Egalité et Réconciliation
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Le financement de la crise par l’appauvrissement des peuples européens

AteliER
Article initialement publié dans l'atelier E&R

Il faut les entendre ce matin (NDLR : le lendemain du 19e sommet européen), tous contents, fiers d’eux. Ils ont menacé l’Allemagne, et ont obtenu ce qu’ils désiraient. M Hollande a vraiment la stature d’un grand chef d’État !

Pratiquement, les nouveaux déficits italiens et espagnols seront financés par l’Europe, et plus certainement, en grande partie par l’Allemagne et par nos impôts. En résumé les déficits creusés par des incompétents vont être financés par les bons élèves et par LES CONTRIBUABLES européens. Pour éviter que l’impôt nous enfonce encore plus dans la crise, nos incompétents politiques parient sur une reprise de l’activité économique financée par leur super plan de 120 milliards d’euros dans des secteurs porteurs. C’est beau de se payer d’optimisme pour se sortir de la crise. Cependant j’émets quelques doutes :

  • Ce montant de 120 milliards d’euros est ridicule.
  • Les causes structurelles de l’inefficience économique des pays en déficit n’ont pas été réglées.
  • Les mécanismes financiers montés nous déresponsabilisent encore plus.

Le scénario des économistes du gouvernement est celui-ci : le plan de relance permettra de redonner un élan de croissance et de combler progressivement les déficits. Couplé à une baisse de l’augmentation des dépenses, cette reprise devrait être d’autant plus forte.

Un scénario plus probable : l’Europe va lentement s’appauvrir

L’Allemagne a accepté un plan qu’elle était obligée d’accepter. Nous sommes dans une situation d’interdépendance et l’Allemagne ne fera exploser l’Europe que lorsque les bénéfices qu’elle en retire seront inférieurs au poids qu’il lui en coûte. Pour l’instant, elle a fait des concessions qu’il lui était aisé de faire, même si elle pousse des hauts cris.

Tant que le financement des déficits n’entraînera pas de récession chez elle, elle continuera à soutenir l’Europe. Et elle sera obligée de le faire très longtemps, raison pour laquelle l’Allemagne crie plus que ce qu’il lui en coûte car elle voit un avenir sombre pour elle. Entraînée vers le bas par d’autres pays, elle ne peut se sortir de l’Europe qu’à des coûts exorbitants. Et cette perte de souveraineté au profit de canards boiteux, il faut le reconnaître, est proprement très inconfortable.

Comment l’appauvrissement :

Le plan de relance est ridicule, mais nous ne pouvons pas faire plus. Il n’entraînera pas de relance de la croissance. L’augmentation des impôts et la décroissance masquée par les statistiques de nos centres d’études vont provoquer une baisse du niveau de vie des pays les plus endettés. Cet appauvrissement risque de nous faire entrer dans un cercle vicieux de perte de recettes, perte de croissance, perte de richesse. Cela se fera lentement, très lentement.

Il n’y aura pas d’explosion magistrale comme en 1929. Nos gouvernements, bien qu’incompétents, ont appris depuis à masquer les crises, à échauder la grenouille progressivement pour éviter une réaction de la part des populations.

La crise sera donc financée par un appauvrissement des peuples étalé dans le temps par la dette. Il n’y aura pas de prise de conscience brutale des peuples européens, il n’y aura pas de réaction de leur part. Les hommes politiques continueront à mettre en œuvre des mesures néfastes tant qu’il ne leur en coûtera pas, et ils seront réélus comme ils sont réélus depuis quarante ans alors qu’ils appauvrissent notre pays depuis quarante ans pour se faire réélire tout en finançant le parasitisme de quelques financiers.

Les statistiques continueront à être maquillées pour éviter la révolte des peuples. On continuera à appeler de la main d’œuvre étrangère, seul gage de retrouver un peu de croissance créée artificiellement par un apport de population qui consommera tout ce qu’elle gagne. Cet apport de population maintiendra des salaires bas dans les domaines peu qualifiés et à faible valeur ajoutée.

Seulement, ces emplois sont les derniers qui nous restent, les autres étant de moins en moins nombreux, et la faiblesse des salaires dans ces domaines maintiendra un taux de rapport capital/travail défavorable en faveur des salariés.

À long terme, nous supporterons des coûts d’intégration supérieurs à ce que nous retirons d’impôt et de croissance de ces bas salaires. Nous intégrerons donc de moins en moins ces populations, comme nous le faisons déjà, et les coûts sociaux en seront démultipliés, plombant la croissance.

Les locaux, appauvris, feront d’autant moins d’enfants et les bénéfices du capital culturel accumulé durant des centaines d’années par notre pays diminueront. Toujours ces mêmes cercles vicieux.

Cela fait quarante ans que nous constatons ces phénomènes. Rien n’a bougé au niveau politique, car aucune organisation n’a été capable de sensibiliser le grand nombre. De plus il faut compter sur la lâcheté du pékin moyen qui, tant qu’il a à manger, ne veut pas se préoccuper de changer ses opinions, liées à des intérêts à court terme.

Pour caricaturer, nous aurons toujours des profs qui voteront à gauche pour préserver leur emploi et leurs conditions de travail, tout en constatant pratiquement que leur métier devient de plus en plus difficile à accomplir. « Moi » plutôt que « mon voisin », et mon voisin plutôt que ma Nation, pour caricaturer M. Le Pen.

Ajoutons à tout cela une perte de responsabilisation des peuples que d’autres appellent perte de souveraineté. Désormais, les banques pourront directement se recapitaliser auprès de la banque européenne. En somme, les banques n’ont presque plus aucune attache nationale vu qu’elles sont presque toutes en difficulté. Pratiquement, elles seront sous la tutelle de la banque européenne. Leurs erreurs seront d’autant plus financées par le contribuable. Elles seront d’autant plus irresponsables et surtout incontrôlables.

La politique consiste à affronter les difficultés, à prendre des risques et à mettre des gens compétents aux postes élevés tout en faisant un effort pédagogique à l’égard des populations. Force est de constater que notre démocratie en est de moins en moins capable. Apeurée face à la force des peuples, elle contrebalance ce mouvement en leur faisant perdre leur souveraineté par une forme d’interdépendance entre pays qui les déresponsabilise tout en protégeant leur réélection. Le cycle de l’appauvrissement européen n’est pas prêt de s’arrêter.

 



Article ancien.
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38 Commentaires

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  • il ne sert plus à rien de se lamenter, d’espérer,de colmater... ! c’est" la révolte des nations "( dixit Alain Soral )qui doit primer ,désormais !


  • très bien résumé : je n’arrive plus a rembourser mon emprunt, donc je réalise un 2 eme emprunt pour me recapitaliser , et ainsi de suite...je fini par manger des pates tous les jours. sauf que dans ce cas ce sont les français qui vont taper dans leurs economies pour payer la faillite de l ’europe et sa prosternation a la Banque. J’espère que de la-haut, De Gaulle ne regarde plus ce qui ce passe dans notre chère ex-France, il en serait malade....je le suis déjà.


  • Article bien écrit meme s’il y a quelques incohérences.

    En effet comme l’a dit Pierre Jovanovic et Max Keiser, les banques sont insolvables !

    En réalité le systéme risque d’exploser comme en Argentine en 2001 mais là ce sera au niveau mondial !

    ça risque de chauffer pour la tronche des banquiers !

     

    • Ne vous inquiétez pas pour les banquiers, l’histoire montre qu’ils ne sont jamais les payeurs, dans tous les sens du terme, mais inquiétez vous pour la population ordinaire qui va vivre l’horreur. Vous, moi, nos familles, nos voisins, nos concitoyens, tous ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une île protégée ou une garde prétorienne.


    • Et si l’on suit l’exemple de l’Argentine post-crise, on en arrive au regain du nationalisme, au protectionnisme, fermeture des frontières, relance économique industrielle et commerciale..


  • L’appauvrissement est la préparation de la guerre... les bureaux de recrutement ne fonctionnent que s’il y a suffisamment de pauvres.

     


  • Désormais, les banques pourront directement se recapitaliser auprès de la banque européenne.



    Techniquement, la BCE ne peut pas recapitaliser les banques (ce qui revient à entrer à leur capital) mais bon à ta décharge on entend tellement de conneries (médias+politiques+experts) sur cette crise qui n’en fini plus que on est plus à ça près.

    La BCE est utilisée à toutes les sauces pour essayer de revigorer le moral des investisseurs et éviter un effondrement des cours de bourse des banques...

     

    • Article de journal sur la recapitalisation des banques européennes :

      SVP, je n’écris pas pour rien, chacun de mes termes est pesé. On peut parler de recapitalisation par augmentation du passif des banques européennes par des actifs provenant de la banque centrale. Vous n’imaginez pas emprunter à quelqu’un sans perdre votre souveraineté quand même ? Ce qui est vrai pour un particulier l’est aussi pour une banque : l’emprunt c’est "à condition".
      En somme la distinction que vous faîtes entre capital et passif, je ne suis pas certain quelle soit juste. En fait je la pense même entièrement fausse, le mécanisme européen de stabilité étant une prise de contrôle indirecte d’une entreprise privée, même si légalement votre distinction s’applique. Pour résumer, je suis économiste et je propose une analyse économique, ni comptable, ni juridique.


  • Jovanovic pense plutôt à un effondrement trés brutal de notre économie, comme en Argentine, qu’en pensez-vous ?

    Nous attendons la vidéo de la conférence Drac - san Giorgio de Bordeaux avec impatience.

    Merci encore à ER pour votre formidable travail

     

    • En ce moment les grands argentiers misent sur La France, l’Allemagne, les Pays bas, et peut-être bientôt la Belgique. On le voit au niveau des obligations d’Etat. Ils ont reçu la garantie auprès d’Hollande qu’il ferait le travail (vous vous rappelez de son déplacement à la City).
      Par contre, ils sont en train d’attaquer les pays du sud de l’Europe.
      Ils misent donc sur une refonte entière de la zone euro autour des principaux pays qu’ils jugent solvables.
      Ils prendront leurs bénéfices ou limiteront leurs pertes quand les pays du sud auront chuté.
      Pour l’instant notre appauvrissement est limité par ce phénomène, nous pouvons emprunter moins cher. Après il faudrait avoir une boule de cristal pour savoir ce qui va se passer. Mais nous aurons l’occasion d’en être informés bientôt... Mais je prédis plus un appauvrissement lent qu’une chute brutale en France. C’est leurrer les gens que de leur faire croire que le système se laissera tomber comme cela.


  • Je pense que c’est un peu tôt pour se désespérer, attendons les prochains plans sociaux, à partir de là les travailleurs prendront réellement conscience de la situation. Les vraies secousses ne font que commencer, et beaucoup de salariés vont trés vite se rendre compte qu’ils ne toucheront pas leurs retraites. Il n’est pas non plus impossible que nous sortions de l’euro...


  • il ny a pas d’autre alternatives il faut crever l’abcès il faut que le système explose parce que nous on peu rien faire y’a trop d’égoïsme les français sont incapable de se mettre tous d’accord ya toujours des divergences chacun pour soit c’est la devise de nos jours il faut que se System s’écroule on verra après comment les banquier vont s’en sortir c’est la notre salut sinon c’est la longue route vers l’inconnue je craint une famine en France plus d’argent plus d’essence pas de ravitaillement pas de tracteurs pas légumes pas de céréales fin bref je me suis impuissant dieu seul sait que je hais ses enfoiré de banquier je hais les banques mais que pouvons nous faire !

     

  • Nous y sommes : le PDG de PSA (8000 suppressions d’emplois, et ce n’est qu’un début), Philippe Varin demande une réduction du coût du travail en France :
    Ce que cette demande signifie :
    - baisse des salaires
    - baisse de la protection sociale
    - augmentation des heures de travail
    Philippe Varin ne demande pas la baisse des salaires des grands patrons, (parfois jusqu’à 30.000 fois le smic), la baisse des dividentes des actionnaires et la fin des privilèges de toutes natures financières .
    Et c’est là aussi que l’on voit en pleine lumière le mensonge de la politique immigrationniste.


  • Effectivement il y a quelques incohérences ou approximations. Concernant le nombre d’enfants par exemple : la démographie montre au contraire de l’article que les populations pauvres font justement plus d’enfants. Pauvreté qui n’est pas non plus sytématiquement corrélée avec le nombre d’enfant. Et puis d’ailleurs, en France, le nombre d’enfants par femmes a augmenté de puis 20 ans.
    J’attend la prochaine remarque mais je sais qu’elle est fausse : l’immigration n’en est pas entièrement responsable, car c’est un fait que l’on constate même dans des régions peu migratoires (oui il en reste). Je pense qu’on peut y voir justement l’effet d’un appauvrissement généralisé et un déficit des politiques basiques de santé publique et d’éducation.

    Autre chose concernant les "mauvais élèves". S’ils le sont, ce ne sont pas pour auant des enfants gâtés, preuve en est les perspectives désastreuses qui s’offrent à eux aujourd’hui. Il est facile de leur jeter la pierre. D’ailleurs ces peuples étaient certainement au moins aussi heureux en étant moins industrialisés et autonomes. Lorsqu’ils n’étaient pas les déversoirs à touristes de pays "bons élèves" que cela arrangeait bien : avoir une destination proche et pas chère c’était le pied. D’ailleurs j’en entend dire aujourd’hui : "chouette c’es la crise profitons-en pour y aller..."
    Saviez-vous que des contrats d’armement se payaient à l’époque en melons, que les conférences s’y déroulaient gratos dans des hotels de luxe au bord de la mer... sans facture évidemment... Nos dirigeants en ont bien profité, et nous aussi d’une certaine manière, et aujourd’hui ces pays sont bétonnés, leur tissu social distendu, et leur autonomie sous tutelle. Un peu de solidarité, au moins morale, ne serait pas de trop dans cette diatribe.

     

    • Pourriez-vous me lire un peu mieux SVP :

      - je parle des locaux qui font moins d’enfants, pas des immigrés.
      - quand je parle de statistiques tronquées et de français de souche qui font moins d’enfants, je sais ce que j’avance : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dr%E9panocytose#France Les chiffres sur ce point comme sur d’autres sont maquillés en France, et le Français de souche ne fait pas plus d’enfants que ses voisins allemands par exemple.

      D’ailleurs ces peuples étaient certainement au moins aussi heureux en étant moins industrialisés et autonomes.
      Ne confondez pas la morale et l’économie.

      Enfin, ne vous vexez pas. Pour progresser il faut accepter ses échecs et ne pas tenter de se victimiser en rejetant la faute sur l’étranger. Je ne veux humilier personne. Je parle froidement c’est vrai. Mais s’il doit y avoir amour ce doit être ailleurs que dans un texte économique. Vous me faîtes penser à ces gens qui confondent morale et science et qui voudraient que le soleil tournât autour de la terre parce qu’ils trouvent cela beau. Mon texte n’est pas un poème avec tout le respect que je dois à la poésie. Et je vous accorde que nous devrions nous entraider, mais qu’il est difficile de le faire si on ne prend pas en compte les réalités de chacun.


  • Je voudrais juste souligner une chose qui me semble très importante :

    Les états n’ont qu’un seul vrai levier : baisser le coût du travail en europe. C’est clair, net et précis.

    Un grand merci à E et R !


  • Oui on va payer les dettes des pays du sud. De là à dire que l’Allemagne et la France ont des gouvernements qui gèrent bien... Et que les mécanismes montés nous "déresponsabilisent".

    Ca devient fatigant cette ligne monétariste sur ER. C’est même en dessous des analyses d’Attac.

     

    • Oula oula ! si je dénonce l’appauvrissement de la France, ce n’est pas pour dire que nos gouvernements gèrent bien l’affaire, mais tout le contraire. Je finis l’article, justement par un appel à la responsabilité dans l’économie réelle. Entre les pays du sud qui vont certainement partir en sucette et nous, qui nous appauvrissons progressivement, je n’ai pas objecté de choix moral.
      Ma ligne est justement une lutte contre la position monétariste adoptée actuellement, et pour un retour à l’économie réelle, idée consensuelle au possible de nos jours. Et comme je me méfie des idées consensuelles sur l’importance de l’économie réelle, je crois que vous devriez également pondérer votre point de vue. Par exemple, si je défends l’importance de l’économie réelle, il me faut bien constater que nous usons de notre position de force actuellement en terme de politique monétaire. Cela fait 40 ans que les USA utilisent cette position de force avec tout les succès qu’on leur connaît et toutes les guerres qu’ils ont dû provoquer pour maintenir cette position. L’économie n’est pas une science des évidences, certainement pas.


    • "Ma ligne est justement une lutte contre la position monétariste adoptée actuellement, et pour un retour à l’économie réelle, idée consensuelle au possible de nos jours."

      Ce n’est pas ce qui ressort de votre texte. Quant à ce que vous appelez "l’économie réelle"...

      Il n’y a aucune différence de fond entre la finance et l’économie marchande. Toute attribution de valeur est subjective et repose sur un consensus. Que vous n’acceptiez pas le consensus majoritaire est une chose, que vous appeliez votre point de vue minoritaire "économie réelle" en est une autre.

      "L’économie n’est pas une science des évidences, certainement pas."

      Le caractère factice de l’économie est une évidence. Il n’y a pas d’économie dans la nature, mais seulement dans le délire collectif d’une espèce inférieure. Et ce n’est pas une science du tout.

      Qu’il y ait encore des gens pour croire qu’on fabrique du pognon en travaillant, ce qui permettrait de rembourser les dettes, ça c’est très significatif.


    • L’économie vous semble obscure alors vous déclarez qu’elle n’existe pas. Vous êtes d’une arrogance démesurée.

      Si l’économie n’existe pas, alors l’humilité non plus et je me demande pourquoi vous avez lu ce texte tout en employant des termes économiques (monétarisme) que vous ne maîtrisez pas.

      La culture c’est connaître les limites de son savoir.

      Vous me semblez hors sujet. Un peu d’abaissement vous fera le plus grand bien pour entretenir des conversations économiques et humaines en général, et progresser en économie. Si vous trouvez que les questions économiques n’appartiennent pas au monde eh bien méprisez-les ignorez-les soyez-y indifférent, ou parlez-moi d’amour (et au pire de sociologie), mais par pitié, n’essayez pas de développer un discours économique ou de manier des chiffres, vous allez vous brûler les doigts et ennuyer le lecteur.



  • En somme la distinction que vous faîtes entre capital et passif




    Passif=Capital+Dette.
    La BCE peut prêter à 3A aux banques commerciales (LTRO), c’est de la dette et ça n’aide en rien à la recapitalisation des banques et donc à l’amélioration de leurs ratios de solvabilité.
    Par contre, dire que la BCE va recapitaliser les banques, ça n’a pas de sens car ce n’est pas le rôle d’une banque centrale. Ca a peut-être été dit et écrit dans la presse mais il s’agit surtout d’un effet d’annonce sensé rassurer les marchés (et les banquiers) sachant qu’il n’y plus d’argent privé prêt à s’investir au capital des banques commerciales.
    L’objectif est d’éviter l’effondrement des cours de bourse des banques en laissant planer l’hypothèse d’une recapitalisation de ces dernières par la BCE, ça n’a pas de sens mais dans le merdier actuel, ils ne sont plus à un mensonge près...

     

    • Voudiez-vous intégrer mon raisonnement SVP ?
      Je ne vous parle pas de comptabilité pure bien évidemment mais d’un raisonnement économique, comme je vous l’ai déjà précisé.
      En entrant dans le passif des banques, bien entendu qu’il y aura perte de souveraineté de banques privées au profit de la BCE.
      Je n’ai pas dit que cette augmentation de passif permettrait une amélioration des ratios bancaires, bien au contraire, je suis certain de l’inverse. Si vous aviez voulu effectuer une intervention positive, vous auriez dû vous limiter à ce constat qui ne contredisait en rien mon texte, mais qui lui ajoutait de la pertinence. Evitez les confrontations inutiles et le mépris envers des idées que je maîtrise mieux que vous.
      Oui, ils ont menti au peuple qui n’est pas capable de comprendre ce genre de subtilités, ils ont fait des raccourcis. Cependant s’ils ont menti sur le fait de vouloir rassurer le petit peuple, ils n’ont pas menti sur l’esprit dans lequel a été fabriquée cette mesure. Et malheureusement je vais devoir me référer à la théorie marxiste puisqu’elle est pertinente sur ce point : cette intervention permet de sauver des argentiers desquels notre économie est dépendante. Et oui, c’est un beau merdier. Et oui, comme je le défends, c’est le contribuable français qui paiera les défauts du système par une création monétaire ex-nihilo (bons de la BCE) ou financée par l’imposition (prêt des état) et qui provoquera peut-être même une déflation tant le système est vermoulu (je vous demande de rester un peu sur cette dernière idée qui est à la source de mon article).



    • Evitez les confrontations inutiles et le mépris envers des idées que je maîtrise mieux que vous.



       :-)

      Game over.


    • J’oubliais également que les banques privées peuvent se servir des fonds qui leur sont octroyés pour soutenir le cours de leurs actions et maintenir artificiellement la valeur de leur capital.


  • Bon article
    Cela dit, il faudrait préciser ce qu’on entend par "lentement"
    1,5,10 ans ?
    Je pense qu’un" lentement" peut s’accélérer très vite si un évènement inattendu se produit.
    Beaucoup de trentenaires ou quarantenaires ont pris conscience qu’ils étaient en train de cotiser très lourd pour une retraite qui sera très légère ou nulle (même des gens de gôche) et que leurs rejetons auront un mal de chien à trouver quelque boulot que ce soit.
    L’augmentation massive du chômage vers laquelle on se dirige à grand pas me semble un facteur déterminant.
    Cent mille chômeurs de plus en quelques mois et la situation peut devenir ingérable...

     

    • En Espagne, le taux de chômage atteint 50% pour certaines couches assez conséquentes de la population, et le système continue.
      Et en France nous en sommes encore très loin.
      Je me demande même si un effondrement total est possible. On en a jamais vu, on en a jamais connu, sauf l’île de Pâques peut-être ? ou des exemples comme ceux-là. Regardez en 1929 malgré la crise, le système a perduré : les victimes : les journaliers agricoles, des financiers, et dans l’ensemble le système a perduré, sur une jambe mais il a continué.
      Les eschatologies sont rares même si elles sont impressionnantes. Cela me fait penser aussi à la fin du monde incas ou aztèque... et encore les populations ont survécu et ont fini par se mélanger un peu, jusqu’à aujourd’hui.
      Je me demande dans quelle mesure ces fins de monde ne sont pas des mythes et comment elles travaillent notre société actuelle ? Il semble que beaucoup de gens ont besoin d’une perspective, de mythes fondateurs et de mythes eschatologiques pour vivre. Personnellement, le présent m’intéresse beaucoup plus. Je trouve le monde d’aujourd’hui très intéressant, passionnant, même s’il manque de justice et d’amour. Cependant comme j’ai la Foi, ce manque de justice et d’amour ne me dérangent pas trop, car je peux puiser dans la Foi une force pour combattre. C’est ma perspective personnelle. Mais je trouve dérangeant que toutes ces personnes qui prédisent la fin du monde, ne se battent pas assez pour celui-là. J’ai l’impression qu’elles justifient un manque d’engagement ainsi, au lieu de vivre leur vie actuelle. Je pense qu’elles ne contrôlent pas leur sentiment d’impuissance. Peut-être sommes-nous très impuissant c’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour ne pas combattre ? Peut-être sommes nous tous dans un même bateau. Si le bateau coule, à quoi bon en parler puisque nous ne serons plus là pour le vivre ?


  • @ Laurent16
    Je ne me situe pas dans le mythe eschatologique (on est libre d’ y croire ou pas)
    Je ne pense pas à la fin du Monde, mais à la fin d’un Monde (le monde occidental)
    comme la fin de la civilisation Perse ,Egyptienne, Grecque, Romaine, etc...
    Quand à la crise de 1929 sa résolution a été la deuxième guerre mondiale,puis la guerre froide,
    ce qui n’est pas réjouissant comme perspective.
    Si la civilisation occidentale disparaissait par ses excès et ses énormes bévues, ce ne serait pas un drame pour l’Humanité,d’autant que d’autres se préparent fermement à prendre sa place et son influence (le processus est déjà très avancé)


  • Bon article en effet.
    Je m’éloigne aussi de plus en plus de la possibilité d’un effondrement brutal type Argentine en France. Même si en ce moment il est un peu plus compliqué de sortir son cash, c’est vrai.
    Je me rappelle d’une des dernières interviews de Sarko à l’ Elysée où il annonca comme pour rassurer les marchés qu’un taux d’endettement de 120% du PIB était raisonnable.
    Les "liquidités" des français représentant environ 17% du PIB cela laisse de la marge et on va passer à la caisse un moment sans que le roseau ne rompe.
    Je vois plutôt une Europe économique à deux vitesses, Nord/Sud avec la France à la tête des pays
    du Sud obligée de faire des réformes sociales drastiques pour rester dans la course.
    Seul un contexte international ultra tendu voire fumant pourrait chambouler l’équiquier économique actuel. Qu’en pensez-vous Laurent16.

     

    • On maintient nos esprits en état d’urgence depuis 1973.
      Cela fait 40 ans qu’on nous raconte les mêmes bêtises, qu’on nous oblige à penser comme si nous étions en situation de crise perpétuelle. Et mon article en rajoute une couche d’un certain point de vue. Sauf qu’à mon avis, le monde continue à tourner.

      Au début du 20ème siècle, le déficit français était de 13% du PIB et certains jugeaient le cataclysme proche.
      En 1980 durant la campagne présidentielle, atteindre 1 million de chômeurs ce serait la fin du monde.

      Ce monde est en train de bouger et nous n’avons pas les bons indicateurs sous les yeux. Par exemple nos indicateurs de performance n’incluent pas le progrès technique de manière satisfaisante. Pire c’est à se demander si cette recherche d’efficience à tout prix, n’est pas à la source même de nos manques d’efficience. Ici, nous cherchons la résolution de nos problèmes économiques en nous vendant à l’économie, tandis qu’une économie efficiente est d’abord une économie foncièrement humaine. Je ne sais pas si je suis bien clair, mais je crois que nous sommes victimes d’une forme d’hallucination collective dont la dette et les déficits sont deux des drogues que nous nous injectons. Je ne nie pas qu’il y ait un problème de dette et de déficit. Simplement, on ne règle pas le problème de la dette en s’occupant de la dette, ni des déficits en s’occupant des déficits, mais en pointant les problèmes sociétaux qui nous concernent. Aujourd’hui nous sommes incapables de ce genre de retour sur nous, et notre crise vient de là, à mon avis. Et à chaque fois que nous sommes incapables de croire en l’avenir, à chaque fois que nous culpabilisons, au lieu de régler les problèmes, nous nous flagellons, nous entrons dans des rapports de force pour faire payer aux autres ce que nous devrions payer, et nous allons même faire la guerre pour cela. Pour répondre à votre question sur l’avenir, il faudrait savoir si notre société va trouver des ressources de croyance en elle. Imaginer l’avenir c’est croire. Mes prédictions, n’en sont pas. Je ne crois pas que l’avenir soit écrit, je crois que nous le fabriquons, si nous sommes assez forts pour y croire. Disons qu’en ce moment, les forces de continuité ont gagné en repoussant toujours plus loin le problème. Cette fuite en avant nous terrifie, nous savons dans nos vie qu’elle a une limite.

      Je crois que notre monde manque de personnes capables d’imaginer la continuité.


    • Merci de votre réponse.
      La crise de sens est mère des crises, en effet.
      A la question "Notre société va - t-elle trouver des ressources de croyance en elle ? " : Je ne le crois pas dans un avenir proche car la ’matière première’ de notre société, le peuple, n’est plus conscient de son réel pouvoir. Les quelques éveillés sont confrontés au ’syndrome’ de l’allégorie de la caverne et risquent leur peau pour à la fin finir dans les oubliettes du donjon médiatique global.
      Quel serait donc le stimulus le plus efficace pour retrouver le chemin de la quête du sens que nous avons perdu, un stimulus qui purgerait les frayeurs inutiles et étalonnerait les priorités ?


    • Ici, beaucoup de gens attendent une catastrophe. Pour moi, soit ils ignorent que les effondrements n’amènent rien de plus à l’avenir, soit ils se trompent dans leurs prédictions. Ils sont dans de fausses croyances. Ceux qui changent le monde sont ceux qui portent le monde, ceux qui prient. Et nous ne sommes plus beaucoup à prier.

      Mais nous nous détournons beaucoup du sujet premier... difficile pour moi de répondre à une question si complexe finalement. Je ne vois que Dieu au-delà de ces questions, et peu de réponses. Je prie et je réfléchis tous les jours pour qu’Il me donne les clefs. Les clefs viendront à temps si nous prions assez pour les obtenir.

      Il y a des urgences. Par priorité, détourner les gens de ces prédictions, provoquer en eux une réflexion, nous allier (sur ce point M Soral a tellement raison). Mais avant tout prier. Je sais, cela semble bien dérisoire dans notre monde, mais c’est la seule force que je connaisse capable de changer quoique ce soit au destin. Nous sommes riches, en sécurité, nous avons à manger. Mais ce n’est pas ça notre problème. Notre problème c’est d’avoir des âmes qui étouffent dans ce monde trop étroit, c’est le manque d’amour. Une de mes hypothèses sur ce qui nous arrive est que nous sommes en train de saborder l’économie de manière inconsciente, par ce que nous ne pouvons plus supporter ce monde. Nous sabordons l’économie et le reste. Mais je nous entraîne trop loin.


    • Merci d’avoir accepté l’échange, de vous être légèrement éloigné de vos platebandes pour ce petit éclairage en sensibilité qui manque cruellement aux économistes en général. De fait c’est un peu le "paragraphe caché" à ce très bon article.
      Cordialement.


  • Très bon article. M Soral brillant comme à l’accoutumée.

    Je ne suis pas d’accord sur un point essentiel...Je ne vois pas comment le systême peut durer encore comme ça. Je suis conseiller bancaire pour des petites entreprises et je dois avouer que je vois mal comment on va pouvoir encore "pomper" fiscalement le français moyen... Quand je vois mon niveau de vie et le niveau de vie d’un type qui faisait le même boulot que moi y a 20 ans il y a tout un monde...Ca peut plus durer. Je ne vois pas comment un pays sans industrie ou presque peut continuer à vivre à vitam éternam au dessus de ses moyens. Il baisse les salaires en grèce et en Espagne et on a une dette qui n’a rien à leur envier, ils vont réagir comment les gens qui touchent la CAF si on leur baisse...et comment vont réagir les travailleurs si on baissent leurs revenus et pas les allocs de ceux qui ne travaillent pas ? Déjà qu’à aujourd’hui la différence est pas flagrante. Nous sommes sur une poudrière et la mèche se consume depuis plus de quarante ans...Il ne reste que quelques mois de mèche.

    Je table pour un gros bordel avant la fin de l’année personnellement. Je suis de la classe moyenne et depuis un an : j’ai arrêté les restos, baissé mon portable au mini, achète peu de fringue, mon budget bouffe a explosé avec l’inflation et presque 1/3 de mes revenus partent pour avoir un toit sur la tête...Avec quoi je consomme ? Je vois pas comment ma baisse du niveau de vie va aider la croissance...et on est une majorité dans mon cas. L’apprentissage de l’abstinence consommatrice, l’ennui c’est que le monde dans lequel nous vivons ne tient plus sans consommation. Le capitalisme est mort. Amen.


  • Bonjour à tous

    Je ne suis qu’un banal cariste de formation qui n’a jamais mit un pied au lycée, classe dite pauvre donc. Infiniment plus pauvre d’ailleurs, je n’ai pas travaillé depuis des années, j’ai 33 ans. Et depuis l’age de 10 ans je hais le système. je suis français de souche, je ne suis pas à pôle emploi, ma carte de sécurité sociale est périmé depuis 2 ans, j’existe en étant accablé par le monde qui m’entoure tellement il est devenu amoral... je n’arrive pas a supporter de devoir adhérer à une société qui privilégie l’argent et la notoriété.
    Beaucoup se demande le pourquoi de l’inactivité du peuple, moi je l’appel je-m’en-foutisme chronique, dont je souffre tout autant j’en suis sure. Après plusieurs années j’ai vu que "l’homme" moderne manque d’une chose cruciale, c’est du temps.
    Bosser ça ennuie la majorité des gens et en dehors du boulot, beaucoup préfèrent vivre une vie privée agréable, mais toujours bien trop courte ( on en revient à la flagellation ) aimant mieux s’amuser que penser à changer le monde en mieux. Ils travaillent pour nourrir les leurs...
    Ajouter à cela le temps passer sur la toile, à se divertir devant un film ou un livre, le pire étant les jeux en ligne, le temps se fait rare.
    Maintenant changez la valeur de l’argent et mettez la à zéro, et imaginez le résultat... plus rien à manger.
    Pas besoin d’aller plus loin en sachant que l’agriculture durable française a été comme tout le reste, oublié. Nos pauvres agriculteurs pourront-ils répondre à la demande nationale sans importer, ce qui est impossible sans argent soyons d’accord.
    Après ce qu’il adviendra à ce moment n’est qu’un demi mystère, on a eu des exemples dans l’histoire.
    Malheureusement l’homme ne s’est toujours bougé que dans l’extrême urgence, souvent trop tard.
    Nous sommes trop nombreux sur une planète où la solidarité est devenue presque un synonyme de faiblesse, on nous conditionne à être plus productif que notre voisin, créant des rivalités, souvent inconsciente qui mine l’espoir d’un changement de façon d’être et de penser.
    Alors pour la fin de l’Europe ou pas ? Pour mon fils de 2 ans je dirai "pas".
    Pour ce qui me reste de ma foi en Dieu, il est vrai qu’en voyant le monde évoluer de la pire des manières, j’ai du mal à avoir de l’espoir, et je ne dois pas du tout être le seul dans ce cas.
    L’homme n’a jamais été capable de retenir les erreur du passé, ni les caprices de sa planète et encore moins ses propres caprices...

     

  • @ Laurent 16. Très intéressant. Vous devriez ajouter vos commentaires à votre l’article. Je faisais la réflexion agacée il y a peu à propos des prédicateurs à deux balles, que nous relayons tout de même de temps en temps, mais dont Alain Soral est le seul à se démarquer car il reste dans un concret, très banal et très basique finalement et sait que les solutions sont extrêmement (et non pas extrêmes...) limitées.
    La réalité est une donnée (?), un fait toujours très difficile à admettre pour une espèce qui a toujours pris ses désirs pour la réalité. j’y suis confronté tous les jours et je prends conscience de cela petit à petit même si c’était présent dans mon esprit depuis longtemps.
    Cela n’empêche pas les à-coups, mais en regardant dans l’Histoire comme vous le faites, et tiens, prenons la deuxième guerre mondiale et ses hystériques "plus jamais çà" comme exemple (alors que la première était déjà...."la der des der"... amusant si je puis dire), ils ne provoquent rien, au contraire, ils s’imbriquent parfaitement dans la continuité du déroulement de celle-ci sur le long terme.
    Ce que nous subissons et prévoyons se produira comme si c’était déjà écrit en quelque sorte. Il devient alors très difficile de rester motivé en ayant à l’esprit cet état de fait et rend précisément les moyens et la force nécessaire à toute évolution dérisoire ou insurmontable.
    Effectivement, on tourne en rond et 1) on doit en prendre conscience, 2) trouver des solutions en étant capable de se voir de l’extérieur du "mange-disque" pour sortir du disque rayé.
    Sans "âme" ou sans " foi", ce n’est pas gagné....


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