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Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

Né en 1960, Laurent Guyénot est un auteur et un historien critique dont les nombreux travaux sur l’histoire de la religion juive ouvrent un débat sur la mentalité du judaïsme. Ayant vécu de nombreuses années aux États-Unis, il est aussi un spécialiste des questions liées à la domination sioniste sur la vie politique américaine. Ses vues n’engagent bien sûr que lui.

 

Rivarol : À l’heure où l’État d’Israël célèbre ses 70 ans par un nouveau massacre de civils, quelle est la véritable nature de l’entité sioniste ?

Laurent Guyénot : Israël est un mot qui a plusieurs sens. Jusqu’à la fondation de l’État juif en 1948, « Israël » désignait la communauté juive internationale, et le terme « Israélite » était alors synonyme de « Juif ». Depuis 1948, Israël est à nouveau le nom d’un État. Mais un sens n’a pas remplacé l’autre. Dans l’esprit d’une majorité de juifs, le sens national et le sens international se confondent, d’une part parce que tous les juifs du monde sont citoyens de droit de l’État d’Israël (par la « loi du retour » du 5 juillet 1950), et d’autre, part parce que le sionisme a maintenant réussi à redéfinir la judéité comme une sorte de citoyenneté israélienne de cœur, un sentiment de solidarité très fort à l’égard d’Israël. Ce qui apparaît aux non-juifs comme une ambiguïté n’en est pas une pour les sionistes. Car le sionisme n’a jamais été strictement un projet national, sauf peut-être dans l’esprit de Theodor Herzl et de quelques-uns de ses contemporains. Mais les dirigeants sionistes ont toujours su qu’Israël n’était viable que par le soutien d’une puissante diaspora. Et le but a toujours été supranational : déjà Ben Gourion envisageait que Jérusalem deviendrait, avant la fin du 20e siècle, « le siège de la Cour Suprême de l’Humanité, où seront réglés tous les conflits entre les continents fédérés ». Et il ajoutait, « comme l’a prophétisé Isaïe », car le projet sioniste est le projet vétéro-testamentaire ; c’est, à mon avis, sa meilleure définition. Je prétends donc qu’on ne peut rien comprendre au sionisme si l’on ne part pas de ce principe que le sionisme est un projet mondial, et non un projet strictement national.

 

Vous prétendez que la Bible hébraïque, l’Ancien Testament des chrétiens, est la source d’inspiration première du sionisme.

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les sionistes eux-mêmes : ils ne cessent de se référer à la Bible. Pour les juifs en général, qu’ils soient religieux ou athées, la destinée d’Israël est inscrite dans la Torah, et c’est un destin de domination mondiale. Les chrétiens ne le comprennent pas ainsi, parce qu’ils lisent l’Ancien Testament à la lumière du Nouveau Testament. Pour les juifs, les prophéties de domination mondiale sont toujours d’actualité. Même la destruction de la Syrie est programmée littéralement en Isaïe, le prophète le plus souvent cité par les sionistes : « Oracle sur Damas. Voici Damas qui cesse d’être une ville, elle va devenir un tas de décombres » (Isaïe 17,1-2).
Ben Gourion, le père de la nation, est évidemment le meilleur exemple de dirigeant sioniste totalement habité par la Bible hébraïque, son passé mythique et son futur prophétique. Mais tous ses successeurs l’ont été de la même manière. Lorsqu’il parle de l’Iran, Benjamin Netanyahou ne peut pas s’empêcher de se référer au Livre d’Esther, qui évoque un projet d’extermination de son peuple par les Perses. En 2015, il déclarait devant le Congrès américain : « Aujourd’hui, le peuple juif fait face à une autre tentative, par un autre souverain perse, de nous détruire. » Et il avait réussi à programmer son allocution la veille de la fête de Pourim, qui célèbre la fin heureuse de l’histoire d’Esther : le massacre de 75 000 Perses, femmes et enfants compris. Pour les sionistes, la Bible expurgée du Nouveau Testament n’est pas un livre religieux, c’est le roman national, et le roman national israélien est un éternel retour.

 

Quels sont les liens entre Israël et les réseaux qui dominent la vie politique américaine ?

Chez les analystes politiques critiques de ce qu’on peut nommer l’empire américano-sioniste, on trouve deux visions opposées de la relation entre les États-Unis et Israël. Pour certains, Israël est la tête de pont ou le gendarme des États-Unis au Moyen-Orient, voire une colonie américaine. Ce sont les États-Unis qui se servent d’Israël dans leur géopolitique hégémonique. C’est la vision de la gauche juive, représentée par Noam Chomsky. À mon avis, elle est fondamentalement malhonnête. Je pense qu’il n’y aujourd’hui aucune excuse pour ne pas voir que c’est en réalité Israël qui manipule les États-Unis. C’est le grand mérite des professeurs John Mearsheimer et Stephen Walt de l’avoir démontré dans leur livre Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, publié en 2007. La destruction de l’Irak, de la Libye et de la Syrie ne sont pas, et n’ont jamais été, dans l’intérêt des États-Unis. Bien sûr, il a fallu mobiliser certains intérêts américains pour entraîner les États-Unis dans ces aventures, mais fondamentalement, ces guerres ont été déclenchées dans l’intérêt d’Israël. Et cela a été possible parce que ce qu’on nomme l’État profond américain est aujourd’hui largement contrôlé par les néoconservateurs, qui sont, je le démontre dans mon livre, un réseau de crypto-sionistes machiavéliques.
Je pense que la meilleure illustration de cette emprise d’Israël sur la politique étrangère américaine se trouve dans les déclarations faites par le président George W. Bush quelques jours après le 11 septembre 2001, ciblant sept nations. Ce chiffre de sept nations a été plusieurs fois repris depuis, par exemple par le général Wesley Clark, fils du rabbin Benjamin Jacob Kanne, qui donnait la liste suivante : « l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l’Iran. » Or, tous les juifs savent ce que veulent dire les « sept nations » : ce sont les ennemis d’Israël voués à la destruction selon le Deutéronome (7 :1-2) et le Livre de Josué (24 :11). La destruction des « sept nations » ennemies d’Israël est un projet qui n’émane pas des vrais patriotes américains, mais des néoconservateurs, dont certains, je le rappelle, sont fils ou petit-fils de rabbins. Faut-il le rappeler, les néoconservateurs ne sont pas plus conservateurs que les « nouveaux chrétiens » du Moyen Âge n’étaient chrétiens : ils ont détourné le mouvement conservateur républicain, qui était traditionnellement isolationniste, pour le transformer en machine de guerre contre les ennemis d’Israël.

 

Vous avez écrit que l’affaire Dreyfus était l’origine du sionisme. Quel est votre avis sur cette affaire emblématique de la culpabilisation des Français ?

Plus exactement, j’ai rappelé, d’une part, que Theodor Herzl faisait remonter sa propre conversion au sionisme à l’affaire Dreyfus, d’autre part, que le retentissement international de cette affaire avait beaucoup contribué à rendre les juifs européens réceptifs au discours sioniste. L’affaire Dreyfus est une parfaite illustration du fait que l’antisémitisme — ou plutôt le tintamarre médiatique autour de l’antisémitisme, réel ou fantasmé — est le carburant du sionisme. Herzl a d’ailleurs écrit dans son journal : « L’antisémitisme est une force de propulsion qui, comme la vague du futur, amènera les Juifs dans la terre promise. »
Et ce qui est vrai du sionisme l’est du pouvoir juif en général : les élites juives utilisent l’accusation d’antisémitisme pour neutraliser les critiques légitimes contre leur pouvoir (pouvoir politique, économique, médiatique et culturel). C’est pourquoi, comme Alain Soral ne cesse de le répéter, les juifs du quotidien devraient se méfier de leurs élites communautaires, car le but de leur manœuvre est de détourner la colère des peuples vers l’ensemble des juifs, afin de protéger et même de renforcer leur pouvoir, leurs privilèges et leur impunité. Et si on lit bien L’Industrie de l’Holocauste de Norman Finkelstein, on comprend jusqu’où cette stratégie machiavélique peut aller.

 

Autre épisode de l’histoire contemporaine : Mai-68. Quel est le lien entre l’esprit révolutionnaire juif et cet événement ?

Ce que j’ai compris grâce à Alain Soral et le travail de réinformation d’Égalité & Réconciliation, c’est que Mai-68 avait été principalement un mouvement de déstabilisation du Général de Gaulle, au moment où, après sa fameuse déclaration du 27 novembre 1967 sur le peuple juif « dominateur et sûr de lui », il s’engageait dans une diplomatie hostile à l’annexion par Israël des territoires conquis durant la Guerre de Six jours. De Gaulle représentait un réel danger pour Israël, et il fallait, d’une part, le faire tomber, d’autre part, détourner l’attention du peuple français de ce qui se passait au Proche-Orient. Il y avait bien sûr d’autres enjeux sociétaux, qui ne sont pas contradictoires avec l’intérêt d’Israël, bien au contraire. Cette interprétation de Mai-68 repose sur le constat que la grande majorité des agitateurs étaient juifs. Cependant, il n’est pas nécessaire d’envisager une hiérarchie occulte dirigeant le mouvement.
Pour comprendre Mai-68, il faut comprendre que l’esprit révolutionnaire est toujours latent dans la jeunesse juive, et qu’il suffit de bien peu de chose pour le mettre en action et le canaliser. Cet esprit révolutionnaire chronique — qu’il faut bien distinguer des mouvements révolutionnaires légitimes qui peuvent à certains moments soulever des peuples contre leurs oppresseurs — fait partie de la psychologie collective juive. Je pense qu’il s’explique avant tout par le caractère psychologiquement oppressant de la judéité. C’est une forme de révolte contre le père, mais refoulée, de sorte qu’au lieu de s’exercer contre l’autorité paternelle (représentant l’autorité divine) au sein de la communauté juive, elle se projette contre toute forme d’autorité dans la société hôte. La meilleure illustration de ce processus de projection est la manière dont Évariste, alias Joël Sternheimer, inspira à Renaud, alors âgé de 16 ans, sa chanson Crève Salope ! et assura son succès, alors que lui, Sternheimer, ne se serait jamais permis de chanter ça à son père mort à Auschwitz.

 

Le cas de l’écrivain Kafka est pour vous révélateur de cette mentalité de la judéité ?

Je me suis brièvement intéressé à Kafka à travers le diagnostic que pose le psychanalyste Jean-Pierre Fresco dans un article intitulé Kafka et le complexe d’Isaac, dans lequel il définit le complexe d’Isaac comme « l’ensemble des conséquences pour le psychisme du fils d’un père vécu comme psychiquement menaçant, destructeur ou meurtrier. » On sait en effet que, dans ses nouvelles les plus célèbres, Kafka n’a fait que transcrire sa relation terriblement douloureuse à un père abusif qu’il percevait comme une divinité malfaisante. C’est lui-même qui l’a dit dans sa Lettre au père. Or, Kafka est aussi tenu pour être l’écrivain juif exemplaire, raison pour laquelle l’État d’Israël a mené une bataille de soixante ans pour s’approprier ses manuscrits. Autrement dit, ce que l’on perçoit chez Kafka comme une sensibilité juive, lui-même l’expliquait comme une sensibilité de fils de psychopathe.
À partir de ce cas particulier, j’en suis venu à penser qu’on peut définir psychologiquement la judéité comme un « complexe d’Isaac ». On peut d’ailleurs, en passant, remarquer que, dans sa théorie du complexe d’Œdipe, Freud a tronqué le mythe grec de la faute du père. Tous les malheurs d’Œdipe sont dus au fait que son père a été maudit par les dieux pour acte de pédérastie et a tenté de tuer son fils pour échapper à la malédiction de l’oracle. Il est très révélateur que Freud, dont le principal intérêt est de nous renseigner sur la psychologie juive, ait en quelque sorte refoulé la faute du père.

 

Aujourd’hui, l’antisémitisme est l’accusation la pire pour un intellectuel. Pensez-vous que la stratégie frontale est encore la bonne pour diffuser un discours critique sur l’idéologie sioniste ?

Tout dépend du but recherché : si le but est de survivre socialement, alors critiquer Israël est suicidaire. Mais en fait, je ne me pose pas ce genre de questions. Ce qui m’intéresse, c’est la vérité. Par ailleurs, je pense qu’il ne faut pas avoir peur de l’accusation d’antisémitisme, car à force d’être utilisée de façon abusive, elle devient de plus en plus inopérante. Pour commencer, il est aujourd’hui bien connu que le terme même d’antisémitisme n’a aucun sens. Pour qu’il ait un sens, il faut d’abord que le terme « sémite » en ait un, ce qui n’est pas sûr. Mais si le terme sémite a un sens, il désigne avant tout les Arabes. Et si, par antisémitisme, on insiste malgré tout pour désigner une hostilité aux juifs en tant que race ou groupe ethnique, alors il n’existe pas d’antisémitisme en France.
Ce qui exaspère les gens, c’est l’influence disproportionnée d’une élite financière, culturelle, politique, médiatique, dont la loyauté première va à elle-même et à Israël, et qui apparaît de plus en plus comme corrosive du tissu social national. Et tout le monde aujourd’hui comprend que l’accusation d’antisémitisme sert principalement à empêcher quiconque de critiquer le pouvoir sioniste. On observe clairement une volonté de rendre ainsi la critique d’Israël hors-la-loi : Israël deviendrait alors le seul pays qu’on n’a pas le droit de critiquer. En soi, cela suffit à démontrer le niveau gravissime qu’a atteint le pouvoir israélien au sein même des démocraties occidentales. Comme je l’ai expliqué, Israël est aujourd’hui sur la scène internationale l’équivalent de ce qu’est un psychopathe dans la communauté des hommes ; sa capacité d’intimider et de manipuler est stupéfiante. Il est toujours dangereux de s’attaquer à un psychopathe. Mais il est plus dangereux encore de se soumettre à sa domination. Les nations européennes finiront un jour ou l’autre par l’apprendre, et le plus tôt sera le mieux.

 

(Interview de Laurent Guyénot par Monika Berchvok parue dans Rivarol n°3332 du 30 mai 2018)

 

Ne manquez pas Laurent Guyénot en conférence le 16 juin à Genève !

 

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31 Commentaires

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  • #1982986
    Le 10 juin à 18:31 par The Médiavengers Zionist War
    Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

    Je conseille à Laurent Guyenot et Alain Soral, si ce n’est déjà fait, de regarder le film "A dangerous method", de David Cronenberg (ça ne s’invente pas) avec Viggo Mortensen.

     

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  • #1983004

    Merci à M. Guyénot, et à E&R pour cette remarquable analyse, vraiment intéressante.

     

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  • #1983168

    Herzl était athée, donc être antisioniste n’a rien à voir avec une quelconque haine du judaïsme. Les faits sont têtus......

     

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    • #1983289

      Pour le judaïsme, le mot "athee"ne peut avoir le même sens que pour une autre "religion" :
      En effet, pour un juif, il n’y a pas un " livre d’histoire " et un "livre religieux" parce que les deux sont un seul et même "livre".
      Pour un juif être athée signifie " ne pas pratiquer la religion de manière assidue"et non pas ne pas être "croyant" .
      Pourquoi ? C’est tout simplement parce que leurs ancêtres s’appellent Moïse, Abraham, Isaac etc etc...
      C’est aussi simple que cela.
      Quand les autres peuples auront compris celà, on aura fait un grand pas en avant !!!
      Mais ce n’est pas pour demain, hélas !

       
    • #1984173
      Le 12 juin à 09:18 par Laurent Guyénot
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      @ Lea
      Je n’aurais pas dit mieux.

       
    • #1984672

      Merci à toi Lea.
      Se déclarer athée pour un juif ne signifie nullement le rejet des promesses faites par Yavhé dans le Deutéronome. C’est juste une façon de profiter des avantages de l’élection divine racialiste ( caduque depuis la Nouvelle Alliance ) sans avoir à supporter le terrible fardeau des mitzvots.

       
  • #1983184

    Merci à Laurent Guyenot pour cet article de fond. L’articulation (le conflit) entre Ancienne Alliance et Nouvelle Alliance est le pivot de l’histoire de l’Occident.

     

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  • #1983313
    Le 11 juin à 07:20 par rectificateur
    Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

    Article brillant et limpide comme d’habitude, toutefois, et bien que n’ayant pas le dixième de la compétence de Laurent Guyénot sur le sujet, je ne suis pas vraiment d’accord avec lui sur le fait qu’Israël manipule les États-Unis (ni sur l’option inverse à la Chomsky).

    Il me semble que l’idéologie des États-Unis, qui comme Israël sont nés sur la négation des droits d’un peuple à exister, est fondamentalement similaire à celle d’Israël et qu’il n’y a donc pas seulement une manipulation (certes voulue) par le lobby juif sioniste mais plutôt une connivence étroite entre les deux pays via le sionisme chrétien des sectes protestantes, ce qui n’est pas le cas par contre avec la France, à l’idéologie officiellement laïque, qui elle est réellement manipulée.

    Je les ai déjà cités, je recommande les 2 articles de Christopher Pisarenko sur le sujet :

    http://lesakerfrancophone.fr/les-ra...
    http://lesakerfrancophone.fr/les-ra...

    Mais comme les USA manipulent une grande partie du monde depuis 1945, ça revient à peu près au même, et c’est peut-être même pire, vu que des idées sont plus difficiles à combattre lorsqu’elles sont portées par une majorité d’individus que par une minorité très influente...

     

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    • #1983510
      Le 11 juin à 12:32 par Laurent Guyénot
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      J’ai plusieurs niveaux de réponse à la thèse de la "connivence" que vous avancez. Ou plutôt plusieurs questions : Qui sont les néoconservateurs ? Des impérialistes américains ou des sayanim machiavéliques ? Répondre "des patriotes américains" c’est être dupe de leur mensonge. On peut poser la même question pour toutes les époques : Qui est Disraeli, qui a lié les intérêts britanniques au Moyen-Orient en rachetant le Canal de Suez avec son ami Rothschild ? Etait-il porté par une vision grandiose de l’empire britannique, ou bien faisait-il avancer le projet sioniste ? Répondre les deux n’est pas satisfaisant, il faut choisir. L’histoire est faite par des hommes, et il faut tenter de savoir où va leur loyauté nationale première.
      Second niveau de réponse, sur la question religieuse. Les chrétiens sionistes sont aujourd’hui une force électorale (rien de plus, d’ailleurs), mais qui a créé le christianisme sioniste ? Et avant ça, le puritanisme ? Il faut étudier cette question.
      Dans un sens, vous avez raison, mais alors il faut aller au fond des choses et s’interroger sur la nature et l’origine de l’idéologie vétérotestamentaire que partagent les US et Israël. Autrement dit, qui est ce démon de Yahvé ?

       
    • #1983950
      Le 11 juin à 21:35 par rectificateur
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      Je n’avance pas grand-chose comme thèse, j’ai beaucoup moins étudié l’affaire que vous... mais les articles de Pisarenko que je vous cite me paraissent convaincants en ce qu’ils expliquent une mentalité protestante américaine très comparable à la mentalité juive sioniste (et différente d’autres mentalités protestantes européennes).

      Les exemples que vous citez sont bien évidemment juifs, le cas des néo-conservateurs étant assez clair quant à ses origines et à sa psychopathie, mais Pisarenko va chercher plus loin dans l’histoire du protestantisme, et il est difficile de prétendre que Luther était juif... lui qui a écrit "Des juifs et de leurs mensonges" !

      Même si ce que vous dites de "l’esprit révolutionnaire" juif se vérifie et explique beaucoup de déstabilisations politiques de nombreuses nations, il me semble quand même que le cas des États-Unis, cette nation de colons, reste un peu spécial et pas réductible à une simple "manipulation" par un lobby externe. Mais il est clair que ni l’AIPAC ni les néoconservateurs n’arrangent les choses !

       
    • #1984195
      Le 12 juin à 09:52 par Laurent Guyénot
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      Sur votre suggestion, je commence à lire les articles de Pisarenko. Bien que n’en étant qu’au début, je vous fais part de mon impresssion : Il souligne bien que le coeur du calvinisme (c’est-à-dire du puritanisme anglo-américain) est judaïque, directement inspiré par la Bible hébraïque. Luther n’était guère judéophile vers la fin, mais son "littéralisme" que souligne Pisarenko n’est rien d’autre que la lecture juive classique de la Torah. Quant à Calvin, qui est beaucoup plus important pour les US, il tellement juif qu’on a même suggéré qu’il était d’origine juive, et que son nom est dérivé de Cauin, soit Coen (j’en parle dans mon livre Du Yahvisme au Sionisme p. 174-5). Calvin écrit : "D’où est-ce que Notre Seigneur Jésus-Christ et ses apôtres ont puisé leur doctrine, sinon de Moïse ? Et quand on aurait bien épluché tout, on trouvera que l’Evangile n’est qu’une simple exposition de ce que Moïse avait annoncé auparavant." C’est pourquoi le mythe fondateur américain (les Pères pèlerins) est un copié-collé du mythe de l’Exode, et que le peuple américain (et les Anglais avant eux, mais l’Angleterre avait aussi un autre héritage) se considère volontiers comme un peuple élu n°2. (je fais remarquer en passant que la France monarchique se fondait aussi sur ce même modèle : lire Marquis de la Franquerie, La Mission divine de la France (1955), réédité par KK, p. 29-30 : « Dieu avait jeté Son dévolu sur notre pays et choisi notre peuple pour succéder au peuple juif et remplir, pendant l’ère chrétienne, la mission divine qui avait été assignée à ce dernier sous l’Ancien Testament. »)
      Je suis donc d’accord avec Pisrenko (et j’apprécie la richesse de sa documentation), mais je prends un point de vue légèrement différent. D’abord, il faut souligner que le mouvement puritain a été largement porté, en Hollande puis en Angleterre, par des crypto-juifs, et que le sionisme chrétien moderne, de la même manière, est depuis longtemps dirigé en sous-main par des juifs (par exemple derrière la fameuse Bible Scofield, on trouve Samuel Untermeyer, voir mon livre p. 361).
      Autre limite : il me semble (mais je peux me tromper, que les chrétiens sionistes sont une force électorale (depuis Reagan), mais n’ont pas vraiment de lobby puissant, ils n’ont aucune influence réelle dans l’Etat profond, où règne les néoconservateurs juifs.
      Sur le fond, nous sommes d’accord : la racine commune du judaïsme et du puritanisme est la Bible hébraïque.

       
  • #1983357

    Un immense merci à Laurent Guyenot pour son courage et sa ténacité qui lui permettent de dépasser les apparences et de remonter à la source du chaos mondial. Un pas après l’autre il clarifie et démonte les innombrables mythes et mensonges mis en place dans l’esprit des nations par une armada de soldats d’Israël que chaque époque a inlassablement imposé.
    Il y a encore beaucoup à faire car la foi en le mensonge primordial qu’est le judaïsme est partagé par les deux avatars qui en ont découlé. Et on sait que la raison n’a que rarement d’impact sur la foi qui elle puise sa force dans un absolutisme et un fanatisme forcené.

     

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  • #1983515
    Le 11 juin à 12:39 par Viktor Von Berg
    Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

    Très bon article de Rivarol qui résume parfaitement le patient travail d’analyse de M. Guyénot sur l’esprit du sionisme et ses conséquences sur le monde.
    Personnellement j’aurais aimé que M. Guyénot ne s’appuie pas trop sur la psychanalyse freudienne qui est dans son ensemble un édifice bien branlant (cf les travaux de M. Onfray et son ouvrage "Le crépuscule des idoles") et qu’il reconnaisse dans sa réponse à la journaliste de Rivarol que l’idée du révolutionnaire juif dans la société des autres en réaction à son incapacité de révolte contre son propre père psychopathe, lui avait été soufflée par un commentateur sur ce site.
    Sinon je me fais quand même du souci pour M. Guyénot car il a mis le bras bien profondément dans un nid de frelons et par les temps qui courent la réponse risque d’être sévère.
    Saluons donc son courage.

    Viktor Von Berg

     

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    • #1983693
      Le 11 juin à 16:13 par Laurent Guyénot
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      Personnellement j’aurais aimé que M. Guyénot (...) reconnaisse (...) que l’idée du révolutionnaire juif dans la société des autres en réaction à son incapacité de révolte contre son propre père psychopathe, lui avait été soufflée par un commentateur sur ce site.




      Je l’ai déjà dit ici : https://www.egaliteetreconciliation...
      ça ne suffit pas ? J’avais un nombre de mots limité et pas droit au notes de bas de page. ça suffit avec ces querelles de droits d’auteur : je ne dis pas les choses pour engraisser mon égo, et tout ce que je dis vient forcément d’ailleurs, ça va de soi. Inversement, chacun peut reprendre mes analyses et mes sources sans me citer. Faites donc, et signez de votre nom (le vrai !).
      Quant à Freud, je dis et je répère qu’il a un grand intérêt pour comprendre la psychologie juive, tout autant par ce qu’il dit que par ce qu’il ne dit pas. Il faut s’en servir dans ce sens.
      Enfin, les prophécies de malheur portent malheur.
      Mais merci tout de même pour "le patient travail".

       
    • #1987562

      C’est vraiment intéressant d’avoir justement des discussions sur les articles d’un auteur car bien souvent ceux-ci finissent par être remaniés et édités dans un ouvrage. Les réalisateurs de Films font des projections privées pour avoir un retour du public avant une présentation générale. Je trouve intéressant que des auteurs envisagent leur travail et leur recherches comme une discussion. Monsieur Guyénot prend toujours soin de répondre à ses lecteurs

       
  • #1984114

    Cette analyse est stupéfiante d’intelligence,
    c’est la qu’on reconnaît un véritable intellectuel honnête et non un charlatan des plateaux de télé.

     

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  • #1984255
    Le 12 juin à 11:25 par theCentreliner
    Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

    Merci Laurent Guyenot ! Depuis ton article en 4 parties sur le 11 sept, tu n’as pas arrete de m’ouvrir les yeux avec ce talent (i.e. travail) de synthese. Impossible d’ignorer tous les elements isarealites sur JFK, RFK, Liberty, 11 Sept, maintenant. Une vraie boussole.

     

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  • #1984262

    Comment fonctionnent les manipulateurs ?

    Christel Petitcollin, psychologue, a découvert au cours de sa pratique que les manipulateurs attiraient particulièrement une catégorie de personnes qu’elle a appelé les surefficients mentaux.

    Intelligents, emphatiques, sensibles, ces personnes sont loin d’être les "faibles" que l’on pourrait imaginer et pourtant se laissent prendre dans les filets des manipulateurs.

    Christel Petitcollin nous explique comment reconnaitre un manipulateur, qui il est en profondeur, pourquoi les surefficients mentaux sont ses victimes favorites et surtout comment ne plus être la proie d’un manipulateur

    Appliqués collectivement à-qui-vous-savez, puisqu’ils fonctionnent en meute, l’analyse de la manipulation chez certaines individus très révélatrices de qui joue encore dans la récréation des grands en réalité des petits morveux ayant des comptes à régler avec leur papa et Iahvé et leur maman qui les adulent.... En fin de compte comment s’extraire de la Tribu et devenir adulte et pas sur le dos des moutons goyim qu’ils s’imaginent faibles !

    Tout y est : la séduction, le mimétisme, la victimisation, négation par le mensonge preuve sous le nez.

    https://www.youtube.com/watch?v=7hh...

    En partage,

     

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    • #1984404
      Le 12 juin à 14:38 par Laurent Guyénot
      Laurent Guyénot dans Rivarol : "Israël manipule le monde !"

      En effet, tout y est : les 4 ficelles du manipulateur : mimétisme, victimisation, culpabilisation, intimidation. Je suggère à ER de relayer cette vidéo, ce sera très éclairant pour tout le monde.

       
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