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Il y a 70 ans : la conférence de Potsdam

Les dirigeants de la coalition anti-Hitler se sont réunis à Potsdam en conférence du 17 juillet au 2 août 1945 pour tirer un trait sur la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait de la troisième conférence entre les dirigeants des trois grands pays et le dernier événement d’après-guerre dans ce format. Seulement six mois s’étaient écoulés depuis la précédente conférence de Yalta, mais de nombreuses questions urgentes émergeaient, à traiter sans délai.

L’Union soviétique était représentée par Joseph Staline, la Grande-Bretagne par Winston Churchill, et les États-Unis par le président Harry S. Truman. C’était la première réunion Big Three de Truman. Le président Franklin D. Roosevelt, décédé en avril 1945, a assisté aux deux premières conférences – à Téhéran en 1943 et à Yalta en février 1945. Le Premier ministre britannique Winston Churchill n’était pas présent pour la cérémonie de clôture, son parti ayant perdu les élections au Royaume-Uni, et il a été remplacé à mi-parcours de la conférence par le nouveau Premier ministre, Clement Attlee.

L’esprit même des négociations et les sentiments des participants avaient également changé. Les vainqueurs étaient des nations ayant des systèmes sociaux et économiques différents, poursuivant différents objectifs géopolitiques. L’écart était devenu large au fur et à mesure que la victoire approchait dans la Seconde Guerre mondiale et il l’est devenu encore plus après la fin de la guerre.

Le problème le plus urgent était le sort de l’Allemagne d’après-guerre. Malgré de nombreux différends, les dirigeants alliés ont réussi à conclure des accords à Potsdam. Par exemple, les négociateurs ont confirmé le statut d’une Allemagne démilitarisée et désarmée en quatre zones d’occupation alliées. Selon le Protocole de la Conférence, il devait y avoir « un désarmement et une démilitarisation complète de l’Allemagne » ; tous les secteurs de l’industrie allemande qui pourraient être utilisés à des fins militaires devaient être démantelés ; toutes les forces militaires et paramilitaires allemandes devaient être éliminées (y compris l’armée régulière, la Gestapo, les SS, les SA et le SD) ; et la production de tout matériel militaire en Allemagne a été interdit.

En outre, la société allemande était à reconstruire sur des bases démocratiques par l’abrogation de toutes les lois discriminatoires de l’époque nazie et par l’arrestation et le procès des Allemands réputés être des criminels de guerre. Les systèmes éducatifs et judiciaires allemands devaient être purgé de toutes les influences autoritaires, et les partis politiques démocratiques seraient encouragés à participer à l’administration de l’Allemagne au niveau local et national. Mais la reconstitution d’un gouvernement national allemand a été reportée sine die, et la Commission de contrôle des Alliés (qui était composée des quatre puissances occupantes, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union soviétique) dirigerait le pays durant l’interrègne.

Contrairement à Yalta, la question de la partition ne figurait pas à l’ordre du jour. Les alliés ont déclaré ne pas avoir l’intention d’asservir le peuple allemand. Leur but était de veiller à ce que l’Allemagne « ne puisse plus jamais menacer ses voisins ni la paix mondiale ». C’est l’Occident qui a pris l’initiative de la partition de l’Allemagne, pas l’Union soviétique. C’est un fait incontestable.

Le paiement des réparations était un sujet de discorde. Les États-Unis et l’Union soviétique ont travaillé sur un compromis. L’URSS a été autorisée à demander des réparations à la zone soviétique, et également 25% de l’équipement industriel des zones occidentales au titre des réparations (10% de la capacité industrielle des zones occidentales inutiles pour l’économie de paix allemande devraient être transféré à l’Union soviétique dans les deux ans). L’Amérique et la Grande-Bretagne pourraient prendre les réparations dans leurs zones si elles le souhaitaient. Staline a proposé, et cela a été accepté, que la Pologne soit exclue de la compensation allemande pour se voir ensuite accorder 15% des réparations accordées à l’Union soviétique.

À Yalta les Alliés sont convenus que la Pologne devait obtenir de nouvelles terres dans le nord et à l’ouest avec une décision finale reportée à une conférence de paix. À Potsdam, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont tenté de dévier de l’accord conclu auparavant.

La définition des nouvelles frontières occidentales de l’Allemagne était un problème difficile à résoudre. La position des États occidentaux a été influencée par le fait que les États-Unis ont mené un essai nucléaire réussi. Les États-Unis ont testé avec succès la première arme atomique dans le monde près d’Alamogordo, au Nouveau-Mexique, le 16 juillet, 1945. Truman a reçu les nouvelles lorsqu’il était à Potsdam. Pour renforcer sa position à la conférence, Truman a dit à Staline le 24 juillet que les États-Unis possédaient « une nouvelle arme d’une force destructrice inhabituelle ». Staline n’a montré aucun intérêt particulier. Tout ce qu’il a dit était qu’il était heureux de l’entendre et espérait qu’il serait fait un « bon usage de celle-ci contre les Japonais ».

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2 Commentaires

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  • #1236729

    Truman a dit à Staline le 24 juillet que les États-Unis possédaient « une nouvelle arme d’une force destructrice inhabituelle ». Staline n’a montré aucun intérêt particulier. Tout ce qu’il a dit était qu’il était heureux de l’entendre et espérait qu’il serait fait un « bon usage de celle-ci contre les Japonais ».



    Staline avait,encore,berné les américains par sa réponse faussement désinvolte alors que,non seulement,il était parfaitement au courant de la construction de la bombe A mais qu’il avait déjà une équipe en place depuis 41 pour construire la sienne...et par ses micros,il savait que Truman lui annoncerait l’essai réussi pour l’intimider !!!..En accord avec Béria,il fût convenu que Staline devrait feindre l’ignorance...ça avait parfaitement réussi jusqu’au coup de théâtre de 1949 et l’explosion de la bombe soviétique... !!


  • #1236816

    "... et les partis politiques démocratiques..."

    Cette expression est un oxymore : là où il y a des partis politiques, la démocratie est absente. Si l’Allemagne était devenue une démocratie en 1945, elle ne tenterait pas aujourd’hui de mettre à genoux le peuple grec.