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Dette américaine : la Chine fustige les États-Unis et suggère une réduction de ses dépenses militaires

Pendant que la Chine semonce Washington pour l’abaissement de la note de crédit des États-Unis, la Maison-Blanche appelle les élus du Congrès à coopérer davantage devant la situation économique du pays.

Dans un communiqué, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a exhorté républicains et démocrates à « faire mieux pour montrer notre volonté, notre capacité et notre engagement à travailler ensemble pour faire face aux défis économiques et budgétaires ».

Selon la Maison-Blanche, l’assainissement budgétaire et la relance économique doivent dépasser les « différences idéologiques et politiques » qui ont été exacerbées durant les négociations sur le relèvement du plafond de la dette.

« Le chemin pour y arriver a pris trop de temps et [la négociation, NDLR] a été par moments trop partisane », a estimé M. Carney.

« Nous devons faire mieux pour mettre en évidence la volonté de notre pays, sa capacité et son engagement à relever nos grands défis économiques et fiscaux », a-t-il poursuivi.

Après l’âpre bataille entre républicains et démocrates sur le relèvement du plafond de la dette, l’agence Standard & Poor’s (S&P) a annoncé vendredi la dégradation de la note souveraine américaine de AAA à AA+.

Pékin veut que Washington se serre la ceinture

La Chine, principal créancier des États-Unis, a de son côté réagi avec vigueur à l’abaissement de la note de la dette publique américaine, exhortant Washington à limiter ses dépenses.

Le gouvernement chinois a estimé que cette première baisse de la note de crédit dans l’histoire des États-Unis n’a fait que confirmer « une horrible vérité ». Selon l’agence officielle Chine nouvelle, Pékin « a désormais tous les droits d’exiger des États-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel de dette ».

Les jours où l’oncle Sam, perclus de dettes, pouvait facilement dilapider des quantités infinies d’emprunts de l’étranger semblent comptés. (Agence Chine Nouvelle).

Rappelant que l’agence chinoise Dagong avait abaissé la note américaine mercredi, Chine nouvelle a ajouté : « Afin de soigner leur dépendance aux dettes, les États-Unis doivent rétablir le principe de bon sens selon lequel il faut vivre selon ses moyens. »

Pékin suggère à Washington de réduire ses dépenses militaires et sociales.

Les économistes chinois s’attendent à ce que la Chine, qui détenait en mai quelque 1160 milliards de dollars d’obligations américaines, diversifie ses actifs.

« La Chine va devoir envisager d’autres investissements. Les bons du Trésor américain ne sont plus sûrs. Il y a sur les marchés des types d’actifs plus risqués que les [obligations] AAA, mais moins risqués que les AA+. La Chine n’y pensait pas auparavant, mais va devoir le faire », affirme Li Jie, directeur d’institut à l’Université centrale de la finance et de l’économie.

Washington conserve la confiance de Tokyo et de Paris

Le Japon, deuxième créancier des États-Unis, a indiqué que sa politique d’achats d’obligations américaine ne changerait pas. « Notre confiance envers les bons du Trésor américains et leur attractivité comme investissement ne changera pas à cause de cette action », a déclaré un responsable gouvernemental japonais à Dow Jones Newswires.

Le gouvernement japonais, qui tente de freiner une envolée du yen par rapport au dollar américain, n’a aucun intérêt à se départir de ses actifs en billets verts, car cela ne ferait que renforcer sa monnaie.

Soulignant que les agences Moody’s et Fitch avaient confirmé la note AAA des États-Unis, le ministre français de l’Économie, François Baroin, a déclaré : « La France a une totale confiance dans la solidité de l’économie américaine et ses fondamentaux, ainsi que dans la détermination du gouvernement américain à mettre en oeuvre le plan [de réduction des déficits] qui a été approuvé par le Congrès cette semaine. »

« Bien sûr, les incertitudes sont plus grandes maintenant. Certains investisseurs qui se fient à la note AAA vont avoir besoin de vendre, donc le marché connaîtra certains ajustements », a-t-il toutefois prévenu.

Signe des craintes qu’a provoqué cette décote historique, les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7 s’entretiendront par téléphone samedi soir ou dimanche pour discuter de la situation sur les marchés.

Vendredi, le premier ministre italien Silvio Berlusconi avait suggéré qu’une réunion du G7 soit organisée dans les prochains jours, mais le gouvernement français a estimé samedi qu’une telle rencontre serait « prématurée ».

L’abaissement de la note américaine intervient au moment où le spectre d’un « double dip » aux États-Unis plane sur les marchés. Combinée à la crise de la dette, cette menace d’une nouvelle récession a fait subir à Wall Street sa pire semaine en plus de deux ans. Le S&P 500 a perdu 10,8 % lors des dix dernières séances.

 



Article ancien.
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2 Commentaires

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  • Ca sent le roussi. Les chinois sont polis, ils préviennent qu’ils vont cesser de maintenir à flot le navire US qui coule.
    .
    Le Japon, après le coup de semonce de HAARP, a compris qu’il n’a rien à dire sinon un autre tremblement de terre doublé d’un autre tsunami viendront achever le travail.
    .
    La France de BHL remue la queue... Le peuple ? "Il est content, il rit" (cf. sketch de Dieudo sur le dictateur camerounais parlant de son peuple).
    .
    Pour les autres "acteurs" ("acteurs" ça fait plus puissant) ; c’est beau le théâtre.


  • La dégradation de la note des Etats-Unis marque, à mon sens, l’articulation et la transition entre deux phases :
    - La phase 1 consistant à détruire l’économie états-unienne.
    - La phase 2 consistant à étrangler le complexe militaro-industriel états-unien.

    Pour le premier point, c’est choses faite ; cette dégradation de la note étant le coup de grâce.

    On entre donc dans la phase 2. Pour qu’elle soit couronnée de succès, je pense qu’il faudrait attaquer sur les fronts suivants simultanément :
    - Réduction budgétaires.
    - Déstabilisation interne des Etats-Unis, à la faveur de la grave crise qui s’annonce là-bas.
    - Défaites, en Afghanistan, mais aussi en Irak, si possible, avec une coalition Iran-Russie-Turquie, appuyée en douce par la Chine.

    Il faudrait aussi, au même moment, des mouvements anti-Etats-Unis au Japon et en Amérique du Sud.

    Une telle attaque concertée et déclenchée au bon moment aurait de grandes chances de nous débarrasser des Etats-Unis.