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Le culte de Clinton ? L’Amérique n’en a plus rien à foutre !

Quelle est la seule bonne chose dans la victoire de Trump ? Elle montre le goût des américains à blasphémer contre les figures sacrées et contre la religion d’un progrès dérisoire.

   

Si vous cherchez des opinions basées sur l’émotion plutôt que sur la raison, ou bien une dévotion quasi-religieuse envers une icône, oubliez l’Armée de Trump et tournez-vous plutôt vers le culte de Clinton.

Depuis que Donald Trump a remporté l’élection présidentielle, tous les regards apeurés se sont tournés vers la masse blanche qui a voté pour lui. Ces « grandes gueules, incultes et naïfs » (ainsi étiquetés par un idiot de Salon [web magazine progressiste américain, NdT]) ne pensent que « d’un point de vue émotionnel ». Bill Moyers nous met en garde : nous vivons « l’âge sombre de l’absurdité » dans lequel les gens de « faible instruction » s’alignent derrière « la Machine à émotion de Trump ». Pour Andrew Sullivan, les supporters de Trump s’identifient à lui comme à un « chef de secte ne faisant qu’un avec l’esprit de la nation ».

Ce qui est amusant dans cette histoire, ce n’est pas simplement d’avoir affaire au plus grand caprice du 21e siècle de la part de la classe bien-pensante – d’ailleurs, ses caprices sont toujours amusants. C’est surtout que, quoi que l’on puisse penser de Trump (dont je ne suis pas fan) ou de ses sympathisants (dont je pense qu’il s’agit essentiellement de gens biens et tout à fait normaux), le fait est que ses caprices portant sur une effrayante idolâtrie politique quasi-religieuse cessent dès lors qu’il s’agit de Clinton.

Par le culte d’Hillary Clinton, je ne désigne pas les quelques 62 millions d’américains qui ont voté pour elle. Il ne fait aucun doute qu’ils sont aussi divers et normaux que les électeurs de Trump. Non, je parle de la « machine Hillary », de toutes ces stars, ces activistes et ces écrivaillons qui se sont tant évertués à la faire élire et qui, depuis une semaine, n’ont cessé de geindre et de pleurer sur sa défaite. Ces gens font preuve de bien plus d’idolâtrie que n’importe quel supporter de Trump. Les sympathisants de Trump le voient comme un leader « ne faisant qu’un avec l’esprit de la nation » ? Si c’est peut-être vrai pour certains, au moins n’y voient-ils pas la « lumière incarnée ». C’est ainsi que Clinton est décrite dans le sous-titre d’un article pour le Lenny Letter [site web féministe américain] de Lena Dunham : « Peut-être qu’elle [Clinton] est plus qu’une présidente » s’extasie la journaliste Virginia Heffernan, « peut-être est-elle une idée, une héroïne historique mondiale, la lumière incarnée ». Rien d’aussi dingue n’a été dit par aucun fanatique de Trump dans les médias.

« Hillary est Athéna », poursuit Heffernan, en ajoutant qu’ « Hillary a fait tout ce qu’il fallait dans cette campagne… On ne peut se permettre à aucun moment de la sonder, de la blâmer ou de la critiquer ».

Cette lamentation est au cœur du culte d’Hillary (à l’image des disciples de L. Ron Hubbard ou des dévots du Christ) : la nana est supérieure à toute critique, elle surclasse l’analyse méthodique et rationnelle de simples mortels. Michael Moore, dans son film Trumpland, s’adressant au public d’une voix brisée déclara : « Peut-être qu’Hillary est notre Pape François ? ».

Ou bien prenez le numéro de Kate McKinnon en ouverture du Saturday Night Live post élections où elle incarne un ange en tailleur – Clinton –, interprétant le Hallelujah de Léonard Cohen avec des trémolos dans la voix : « Je t’ai dit la vérité, je ne suis pas venue te duper » Imaginez un seul instant qu’une quelconque star de tendance droite-chrétienne (cela existe-t-il seulement ?) se soit grimée en un Trump « divin » en chantant les louanges. Cela aurait suscité l’hilarité de toute la côte Est pour des années. Mais le « Hallelujah pour Hillary » de Saturday Night Live a été perçu comme étant quelque chose de tout à fait naturel.

Comme toujours lorsqu’il est question de saints et de prophètes, ou d’illumination humaine, le problème n’est jamais en eux mais en nous. Nous autres simples mortels ne sommes pas dignes d’Hillary. « Hillary ne nous a pas déçu, nous l’avons déçue, elle », a déclaré un journaliste dans The Guardian. La presse, et par extension nous autres, « l’avons crucifiée » a affirmé quelqu’un pour Bustle [web magazine féminin américain]. C’est toujours ce qui arrive aux Messies à cause de connards comme nous.

Et bien sûr, la lumière d’Hillary aurait dû être tenue à l’écart de tout blasphème. Vraisemblablement, le culte d’Hillary devait faire en sorte qu’il n’y ait de place pour la réflexion « à aucun moment ». Toute cette histoire autour de ses emails et de la Libye n’étaient que des « pseudo-scandales », des « coups montés » ourdis par des assassins ambitieux. C’est ce qui nous a été seriné encore, encore et encore. Comme le dit Thomas Frank, insister à ce point sur le fait qu’Hillary ne soit mouillée dans aucun scandale a finalement renvoyé l’idée qu’elle était sacrée. Le message était qu’ « Hillary était virtuellement sans faille, un leader sans égal en blanc immaculé… une bienfaitrice dévouée des femmes et des enfants ». Mère Theresa en tailleur, en gros. En conséquence de quoi, écrit-il, « le simple fait d’ouvrir un journal a fini par donner le sentiment d’écouter une radio de propagande durant la Guerre Froide ».

Puis il y eut la réaction à la défaite de Clinton. Ce ne fut pas qu’une banale expression de bien-pensance. Alors bien sûr, on pouvait s’attendre aux pleurnicheries et aux vidéos geignardes comme celles de Miley Cyrus et de Perez Hilton sur la manière dont Clinton a été dépossédée de son moment de gloire – c’est ce que font les stars aujourd’hui. Mais dans les médias aussi, ce fut l’hystérie.

« Je me sens haïe, dis-je à mon mari, sanglotant devant la télé en me tenant la nuque, vêtue de mon pantalon de yoga et du sweatshirt d’Hillary », dit une féministe dans The Guardian. La pleurniche est devenue la chanson phare. Une féministe britannique se remémore toutes les larmes versées sur Clinton : « J’ai pleuré lors du rassemblement "Pantsuit Flashmob", pleuré devant votre apparition au Saturday Night Live, et parfois rien qu’en regardant les débats ». (Je me demande si elle a pleuré pour les femmes qui ont péri en Libye suite aux cabales d’Hillary ? Probablement pas. Dans l’esprit des disciples d’Hillary, cela n’a pas eu lieu, c’est parfaitement faux, c’est du blasphème).

Par la suite, Lena Dunham fit une poussée d’urticaire – au sens propre du terme – quand elle apprit que Clinton avait perdu. Sa robe de soirée « se resserra et la démangea » et « lui fit mal à ses parties féminines ». Je comprends que l’on puisse être contrarié et en colère face à la défaite de son candidat, mais ici c’est différent. C’est ce qu’il se passe, non pas quand un politicien échoue, mais quand votre sauveur, votre Athéna, votre « lumière incarnée » s’éteint. Cette peine n’est compréhensible que dans le contexte de leur foi apocalyptique en Hillary. Depuis que Princesse Diana a cassé sa pipe, je n’ai pas le souvenir d’une croyance aussi étrange et déplacée en une femme, ni d’une réaction aussi bizarre et post-moderne à la disparition de quelqu’un (et Clinton n’est même pas morte ! Elle a simplement perdu !).

Tout cela est incroyablement révélateur. Cela montre bien une gauche démocrate conformiste, tellement dépourvue d’idées et tellement déconnectée des gens du quotidien qu’elle en finit par poursuivre une politique stérile fondée sur l’émotionnel et le sentimentalisme, sans même s’en rendre compte. Ils sont bons, tous les autres sont méchants. Ils sont la lumière incarnée, tous les autres ne sont que ténèbres, à tel point que toute conscience de soi ne puisse exister ni qu’aucune autocritique puisse survenir. Et ce, « à aucun moment », pour reprendre les mots d’Heffernan. Le culte d’Hillary Clinton est la manifestation la plus évidente du problème du 21e siècle qu’est le fait de vivre à l’heure du bourrage de crâne politique.

Dieu merci, quelques mea-culpa se font entendre. Certains, bien que pas assez nombreux, réalisent que les « Hillarystes » se sont conduits de manière inconsidérée et excessive. Dans un brillant article intitulé « l’insupportable suffisance des médias libéraux », Will Rahn relate la façon dont les médias se sont octroyé le droit de s’ériger en instrument mondial de la cause Clinton, obsédés par l’idée de détourner les américains moyens de leur dieu de pacotille pour les convertir à leur évangile.

Effectivement. Et leur défaite quant à inscrire l’évangile d’Hillary dans le vrai livre de l’Amérique indique le seul point positif à propos de la victoire de Trump : la volonté des gens ordinaires à blasphémer contre les saints, à rejeter les sauveurs bidons et à dédaigner la nouvelle religion séculaire du progressisme creux. La politique libérale et les médias ont offert aux petites gens une figure irréprochable, d’une incomparable bonté à l’image du pape François, et les petites gens leur ont répondu « on vous emmerde ». C’est beau et fantastique, à l’opposé de tout ce qu’il s’est passé ces dernières semaines.

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7 Commentaires

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  • Les Clinton.....j’aimerais bien voir jusqu’où les enquêtes sur la fameuse affaire du "pizzagate" iront et quelles seront les autres personnalités démasqués dans cette horreur.
    J’ai pu lire, je sais plus où, que les attitudes bizarres de Clinton, ses excès de rires, ses troubles d’équilibre, etc, seraient des symptômes liés au cannibalisme, la maladie de kuru, rien que ça...
    Quand on parcours les mails, divulgués par wikileaks, ça fait quand même réfléchir...

     

    • Cette affaire n’ira malheureusement nulpart. Ce qui est intéressant de noter c’est la vitesse avec laquelle les médias se jettent dessus pour dire que c’est une théorie du complot ou une rumeur alors que pour l’instant il n’y a aucune théorie de rien. Juste des preuves très maigres qui ne prouvent pas grand chose en fin de compte. La peur de ce trois fois rien fait tout de même réfléchir.
      Les symptômes de Miss Clinton sont lié à l’age et à l’atmosphère nauséabonde du pouvoir, pas forcément au cannibalisme même si cela ne m’étonnerais pas moins. La "spirit cooking" art dégénéré et dégueulasse basé sur la reproduction de rîtes sataniste et la peinture avec du sang et du sperme est une bonne représentation des penchants de ces gens.


  • Il n’y a jamais eu de culte Clinton, c’est une fabrication totale de la grande presse. Personne n’est inspiré par une technocrate sans imagination qui fuit la foule et ne dévie jamais de son script. En réalité, Clinton fut la Candidate la plus impopulaire de tout les temps, bien plus que Trump si on prend en compte la couverture très partiale des médias.


  • Le culte des Clinton ? Depuis la déconfiture d’Hillary, si Monica Levitsky mettait aux enchères sa jupe bleue tachée par le sperme de Bill (qu’elle a pieusement conservé) pas sûr que le prix de réserve (mettons un million de dollars) serait atteint .


  • Ah mince, je pensais que ca parlait du pizzagate.


  • #1623233

    Le 9 novembre 2016, la " maitresse de Mammon " n’a pas bien " digérer son 4 heure " ( du matin, of course ! )
    De quoi avait été fait son dernier repas ?
    Ou de qui ?!...
    Seul Dieu le sait !...


  • J’ai vu une vidéo sur laquelle elle parle de la mort du général Kadhafi. Elle semble inhumaine, voire débile.
    N’étant pas élue est va avoir tout son temps pour aller consulter un psychiatre.
    Il serait souhaitable que les affaires sur le satanisme soient ouvertes et les coupables pendus. Je dis "pendus" car les gens qui pratiquent ces rituels sont irrécupérables.