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Le point sur la crise du marché des "repos"

Entretien avec Ian Purdom

Note de la rédaction

Version écrite de l’intervention de Ian Purdom dans "Le quart d’heure de vérité" #9 sur ERFM.

Avant tout, le marché des « repos », qu’est-ce que c’est ?

C’est un marché sur lequel des investisseurs peuvent mettre en dépôt des titres et des créances, qu’ils ont dans leurs portefeuilles, en échange de liquidité, ou dit plus trivialement de cash. De là vient le nom de ce marché : « repos » pour repurchase agreement en anglais, soit l’accord de racheter plus tard les titres déposés à un prix plus élevé. La différence entre le prix initial et le prix de rachat est matérialisée par le taux de repos qui fluctue selon l’offre et la demande.

Sur ce marché, nous avons d’un côté les banques d’investissement et les fonds de pension, qui par ce biais trouvent les liquidités nécessaires pour financer leurs montages et leurs investissements.

De l’autre, nous avons des sociétés de gestion d’actifs, des fonds monétaires, des banques commerciales et même certaines banques centrales… Bref, des sociétés et institutions financières assises sur des piles de cash, et qui trouvent là un moyen pratique pour faire fructifier leur argent sans risque, sur des maturités très courtes.

Les transactions sur le marché des repos se font généralement du jour pour le lendemain et sont amenées à se répéter ainsi tous les jours, tant que les besoins de financement des investisseurs sont présents.

 

Que s’est-il passé exactement en septembre dernier ?

Les 16 et 17 septembre derniers, ce taux repos, qui fluctuait autour de 2 %, a bondi pour atteindre 10 %. Le marché a été pris d’une véritable panique et bon nombre de banques et de fonds de pension se sont retrouvés dans l’incapacité de se refinancer. La FED (la banque centrale américaine) est donc intervenue afin d’éteindre le feu, en déversant immédiatement 75 milliards de dollars, afin de ramener le taux à la normal. Concrètement, la FED s’est substituée aux acteurs traditionnels de ce marché pour prendre elle-même en pension les titres des banques, afin que ces dernières puissent boucler le financement de leurs opérations.

 

Est-ce que cela à suffit à régler le problème ?

Non, cette intervention, pourtant massive, n’a rien réglé. Le marché des repos est depuis régulièrement sous pression. Ainsi, la FED est obligée d’intervenir fréquemment, pour garder le marché sous contrôle. C’est ainsi que depuis septembre elle a déversé pas moins de 500 milliards de dollars au cours de différentes interventions.

 

Est-ce le rôle d’une banque centrale d’intervenir comme cela pour sauver banques et fonds de pension ?

En temps normal, non. Il n’est pas du rôle des banques centrales de se substituer aux acteurs et d’agir comme une assurance tout risque comme c’est le cas actuellement. Mais depuis la crise de 2008, on a bien compris que, sous la pression, les banques centrales n’hésitaient pas à mettre au placard leurs principes pour sauver les banques.

Cet épisode met surtout en porte-à-faux son président, Jérôme Powell, qui souhaitait mettre un terme aux deux décennies de politiques extrêmement laxistes menées par ses prédécesseurs : Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan. Jérome Powel, donc, qui s’était engagé à relever les taux et à normaliser le bilan de la FED, qui depuis 2008 s’est considérablement accru avec les politiques d’assouplissement quantitatif.

Avec cet épisode, toute sa communication et sa crédibilité sont balayées. En effet, par ces injections massives, la FED lance une nouvelle campagne d’assouplissement quantitatif qui ne dit pas son nom, et donne une nouvelle fois du crédit aux critiques qui l’accusent d’être un outil aux mains des lobbys financier.

 

Mais alors pourquoi une telle panique de la FED ?

Avec l’avènement de la finance comme élément central de nos économies modernes, le marché des repos est devenu la source principale de financement sur les marchés financiers et s’est ainsi totalement substitué aux banques traditionnelles. Et, parce qu’il échappe aux régulations dont font encore l’objet les banques commerciales, le marché des repos est appelé « Shadow banking », soit finance de l’ombre, par les initiés.

Cette absence de cadre contraignant explique la croissance vertigineuse du marché des repos, qui en 2020 avoisine le trillion de dollars. Il est le cœur qui irrigue les marchés financiers (taux, actions, obligations, produits dérivés). Tous reposent sur sa capacité à les alimenter en liquidités. C’est particulièrement le cas des fonds de pensions, aux politiques d’investissement particulièrement agressives et risquées sur les produits dérivés. La valeur des actifs des fonds pension dans le monde s’élève à 3,2 trillions de dollars.

Ainsi, on comprend mieux le rôle crucial que joue le marché des repos. S’il se grippe, c’est l’ensemble des acteurs qui se retrouvent dans l’incapacité de se refinancer : dans un premier temps les fonds de pensions, puis les banques, puis les chambres de compensation. L’industrie financière devenue, majoritaire dans les économies occidentales de service, s’effondre. Les indices financiers et boursiers du monde entier chutent annonçant une nouvelle crise financière de grande ampleur.

Et on l’a vu avec la crise de 2008, une crise financière cela veut dire :

a) Moins de rentrées fiscales, ce qui engendre une dégradation des finances et donc des coupes dans les services publics et les investissements de l’État.

b) Une mise en danger des économies des petits épargnants, ainsi que la retraite des travailleurs qui ont choisi la capitalisation.

c) Et enfin et surtout, un effondrement des banques. En effet, la séparation des banques d’investissement et des banques commerciales ayant été supprimé aux États-Unis et jamais réalisé en France (« Mon ennemi c’est la finance », F. Hollande), nous sommes tous solidaires des risques encourus par le simple fait d’avoir nos dépôts dans ces banques. En outre, cela veut dire également une économie à l’arrêt, car une économie dont on a coupé toute possibilité de financement de l’économie réelle.

 

Les banques françaises sont-elles touchées ?

Bien entendu. Le cartel bancaire français, qui est composé du Crédit agricole, de la BNP, de la Société Générale et de BPCE et représente plus de 80 % du marché national, est très présent sur les marchés financiers internationaux et plus particulièrement sur le marché des repos pour financer leurs opérations en dollars, devise qui constitue la majorité de leur encours.

Cette crise des repos n’est pas qu’un problème pour les américains mais également pour chaque citoyen français.

 

Cette situation est extrêmement choquante !

Vous avez raison, et cela d’autant plus que :

1- Cette profusion d’argent n’a pas vocation à financer l’économie réelle. Elle est cloisonnée dans la sphère financière, en circuit fermé, parmi les différents acteurs que sont les banques, les fonds de pensions, les gestionnaires d’actifs, les chambres de compensation, etc., ce qui explique que cette inflation ne se répercute pas dans l’économie réelle.

2- Le marché des repos opère tel une gigantesque banque qui génère une création monétaire qui pousse le prix des actifs à la hausse : actions, obligations, produits dérivés et même l’immobilier. Cette inflation du prix des actifs génère artificiellement un effet richesse, basé sur aucune création de valeurs, sur les propriétaires et les gestionnaires de ces actifs : actionnaires, traders, salariés des banques, administrateurs de fonds de pension et de société de gestion d’actifs. Le décrochage des 1 % du reste de la population vient essentiellement de là, c’est à-dire de cette incroyable machinerie qu’est la finance mondialisée, qui permet de créer artificiellement de l’inflation à destination des plus aisés.

Retrouvez Ian Purdom sur E&R :

 



Article ancien.
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17 Commentaires

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  • #2384694

    Très intéressant. Merci à l’auteur et à E&R.


  • #2384712
    le 09/02/2020 par Jérômeproudhon
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    Et si nous étions entrés dans un monde de chiffres, ou presque tout serai des chiffres ? Ou beaucoup de personnes ne connaîtrait que des chiffres, ma paye virée en chiffres, mes dépenses en cartes, etcetc..des transferts et des avoirs par et en chiffres ? Comme tout à l air dans la sphère du capital à ne plus avoir de sens ? Sommes nous déjà passé dans notre futur ? L installation mondiale des cryptomonaies n est t’ elle pas déjà une nouvelle phase de domination ?


  • #2384729

    « ce qui explique que cette inflation ne se répercute pas dans l’économie réelle. »

    C’est vite dit. La création monétaire a un coût car elle affaiblit la devise en question. Il en résulte une baisse du pouvoir d’achat due aux importations, autant d’argent qui ne sera pas reversé dans l’économie réelle locale, ainsi qu’une hausse des impôts pour rembourser des dettes émises dans des devises qui, par voie de conséquence, partent à la hausse, aggravant ainsi l’addition.

    Sur un point de détail linguistique et sauf erreur, il me semble que repos est une abréviation de repossession. De toutes façons c’est pareil, vu qu’un accord de rachat permet de rentrer en possession de son bien.

     

    • #2385136
      le 10/02/2020 par Cash Machine
      Le point sur la crise du marché des "repos"

      L’inflation dans l’économie réelle est sans aucune mesure avec l’inflation des actifs. C’est exactement çà et c’est important à souligner pour comprendre que le cash imprimé ne sert d’aucune manière l’économie réelle.
      Les banques centrales avaient initialement justifié cette impression monétaire en affirmant que les banques allaient pouvoir prêter plus. Elles ne l’ont jamais fait. Elles se sont contentés de remettre sur le tapis en laissant crever l’économie réelle.


  • #2384789

    Le taux REPO est dirigé par les banques centrales avant tout comme instrument de politique monétaire. Qu’est-ce que cela signifie ? La plupart des banques centrales ont pour SEUL objectif la maîtrise de l’inflation - même si cette affirmation tend à changer - et le REPO fait partie des instruments à disposition des banques centrales à cette fin et en premier lieu. En période de récession, les banques centrales baissent le taux REPO afin d’inciter les intervenants économiques (on aura compris, principalement les banques commerciales) à venir y déposer des collatérales de qualité contre de la liquidité. Ces intervenants économiques pourront de sortes financer avec ces nouvelles liquidités les différents agents économiques (entreprises, consommateurs…). A l’inverse durant les périodes de surchauffe économique où l’inflation pointe son nez, les banques centrales feront monter ce taux REPO pour ’’bloquer’’ le mécanisme décrit ci-dessus.

    Nous l’aurons compris le REPO n’est pas là an premier lieu pour assurer la liquidité du marché MAIS d’abord et avant tout comme instrument de maîtrise de l’inflation.

    Alors comment comprendre ce qui se passe actuellement sur le REPO ?
    En fin de compte, il existe ce que l’on appelle un marché monétaire qui est sensé assurer la liquidité du marché. Sur ce marché, les différents intervenants économiques y viennent chercher les liquidités nécessaires à leurs activités. Du fait du manque de confiance entre les différents intervenants ce marché est atrophié, figé : personne ne se prête de l’argent. Les banques centrales en conséquence se substituent à ce marché monétaire par le marché REPO.

    Peut-être y a-t-il une volonté de cacher qu’à nouveau le marché monétaire ne fonctionne pas correctement ? ...de nouveau les banques commerciales sont en première ligne...

     

  • #2384842
    le 09/02/2020 par François
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    Purdom, nous dévoile le mécanisme et comment s’articule le noyau dur des "maîtres de la monnaie" aussi il nous prouve pourquoi les propriétaires de la FED sont toujours en place depuis 1913, car Purdom démontre que c’est une gigantesque arnaque trés bien conserver et en ce qui me concerne, en effet, ça ressemble à une ponzi inversée.
    De vulgaires escrocs, semant les malheurs de l’humanité, car ils sont responsables des guerres, des famines, des misères dans nombreux endroits sur terre...
    Mon souhait, les voir un jour à poils arrosés de goudron bouillant recouvert de poils de rats, les pieds et les mains cloués en X...
    Merci à vous Mr Purdom pour votre brillant article.

     

    • #2385031

      ...arrosés de goudron bouillant recouvert de poils de rats Pas mal, mais d’habitude on parle de goudron et de plumes. Il est quand même plus facile de plumer des volailles que de raser des rats.


  • #2384924

    Ils coupent des arbres pour imprimer des billets et pensent s’enrichir..,


  • #2384976
    le 10/02/2020 par Stavroguine
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    Le Marché tient à bout de bras grâce aux injections de la FED simplement pour retarder l’effondrement inévitable qui arrive. Cet effondrement sera volontairement déclenché à un moment clés pour rebattre les cartes et établir un nouveau paradigme mondiale. C’est la SEULE solution que peut avoir le système pour sortir de l’impasse actuelle en maintenant le système de domination en place.


  • #2385114
    le 10/02/2020 par anonymous19
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    Mais alors pourquoi une telle panique de la FED ?

    Le marché repo permet de détenir de grande quantités de "tresuries" (emprunt d’Etat US) grâce à d’énorme bras de levier. On emprunte au jour le jour pour financer un emprunt à 10ans.

    Si la Fed n’était pas intervenue, les Hedge funds (fonds spéculatifs) auraient été obligés de liquider leurs positions. C’est-à-dire de vendre leurs "tresuries". Ce qui aurait provoqué une chute des cours qui, elle-même, aurait provoqué une spirale à la baisse. Au plus on vend, au plus ça baisse. Au plus ça baisse, au plus on vend.
    Entraînant défauts et faillites en cascade.

    Les problèmes fondamentaux et non-résolus sont le déficit abyssal des USA et l’effet de levier (la dette) utilisé par les acteurs financiers.


  • #2385135
    le 10/02/2020 par Cash machine
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    C’est exactement çà. Il m’a fallu beaucoup de temps et de recherche pour arriver aux mêmes conclusions.

    Le robinet à cash ne sert plus a construire des écoles ou des hôpitaux, pour financer l’économie réelle. Il arrose toute la sphère financière qui se retrouve inondée de cash, sans économie réelle pour investir dessus, d’où l’hyper-bulle qui s’est créée sur tous les actifs.

    Tous les gestionnaires de fonds voient arriver la catastrophe et cherchent tous à se défaire de leur cash avant. Ils investissent dans tout et n’importe quoi.

    Le capitalisme vertueux, outil de sélection des projets créateur de valeur, a complètement disparu, laissant derrière lui de multiples entreprises zombies, tel Uber.

    Il faudrait que les peuples (gilets jaunes) se soulèvent sur ce sujet qui est l’alpha et l’omega de notre misère actuelle et de notre enfer à venir.

     

    • #2385523
      le 10/02/2020 par anonymous19
      Le point sur la crise du marché des "repos"

      C’est le fantôme de Keynes qui est à l’oeuvre.
      Keynes était un socialiste Fabien. Il voulait euthanasier le rentier, c’est-à-dire l’épargnant, le capitaliste dans le sens détenteur du capital.

      Ainsi, grâce à une baisse tendancielle des taux d’intérêt et la création monétaire illimité du cartel bancaire, il a réussi.

      Les gens se trompent quand ils pensent que le 1% s’enrichit. Dans la réalité, c’est les 99% qui s’appauvrissent.
      Ils se trompent également quand ils accusent le capitalisme, la création monétaire est typiquement une politique interventionniste contraire aux principes de l’économie de marché.


    • #2385816
      le 11/02/2020 par Cash machine
      Le point sur la crise du marché des "repos"

      Les gens se trompent quand ils pensent que le 1% s’enrichit. Dans la réalité, c’est les 99% qui s’appauvrissent.

      — -> C’est exact, il s’agit de transfert de valeur de la classe moyenne vers les 1%. Il n’y a pas de création de valeur, c’est une extorsion de valeur. D’où la complainte des gilets jaunes qui constatent les effets sur leur quotidien sans en comprendre les causes. N’en comprenant pas les causes, il sont incapables de formuler un début de solution viable : "Récupérer le droit de battre monnaie, et imposer la transparence". Leurs propositions comme celle d’un referendum d’initiative populaire qu’il est facile de démonter pour la cause évidente d’incompétence des foules, et leur désorganisation volontaire couplé à l’absence de chef, ont abouti à une surdité cynique du pouvoir et à leur échec mortel.

      Ils se trompent également quand ils accusent le capitalisme, la création monétaire est typiquement une politique interventionniste contraire aux principes de l’économie de marché.




      > C’est exact aussi. Le mécanisme vertueux de découverte des "prix justes" relativement au risque est complètement dévoyé et inopérant. On est sur un principe centralisateur (les banques centrales) qui décide du prix des choses et de leur évolution à la manière de l’union soviétique et de son Politburo.


  • #2385391

    Mon épouse, 30 ans, travaille dans une grande banque privée. Elle, et tout ces collègues trouvent le systeme parfaitement normal.
    Les salaires scandaleux des traideurs ? "Tout à fait justifiés car il "dealent" avec la chose la plus importante au monde : l’argent"
    Inutile de vous dire qu’à table le sujet est à eviter.


  • #2385662
    le 11/02/2020 par alderic-dit-le-microbe
    Le point sur la crise du marché des "repos"

    " Cette crise des repos n’est pas qu’un problème pour les américains mais également pour chaque citoyen français "

    Je ne pense pas. Essayer de nous amalgamer comme pour nous solidariser, alors qu’on n’a pas une tune et que, quoi qu’il arrive, ça ne pourra pas être pire, c’est mal connaître la situation de la majorité.

    Ce système est entièrement frauduleux et complètement pourri. Qu’il s’effondre n’est pas un problème. C’est ce qu’on veut.

     

    • #2385739
      le 11/02/2020 par anonymous19
      Le point sur la crise du marché des "repos"

      "Ce système est entièrement frauduleux et complètement pourri." C’est vrai.
      "Qu’il s’effondre n’est pas un problème." C’est faux.

      Le système est basé sur le crédit. L’unité fondamentale de ce crédit est la monnaie (qui est un crédit et non de l’argent).
      Donc l’effondrement du système, c’est l’effondrement de la monnaie. Parmi les conséquences, il y a l’arrêt du commerce. Chaîne d’approvisionnement et vente au détail. A moins que vous ne viviez de votre potager, vous allez le sentir passer.


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