Egalité et Réconciliation
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Du primaire à l’université, comment remettre sur pied l’école française ?

Florian Philippot répond aux questions de Jean-Paul Brighelli

Florian Philippot, vice-président du Front national dirigé par Marine Le Pen, répond aux questions de Jean-Paul Brighelli sur l’école.

 

Jean-Paul Brighelli est délégué national à l’instruction publique du mouvement politique Debout la France, dirigé par Nicolas Dupont-Aignan.

 

On m’a beaucoup déconseillé d’offrir une tribune à Florian Philippot, c’est-à-dire au FN. Des démocrates convaincus pensent légitime d’ignorer un parti qui rassemble, sondage après sondage, au moins 30 % des Français. Ce n’est pas ma façon de penser. Qu’il soit par ailleurs bien entendu que publier ses réponses à des questions qui se posent effectivement n’est ni un acte d’allégeance ni un appel du pied. Cela dit, à deux mois des élections régionales, à moins de deux ans des présidentielles, il est temps que chacun sache à quoi s’attendre de la part de chacun des partis qui aspirent à gouverner le pays. Quant aux grincheux…

 

Jean-Paul brighelli : Réforme du lycée (Chatel) ou réforme du collège (Vallaud-Belkacem), quel regard portez-vous sur ces réformes qui se donnent pour prétexte le bien-être des élèves ?

Florian Philippot : Ces réformes, comme l’ensemble de celles menées depuis plus de trente ans, et tout particulièrement celles qui ont découlé de la loi Jospin de 1989 si l’on remonte un peu plus loin, vont à rebours du bien des élèves quand, en effet, elles prétendent souvent favoriser leur « bien-être ». Elles ont pour dénominateur commun d’avoir provoqué une baisse constante du niveau d’exigence et des contenus enseignés. Or, ce n’est pas en plaçant l’élève « au centre du système », en prétendant lui « faire inventer ses propres savoirs » ou autres inepties pédagogistes, mais en lui dispensant un enseignement exigeant et en lui donnant le goût de l’effort que l’école doit lui permettre de trouver du sens et de s’épanouir.

 

140 000 élèves sortent chaque année du système scolaire au niveau troisième sans aucun diplôme, et en général sans compétences de lecture. Quelle réforme prioritaire pourrait, selon vous, éviter cette saignée ?

L’impératif est d’en finir avec le « collège unique ». Sous prétexte de (faussement) « démocratiser le collège », on y a fait triompher la médiocrité et produit massivement de l’échec scolaire. Il faut donc réintroduire, dès le premier cycle du secondaire, un palier de sélection juste, permettant notamment, et sous condition d’une revalorisation effective de cette voie, l’apprentissage dès 14 ans. Cela suppose évidemment qu’en amont des chances égales soient données à tous : il faut réformer l’école primaire, de sorte que chaque enfant arrive au collège en maîtrisant les fondamentaux et, tout particulièrement, la lecture.

 

En matière d’école, êtes-vous plutôt jacobin ou girondin – les décisions doivent-elles être prises en haut ou laissées aux initiatives locales, communes, département, région ou même établissement ? En particulier, seriez-vous favorable à la sélection d’un seul système d’apprentissage de la lecture au niveau national ?

L’ensemble du système scolaire souffre d’un défaut de centralisation et de cohérence nationale, ce qui est particulièrement sensible au regard du peu de contrôle qui s’exerce relativement à des « expérimentations pédagogiques » plus ou moins hasardeuses. Notre pays a un besoin urgent d’un grand plan de redressement de son système scolaire, et non que des « initiatives locales » interfèrent avec une politique qui ne peut être conduite qu’au niveau national. C’est, du reste, une exigence républicaine que de garantir l’égalité de tous les élèves devant les enseignements dispensés, en matière d’apprentissage de la lecture comme en toute autre.

 

Quelles sont les priorités de l’école primaire ?

L’école primaire et, tout particulièrement, l’école élémentaire ont les justes désignations de leurs missions : elles doivent prioritairement transmettre aux enfants les éléments de toute instruction, c’est-à-dire les savoirs fondamentaux que constituent la lecture, l’écriture et le calcul. Chaque enfant doit sortir du primaire en maîtrisant ces fondamentaux. Cela exige, du point de vue des contenus, qu’ils cessent d’être revus à la baisse et que leur transmission ne soit plus différée, mais aussi une révision des méthodes d’enseignement : ce sont les méthodes éprouvées qui doivent être retenues et appliquées, la syllabique pour l’apprentissage de la lecture, par exemple. Un statut du directeur d’école doit enfin être créé.

 

Diverses polémiques sont nées des nouveaux programmes tels qu’ils ont été élaborés par le Conseil supérieur des programmes – en particulier en histoire. Quelles sont, à votre avis, les priorités dans l’enseignement de cette matière sensible pour laquelle les Français ont tant d’appétence – et pas forcément de compétences ?

L’enseignement de l’histoire et de la géographie a pour fonctions de permettre à l’élève de se situer dans le temps et l’espace, de lui rendre concrètes ses appartenances collectives, et même l’âme de la France, et participe grandement à sa formation en tant que citoyen. Or il n’y a de citoyenneté que dans le cadre de la nation. C’est pourquoi il est proprement inacceptable que des pans entiers de notre histoire nationale disparaissent des programmes d’histoire, ce qui est très choquant. Cela en dit long quant au degré de renoncement et de soumission de notre pays à l’égard d’instances supranationales non démocratiques. L’enseignement de l’histoire doit, au contraire, renouer avec le roman national, qui doit y occuper une place centrale. L’une des finalités de l’école est en effet de donner aux enfants de France des raisons d’être fiers de leur pays, et elle doit tout autant remplir une fonction assimilatrice, ce qui exige que tous les jeunes Français puissent se reconnaître dans une histoire commune, de la Gaule romaine à la République en passant par nos rois et l’empire.

Lire la suite de l’article sur lepoint.fr

Voir aussi, sur E&R :

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

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12 Commentaires

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  • La vrai question est : Comment remettre sur pied la France ?
    La seule réponse politiquement valable : La souveraineté !

    Tout le reste (y compris le système éducatif) n’est qu’aménagement de corrolaires...

    Tant que le peuple francais ne sera pas souverain... et bien Philipopo (et autres bonnes âmes préoccupées par l’abrutissement organisé) ne pourra rien faire...


  • Il parle beaucoup pour ne rien dire.
    Concrètement quelles mesures proposées (question posée 20 fois par Brighelli) ? Exemple de réponse : "réapprendre à lire" ok, mais ça c’est un objectif, pas une mesure....

    On attend toujours les réponses.
    Quelques enfonçages de porte ouvertes certes, mais vraiment pas suffisant au niveau des réponses.

    Bla bla bla de politicien ...

    Moi j’en ai une par exemple : dégager l’enseignement des langues étrangères de primaire, où l’enseignement du français a diminué de 50% !! en 30 ans, et remettre le nombre d’heure de français qu’il y avait du temps où tout un chacun qui obtenait le certificat d’étude était capable (entre autre) d’écrire un texte structuré sans faute et en prime d’une belle écriture.
    ... et par conséquent mieux armé pour ensuite se servir de ce savoir comme d’une base de comparaison solide pour apprendre une langue étrangère. (j’insiste sur le "ensuite")

    "un élève sortant du collège aujourd’hui a bénéficié dans sa scolarité de moins d’heures de français qu’un élève sortant de l’école primaire avant la mise en place du collège unique" (pris sur le web, facilement vérifiable partout).

    Et j’ai d’autres mesures concrètes en stock. Ca prend pas plus de place, voir moins, que de faire "bla bla bla". C’est pas la faute de Brighelli de lui avoir re re re et re-demandé.

     

  • Aucun espoir d’amélioration pour les petits Français, bien au contraire, le ver est dans le fruit !
    Si vous voulez des résultats copiez l’école de l’avant-garde.


  • Je ne suis pas un grand admirateur de Philippot, bien au contraire... Mais je dois dire que sa vision de l’éducation est en phase avec la mienne. Le but de l’éducation nationale ces dernières années a été de favoriser l’oppression du peuple par le capitale et l’astreindre à rester un "gentil" consommateur... On évite toute frustration de l’enfant et on transforme les collèges en centre aéré. Cela fonctionne...


  • C’est facile.

    Primaire : math, français, sport, dessin, informatique, musique, la politesse, la merde qui reste non obligatoire

    secondaire : math, français, langue vivante 1, langue vivante 2, physique/chimie, biologie, sport, informatique / électronique, musique, sport, la merde qui reste non obligatoire.

    lycée : idem secondaire + code de la route + conduite +le social, la société, les lois, les grands scandales financier, politique, économique, santé, la merde qui reste non obligatoire.

    orientation à la sortie.

    Université spécialisé dans le choix d’orientation avec la participation des entreprises, artisanat, commercial et la merde qui reste.

     

  • Autant commencer par remettre sur pieds la France chrétienne voire, la France christique.
    Le reste suivra automatiquement.