Egalité et Réconciliation
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Le Cercle Proudhon : le sursaut de l’esprit français

Entretien avec Pierre de Brague – Propos recueillis par Monika Berchvok pour Rivarol

Jeune historien et membre d’Égalité et Réconciliation, Pierre de Brague œuvre à la redécouverte d’une des expériences politiques les plus originales du XXème siècle : le Cercle Proudhon.

 

Rivarol : Quelles sont les origines idéologiques du Cercle Proudhon ?

Pierre de Brague : Le Cercle Proudhon est à mon sens l’incarnation française la plus aboutie qui soit (au niveau de la formulation intellectuelle) de la conjonction des deux non-dits de la matrice bourgeoise issue de 1789, à savoir cette escroquerie philosophique (les Lumières), politique (la démocratie) et économique (l’exploitation capitaliste) qui constitue notre actuelle mythologie officielle. Face à ce « système », certains ont plébiscité l’appui sur le « monde d’avant », l’Histoire et la Tradition, devenant alors d’affreux réactionnaires pour le libéralisme (dont la définition pourrait être : la dictature du présent), et d’autres ont voulu bâtir le « monde d’après », arc-boutant leurs aspirations révolutionnaires sur la défense des intérêts du prolétariat, devenant alors l’alibi progressiste de toutes les compromissions socialistes… Lorsqu’elles furent intègres, radicales et authentiques, les mouvances monarchistes et syndicalistes ont représenté, chacune à leur manière, la quintessence des alternatives à cette « civilisation » bourgeoise. Ainsi de l’Action française et du syndicalisme révolutionnaire. Le Cercle Proudhon est la réunion de certains militants – à mes yeux les meilleurs éléments – de ces organisations ; la crème de la crème de la radicalité patriote : une sorte d’union sacrée antidémocratique, anticapitaliste, antibourgeoise et anti-Lumières qui nous apparaît impensable au premier abord, mais qui se révèle conforme à ce que le véritable « esprit politique français » a produit (et doit produire) de manière plus ou moins explicite au fil des époques.

 

Pourquoi reprendre Proudhon comme figure tutélaire ?

À première vue, rien de plus éloigné des monarchistes catholiques de l’AF et des syndicalistes révolutionnaires que le supposé anarchiste libertaire se revendiquant de 1789 que serait Pierre-Joseph Proudhon. Mais c’est se borner aux délimitations malhonnêtes du conditionnement intellectuel de ne pas faire l’exégèse profonde de l’homme et de son œuvre. Le Cercle ne tombe évidemment pas dans cet écueil et s’il peut arborer légitimement le sulfureux patronage du penseur franc-comtois, c’est par une fidélité quasiment métapolitique à « l’esprit proudhonien », cet esprit parfaitement français, à la fois traditionnel et révolutionnaire, qui, par une vive et libre opposition des antagonismes, se transcende et trouve l’équilibre, cette notion fondamentale à la richesse insoupçonnée (et pour le coup quasiment métaphysique).

Si l’on s’en tient aux théories, Proudhon, par son fédéralisme, son mutualisme, sa critique acide de la démocratie et de la propriété capitaliste, ainsi que son caractère de farouche pourfendeur de la culture bourgeoise, a su permettre – malgré les tentatives de récupération des socialistes républicains – « à des Français, qui se croyaient ennemis jurés, de s’unir pour travailler de concert à l’organisation du pays français ». Nous touchons là un point essentiel : Proudhon était un homme d’ordre et non cet anti-étatiste anti-théiste et anti-propriétaire primaire que l’on veut nous faire accroire… C’est en tant que prophète de « l’ordre social français » que les membres du Cercle célèbrent ce « grand réaliste », ce « Maître de la contre-révolution », ce « Proudhon constructeur » à l’esprit et à la foi révolutionnaire. J’arrête ici, c’est certainement déjà trop de dialectique pour les quelques placides intellectuels de « gôche » qui prétendent s’accaparer la figure de ce rude fils de paysan, viril et guerrier, inaltérable et hardi défenseur du Travail, de la Famille et de la Terre (qui a dit Patrie ?) ; je ne voudrais pas être désigné responsable de l’ataraxie mentale dont ils souffrent, si peu nombreux soient-ils.

 

Cette alliance de royalistes et de syndicalistes révolutionnaires a-t-elle reçu le soutien de leurs « maîtres » Charles Maurras et Georges Sorel ? Quelles furent les principaux animateurs du cercle ?

Allons immédiatement, si vous le voulez bien, au fond du sujet : Proudhon, Maurras et Sorel incarnent pleinement et précisément, chacun à leur manière, avec des variations et des idiosyncrasies propres – que nous n’ôterons pour rien au monde à l’histoire et à la fortune de l’humanité – cet « esprit politique français » si précieux à mes yeux. Ils le personnifient par leurs « êtres », par leurs pensées, par leurs authenticités mêmes. Ils sont, ensemble et chacun de leur côté, cet esprit révolutionnaire conservateur français qui configure certainement le pire affrontement possible pour la pseudo-« civilisation » ploutocratique actuellement bourgeoise et soi-disant démocratique et libérale dans laquelle nous baignons depuis bien trop longtemps.

Pour être concret tout en restant succinct : que l’on songe aux conjonctions profondes qui animent cette si belle triade. Que ce soit sur l’Action, sur l’Intelligence, sur l’Organisation ou même sur l’État, les concordances, les filiations, les accords, les rapprochements et les frottements sont finalement prégnants ! Et ce jusqu’à constituer une philosophie politique véritablement française, foncière et radicale, qui se définirait par la recherche de l’organisation sociale qui rendra le plus justice à la dignité des travailleurs français et à la défense de leurs libertés et de leurs intérêts spirituels et matériels. J’invite le lecteur à reprendre un par un les mots de cette dernière phrase et à y déceler une quelconque résonance avec notre contemporanéité…

Il n’y avait donc aucun problème de fond à ce que Maurras et Sorel soutiennent l’initiative de leurs meilleurs (ou atypiques selon l’angle de vue) disciples, surtout lorsqu’elle se fit sous ce glorieux patronyme de Proudhon. Cessons ici tout essentialisme pour revenir aux réalités et aux contextes : il n’était pas question pour les « maîtres » de fusionner leurs mouvements ou de participer activement et personnellement à ce genre d’« expériences » confinant pratiquement à l’aventure. Les maîtres respectifs sont restés à l’écart, en retrait, accompagnant d’abord avec entrain et bienveillance, mais également avec méfiance, la « tentative » du Cercle Proudhon. Notons néanmoins que c’est Sorel qui a fait le premier pas « officiel » dès 1908 dans une revue syndicaliste italienne en dressant l’éloge pragmatique de l’AF, considérée alors comme une vraie force vivante pour l’avenir de la France. Remarquons aussi que Maurras prononça une allocution à la première réunion du Cercle, qui fut tenue à l’Institut d’Action Française, donc dans ses locaux, le 17 décembre 1911.

Dans la pure lignée de cet « esprit proudhonien », à l’instar, et peut-être plus encore que leurs aînés, Georges Valois et Édouard Berth furent les principaux protagonistes du Cercle, lui donnant une vie et une aura rares, représentant et formulant magnifiquement la Combativité et la Vitalité française, comme, ai-je l’impression, la France savait – malgré tout – encore en produire il y a quelques décennies… Citons les autres fondateurs et participants rédacteurs aux Cahiers du Cercle : Henri Lagrange, Gilbert Maire, René de Marans, Marius Riquier, André Pascalon et Albert Vincent.

 

Le rejet de la Démocratie est-il commun aux deux mouvances ?

Et comment !

Qualifiée de « plus grande erreur du siècle passé », de « maladie mortelle » et de « plus sotte des rêveries », la démocratie est mise en cause par ces deux écoles pour des raisons propres qui sont finalement similaires. À droite, on rejette la république démocratique car c’est le régime et le système politique de l’avènement de la classe bourgeoise, soit ce gouvernement des intérêts étrangers et antitraditionnels, et à gauche parce que c’est l’alibi majeur de l’exploitation capitaliste. Le Cercle va directement à l’essentiel en attestant de la consubstantialité des institutions démocratiques, des « valeurs » bourgeoises et de la domination socio-économique.

La démocratie libérale bourgeoise est explicitement vomie en tant que « totalité » pour des raisons politiques et économiques, et en dernière instance parce qu’elle n’est que le symbole d’une vision du monde hypocrite et mortifère. Si l’on accepte de l’utiliser comme un terme générique, cette Démocratie (qui est encore la nôtre aujourd’hui) n’est qu’une fable avilissante, abrutissante, précaire, anti-Production et anti-Culture. « Ramenée parmi nous pour instaurer le règne de la vertu, elle tolère et encourage toutes les licences. Elle est théoriquement un régime de liberté ; pratiquement elle a horreur des libertés concrètes, réelles et elle nous a livrés à quelques grandes compagnies de pillards, politiciens associés à des financiers ou dominés par eux, qui vivent de l’exploitation des producteurs. » Voilà comment le Cercle Proudhon définissait la démocratie dans sa première Déclaration !

 

Les animateurs du Cercle insistaient sur les vertus viriles, vitalistes et héroïques. L’aspect guerrier était-il au cœur de la démarche de ce groupe ?

Proudhon restera l’immortel auteur de La Guerre et la Paix, ouvrage majeur par lequel il établit que toute construction humaine – et toute humanité – tient son origine dans la guerre. Il s’agit ici d’exalter le sentiment guerrier, mobilisateur, générateur « du sublime, de la gloire, de l’héroïsme, de l’idéal et de la poésie » et non de vanter la barbarie ou les va-t-en-guerre. Cet esprit combattant se retrouve transposé chez Sorel via ses Réflexions sur la violence et le mythe de la « grève générale », où l’ouvrier devient le nouveau héros ; quant à Maurras et son Si le Coup de Force est possible, les vertus aristocratiques qu’il défend ne pouvaient que tomber en accord avec cet aspect. Tout ceci évidemment en opposition dialectique avec les pseudo-« valeurs » bourgeoises bien-pensantes hypocrites et maniérées que seraient le pacifisme, l’humanitarisme et l’intellectualisme.

 

L’équipe de rédaction n’hésitait pas à attaquer la finance anonyme et vagabonde. En quoi l’anticapitalisme était-il un élément fondamental de la démarche du Cercle ?

Anonyme, anonyme… Pas si anonyme que ça si l’on en croit certains textes ! L’anticapitalisme est effectivement un élément fondamental de la démarche du Cercle, au même titre que l’antidémocratisme, et pour cause : ils sont indissociables, et ce constat n’a pas échappé aux militants du Cercle, bien au contraire. Admettant l’alliance des démocrates et des financiers, comme aujourd’hui celle des socialistes bobos et des néo-libéraux bling-bling, le Cercle y oppose une alliance des royalistes et des syndicalistes révolutionnaires, et ce sans forcer sa cohésion car la mise à bas du « régime de l’Or » (par opposition au « Sang ») est une thématique forte chez les partisans de Maurras. Georges Valois lui-même, le principal initiateur du Cercle, la « recrue prolétarienne » de l’AF, fut toute sa vie durant l’homme d’un combat, celui de l’Humain contre l’Argent, et ce quoi que l’on en dise.

Citons encore une fois la si concise prose du Cercle : « La démocratie enfin a permis, dans l’économie et dans la politique, le rétablissement du régime capitaliste qui détruit dans la cité ce que les idées démocratiques dissolvent dans l’esprit, c’est-à-dire la nation, la famille, les mœurs, en substituant la loi de l’or aux lois du sang. La démocratie vit de l’or et d’une perversion de l’intelligence. » Nous retrouvons ici le véritable moteur métapolitique du Cercle : c’est le combat de la Vie et de la Civilisation contre son placebo fantoche aliénant et destructeur.

 

L’accusation d’antisémitisme lancée contre le Cercle Proudhon est-elle valable ? Plus largement, comment analysez-vous l’antijudaisme présent dans le mouvement ouvrier de la fin du XIXème siècle ?

L’antijudaïsme du mouvement ouvrier, comme celui du Cercle Proudhon, de Proudhon lui-même ou de beaucoup d’autres, fut rarement racial ou théologique. La question juive s’y présente comme un problème essentiellement économique et social, perçu sous l’angle de la lutte des classes. Concernant le Cercle, si attester de la place prééminente de la bourgeoisie juive dans la société française suite à sa prise de pouvoir au sein même de cette classe bourgeoise (par l’instauration de la république démocratique) est un fait suffisant pour être taxé d’antisémitisme, alors oui le Cercle est antisémite !

 

Pour vous, en quoi consiste le mélange de Réaction et de Révolution qui incarne l’esprit français ?

Il convient de manier les termes avec exactitude, comme dirait un certain Professeur. Il est question de Tradition et non de Réaction. Comme explicité plus haut, toute la vérité de cet « esprit français » résulte de la libre opposition des antagonismes, que ce soit au point de vue politique ou individuel. Ce qui, à mon avis, définit le mieux l’esprit français tient en un mot : l’équilibre, auquel nous devons impérativement accoler une qualité chérie par Proudhon lui-même, je veux parler de l’ironie. Définition simple mais subtile, et qui se décline à une multiplicité de niveaux. En dehors de ses théorisations politiques, Proudhon devient ici le symbole de la France éternelle, celui qui mêle « esprit classique et christianisme fondamental », ce révolutionnaire patriote, ce gaulois frondeur et spirituel, ce mélange unique et réussi entre la rudesse et la légèreté. Un « miracle français » reconnu dans le monde entier et qui engendrait, il y a encore peu de temps, une vision du monde, une identité et une mentalité propres que les agressions répétées du libéralisme mondialisé anti-humain ont mis à mal, illustrant cette « mutation anthropologique » que Pasolini constatait dans son pays dès les années 1970. Faire revivre l’esprit de la France, voilà ce qui importe !

Propos recueillis par Monika Berchvok

 

À lire :
- Les Cahiers du Cercle Proudhon, préface de Pierre De Brague, éditions Kontre Kulture, 2014, 496 pages – 18 euros.
- Le numéro 68 de la revue Rébellion avec un important dossier sur Sorel, le syndicalisme révolutionnaire français et le Cercle Proudhon (5 euros – Rébellion c/o RSE BP 62124 31020 Toulouse cedex 02) .

Voir aussi, sur E&R :

Se procurer l’ouvrage consacré au Cercle Proudhon
chez Kontre Kulture :

Pour compléter, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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12 Commentaires

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  • Merci pour cet article de qualité, il manque d’articles sur l’Action Francaise et Maurras sur ER !

     

  • Le travail de Pierre sur le cercle Proudhon commence à être plus largement reconnu. Ses réponses sont toujours precises et pertinentes. J’aime les petites quenelles glissées ici ou là ! Du Pierre de Brague tout craché !


  • #1360142

    Le cercle Proudhon regorge de formules qui font mouche contre la démocratie capitaliste bourgeoise, raison pour laquelle on ne nous en parle pas à l’école, ni à hollywood. Il contient une bonne part de la réponse à la question : comment on ferait sans les banques ? (l’autre part vient du XVIIIe siècle avec les 1ères expériences bancaires et économiques dans leur version libérale : merci Marion Sigaut).
    Cette figure du paysan cultivé, sachant et raffiné, effectuant les "petites choses" nécessaires au bonheur, ce rigolard prenant sa part d’action et de réflexions dans la construction de la société mais curieux et respectueux des grands mystères de la vie est un bon modèle français rarement mis en avant.
    Serait le bienvenu un film E&R sur le cercle Proudhon avec des flash à l’époque actuelle comme illustrations des propos des anciens résonnant dans notre réalité. Comme dit la formule bourgeoise du non-faisant : "il y a qu’à", "faut qu’on".
    Dans le film "interstellar", il y a cette figure du paysan sachant dans d’autres domaines mais il boit pas du vin rouge comme un français il ne fait pas de blagues, et puis c’est déjà plus un exploitant agricole technologique qu’un paysan du XIXe siècle. Reste l’idée a priori universelle et atemporelle que l’homme doit avoir les pieds sur terre et son esprit au ciel.


  • #1360151

    Ce serait quand même bien, puisque "il convient de manier les termes avec exactitude", que l’auteur n’appelle pas le système représentatif actuel une démocratie.
    La démocratie n’est pas l’élection, sans aucun controle, de maîtres à qui on donne tout notre pouvoir.
    C’est précisément l’inverse : une défiance vis à vis du pouvoir (politique, économique, médiatique...) conduisant les citoyens à confier peu de pouvoir, pour peu de temps et jamais deux fois de suite à des gens liés par mandat impératif et tirés au sort pour proposer des lois au peuple qui les vote après débats en assemblée, locale ou non, et où la liberté d’expression est totale ; peuple qui garde toute possibilité d’initiative, d’abrogation et de sanction grâce, en outre, au fait qu’il s’agit d’un peuple armé et entraîné qui a lui même écrit sa constitution.

    On est à l’opposé du système actuel, alors par pitié et surtout par principe, ne dites pas qu’on est en démocratie.


  • Pierre de Brague maîtrise son sujet avec talent.
    Voici néanmoins la question que je me pose :
    A t-il fallut "forcer la main" des braves gens pour leur faire accepter le système de l’usure généralisé.., ou bien n’en sont-ils pas les demandeurs (d’un tel système) ?
    En somme, de la poule ou de l’œuf... ?

     

    • Les gens ne sont pas braves, voilà le problème. Il faut de constants efforts pour se maintenir dans le droit chemin.

      Si l’usure a fini par rentrer dans les mœurs, c’est parce que l’homme est cupide. Tant que le Catholicisme dominait, les usuriers potentiels se tenaient à carreau, si pas par vertu personnelle, au moins par le qu’en dira-t-on.
      Avec l’essor du Protestantisme, qui a le double défaut d’être un Christianisme judaïsé valorisant la réussite matérielle et un Christianisme à la carte permettant de faire fi des dogmes gênants, les penchants d’avarice ont pu s’exprimer toujours d’avantage.

      Si vous demandez ensuite l’explication du Protestantisme, on peut répondre qu’il a profité d’un relâchement et de nombreux abus de la part des Catholiques (ce que dénonçait Luther à juste titre) ainsi que, dans les milieux intellectuels, d’un attrait pour l’Ancien Testament et la pensée juive, sans doute par goût de la nouveauté et désir de revenir à un Christianisme des origines fantasmé. Le tout profitant de l’invention de l’imprimerie pour assurer sa diffusion.

      In fine, l’histoire de l’humanité n’est qu’une dégringolade ponctuée de quelques répits (dont l’apogée est le Moyen Age catholique), parce que l’homme est déchu et ne peut relever la tête qu’au prix de grands efforts sous influence de la grâce divine.


    • #1360376

      à LDG
      à 44mn50s de ce lien, une réponse ou un élément de réponse sur l"acceptation du peuple français" au monde capitaliste.
      https://www.youtube.com/watch?v=7PE...
      Retournement de question : quelle génération, depuis 1800 (environ), n’a pas essayé de se révolter en France contre les banquiers et le monde libéral ?


    • @Coyoterevolte
      Bien vu !
      La grande saignée de 1914-1918 me semble être particulièrement l’achèvement de cette mise au pas, même si les effets réels commencent à se systématiser dans la seconde partie des années 50 avec le remembrement et donc l’injection forcée du dogme usuraire dans la paysannerie.


  • Pierre de Brague fait mouche, c’est bien l’esprit de la France qui est mort et enterré, nous avons été vaincu par les vents du modernisme, le Nombre est la nouvelle Lettre, nos fidèles ennemis d’au delà de la mer sont bel et bien les vainqueurs de cette guerre qui n’a jamais dit son nom et ils portent en eux aussi cet autre virus qui les anime tout en les transformant aussi...
    Mais si l’esprit est mort, le corps lui vit toujours. Le sang est toujours là, tari, épuisé mais toujours là. Ce corps certes rogné fait malgré tout toujours envie, la preuve, la lutte continue pour savoir qui l’aura en esclavage. Ce corps est donc force et peut et doit revivre, se relever, par instinct. Et de cet effort naitra le mérite et au mérite viendra s’ajouter un souffle et l’esprit pourra revivre.


  • C’était la République l’ennemie du Cercle Proudhon, de l’AF et du syndicalisme révolutionnaire et non la démocratie. Si la France avait été une démocratie au XIXe siècle et au début du XXe siècle le Cercle Proudhon n’aurait jamais vu le jour car les idées de l’AF et des syndicalistes révolutionnaires auraient été appliquées.

    "Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde" Albert Camus.

     

    • Intéressant. Ce n’est pas ainsi que sont présentées généralement les idées proudhoniennes.

      Une remarque : La Bourgeoisie n’existe plus. Il n’en reste que l’enveloppe, les structures.

      Il faudrait donc nommer la classe qui lui succède. Une classe dont la devise pourrait être "Je suis libre de m’emparer des richesses de qui je veux, où je veux et comme je veux . Le sens de ma vie est d’en jouir comme je veux, avec qui je veux, sans restrictions d’aucun ordre". Ensuite, identifier et nommer les forces qui devront lutter contre elle.