Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 

Proudhon, précurseur de la décroissance ?

La pensée de Proudhon s’explique par une défiance générale à l’égard de la modernité. Comme la plupart des auteurs pré-marxistes issus de la nébuleuse socialistes, il envisageait la marche en avant occidentale comme une course folle, conduisant à l’exacerbation des vices bourgeois. C’est pourquoi, tout en appelant de ses vœux davantage de progrès social, il revendiquait la nécessité de préserver les acquis bénéfiques du passé.

 

Cela lui faisait écrire par exemple :

« Nous serons tout à la fois hommes de conservation et hommes de progrès, car ce n’est qu’à ce double titre que nous serons des hommes de révolution. »

Cette position principielle explique en partie qu’on puisse ranger Proudhon parmi les précurseurs de la décroissance. Le progrès social n’impliquait pas pour lui qu’on progresse dans tous les domaines, et il insistait au contraire sur le fait que les prétendus progrès de la société n’étaient souvent que des régressions masquées, tandis que la conservation des bons aspects du passé était la condition de possibilité du progrès véritable.

Il est à noter toutefois que l’opposition proudhonienne au progrès ne reposait pas essentiellement sur une critique de la technique. Contrairement aux luddites, par exemple, il se préoccupait très peu de la question des machines. Son discours critique était centré sur les méfaits politiques et économiques de la modernité, jugée aliénante pour l’homme.

 

 

Le localisme économique : le mutuellisme

Là où Proudhon peut le plus visiblement se rapprocher des objecteurs de croissance, c’est dans son insistance pionnière sur les mérites du localisme, dans tous les domaines de la vie. Et notamment en économie. La modernité a en effet favorisé l’essor des grandes capitales au détriment des provinces, et des villes au détriment des campagnes. Proudhon a anticipé des notions devenues centrales dans la pensée dissidente. Pour lui, une authentique révolte populaire transite par l’action directe du peuple et la participation à des initiatives solidaires : il fut le grand promoteur des mutuelles autogérées et des associations de quartier, qui recréent du lien entre les citoyens. Ces formes d’activité économique sont fondées sur l’autonomie et le contrôle direct de l’ou­til de production par chaque travailleur. Un tel mutuellisme représente « un système d’équilibration entre forces libres, dans lequel chacune est assurée de jouir des mêmes droits à condition de remplir les mêmes devoirs, d’obtenir les mêmes avantages en échange des mêmes services, système par conséquent essentiellement égalitaire et libéral […]. »

Il faut « soustraire les citoyens des États contractants à l’exploitation capitaliste et bancocratique, tant de l’intérieur que du dehors » ; ces réformes établissent « par leur ensemble, en opposition à la féodalité financière […] dominante, ce que j’appellerai fédération agricole-industrielle ». Il faut faire en sorte que « le petit bourgeois, le petit propriétaire, le petit industriel, de même que le paysan, le commis et l’ouvrier », trouvent « qu’ils ont plus à gagner par le travail que par la rente et l’agio » ; c’est alors que le peuple brisera « la suzeraineté de l’argent », « ramènera à sa juste limite la propriété, changera le rapport du travail et du capital, et constituera comme le couronnement de l’édifice le droit économique ».

Le proudhonisme visait à affranchir les hommes du grand capital industriel et financier. En se liguant les uns avec les autres, par exemple sous forme de coopératives, les travailleurs indépendants pourraient préserver leur statut en se donnant les moyens de résister à la concurrence.

 

 

Retour aux marchés locaux

C’est toute la vie économique qui, à terme, se réorganiserait comme une série de mutuelles. Les populations établiraient des marchés locaux, avec éventuellement des monnaies locales. Les règles enracinées de l’économie imposeraient le principe d’une vente au prix de revient : chaque contractant serait payé au juste prix pour son travail, mais nul ne profiterait de ce que Marx appelait une « plus-value », et que Proudhon qualifiait de « droit d’aubaine ».

Tout bien de consommation serait vendu en fonction des coûts qu’il a engendrés, de la quantité de travail qu’il a demandée et du bienfait réel qu’il apporte à son propriétaire. Celui qui romprait le contrat mutuelliste et toucherait une plus-value serait immédiatement exclu de la communauté, c’est-à-dire de l’échange. L’enracinement communautaire deviendrait le garant de la justice économique.

De cette façon, on établirait un contrepoids au marché capitaliste, sans tomber dans les travers de l’adminis­tra­tion étatique centralisée. Proudhon avait raison de dire que seul le système fédératif peut assurer un tel équilibrage. La pure anarchie politique ne le pourrait pas, car elle conduirait par inaction au laissez-faire économique, qui serait la négation de la liberté, en raison de l’esclavage économique des salariés ; et le pur étatisme ne le pourrait pas davantage, car il n’en­diguerait l’escla­vage économique qu’en lui substituant une tyrannie des pouvoirs publics.

Pour Proudhon, l’économie en circuit court contribue à accroître le nombre de petits propriétaires. Le grand Capital se nourrit de vente en gros : il est incapable de prospérer dans un marché local, a fortiori lorsque toute plus-value substantielle est interdite par la pression des consommateurs (tandis qu’une telle pression est beaucoup plus difficile à organiser dans une économie élargie). Le salariat disparaîtrait, et il n’y aurait pour ainsi dire plus que des travailleurs indépendants.

Lire la suite de l’article sur linactuelle.fr

 

Revenir aux fondamentaux avec la dernière sortie Kontre Kulture !

Voir aussi, sur E&R :

 
 



Article ancien.
Les commentaires sont désactivés



Alerter

26 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

  • #2384726

    Le concept de décroissance est tout autant absurde que celui de croissance.
    Il faut de la stabilité, de la régulation.

     

    • #2384769

      Il faut lire :

      « « Nous serons tout à la fois hommes de conservation et hommes de progrès, car ce n’est qu’à ce double titre que nous serons des hommes de révolution. » Cette position principielle explique en partie qu’on puisse ranger Proudhon parmi les précurseurs de la décroissance. Le progrès social n’impliquait pas pour lui qu’on progresse dans tous les domaines, et il insistait au contraire sur le fait que les prétendus progrès de la société n’étaient souvent que des régressions masquées, tandis que la conservation des bons aspects du passé était la condition de possibilité du progrès véritable. »


    • #2384804

      Merci Abdel, j’ai bien compris, je connais un peu Proudhon et les écrits de Mr. Isabel.
      La pensée de Proudhon intègre des éléments contraires ou opposés en apparence (par exemple liberté individuelle et organisation collective) et qui in fine prône une position qui intègre ces données a priori paradoxales (et cette article le prouve une fois de plus).
      Mais là je parle du terme, du mot décroissance. Tu m’as bien lu mais tu ne m’as pas compris, réflexion trop brève peut-être.


    • #2384945

      C’est tellement vrai ce que vous dites, parlez de stabilité à vos poumons et ils risquent de vous obéir... 3’ ?


  • #2384742

    F Cousin a une vision beaucoup plus radicale

    il oublie de dire que l’argent agit comme un alcool, et que cette dépendance à l’argent peut se comparer a un état d’ivresse permanent, pouvant conduire a une situation de folie, soit dans la volonté de l’accomplissement du "toujours plus" ou soit dans la perception d’un manque relatif ou absolu

    lorsqu’il vous manque un jour sur deux, 15 ctm d’euros pour acheter un pain chez le boulanger, croyez moi, il y a de quoi devenir " zinzin "
    lorsque vous actez la déforestation d’une région en vu de planter des palmiers, afin d’optimiser un profit, vous etes "zinzin"

    un sevrage radicale ne pourra que conduire vers un delirium tremens a l’echelle d’une société toute entiere
    société au sein de laquelle plus aucun groupe n’est en mesure de pouvoir satisfaire les besoins primaires assurant son existance, aussi frugale soit t elle

    de mon point de vue Proudhon, représente une des solutions pour éviter cet ecueil

    "ripolinage" peut etre, mais probablement nécessaire
    ne plus sentir le poids de la chaine c’est dèjà commencer de l’oublier, finir de l’oter sera d’autant plus facile

     

    • #2384873
      le 10/02/2020 par Bromelia
      Proudhon, précurseur de la décroissance ?

      Cousin dit que le problème n’est pas l’usure mais l’argent.

      Curieux que l’usure (intérêt) qui est une fonction du temps qui lie donc mathématiquement l’échange à ma croissance ne soit pas mis en cause et n’entre pas dans le débat.

      L’usure oblige est la source de la contrainte "croît ou meurs". Ne pas en parler dans une société où nos vies dépendent du fonctionnement du marché est criminel.


    • #2385035
      le 10/02/2020 par anymosas
      Proudhon, précurseur de la décroissance ?

      on peut donc créer de l’argent avec de l’argent

      on ne peut pas créer un supplémént de resource avec cette même resource

      - lorsque je dispose de N euros je peut esperer obtenir N+1 euros a l’issue d’un terme, en utilisant le principe de l’usure
      - lorsque je dispose N euros représentés sour la forme de N Tonnes de charbon, je n’obtiendrais a l’issue du meme terme, soit N tonnes de charbon soit une masse de scories

      pour obtenir N+1 euros, il faudra soit une volonté de captation de ce charbon en vue d’une spéculation, soit que sa combustion puisse me les procurer

      les limites du champs des possibles de la création monétaire peuvent toujours etre repousser
      celles des ressources restent contraintes par celle représentées par leurs disponibilités ce qui constituent les limites du champs de leurs possibilités

      ainsi N euros représenterons 1 tonnes de charbon puis 750 kg puis 500 kg etc etc

      soit le progrès technique pourra palier a cette décroissance, grace a une meilleurs utilisation, ou par l’entremise d’une ressource complémentaire, ( le petrole n’a jamais remplacer le charbon )
      au 19e on utilisa le charbon, au 20e on utilisa le charbon et le pétrole
      au 19e il fallait une tonne de charbon pour effectuer un travail, au 20eme pour un travail identique 500 kg suffisaient

      le mécanisme se retrouve face aux réalités, comprenant qu’il faut de plus en plus de matieres 1ere pour avoir de l’energie et de plus en plus d’energie pour avoir des matieres 1ere
      dans un monde borné, ou de plus en plus de personnes sont invités a consommer afin d’obtenir les N+1 euros aux termes décidés par ceux qui ont créés les N euros initiaux

      supprimer l’usure supprimera le gaspillage
      supprimer l’argent supprimera la consommation
      certains en viennent a penser qu’il faudrait supprimer l’humanité

      je ne suis pas optimiste


  • #2384817
    le 09/02/2020 par Jérômeproudhon
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    Proudhon :" l athéisme se croît intelligent et fort , il est bête et poltron "
    " “Il ne faut plus se faire d’illusion, l’Europe est lasse d’ordre et de pensée ; elle entre dans l’ère de la force brutale, du mépris des principes et de l’orgie. Nous, gens simples, de mœurs douces, de conscience droite, nous avons trop vécu ; nous n’avons plus qu’à pleurer en assistant à la décadence des nations chrétiennes.”


  • #2384850
    le 09/02/2020 par Bisimilaye
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    Proudhon, Hegel, deux contemporains de Marx dont il s’est inspiré pour ensuite les descendre....

    ...ça me rappelle quelque chose de semblable dans le domaine de la physique, de la chanson, de.....

     

    • #2384940

      A bisimilaye,

      Vous avez décodé l’habillage idéologique et démagogique,
      d’une Mafia Exploiteuse .
      Bravo pour votre Lucidité,malgré une Propagande effrénée
      et une intimidation permanente !


  • #2384856
    le 09/02/2020 par Bisimilaye
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    ...ne pas oublier Charles FOURIER
    lui aussi né à Besançon.


  • #2384862

    Proudhon aurait adoré le Sestrel.


  • #2384869

    Le précurseur de la décroissance c’est JJ Rousseau : " Les plaisirs qui s’achètent ne sont pas de bonne qualité " . Qui dit mieux ?


  • #2384874
    le 10/02/2020 par Sertorius
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    C’est Marx le fossoyeur de Proudhon, dont la pensée a été au siècle passé galvaudée et trahie dans la phrase "la propriété, c’est le vol" par les émules soumises du barbu maçon ennemi de tout ce qui s’opposait à son matérialisme haineux. Et il faut bien admettre malheureusement que l’on relaye encore communément comme vérité d’évangile à l’heure actuelle certains éléments de sa doctrine communiste, comme si l’histoire n’en avait pas suffisamment prouvé jusqu’à présent l’inefficacité et la perversité morale intrinsèque.
    Mais je constate aussi que l’article est écrit d’un auteur qui curieusement veut autant que le précédent faire table rase de ce qui reste de la culture chrétienne "point de départ de toutes les chasses aux sorcières et de toutes les inquisitions" évidemment, en promouvant dans un autre écrit les sagesses anciennes païennes et orientales, bref par le biais d’un remplacement en douceur. Ne voyez-vous pas que ces faux ennemis sont des alliés objectifs de la même comédie ?
    Si on attend de l’un ou l’autre volet de cette hypocrisie le moyen de sortir de la crise, on n’est pas encore sortis de l’auberge.


  • #2384954

    Le localisme Proudhonien, son obsession de l’horizontalisme, son pré "Girondisme" tant critiqué par Sartres post Révolution, n’a pas grand chose à voir avec le concept de décroissance totale, puisqu’il est borné au sens strict du progrès technique, entendu qu’on pourrait facilement l’élargir à la propriété ou à l’accumulation de richesses, au sens large, dans une dialectique complète, ce qu’il ne fait pas, justement.

    A propos du machinisme, par exemple, il conceptualise que si le nomadisme accroît la productivité et le sentiment anarchique, il soumet aussi sûrement le salarié qu’il ne détruit sa liberté.
    En revanche, Proudhon n’est pas contre la notion de propriété, car pour lui, si la propriété génère de l’inégalité, elle est quand même source de liberté, indispensable.

    Proudhon croit en un état libertaire générateur de micro révolutions pour contrer le capitalisme libéral, concept repris plus tard par Deleuze, une forme de communisme pragmatique auquel on peut lui opposer la critique qu’un modèle Etatique Hegelien de transcendance, sera antinomique avec le concept de micro révolutions, Proudhon ne développant pas ou peu sa pensée sur un modèle étatique d’immanence qui serait, à contrario, compatible avec une commune libertaire, une ville libertaire, une région libertaire et une nation libertaire, bref avec une garantie libertaire de l’existence de l’individu au sens Darwinien, dans une logique étiologique.

    Proudhon rejoint donc les libéraux lorsqu’il affirme que l’individu est motivé par son propre intérêt et s’il effectue bien la distinction entre capitalisme et capitalisme libéral, il circonscrit l’aliénation de l’individu à sa puissance de travail, au salariat, ce qui l’expose aux critiques d’une certaine aporie de raisonnement.


  • #2384972

    Au contraire du marxisme, le proudhonisme :
    - ne peut se comprendre qu’à l’intérieur d’une nation, de frontières...
    - est totalement compatible avec la religion (c’est une forme de catholicisme social)...
    - est, pour le matérialisme, dans le rapport du besoin et non de l’envie...
    Marx, Proudhon, un mandonné, il faut choisir !
    Ce sont deux conceptions qui sont irréconciliables et Marx a bien fait le boulot en ce sens...

     

    • #2385064

      Faut arrêter de dire que Marx a tué Proudhon sans vraiment dire pourquoi.

      Pour analyser leurs différences, il faut penser "more géometrico", si je puis dire :

      - Proudhon admet le principe des réalités contradictoires (ex propriété) pas Marx.
      - Proudhon imagine un Etat libertarien capable de promouvoir le local vers le global, pas Marx, qui veut le dépérissement de l’Etat.
      - Proudhon embrasse le concept de micro révolutions libertaires alors que Marx est pour un déploiement global et une société de libre association et de l’internationalisme pour le coté révolutionnaire.

      Ils ont deux visions Etatiques différentes, Hegelienne d’un coté, quasi nihiliste de l’autre et Marx renvoie Proudhon à ses contradictions quant à une vision Etatique de transcendance peu compatible avec sa notion de micro révolutions.
      C’est ici que Marx tue Proudhon, mais ne le tue pas totalement, parce que l’histoire démontre qu’une demande de plus de prolétarisation de la prolétarisation est un échec.

      Alors il faut peut être basculer sur la société du spectacle d’un Debord et l’approche situationniste de la contre société marchande, dont Francis Cousin est un spécialiste.


  • #2385017

    Le calcul du montant des prélèvements obligatoires d’un pays ne tient jamais compte de l’impôt monétaire : l’impôt levé sur l’épargne exprimée dans une monnaie donnée.

    En 2019, dans la zone Euro, il était de 24,7 %.

    Source

    https://twitter.com/PopescuCo/statu...


  • #2385116
    le 10/02/2020 par Laurent Guyénot
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    J’ai lu le livre de Thibault Isabel, Pierre-Joseph Proudhon. L’anarchie sans le désordre (avec une préface de Michel Onfray qu’on peut regretter mais qui a dû aider à la commercialisation du livre) : c’est une bonne et courte introduction pour rendre Proudhon sympathique et donner envie d’en savoir plus, même si un peu simpliste et trop peu sourcé (on a un peu mal à faire la différence entre ce que pensait Proudhon et ce que Isabel aimerait que Proudhon ait pensé ; Proudhon est trop peu cité dans le texte). En creusant un peu, on trouve dans la relation entre Marx et Proudhon (et Bakounine) beaucoup d’éclaircissement sur la nature du Marxisme. Proudhon, pillé et inversé par Marx, puis enterré par le succès très suspect du marxisme, mérite vraiment d’être redécouvert, et cet article est bienvenu. Proudhon a même influencé la doctrine sociale de l’Eglise, une invention de la fin du 19ème siècle qui s’inspire du modèle organique de la société défendu par Proudhon.


  • #2385156
    le 10/02/2020 par anonymous19
    Proudhon, précurseur de la décroissance ?

    "Les règles enracinées de l’économie imposeraient le principe d’une vente au prix de revient : chaque contractant serait payé au juste prix pour son travail"

    Qui est-ce qui fixe "le juste prix pour son travail" ?

    Pour rappel, "Les règles enracinées de l’économie" de marché veulent que ce soit le marché qui fixe le prix d’échange.
    Et c’est le prix d’échange qui fixe le prix de revient. Parce que aucune production dont le prix de revient est supérieure au prix du marché, n’existe.

    A la seconde où les prix sont fixés arbitrairement, il se crée une pénurie ou un gaspillage.


  • #2385166

    La décroissance, c’est un terme inventé par les Élites pour enfermer les pauvres dans des ghettos sociaux et mentaux et les culpabiliser tandis que les dites élites vivraient dans l’opulence ...

     

    • #2385217

      Est un fait que la décroissance est un concept sponsorisé par ceux-là même qui participent à la course à la croissance, nécessaire au néo-libéralisme.
      Ce qui n’est pas forcément antinomique, la décroissance prônée par l’écologie de gauche, l’écologisme et son cheval de Troie, le réchauffement climatique, implique de la croissance par un changement de paradigme économique, donc de consommation(s).

      En gros, comprendre décroissance dans l’utilisation de l’énergie fossile, na vaut pas abandon du dogme de la croissance.

      Mais il existe des puristes qui ont théorisé la décroissance bien au delà de la question énergétique, avec notamment la question du travail aliénant et là, le système n’en fait pas la promotion, un doux euphémisme, on comprend aisément pourquoi.


  • #2385175

    Marx etait un jouisseur qui n’a jamais rien produit de son existence. Il était rémunéré par la Finance sans frontière pour collecter toutes les idées qui germaient en son temps, Engel se chargeait de les théoriser dans le seul but de servir leurs Maîtres. Il ne faut pas dissocier Marx de la FM dont il était un haut grade et dont le but est de rassembler les deux hémisphères pour contrôler le monde et nous y sommes. Les grandes puissances qui semblent opposées, se normalisent et se fondent. Tout le reste, n’est que spectacle et diversion.

     

    • #2385371
      le 10/02/2020 par Jacqueline
      Proudhon, précurseur de la décroissance ?

      Il était rémunéré par la Finance...

      Sources archivées SVP et pas simplement du on dit...


    • #2385753

      Le Marx "orthodoxe", si je puis dire, était effectivement matérialiste et égalitariste.

      Pour le comprendre, il faut contextualiser en pleine période de la diaspora juive pan Européenne dont Marx était le produit d’une mutation judaïque apparue en Europe (Allemagne) au milieu du 18ème et afin de faciliter l’intégration juive au siècle des Lumières.
      Un modernisme religieux peu apprécié, un doux euphémisme, par les juifs orthodoxes qui haïssaient la Haskala, Marx fut d’ailleurs accusé d’antisémite par ces derniers pour son « Sur la question juive » (1844).

      Ensuite, la pensée de Marx fut purement et simplement pervertie par le Freudo-Marxisme ou Marxisme culturel via le formidable développement des prétendues sciences sociales associées à la psychanalyse et qui sont venues inonder des concepts philosophiques développés bien avant eux.

      D’ailleurs, c’est ce Freudo-Marxisme qui participe au progressisme sociétal dans une réalité post moderne, dont les constructions sociales.


  • #2385221

    Le peu que j’ai lu de Proudhon fait que ce penseur réellement socialiste mérite qu’on s’y attarde. Une bonne chose que KK réédite ce "duel" entre ces deux géants du XIXe (Proudhon et Marx). Ca permettra aussi de comprendre l’origine de leur rupture.


Commentaires suivants