux actionnaires, les avantages en nature pharaoniques des tauliers et de ses proches sbires, sans compter la facturation à une autre de ses entreprises, en dehors de la zone économique, pour optimiser fiscalement ... Ta participation s’élève cette année à 50 euros. lol

      C’est donc de la flûte, et la plupart du temps, le travail ne sert à rien de bien.

      Sauf les secteurs vitaux, plus quelques secteurs genre les communications et transports, tout le reste, c’est du travail de chadok. Ça ne sert à rien. Autant sodomiser des mouches, ça cause moins de dégâts et l’utilité est identique.


    • #1993889


      Oui...Si l’action est introduit en bourse...Ce qui n’est pas obligatoire !




      mais dans ce cas ce ne sont pas des actions mais des parts d’une société et donc plus difficilement cessibles puisqu’il n’y a pas de marché et que les règles de cession et d’achat sont plus complexes. mais vous avez raison sur un point : seule la bourse permet la spéculation et la manipulation du marché.c’est d’ailleurs dans ce but qu’elle a été crée (à Amsterdam par des inuits plus ou moins maranes)


  • Tout à fait d’accord. Les coopératives sont l’avenir d’un monde qui cherche le progrès social et plus d’égalité entre tous. De plus en plus d’entreprises se montent selon ce schéma. J’espère juste que cela ne va pas être dénaturé comme les coopératives laitières (Yoplait) où au final les partenaires n’ont pas leur mot à dire à cause du capitalisme qui a repris le dessus.

     

    • #1993600

      La cooperative, c’est l’idee du capitaliste qui a mauvaise conscience et croit aider son voisin, en realite des pans entiers de la population ne revent que d’etre un salarie’ bien paye’. Pour ca il faut juste un etat qui protege et permette aux entreprises de bien remunerer. Car si mon voisin fait venir des travailleurs clandestins a 500E, je suis oblige’ pour le concurrencer de faire la meme chose..si l’etat oblige a faire travailler l’employe’ national et que celui ci n’est pas mis en concurrence, tout le monde vit mieux.

      De plus, j’aimerais bien voir les statistiques des cooperatives, combien durent.. en general il faut de la verticalite’ pour faire marcher une entreprise, et un bon president !


    • #1993768

      @Monsieur Or elle n’en a pas.


    • #1995191

      Je ne crois pas à cette vertu d’équité, le naturel cupide reprend le dessus avec l’expansion de l’entreprise. L’équilibre de la rétribution n’est pas le moteur premier, il reste encore et de plus en plus un argument pour recruter les talents par ce miroir de la participation. Les star up en sont un parfait exemple, elles se vendent à prix d’or après leur création et mise en route, je n’ai pas encore entendu un créateur avoir rémunérer ses collaborateurs à la hauteur de leur investissement humain dans le développement de leur entreprise.
      Il existe dans certaine entreprises ce qu’on appelle l’intéressement. Une prime annuelle en fonction du chiffre d’affaire de l’entreprise, jusque là tout va à peu près dans le bon sens. Mais ce truc vicieux est soumis à votre grade dans l"entreprise, plus vous êtes bien placés hiérarchiquement et plus votre intéressement est important, une justice sociale bananière.


  • #1993491

    Pour prolonger la réflexion, lisez -entres autre- Le Livre Vert (Kadhafi). Kadhafi favorisait une société dans laquelle les gens étaient associés dans le travail et non salariés.

     

    • #1994823

      Oui, et une société où les opposants politiques étaient systématiquement éliminés. Pas sûr que vous auriez aimé vivre sous le régime de Kadhafi !


    • #1995785
      le 29/06/2018 par PlusQuePresqueToujours
      Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

      @Dionysiac étayez donc vos propos au lieu de censurer par des phrases slogans. Vous ne prouvez rien ici à part le fait que vous n’avez pas lu ce bouquin. Rien que pour ça je vais le lire tiens !


  • #1993567

    Pétain voulait également instaurer la participation. De Gaulle n’a fait que le reprendre. En fait, cela vient de la doctrine sociale de l’Eglise comme le dit Serge Ayoub.


  • #1993587

    Je me suis empressé de partager cette vidéo. Chez certains bloqués dans l’antifascisme primaire, il y a eu des lésions cérébrales.


  • #1993638
    le 26/06/2018 par par ici la monnaie
    Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

    D’autant que le système du salariat crée un nomenklatura inacceptable (et payé à rien foutre, comme l’actionnarat) ;
    Dans une vidéo du mois, AS clamait que la mendicité et la pauvreté étaient de l’ingénierie sociale destinée à faire taire toute contestation ou velléité de changement ; j’y crois pour ma part fermement.
    En quoi l’état ne s’activerait pas à loger selon les moyens de chacun, par exemple, ou créer un contrat d’orientation, plutôt que de classer bêtement les gens comme "chômeur" ou "actif" ?

     

  • #1993760

    Serge Ayoub semble faire une confusion entre salaire et emploi

    L’emploi est systématiquement une marchandisation du travail, un esclavage. Si le salaire peut être une reconnaissance de la valeur de l’emploi sur un marché du travail, il peut aussi être une reconnaissance de la qualification d’une personne dans le cas d’un fonctionnaire ou de l’attribut d’une personne dans le cas d’une corporation ou d’une profession régulée.

    Etre copropriétaire de l’outil de production n’est pas incompatible avec le salariat les deux sont même liés. Le revenu d’un copropriétaire de l’outil de production est nécessairement la contrepartie de son travail puisque seul le travail produit de la valeur. Si le revenu d’un copropriétaire de l’outil de travail ne venait pas de l’usage de cet outil, ce serait de l’usure. Le salaire lié à la qualification est l’antidote à l’usure et à la marchandisation du travail.


  • #1993849

    Le problème de la rémunération par l’actionnariat uniquement, c’est que la responsabilité individuelle se trouve diluée. Les plus faibles et incompétents comptent sur les plus forts, qui s’appuient en général double travail, pour la même paie.
    L’actionnariat, d’accord, mais avec une prime au mérite, la comptabilisation des heures effectuées réellement, le niveau d’études et le QI, les résultats individuels...
    Et là, ça ne va pas être facile, les êtres humains étant ce qu’ils sont. Voir dans les copropriétés immobilières, comme finalement, des hommes de loi, syndics, juges, avocats, et intermédiaires ou parasites divers, profitent des divisions et intérêts divergents des copropriétaires, aux frais de ces derniers.

     

    • #1994454

      A oui-mais,

      L’actionnariat comprend le capital lucratif, c’est-à-dire des usuriers qui sont payés non-pas parce qu’ils travaillent mais parce qu’ils possèdent un capital.

      Si on ne fait pas la confusion entre emploi et salaire (ce que semble faire Serge Ayoub) on peut envisager des travailleurs salaries copropriétaires du moyen de production qui ne sont ni actionnaires ni employés.

      Rétribuer les personnes à leur juste mérite est effectivement très difficile. Un revenu peut être lié à une tâche (tâcheron, commerce), à un emploi (esclavagisme au service des usuriers) ou à un grade (qualification de la personne, ex : enseignant, medecin, militaire…). Le tâcheron ou le commercial sont les plus vulnérables car isolés et dépendants du marché, les employés sont plus protégés mais sont esclaves de l’intérêt maximal des usuriers. Les gradés sont relativement libres de travailler selon l’art. On peut parfaitement imaginer par exemple une association de commerciaux qui mettent leur bénefs en commun et se versent un salaire.


  • #1993883

    Une société solidaire qui possèderait les machines qui produisent ce dont on a besoin reste à inventer.


  • #1993894
    le 27/06/2018 par Combattre l’Empire
    Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

    Faudrait aussi assurer des conditions de vie dignes aux salariés, dits précaires. Quand t’es pas chômeur t’es SDF !
    D’ailleurs comment peut-on être à la fois salarié et précaire ?


  • #1993918
    le 27/06/2018 par Francois Desvignes
    Dépasser le salariat ? – Entretien avec Serge Ayoub

    Les lois ont une cause.

    Je pense qu’il faut distinguer l’organisation du travail de sa rémunération, et la rémunération du travail de la rémunération du capital.

    En ce qui concerne l’organisation du travail :

    - Dans une société où l’Homme est la machine, l’Homme est esclave, c’est une chose dans le commerce, on peut le vendre ou l’acheter. Il n’a pas de personnalité juridique, il ne peut pas être propriétaire ni ester en justice et n’a un nom que pour savoir sur qui taper. Quand il est rémunéré c’est un pourboire, mais étant une machine cher et fragile tous ses maitres en prennent grand soin. Votre cheval ou votre esclave, c’est pareil.

    - Dans une société où l’Homme est secondé par la machine, la machine est la chose et non plus l’Homme ; aussi, l’Homme ne peut plus ni être vendu ni acheté, seulement loué, seulement avec son consentement. Il peut ester en justice et être propriétaire. Son travail reste d’exécution, et sa rémunération non intéressée à la marge, seulement au volume produit.

    - Dans une société où l’homme est second par rapport à la machine (la machine est principale dans le processus de production, l’homme est accessoire) la tache n’étant plus d’exécution, le travail est toujours loué mais intéresse à la marge bénéficiaire de la production, Le travail d’exécution devient un travail pré ou proto managérial.

    - Dans une société (post moderne) où l’Homme est entièrement remplacé par la machine et l’automation,l’Homme n’ayant plus de travail productif à fournir, l’ouvrier ayant totalement disparu remplacé par l’automation, le salariat aussi et seuls ceux qui se sont associés au capital entrepreneurial participent aux fruits de la production.

    Pourtant, et par conséquent :

    - le salariat existera toujours partout où la production ne sera pas marchande (fonction publique, curés).
    - le salariat existera encore et l’esclavage coexistera avec lui (faisant son grand retour) dans la société post moderne où la machine sera en charge de tout le processus de production car d’une part, si la machine croit toujours en perfection ceux qui la feront marcher auront de moins en moins besoin de connaissances (travail « d’exécution ») et d’autre part, si la machine fait tout, jusqu’à s’auto corriger et se surveiller, alors celui assigné à sa garde deviendra l’accessoire de la machine, son esclave.

    En ce qui concerne la rémunération du travail et du capital, tout se déduit de supra.


  • #1994796

    À moitié d’accord avec le Monsieur.

    Supprimer le salariat privé oui, mais il est des fonctions d’état indispensables qui nécessitent des salariés. En fait il faut supprimer le patron tout court et ne laisser que des entrepreneurs recrutant des partenaires en petite structure et ne laisser que des grosses structures d’état pour les domaines vitaux ou d’industrie de masse, car être grand patron nécessite une formation adaptée et influe sur la politique de la nation.

    Là, tout prend son sens.


  • #1997157

    Le désarroi des intellectuels,on le voit aujourd’hui,se démènent pour"innover", pour proposer un projet de société qui dépasse les mécanismes"institutionnalisés"de la prédation"libérale"actuelle. L’auteur,apparaissant dans la vidéo,a certes proposé quelques concepts,déjà connus et pratiqués ; tels la participation,la responsabilité,le partage des bénéfices. Le moment de gloire de ces concepts fut celui de la conquête du pouvoir par le socialisme en URSS,puis en Chine maoïste. Après les grandes trahisons qui ont entrainé la disparition de ces puissances socialistes ,l’oligarchie libérale,et pour camoufler son jeu macabre de prédation,s’ingénie à faire siens de tels postulats, portant sur la participation et"partage"des bénéfices. Évidemment,un tel grossier détournement, a fini lamentablement dans les poubelles de l’Histoire. Souvenons-nous du retentissant scandale d’ENRON aux usa en 2001 : les employés ont pris des participations dans le capital de la société,moyennant une substantielle ponction dans le fonds des retraites des salariés. Cette"participation" a été réalisée au moment où les comptes d’Enron ont été maquillés pour rassurer,frauduleusement,les pauvres employés. En fin de parcours,l’entreprise a fait faillite. 20.000 personnes ont perdu simultanément et leur emploi et leur pension de retraite.
    Il n’y a pas de honte à faire l’éloge du socialisme,simplement et directement sans trop de raisonnements alambiqués, surtout au moment où le"libéralisme"ne trouve plus cette feuille de vigne pour cacher sa honteuse nudité.
    Burke,bien qu’appartenant à l’école du conservatisme politique,a eu la
    sagesse dans son chef-d’œuvre"Réflexions sur la révolution de France"d’attaquer de front le concept de"La table rase"qui,selon lui,constitue le germe même de la dérive et del’échec de la révolution française. Ce grand philosophe fait de la prudence la première des vertus en politique. Et c’est cette combinaison du rejet de"La table rase"et de la prudence qui le conduit,par une construction intellectuelle des plus brillantes,à bâtir le progrès d’une nation, en conservant le meilleur du passé et de donner place à l’innovation qui ne renie pas ce qui est proche et cher...


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